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Le site du Conseil National pour la Résistance - Mouvement Umnyobiste (CNR - MUN)

Le Umnyobisme est une idéologie de libération pour le Cameroun et l'Afrique et qui tire ses fondements dans les résistances historiques des peuples africains contre l'impérialisme et le colonialisme.

mercredi 23 mai 2007

Démographie au Cameroun : le grand tabou

Lu sur le Blog de Théo: http://www.kouamouo.afrikblog.com/

Posté par kouamouo à 23:25 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

une_doualaEst-il possible de développer un pays sans connaître précisément la composition de sa population ? Si la réponse à cette question est négative, c’est que le Cameroun de Paul Biya n’a aucune chance d’aller mieux dans les prochaines années, à moins que des mesures urgentes soient prises. Je m’explique.

Cette année, le 20 mai, date de la fête nationale du Cameroun, est tombé un dimanche. Ma communauté religieuse à Abidjan a demandé aux Camerounais de partager leur joie et leurs difficultés en présentant leur pays et ses problèmes - et en faisant, bien entendu, un petit « show » musical valorisant les rythmes locaux (bikutsi, makossa, bend skin, etc)…

Un de mes amis camerounais, ingénieur et chercheur, a été choisi par les Camerounais de l’église pour présenter leur pays dans ses aspects généraux (économie, vie politique, PIB, population, etc…). En cherchant les données pour son exposé, il est allé sur le site officiel de la présidence de la République (http://www.prc.cm/). Et là, il est tombé sur une petite pépite d’absurdité. « Le Cameroun est un pays qui compte plusieurs grandes villes parmi lesquelles Yaoundé, la capitale politique du pays qui compte plus d'un million d'habitants, Douala, la capitale économique compte plus de deux millions d'habitants. Ensuite viennent des villes comme Garoua, Bafoussam, Maroua, Bamenda, ... qui sont d'importants centres urbains», indique, docte, le site du président. Qui continue en disant que la province semi-désertique de l’Extrême-Nord, est la plus peuplée du pays avec 2 553 389 habitants, tandis que la province du Littoral, dont fait partie Douala a…1 861 463 habitants !

Pour ceux qui ne connaissent pas bien le Cameroun, c’est comme si l’on disait qu’Abidjan avait 3 millions d’habitants et la région des Lagunes, dont fait partie Abidjan, 2 millions d’habitants ! Ou que Paris a 5 millions d’habitants et l’île de France 3 millions ! Quand l’ensemble comporte moins d’éléments que le sous-ensemble… Révolution mathématique sous les tropiques.

Simple erreur dont il est un peu exagéré de se gausser ? Pas du tout. Ces chiffres surréalistes ne sont que la face émergée de l’iceberg de fraude et de faux mis en place par un système politique pour survivre. Les statistiques démographiques sont, en effet, la matière première principale des élections. Et toute la zone occidentale du Cameroun, composée des provinces du Littoral, de l’Ouest, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, qui est selon toute évidence de loin la zone la plus dense du pays, est traditionnellement hostile à Paul Biya et à son régime. Il s’agit donc de minorer la population de cette partie du pays (pour diminuer le nombre de députés qui doivent la représenter et distribuer les cartes d’électeur de manière sélective sans que le pourcentage faramineux que constitue les « exclus du vote » ne choque « les Blancs »). Par ailleurs, on surévalue la population de certaines régions reculées et difficiles d’accès pour pouvoir fabriquer bureaux de votes fictifs et électeurs fictifs en l’absence d’yeux indiscrets.

Au Cameroun, la démographie est devenue, depuis le retour au multipartisme, une activité subversive et une préoccupation « d’opposants ». Le dernier recensement général de la population publié date de… 1987. Certes, un recensement a été financé à grands frais et réalisé en 2005. Mais les résultats ont… disparu. Le bureau du recensement, dissocié pour des raisons mystérieuses de l’Institut national des statistiques (INS), a fait disparaître le document gênant.

On a parfois envie de dire à certains dirigeants africains, qui se rebellent par tous les moyens contre un pluralisme politique qu’ils n’ont admis que sous la pression ambiguë des donneurs d’ordres occidentaux, de réinstaller le parti unique au lieu d’infliger à leurs concitoyens ce type de tragicomédie qui n’amuse plus personne. Le plus grave, c’est que le régime de Paul Biya, comme de nombreux pouvoirs néocoloniaux d’inspiration ethnofasciste, est pris au piège de son propre discours et de ses pratiques à courte vue. Dès le retour au multipartisme, prenant acte d’une colère sociale due à sa mauvaise gouvernance, il a inventé une ethnie, les « Anglos-Bamis » (les Anglophones et les Bamilékés) qu’il a stigmatisée avec un discours délirant. Désormais, il se considère comme incapable de reconquérir les populations des zones occidentales les plus peuplées - puisqu’il se refuse de faire de la politique au sens noble du terme. C’est ainsi que naît la peur du peuple, la peur de la démographie, et le fantasme plus ou moins avoué de l’élimination d’une partie du corpus national. Ainsi naissent les tentations d’épuration ethnique…

Posté par CNR_MUN à 13:01 - Analyses et Débats - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

La démographie, c'est de l'arythmétique politique

Salut à tous.
La démographie à ses premières heures était appelée arythmétique politique. il s'agissait en effet de l'adéquation nombre d'administrés/choix politiques. Donc, on ne peut pas gouverner sans une maîtrise parfaite de la population en géneral, de sa structure par sexe et par âge, de ses caractéristiques socio culturels et économiques, des grandes composantes d ela dynamique des populations comme les migrations, la fécondité, la mortalité et la nuptialité.
c'est grace à ces connaissances que l'on devrait définir les ratios enseignant/élèves, médecins/patients, ETC...
pour les erreures relevées dans le site de la présidence, sachez tout de même qu'elles ne se situent qu'au niveau des chiffres.
Les annuaires statistiques de l'institut des statistiques (2004) confirment que l'extrême nord est la province la plus peuplée du Cameroun, affirmation coroborée par la division de la population des nations unies ou encor les rapports des enquêtes EDS (enquête de démographie et de santé) réalisées au Cameroun en 1991, 1998 et 2004.
Pour le reste, il faut simplement souligner que ces chiffres représentent pour la plupart des estimations, prévisions ou des projections. même les données des recencements ne sont pas fiables, compte tenu des ommissions, surestimations ou souestimations dues à certaines considérations.
Pour ceux qui s'interessent à la démographie Cameorunaise, ils peuvent tout trouver sur le site de l'IFORD ou des organismes internationaux.
bien évidement, il faudra prendre les chiffres avec prudence car les personnes, morales comme physiques les manipulent au gré de leurs intêrêts et théories.
G S N.

Posté par Guy Simon Ngakam, jeudi 24 mai 2007 à 15:49

ASSIAE

Quelqu'un a-il lu un livre de Paul Biya?C'est du bla
bla langue de bois,de type Stalinien, le grand dictateur soviet(Au moins 70millions de morts)Hitler
même genre.Mao aussi! Fini françafric?Non, c'est pire!Maintenant, les clandés virés au Cameroun sont
jugés à une mort prématurée:30ans d'espérance de vie
en moins.Le mot noir est connoté en négatif:Travail
noir, caisses noires,etc.C'est du genre SALE CON,
comme dirait sarco-caca.Biya a donné l'ordre d'accep
ter le retour des expulsés.Pas comme au mali!Adroite
droite:FRANCEAFRIQUE est toujours là..Ayombaé!!!

Posté par ERNST, samedi 1 mars 2008 à 22:14

Ré-inventons le combat

Cher Professeur, j’ai bien aimé votre analyse de la situation politico-économique du Cameroun dans l’article « Le peuple camerounais révolté et les deux bourgeoisies ». Des documents comme celui là, on aimerait en trouver un peu plus sur la toile. Ils ont le mérite de présenter certains moments de la vie de notre pays avec clarté et froideur. Une froideur qui ne résiste pas toujours à votre attachement à l’UPC et à la distance qui vous sépare du pays.
Vous permettrez Professeur que l’on se débarrasse du complexe qui pourrait inhiber notre sens de la critique. Vous n’êtes pas sans savoir qu’au Cameroun, la qualité de l’enseignement (conséquence d’un système éducatif en dégénérescence comme vous le dites si bien) couplée aux difficultés qu’ont les parents à payer l’école de plus en plus chère, tout ça n’est pas de nature à rapprocher les enfants du savoir. En clair, il n’est pas toujours aisé de comprendre l’analyse d’un professeur ou tout simplement ne pas en partager certains pans.
« Le passé ne passe plus », telle est la cause de la crise que vit le pays depuis plusieurs décennies déjà. Et si le passé ne passe plus, il serait peut-être temps de ne plus s’arrêter aux constats sur la situation du pays. Des constats, on en a eu, des analyses les unes tout aussi pertinentes que les autres, journaux et autres articles nous en abreuvent régulièrement. Vous me direz qu’on ne peut trouver de traitement approprié sans analyse juste. Le Cameroun et se patriotes ont besoin de solutions à leurs problèmes. Nous voulons nous entendre dire : voici comment nous pensons le Cameroun d’aujourd’hui et de demain. Car c’est du Cameroun présent et futur qu’il est question et non de son passé qui ne passe plus. Jusqu’à quand écouterons-nous les intellectuels fussent-ils ou non de la diaspora, nous dire le quotidien des camerounais. Peut-être cachez-vous la stratégie de changement. Mais le récit et la critique des institutions actuelles du pays exaspèrent et désespèrent même le citoyen lambda qui pourrait se sentir abandonné par ceux capable (ou supposés capables) de penser et d’implémenter des solutions en même de sortir le village Cameroun de la boue.
Les régimes successifs (si on arrive à le différentier) seraient-ils aussi intelligents au point de geler la réflexion qui nous feraient dépasser les constats d’échec, de dépasser les barrières ethniques et claniques en vue de mobiliser les ressources intellectuelles et matérielles nécessaires à la résolution du problème Cameroun ? car, le Cameroun est devenu un problème pour les camerounais. On a l’impression que la critique du système actuel est le summum de la production intellectuelle et ne devrait en aucun cas aller au-delà d’un constat plus ou moins stéréotypé. Et quand bien même on essaye de d’ébaucher des possibilités de sortir de crise, l’on est très vite rattrapé soit par l’attachement au village, soit par un passé dont on a du mal à se détacher. Le Professeur n’échappe pas au schéma lorsqu’il présente l’UPC (originelle ou non) comme possibilité majeur de libération des camerounais. L’UPC : c’est du passé. Nous nous inclinons devant la mémoire des martyres de l’UPC, mais l’histoire pas plus que la réflexion ne sauraient s’arrêter avec le démantèlement de ce mouvement patriotique Camerounais dont nous nous réclamons tous avec un engagement plus ou moins franc.
Un peuple sans histoire est un peuple sans âme, mais lorsque l’histoire (le passé) ne passe plus (), il y a crise. Il faut pour pouvoir avancer, se réarticuler autour d’une stratégie nouvelle en tenant compte de la nouvelle donne. En d’autre terme, si l’UPC est systématiquement combattue par les institutions en place, pourquoi dépenserons-nous tant d’énergie à la reconstituer. Il serait plus judicieux, devrions-nous penser, de mettre notre énergie dans l’implémentation de nouveaux regroupements en vue de relancer la machine libération du Cameroun. Les politiques passées et actuelles ont réussi à mettre dans l’imagerie populaire que l’UPC c’est la violence, la rébellion, la subversion. Qu’en pensent les jeunes aujourd’hui (car c’est de leur avenir qu’il s’agit quand on parle de refaire le Cameroun) ? Ils ne savent pas grand’chose de l’UPC si ce n’est le triste constat qui suit : l’UPC, c’est du passé. C’est peut-être triste et blessant de le dire ainsi, mais c’est la triste et froide réalité. En attendant que l’histoire du Cameroun soit enseignée dans les institutions scolaires et universitaires du pays, l’idée que le camerounais moyen a de l’UPC est celle qu’en distillent Kodock, Hogbe Lend et beaucoup d’autres qui s’en réclament c'est-à-dire une organisation politique sans consistance réelle dont les responsables successifs attendent d’être invités à la mangeoire. L’UPC pour le camerounais de l’après indépendance n’est plus ce creuset du nationalisme camerounais.
Les organisations politiques actives au Cameroun semblent avoir beaucoup de mal à se poser et à s’imposer devant la puissance et non moins fragile machine qu’est le parti politique au pouvoir. Le SDF qui dit représenter la principale force d’opposition a du mal à convaincre quant à sa capacité à changer le cours des choses. Le Cameroun ne se développera pas sans les camerounais de tout les horizons. Les autres formations politiques alliées à la société civile (dans leur structuration actuelle) ne semblent pas en même de résorber le marasme actuel. La façon dont les élections continuent d’être organisées (malgré eux) en est une preuve de leur impuissance.
Que ce soit la puissance financière des uns, la percussion intellectuelle ou la force de travail des autres, il faut une canalisation de toutes ces énergies autour d’un idéal commun pour sortir de notre crise. Il est impératif que nous travaillions à former et ce magma de revendication et d’action pour espérer faire bouger les choses au Cameroun. Et ce magma, ne sera débarrassé de tous les stigmates du passé que nous combattons. Les générations de patriotes d’avant les indépendances ont généré l’UPC, celles d’après ont créé l’UNC, puis le RDPC, SDF et autres actuelle société civile, chacun sait pourquoi il se battait. Mais les générations présentes ne doivent pas se contenter de suivre, elles doivent accoucher (avec ce que cela comporte comme douleur) d’organisation efficaces capables de porter leurs vision du Cameroun et de transformer cette vision en réalité. Il est hors de question de continuer à critiquer passivement, à compter les morts ou tout simplement à se lamenter devant des incompétents qui nous gouvernent ; à nous agripper aux formules comme l’UPC qui ne marchent plus, comme l’UDC qui est incapable de s’imposer au-delà de son bastion territorial, au SDF qui après avoir suscité tant d’espoir se rapproche (dans son fonctionnement) au RDPC.
Quand on analyse les forces de changement ou celles qui se présentent comme tel au Cameroun, qu’en tire t-on comme leçon? Les dirigeants des partis politiques actifs au Cameroun appartiennent dans leur grande majorité à une génération en fin de course. Leur vision du pays semble s’être figée dans le temps. La preuve, ils ont du mal à faire renaitre le rêve ; il faut déjà rêver pour pouvoir faire rêver.
Iliassou NJOYA.
Eleveur de poulet.
binjoya@yahoo.fr

Posté par Ton'Bert, lundi 15 décembre 2008 à 11:56

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