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Le site du Conseil National pour la Résistance - Mouvement Umnyobiste (CNR - MUN)

Le Umnyobisme est une idéologie de libération pour le Cameroun et l'Afrique et qui tire ses fondements dans les résistances historiques des peuples africains contre l'impérialisme et le colonialisme.

dimanche 30 mars 2008

Les Camers de Hambourg scandent "Paul Biya Criminel, Sarkozy Complice"!!!

S1032103

Communiqué de Presse à la suite de la Manifestation du CODE au consulat de France à Hambourg.

Depuis le 31 décembre 2007, le Cameroun, notre pays, est plongé dans une grave crise sociopolitique consécutive à la décision du président-dictateur Paul Biya, au pouvoir depuis 26 ans, de tripatouiller la constitution pour se maintenir à la présidence au delà du terme légal de son mandat en octobre 2011;

A la fin du mois de février 2008, cette crise sociopolitique s’est transformée en une révolte des populations du contre l’inflation (« la vie chère ») et contre l’entêtement de M. BIYA à vouloir supprimer la limitation des mandats présidentiels imposée par la constitution camerounaise, afin de se maintenir à vie au pouvoir.

En guise de réponse à cette révolte généralisée des populations, le gouvernement néocolonial au Cameroun a donné l’ordre à ses forces armées et de police de tirer partout dans le pays, à balles réelles, sur les manifestants pourtant non armés.

Le bilan de cette répression sauvage est, selon les autorités du gouvernement criminel, de 40 morts. Mais selon les Organisations indépendantes de Défense des Droits Humains, ce bilan s’élève à plus d’une centaine de morts, dont des assassinats ciblés d’opposants au régime. Plusieurs centaines de personnes ont en outre été blessées; au moins 2000 camerounais ont été arrêtés au cours de ce soulèvement populaire et plusieurs centaines ont déjà été condamnées, à ce jour, à des peines allant jusqu’à 15 ans d’emprisonnement. Ont également été signalés, plusieurs cas de viols, d’enlèvements de personnes par les forces armées, et des cas de disparitions. Des arrestations extrajudiciaires continuent dans tout le pays, donnant lieu à diverses exactions sur les populations civiles. Des informations sérieuses, provenant de rescapés de ces massacres, soutiennent l’existence d’au moins une fosse commune dans laquelle des corps de personnes assassinées par les forces de répression du gouvernement, auraient été ensevelies à la hâte afin de diminuer le bilan des tueries.

Un régime aussi impopulaire que celui de Paul Biya, qui viole de façon aussi grossière les Droits de l’Homme, ne doit en réalité sa longévité que grâce au soutien politique actif que les gouvernements français successifs lui apportent. Le président Sarkozy, qui avait annoncé la fin du soutien de la France aux régimes dictatoriaux et antidémocratiques en Afrique, s’est rapidement rebiffé en continuant un soutien encore plus actif aux dictatures corrompues et rétrogrades au Cameroun, au Tchad et ailleurs Afrique.

Pour ce qui est de la répression de février au Cameroun, il a été clairement établi que le matériel de répression utilisé par les forces de sécurité de la dictature sanguinaire au pouvoir, était une dotation de la coopération Française: canons à eau utilisés pour la dispersion des manifestants, gaz lacrymogènes, armes de guerre ou des hélicoptères de marque Puma qui ont mitraillé les manifestants sur le pont du Wouri le 27 février, etc.

Déjà en Avril Mai 1991, des coopérants militaires français avaient été mis à contribution pour réprimer le soulèvement estudiantin sur le campus de l’université de Yaoundé, occasionnant plusieurs dizaines de morts.

Entre 1960 et 1970, pendant la guerre de libération nationale avortée, l’armée française avait déjà activement participé aux cotés de l’armée néocoloniale camerounaise, aux massacres des populations civiles. Le bilan de cette campagne, selon des historiens s’élève à 300 mille morts.

Considérant, enfin, que ce régime antipatriotique, antinational, et antipopulaire dont Paul Biya est le prolongement n’est arrivé au pouvoir, en 1960, que grace à la volonté de la France qui avait tué Um Nyobè en 1958 et décapité le mouvement nationaliste camerounais afin de l’empêcher de prendre le pouvoir.

Nous, camerounais et citoyens du monde, réunis à Hambourg à l’initiative du Collectif des Organisations Démocratiques de la Diaspora Camerounaise;

1 - Dénonçons l’aide à la répression accordée par les autorités Françaises à la dictature criminelle au pouvoir au Cameroun ;

2 - Condamnons la complicité du gouvernement français dans les massacres des populations civiles au Cameroun;

3 – Appelons La France à l’arrêt de tout soutien politique, économique et militaire, de même que la cessation de toute livraison de matériel militaire et policier au régime liberticide et antidémocratique au Cameroun.

4 - Exhortons le gouvernement Français et le président Sarkozy à Condamner avec fermeté les violations massives des Droits humains en cours, à dénoncer les tueries inacceptables de manifestants pacifiques au Cameroun et à soutenir notre exigence d’une Commission Internationale d’Enquête, sous l’égide de l’Union Africaine et des Nations Unies, pour faire la lumière sur les massacres perpétrés par les forces armées et de police du gouvernement camerounais contre des manifestants désarmés, d’en déterminer les commanditaires et les exécutants afin qu’ils soient traduits devant les tribunaux internationaux ;

5- Appelons le président Sarkozy à agir dans l’urgence pour demander à son suppôt au pouvoir au Cameroun, le président-dictateur Paul Biya, de renoncer définitivement à son projet funeste de tripatouiller la constitution pour demeurer président du Cameroun à vie. Si une telle manipulation était entérinée, elle ouvrirait la voie à un conflit armé au Cameroun, comme cela a été le cas au Tchad.

6. Demandons au gouvernement français, en cette année du cinquantenaire de l’assassinat de Um Nyobè par la France, d’assumer pleinement son passé colonial au Cameroun, en acceptant la mise sur pied d’une commission Indépendante pour enquêter sur les massacres de l’armée coloniale française au Cameroun entre 1955 et 1970. Une telle commission marquerait la volonté des autorités françaises de sortir du contentieux historique qui oppose la France au peuple camerounais depuis 50 ans.

7. Manifestons notre soutien au peuple camerounais en lutte contre la tyrannie rétrograde et appelons toute la communauté internationale et tous les hommes épris de liberté et de justice, à se désolidariser du régime néocolonial sanguinaire au pouvoir au Cameroun.

 S1032062                                     

Hambourg, ce 28 Mars 2008

 

Pour le CODE ;

Tene Sop

Dr Benjamin Leumni

Contact: comitedesuivicode@yahoo.fr

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vendredi 28 mars 2008

Lu sur TchadForum.com

L'Afrique, La France et La Democratie: La Leçon manque de la pédagogie,

Par Felix Ngoussou sur Tchad Forum

Lire l'article ici:   http://tchadforum.com/node/694

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mardi 25 mars 2008

Crime d'Etat contre Severin Cécile Abega, intellectuel camerounais

abega_cecile

Cameroun: Les crimes d’Etat continuent / Paul Biya et «Essigan» empoisonnent Séverin Cécile Abéga

 

C’est un crime signé ! C’est Paul Biya qui l’a tué, il n’y aucun doute à ce sujet.

 Le nom de Mr Séverin Cécile Abéga, anthropologue camerounais sérieux et rigoureux, figurait sur une liste de personnes à abattre par le régime, qui circulait à Yaoundé et sur Internet depuis la répression sanglante de fin février ayant fait plus d’une centaine de morts selon les Organisations de Défense des Droits de l’Homme. Sur celle fameuse liste, figure également  des personnes comme Mme Madeleine Afite, Mboua Massock, Jean Michel Nitcheu, Dzana Seme, etc, etc

 Le pouvoir reprochait à Mr Abega ses prises de positions politiques par rapport à la répression de février au Cameroun. Dans une interview parue le 3 mars dans un Quotidien de la place, Mr Séverin Cécile Abega avait très clairement dénoncé les tueries de manifestants pacifiques intervenues à la fin février.

En outre, Mr Séverin Cécile Abéga, s’était clairement démarqué, en les dénonçant et les condamnant, la diatribe xénophobe et tribaliste de quelques élites du parti au pouvoir qui stigmatisaient une frange de la communauté nationale, en la présentant comme responsable du soulèvement populaire de fin février, et appelaient ouvertement à un génocide contre elle.

 Le pouvoir, après avoir fait circuler des tracts pour menacer à mort des citoyens dont le seul crime est d’avoir refusé de se taire face aux massacres des populations civiles, vient ainsi de passer aux actes ! La mort de Mr Abega est tout simplement un autre assassinat politique commis par ce régime fasciste, dont la soif de sang n’a apparemment pas été étanchée par les centaines de morts de la répression barbare du soulèvement populaire de février. Allons nous continuer à assister en spectateur au massacre de notre peuple ?

 Après Mr Abega, tué hier, 24 mars Yaoundé par empoisonnement, à qui le tour ? Les noms d’autres activistes, aussi bien de l’intérieur que de la Diaspora, figurent sur la fameuse liste des « personnes à liquider ». Nous savons que Mme M. Afité, Coordonnatrice de la Maison des Droits de l’Homme à Douala est devenue « l’ennemie publique » No 1, pour le régime sanguinaire de Yaoundé, depuis qu’elle a alerté l’opinion internationale sur la réalité et l’ampleur des massacres de fin février au Cameroun. Paul Biya et sa clique seront donc responsables de tout ce qui adviendra aux personnes menacées, tout comme ils sont déjà responsables de l’assassinat de S. Cecile Abéga, de Tiwa Jacques et des centaines de victimes de février !

 Le CNR réitère son exigence d’une Commission internationale d’enquête pour faire la lumière sur tous ces crimes dont s’est rendu coupable, depuis fin février 2008, le régime antipopulaire et impopulaire du sanguinaire Paul Biya.

 Le CNR rappelle que l’inertie actuelle de la communauté internationale sur les graves violations des droits Humains au Cameroun conduira inéluctablement à une spirale de vengeance de la part des victimes que nous sommes et au développement certain de la justice populaire avec son lot d’exactions et de violations. Il faut donc agir maintenant, afin se stopper le fascisme en développement au Cameroun afin d’éviter le pire `notre pays.

 Le CNR s’incline sur la mémoire de S C Abega et présente ses condoléances les plus émues sa famille.

 A bas les assassins du peuple !

 La lutte continue. Pour la Patrie et l’Afrique, nous vaincrons!


version PDF: CNR__Biya_a_tu__Severin_Cecile_Ab_ga

 

Fait à Berlin le 25 Mars 2008

 

Tene Sop G.
Secrétaire Général du Conseil National pour
la Résistance  /  Mouvement Umnyobiste

cameroon.resistance.council@googlemail.com

Internet: http://cnrmun.afrikblog.com/


Lire ici la dernière interview de  Sévérin Cécile Abega au Quotidien Mutations du 03 Mars 2008

http://www.camerounlink.net/fr/dossiers.php?wid=2&kid=35913&tid=38&seite=292

Séverin Cécile Abega : "C’était un avertissement aux dirigeants" (03.03.2008)


L’anthropologue analyse le phénomène de la violence des manifestations qu’il relie à la pauvreté galopante.

Propos recueillis par Jean Baptiste Ketchateng


Avez-vous été surpris par l’ampleur des violences qui ont fait une vingtaine de morts en cinq jours?

Il faut d’abord dire que les manifestions sont intéressantes par la forme qu’elles ont prises, dans la mesure où elles se déroulaient dans plusieurs villes. Ensuite, il faut relever qu’il n’y a pas un visage : nous n’avons pas un leader de la revendication, qui se met en avant. Mais si elles ont pu se dérouler en tant d’endroits, c’est qu’il y a quand même une structuration derrière.
Ce qui m’a intéressé, c’est cependant l’absence de leader qui fédère des initiatives friables, impalpables et finit par leur donner une forme, une puissance. C’est très important parce qu’au Cameroun nous avons un phénomène qui érode les leaderships politiques et civils. Tous ces leaderships sont aujourd’hui déconsidérés. On a comme une difficulté à voir émerger de nouveaux leaders, alors que le milieu politique est riche et que la société civile se reconstitue. Or, si nous n’avons pas un leader, nous n’avons pas une conscience, une voix forte qui parle, une direction qui est clairement imprimée.
Apparemment, il y a eu deux mouvements : celui des transporteurs en grève que les gens ont bien compris et partagé ; un deuxième mouvement semble avoir profité de celui-là pour transformer la manifestation à caractère socio-économique en mouvement à caractère politique. Mais comme il n’y avait pas une direction, cette crise politique s’est transformée en quelque chose d’un peu incontrôlable. Des enfants de la rue manifestants, des gens déposés selon des témoignages pour faire des barricades, des chômeurs, etc.

Quand vous déchiffrez une coordination derrière ces mouvements, cela veut dire que vous n’êtes pas surpris, que vous voyiez des acteurs sociaux se préparer ?

Je suis plutôt surpris que la violence n’ait pas atteint un seuil plus élevé. Si on compare la situation à celle du début des années 1990 avec les villes-mortes, avec la crise politique qui accompagne la transition du monopartisme au multipartisme, nous voyons qu’il y avait alors un discours qui s’est ethnicisé. Nous n’avons pas eu le même discours cette fois. Dans ce que j’ai écouté, les gens disaient : nous sommes d’accord, nous comprenons les manifestations. Il y avait un fond commun qui est le mal vivre énorme. Alors que les revenus sont bloqués, les denrées de première nécessité sont plus chères, et avec l’augmentation, il y a des pénuries.
Pendant ce temps, la classe politique semble n’être préoccupée que par la révision constitutionnelle. Cette révision elle-même vise à jouer sur le destin politique d’un individu, à allonger ad vitam aeternam le mandat présidentiel. Les gens ont donc l’impression que ce problème-là est bien plus important que les problèmes auxquels ils sont confrontés. Ce mouvement arrive donc en concordance avec les frustrations de la population.

En réponse il y a eu une répression également violente. Le gouvernement semblait surpris. Peut-on dire que c’était démesuré ?

La réponse de l’Etat n’était pas appropriée. C’est une réponse qui ne s’adressait pas à la question posée. La réponse était disproportionnée parce que très souvent il s’agissait de groupes épars. Même s’il y avait une coordination derrière, elle n’a pas lancé des forces groupées. Avec une police plus intelligente on aurait pu contenir mieux ces manifestations, avoir moins de casses et moins de morts.
Ce n’est pas la violence qui peut être la réponse parce que le problème est réel. Même le policier qui réprime a une femme qui se plaint du prix de l’huile, du riz, des bananes, etc., qui est très élevé. Et le problème de la vie chère n’est pas un problème camerounais, il se produit dans d’autres pays. Mais il revient à nos autorités d’y trouver une solution. Les revenus sont par exemple bloqués depuis longtemps. L’on ne doit pas s’attendre à ce que le petit peuple se donne la réponse lui-même.

Si des deux côtés l’on use de violences, sans pouvoir être entendu, allons-nous nous installer dans une société où l’usage de la force est le mode d’expression ?

Vous avez oublié un troisième point. S’il y a des gens qui se sont organisés pour faire la grève et un troisième groupe qui a structuré le mouvement dans plusieurs villes. C’est qu’il y a une frustration, une incompréhension connue. Aux dernières élections législatives, on l’a vu, les gens ne sont pas allés voter. Le peuple montrait qu’il n’était pas intéressé au calendrier politique. On a cette divergence du peuple qui ne suit pas ses dirigeants. On a un front de personnes qui en est conscient, bien qu’ils ne soient pas en avant. Le marasme du peuple peut être exploité par ce deuxième front.

Mais de qui s’agit-il ?

Ne spéculons pas. Il y en a qui ont dit : c’est le Sdf… Non. Je travaille sur les données et je n’en ai pas vu qui disent qu’il s’agit d’un tel. Mais quand vous analysez la forme que les choses ont prise : des blocages de

la circulation, des manifestations similaires, cela veut dire qu’il y a eu organisation.
La question est désormais de savoir si la réponse de cette dernière sera politique ou simplement opportuniste. La question interpelle aussi le pouvoir afin de savoir s’il est capable d’interpréter correctement les événements.

A propos de la violence des peuples du Cameroun et des Africains noirs en général, l’on a souvent prétendu qu’il s’agit d’un phénomène domestiqué par la palabre. Avons-nous des Camerounais d’un type nouveau, favorables à la violence ?

Les gens analysent mal l’histoire. Tout d’abord, il faut rappeler que l’accession à l’indépendance s’est faite chez nous par la guerre. Le Camerounais sait revendiquer ses droits quand il le faut. Ensuite, par rapport aux autres africains, le Camerounais, est très procédurier. Au moment où les Sénégalais et les Ivoiriens vont revendiquer leurs indépendances à Paris, les Camerounais qui savent qu’ils ne sont pas une colonie française, mais que la situation de leur pays a été créée par la Sdn dont l’Onu est l’héritière, ils vont à l’Onu négocier. Or l’Onu c’est une institution avec ses procédures. Cela date de l’époque allemande.
Sur le plan économique, jusque là, le Cameroun a été épargné en raison de la disponibilité des denrées alimentaires. Les crises étaient ressenties d’une manière superficielle, elles n’atteignaient pas le quotidien au point de compromettre le lendemain. Il y avait également une classe moyenne qui se formait. Quand il y a une classe moyenne, les problèmes politiques se résolvent plutôt par la négociation.
Aujourd’hui, les Camerounais ont de moins en moins à manger parce que nous avons deux villes de plus d’un million d’habitants : Yaoundé et Douala. Avant, on était un pays essentiellement rural, aujourd’hui on est devenu un pays essentiellement urbain, même si les résultats du dernier recensement ne sont pas publiés. Il faut se souvenir qu’au recensement de 1987, nous étions à 48% de taux d’urbanisation. Si nous sommes au-dessus de 50% désormais, cela veut dire que chaque paysan doit produire pour lui-même et pour un citadin.
En plus, nous ne produisons pas seulement pour nous-même, mais également pour la Guinée Equatoriale, pour le Gabon, pour le Tchad et le Nigeria. Je suis du Centre. Si vous allez dans les plantations vous retrouverez des Équato-guinéens, des Gabonais, qui viennent acheter dans les champs. Il faut compter en plus qu’il y a eu une amélioration du réseau routier sud, ce qui permet une meilleure évacuation des produits vers les marchés frontaliers.
Le système agricole n’a cependant pas été amélioré. C’est donc une très forte tension que subit le marché vivrier. Nous mangeons donc de moins en moins bien et le quotidien est de moins en moins assuré. Les gens vont donc avoir à partir de ce stade des réactions bien plus vives.

D’où la difficulté que l’on a eu à reconnaître le jeune casseur d’aujourd’hui, en comparaison à son prédécesseur des années 1990 ?

Les jeunes d’hier, lorsqu’ils avaient un problème pouvaient se replier au village. Aujourd’hui, combien peuvent le faire ? Il y a bien plus de jeunes qui n’ont d’autres espaces de définition que la ville. Il y a une mutation énorme entre les deux catégories de jeunes. Lorsque nous disons aux jeunes de 20 ans : le Cameroun est un pays où coule le lait et le miel, il ne nous croit pas parce qu’il n’a vécu que la crise.

Finalement, l’on se retrouve donc en face de blocs qui ne se comprennent pas du fait des changements sociaux. Comment faire pour éviter qu’il n’y ait pas que des rapports violents comme moyens d’échange ?

Il y a une responsabilité de ceux qui dirigent. Ils se sont portés candidats pour tenir les rênes de l’attelage. Ils ont donc cette responsabilité, personne ne les a contraint, il faut qu’ils l’assument. Mais on n’est pas rassuré parce que le discours qu’on a entendu est plutôt revanchard et violent. C’est un discours qui n’a tenu aucun compte du problème fondamental qui est celui d’une population qui souffre.

Il est donc à craindre que cette violence se reproduise, avec peut-être une ampleur plus importante…

Je suis optimiste parce que nous avons les conditions pour que ça aille mieux. Cependant, est-ce que les hommes qui dirigent sont disponibles pour ramener de meilleures conditions de vie ? Telle est la question. Les populations se sont prononcées, mais il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas comprendre. C’est aux dirigeants de comprendre et de ne pas faire diversion. La modification de la Constitution par exemple n’a pas l’importance qu’on veut lui accorder.
Remarquons enfin, puisque nous parlons de la violence, que tous les pays africains qui se sont engagés sur la voie de la modification de la Constitution ont connu la violence. Et il faut le comprendre. La limitation des mandats n’existait pas en effet dans notre Constitution, elle a été introduite en 1996. Ceux qui l’ont fait n’ont peut-être pas mesuré toute son importance, mais les populations, elles, l’ont fait. C’est un garde-fou auquel la population tient.

 

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dimanche 23 mars 2008

Les Patriotes Camerounais du Nord de l' Allemagne protestent contre le soutien de la France au dictateur Biya

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Appel à une Manifestation de protestation au consulat de France à Hambourg, le vendredi 28 Mars à 14 H30, contre le soutien de la France à la dictature néocoloniale, corrompue et criminelle au pouvoir au Cameroun!

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A la fin du mois de février 2008, les masses populaires du Cameroun se sont révolté à travers un soulèvement populaire pour protester contre la vie chère et pour dire NON à la décision du président-despote Paul Biya de tripatouiller la constitution pour rester président à vie après 26 années de gestion calamiteuse de notre pays le Cameroun.

La réponse du gouvernement dictatorial du Cameroun, à cette révolte populaire a été brutale et particulièrement sanglante:

- Plus de 100 morts selon les organisations de défense des droits de l’Homme;

- Plusieurs dizaines de disparus

- 900 blessés dans les hôpitaux

- 2000 personnes arrêtées dont 600 déjà condamnés a la suite de procès injustes à des peines allant jusqu’à 15 ans d’emprisonnement;

- Instauration d’un régime de terreur avec l’interdiction des manifestations publiques, l’arrestation et l’intimidation des journalistes et la fermeture des médias privés comme Equinoxe Tv et FM, de même que Magic FM ;

- Etc..

Il est aujourd’hui clairement établi que le matériel de répression utilisé par les forces de sécurité de la dictature sanguinaire au Cameroun, était une dotation de la coopération Française. Qu’il s’agisse des canons à eau utilisés pour la dispersion des manifestants; des gaz lacrymogènes, des armes de guerre ou des hélicoptères Puma qui ont mitraillé les manifestants sur le pont du Wouri le 27 février, tout ce matériel était de la logistique offerte par la France. En plus, les autorités françaises n’ont pas condamné les odieuses tueries perpétrés contres des manifestants aux mains nues par le régime Biya.

Un régime aussi impopulaire que celui de Paul Biya, qui viole de façon aussi flagrante les Droits de l’Homme, ne doit en réalité sa survie, depuis des années, que grâce au soutien politique des gouvernements français successifs. Le président SARKOZY, qui avait annoncé la fin du soutien de la France aux régimes antidémocratiques en Afrique, s’est rapidement rebiffé en continuant un soutien plus qu’actif aux dictatures corrompues et rétrogrades au Cameroun et en Afrique. 

    C’est pour protester contre ce soutien actif du Gouvernement Français au régime néocolonial dictatorial, corrompu et criminel au pouvoir au Cameroun que le Collectif des Organisations Démocratiques et Patriotiques de la Diaspora Camerounaise (le CODE) appelle:

 

Les Camerounais(e)s, les Africains et tous les progressistes en Allemagne du Nord

à prendre part à une:

 

Manifestation pacifique au Consulat de France à Hambourg

Date:   Vendredi 28 Mars, de 14 H30’ à 17 H

Adresse:  Heimhuder Straße 55

Rassemblement: 14 Heures 00; Station Shell, Face S-Bahn Dammtor.

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Contacts et Information: Tene Sop (01634637140); WAD (016095359659);Diffo (017625784934);  Djouken (017621536400);

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samedi 22 mars 2008

La Jeunesse Camerounaise à travers le CPPJ appelle à l'alternance au pouvoir en 2011

DECLARATION SANCTIONNANT LES ASSISES NATIONALES DE LA JEUNESSE POUR LA CONSTRUCTION DE L’AVENIR TENUES A L’INITIATIVE DU CONSEIL PATRIOTIQUE ET POPULAIRE DE LA JEUNESSE

DU 15 AU 16 MARS 2008 A YAOUNDE.

A l’initiative du Conseil Patriotique et Populaire de la Jeunesse, les Premières assises nationales de la jeunesse Camerounaise se sont tenues à Yaoundé du 15 au 16 mars 2008, dans les locaux du Service œcuménique pour la Paix. Ces assises ont réuni des leaders de la jeunesse de différentes sensibilités politiques et sociales, venus des dix provinces du Cameroun, invités à se concerter et à se prononcer, dans un élan patriotique et une totale indépendance d’esprit, sur la situation sociopolitique du Cameroun et singulièrement celle des jeunes à la suite des émeutes et incidents tragiques qui ont secoué le Cameroun dans la semaine du 25 au 29 février 2008.

A l’issue de ces assises nationales, la Déclaration suivante a été adoptée :

Considérant les décisions, positions et actions formulées par le Gouvernement à la suite des manifestations populaires du mois de février ;

Prenant acte des opinions et analyses exprimées par les forces politiques et les différents acteurs économiques et sociaux ;

Rappelant au souvenir de l’opinion nationale et internationale la pertinence des termes de la déclaration des leaders jeunes réunis à Douala le 17 février dernier, soit une semaine avant le début des émeutes ;

Les jeunes réunis à Yaoundé dans le cadre des premières assises nationales de la Jeunesse formulent les observations et recommandations suivantes :

A l’attention du Chef de l’Etat et du Gouvernement,

Les jeunes,

§ Apprécient le fait que le Chef de l’Etat, lors de son intervention en Conseil des Ministres du 07 Mars 2008, ait reconnu que les émeutes de Février ont prospéré en raison de graves déficits de l’action gouvernementale en terme de réponses diligentes et efficaces aux revendications légitimes de la population et en l’occurrence des jeunes, frappés par les affres de la pauvreté de masse.

§ Indiquent que cette reconnaissance doit s’accompagner de sanctions visant ceux des responsables dont les manquements ont entraîné le pourrissement du climat social.

§ Invitent le chef de l’Etat - après avoir ainsi reconnu l’essoufflement d’une élite politique qui s’est montrée incapable de relever substantiellement le niveau de vie des populations - à tirer les conséquences de cet échec qui s’inscrit dans la longue durée et à créer, pour 2011, les conditions d’une alternance qui permettrait le rajeunissement de la classe dirigeante par le respect de l’article 6.2 de la constitution du 18 janvier 1996. 

S’agissant des émeutes en question

Les Jeunes,

§ Constatent que les manifestations ont dérivé en violences dans certaines régions (à l’exemple de Bafoussam et Douala), en raison de l’usage inapproprié, abusif et aveugle de la violence par les forces de l’ordre qui ont usé de balles réelles pour réprimer des manifestations pacifiques. Les Jeunes condamnent par conséquent cet usage disproportionné et scandaleux de la violence d’Etat, mobilisée contre des civils désarmés émeutiers, mais citoyens malgré tout. Ils s’étonnent en outre que la gestion des émeutes urbaines aient pris les allures d’une guerre contre le peuple, au vue de tous les corps de la police, de la gendarmerie, et de l’armée (corps d’élites compris) mobilisés contre les populations, de l’artillerie lourde (canons et chars d’assaut) aperçue dans certaines rues de Yaoundé en cette circonstance, et surtout au vue de la centaine de vies humaines supprimées à travers le pays du fait des tirs sans sommation des forces armées et de l’usage des balles réelles contre les manifestants.

§ Déplorent les actes spontanés de pillage et de destruction des biens enregistrés lors de ces émeutes, tout en notant que de nombreux exemples dans le monde montrent que de tels débordements, loin d’être une particularité camerounaise sont inhérents à ce type de soulèvement populaire spontané.

§ Dénoncent les conditions de détention, les mauvais traitements et les actes de torture infligés aux milliers de jeunes prévenus, ainsi que la diabolisalisation et la stigmatisation faciles des émeutiers qui ne rendent pas compte de la complexité du problème et ne contribuent pas à la compréhension des causes du mal.

§ Dénoncent tout autant la caporalisation du pouvoir judiciaire par l’Exécutif ; avec pour conséquences des procès expéditifs et commandés, la violation préméditée des droits de la défense, les multiples abus des juges manifestement aux ordres, les pressions sur le Barreau aux fins d’empêcher l’exercice équitable de la justice et la violation scandaleuse du Code de procédure pénale.

§ Par ailleurs, les jeunes ont du mal à comprendre que le bas peuple et les émeutiers de la faim, victimes de la mal gouvernance en vigueur, soient livrés à la mort ou à la prison sans jugement pour avoir exprimé leur ras-le-bol, alors même que le pillage de la fortune publique, infiniment plus dévastateur et perpétré depuis des décennies par des criminels à col blanc souvent dissimulés dans le Gouvernement ou au Parlement, reste globalement impuni, bénéficiant au contraire de la complaisance hypocrite des autorités publiques.

§ Remarquent que, à situation de crise comparable au Burkina Faso pendant la même période, il y’a eu deux cents interpellations et à peine vingt neuf (29) condamnations.

§ Dénoncent les nombreuses atteintes à la liberté de presse qui ont culminées dans la fermeture de la Radio Magic FM, d’Equinoxe Radio et télévision, dans un climat général de terreur, de recul des libertés civiles et politiques.

Les jeunes,

§ Saluent l’action généreuse et spontanée de nombreux avocats, émus par le sort désespéré de nombreux jeunes prévenus, qui se sont spontanément mobilisés pour défendre le bon droit et la Justice, malgré les pressions.

§ Appellent le Barreau à donner la pleine mesure de ses missions et moyens, et à faire montre d’un engagement franc dans la défense des libertés, autant qu’il a su le faire à d’autres époques, en prenant solennellement et résolument le parti de défendre les principes sans lesquels une Justice et une démocratie ne peuvent être authentiques.

§ Déplorent par ailleurs la timidité de la Communauté Internationale dont la voix atone a manqué d’exprimer avec fermeté son indignation alors que les populations subissaient les violences de l’armée et alors que la tension montait – du fait du projet de suppression de l’article 6.2 de la constitution notamment.

Les jeunes réaffirment qu’ils ne sont l’otage de personne. Ils ont certes été trop longtemps otages de la peur d’exprimer leur désaccord et leur refus de la misère, de l’oppression de besoins primaires jamais assouvis et de toutes les tutelles aliénantes qu’entretient une élite toujours en retard sur les exigences sociales et politiques de l’heure. Si les jeunes ont été « manipulés », c’est bien par la faim, la misère et le refus d’une société bloquée et contre laquelle ils s’insurgent pour exprimer leur droit à l’espoir et à un avenir meilleur. Ignorer ce fait ou feindre de l’ignorer serait pratiquer la politique de l’autruche, c'est-à-dire continuer une politique de l’irresponsabilité qui procède par l’esquive, la duplicité, les faux fuyants qui, si on n’y prend garde, acculeraient la société à ne plus envisager que l’entreprise insurrectionnelle comme seule voie du changement.

Les Assises nationales de la Jeunesse pour la Construction de l’Avenir rappellent qu’il importe pour le Gouvernement de faire preuve d’un grand sens de responsabilité dans la communication développée à propos des évènements en cause. Il est particulièrement affligeant d’entendre les membres du gouvernement, ainsi que le chef de l’Etat, reprendre des grilles d’analyse passe-partout, à la mode à l’époque du parti unique - telles « la manipulation » et les comploteurs imaginaires de l’ombre - pour expliquer les manifestations et les débordements qui s’en sont suivis. Les pouvoirs publics démontrent ainsi qu’ils peinent à sortir de la logique pré-moderne selon laquelle la voix des jeunes ne peut être authentique que lorsqu’elle s’élève pour acquiescer ou faire allégeance aux « aînés » sociaux. La paranoïa sécuritaire est telle que tout cri de douleur et toute expression du mal être ambiant sont interprétés comme de véritables atteintes à la sécurité l’Etat.

Le Gouvernement devrait par ailleurs tirer l’autre grande leçon de cette crise qui est que le peuple, dans son écrasante majorité, considère que la suppression de l’article 6.2 de la constitution constituerait une hypothèque sur l’avenir de la République et de la paix dans notre pays, dans un contexte où la classe et l’offre politiques ont échoué à entretenir l’orgueil et le rêve patriotiques.

En définitive,

Le Conseil Patriotique et Populaire de la Jeunesse s’incline devant la mémoire de tous les citoyens lâchement assassinés par les forces armées pendant ces émeutes de la faim et adresse ses condoléances aux familles éprouvées.

Le Conseil constate que les émeutes de février dernier ont aussi révélé un relatif déficit d’éducation politique chez les jeunes et une absence d’organisation de masse de la jeunesse camerounaise en tant que catégorie et entité sociale et politique ; déficit dû surtout à la clôture du champ du politique par la classe gouvernante et la confiscation de l’initiative politique par les mouvements partisans.

C’est la raison pour laquelle le Conseil Patriotique et Populaire de la Jeunesse juge urgent de s’investir dans la sensibilisation de masse, l’organisation et la fédération de la jeunesse militante et patriotique du pays, afin de mettre fin à la dépolitisation généralisée et à l’attentisme. L’objectif est de permettre à la jeunesse camerounaise de mieux se faire entendre désormais, avec efficience et civisme, sur les sujets qui engagent l’avenir de notre pays.

Considérant que la peur et la terreur, consécutives aux multiples exactions et bavures des forces de l’ordre, visent surtout à maintenir la jeunesse dans la peur, la résignation et le défaitisme, le Conseil Patriotique et Populaire de la Jeunesse annonce en outre qu’il ne ménagera aucun effort et ne fera l’économie d’aucun moyen de droit pour obtenir la libération des centaines de jeunes citoyens abusivement incarcérés - certains pour s’être opposés au projet anti-patriotique de modification de la constitution. Ce qui est notamment le cas des cinq étudiants arrêtés à Buéa et de deux anciens leaders etudiants, David ABIA et NGOYE Karl, membres du Conseil Patriotique et Populaire de la Jeunesse, ou encore l’artiste Joe De Vinci KAMENI, dit Joe La Conscience, kidnappé à l’aube du samedi 1er mars, devant l’ambassade des Etats-Unis où il observait une grève de la faim contre la modification de la constitution, par une patrouille de la gendarmerie nationale, et actuellement détenu à la prison centrale de Yaoundé. 

Les jeunes s’engagent enfin à œuvrer pour la création des conditions d’une paix durable et de la Justice. Les jeunes continueront à s’organiser, dans les quartiers, les campus, les différents lieux de travail, à travers le cadre de mobilisation non partisan constitué par le CPPJ, pour s’opposer, en usant de tous les moyens de résistance non violente, à toutes les forces qui travaillent à compromettre les libertés, l’alternance politique et d´autres acquis démocratiques.

                                                                                                  Fait à Yaoundé le 16 mars 2008.


Pour les organisations et les délégations provinciales présentes : Adamaoua : ADDEC. Centre : SURCI, ADDEC, FCJ, SOS Jeunesse Libre, CECODEV. Est : FCJ. Extème-Nord : Renaissance des Jeunes, Association des Jeunes solidaires de Zokok. Littoral : APBGPP, ADDEC, UNECA, UNEP, Association des Ben Skinneurs de Douala. Nord : P.A.V., Association des Filles courageuses, Association des Frères Combattants. Ouest : FIDEPE, Sud-Ouest : UBSU.

 

 

 

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mercredi 19 mars 2008

Interview du Sécretaire Général du Conseil National pour la Résistance au Journal Le Messager

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G. Tene Sop, activiste politique: “ Le régime est aux abois ”

Le secrétaire général du Conseil national pour la résistance/mouvement Umnyobiste (Cnr/Mun) et membre fondateur du Collectif des organisations démocratiques et patriotiques des Camerounais de la diaspora (Code) scrute l’environnement socio-politique du Cameroun.

  Vous avez été explicitement accusés d’avoir manipuler des Camerounais qui sont descendus dans la rue pour manifester ces derniers jours. Qu’en est-il exactement?


Nous pensons que le régime est aux abois. Il a longtemps craché en l’air. Maintenant, il reçoit ses crachats en pleine figure. C’est un régime qui se prévaut de sa propre turpitude et tente d’accuser à tort et à travers. Initialement c’était Fru Ndi, puis ça a été Mboua Massock, aujourd’hui c’est le Code... C’est parce qu’il est aux abois que le régime cherche des boucs émissaires. Cette politique de bouc émissarisation est caractéristique du régime Biya depuis vingt six ans. Nous ne sommes par conséquent pas surpris qu’il cherche à accuser tous azimuts.

Avez-vous oui ou non pris part aux manifestations de ces derniers jours au Cameroun ?


Les Camerounais se sont levés pour protester contre la vie chère et pour refuser le tripatouillage constitutionnel auquel Biya veut se livrer et nous soutenons politiquement le mouvement. Nous encourageons les Camerounais à lutter pour leurs droits, à lutter contre la vie chère et à s’opposer au tripatouillage constitutionnel. C’est un soutien politique que nous apportons à l’ensemble des jeunes qui étaient dans la rue.

Manifestants_Biya_Must_Go

Au regard du rapport de force à l’Assemblée nationale camerounaise, si Paul Biya veut faire passer la modification de l’article 6.2 de la Constitution en vue de faire sauter le verrou de la limitation du mandat présidentiel à deux septennats, il aura la majorité nécessaire pour le faire. Que feriez-vous dans ce cas ?


La rue a déjà parlé. Paul Biya le 31 décembre 2007 avait estimé que les Camerounais étaient descendus dans les rues pour lui demander de changer la Constitution et qu’il les avait entendus. Le camp du non au tripatouillage constitutionnel a également parlé à la fin du mois de février. Et les événements ont montré que ce camp était majoritaire. Si Paul Biya veut effectivement entendre le message de son peuple, il doit entendre le message que lui a adressé le camp du non à la modification de l’article 6.2 de la Constitution. L’Assemblée nationale ne représente pas l’ensemble du peuple camerounais car le taux de participation aux dernières élections législatives était de 25%, avec un taux d’abstention record, c’est-à-dire que 4 millions d’électeurs sur 9 millions seulement sont allés aux urnes pour élire les députés actuels. Vous conviendrez avec moi que ces députés ne sont pas représentatifs de tout le peuple camerounais. C’est par conséquent une Assemblée nationale complètement illégitime pour modifier la Constitution. Nous invitons tous les députés à s’opposer eux aussi par tous les moyens politiques au projet de tripatouillage constitutionnel qui va leur être présenté. On a vu un cas similaire au Nigeria où Olusegun Obasanjo avait la majorité à l’Assemblée nationale et au Sénat et n’a pas pu, comme il le souhaitait, tripatouiller la Constitution car les députés et les sénateurs de son camp ont fait échouer le projet. Et il s’est retiré du pouvoir. Eu égard aux événements de ces dernières semaines, si l’Assemblée nationale fait sauter le verrou de la limitation du mandat présidentiel, nous allons être plongés dans une guerre civile certaine.

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Que ferez-vous au Code dans l’éventualité d’une modification de la Constitution qui ne limiterait plus le mandat du président de la République ?


Le Code va continuer sa campagne internationale de sensibilisation pour attirer l’attention de l’opinion internationale sur le fait qu’il y a un régime impopulaire qui règne depuis 26 ans et qui tente de se maintenir au pouvoir contre la volonté populaire. Mais le plus important pour le Code c’est de pleurer les victimes de la répression de fin février. Nous sommes actuellement en deuil. Il y a 200 personnes selon les organisations des droits de l’homme qui sont tombées sous les balles de l’armée et de la police camerounaises. L’urgence pour le Code c’est d’attirer l’attention sur cette tragédie et exiger surtout qu’une commission d’enquête internationale se penche sur la question pour clarifier le bilan car le gouvernement parle d’une quarantaine de morts seulement. On ne peut pas tuer 200 personnes au troisième millénaire et continuer à rester au pouvoir comme s’il ne s’était rien passé. Nous allons travailler à un isolement de ce régime violent et sanguinaire. Et nous sommes sûrs d’y parvenir.

Les réponses qui ont été apportées par le gouvernement camerounais pour apaiser la situation ne vous semblent-elles pas correspondre à un début d’écoute des revendications populaires ?


C’est du saupoudrage politique. Ce sont des bribes de mesurettes qui, en fait, n’attaquent pas le problème de fond. En fait le problème de fond dans notre pays c’est l’injustice sociale qui est criarde. La classe moyenne a disparu, elle est tombée dans le prolétariat. La vie devient chaque jour un peu plus chère. Les riches s’enrichissent, les pauvres s’appauvrissent davantage. Et l’histoire a montré que lorsqu’une société en arrive à ce niveau il y a un affrontement qui est inévitable. C’est l’un des messages des soulèvements de la fin février. Le pays est divisé en deux camps qui se regardent en chiens de faïence et qui guettent la moindre occasion d’entrer en confrontation. La situation est extrêmement grave et nous en appelons à la responsabilité du président Paul Biya pour qu’il sache que si cet affrontement redouté se produisait, l’histoire retiendrait que c’est sous son règne qu’une guerre civile s’est déclenchée au Cameroun.

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Pensez-vous que la situation au Cameroun pourrait se détériorer au point d’être comparée à celle qui a prévalu au Kenya après la proclamation des résultats de la présidentielle il y a quelques mois ?


Tous les ingrédients sont là pour que le scénario du Kenya se répète au Cameroun. Vous avez vu qu’après les soulèvements de ces derniers jours le régime commence à dresser les groupes tribaux les uns contre les autres : vous avez certainement entendu parler de la déclaration des fils du Mfoundi qui demandent aux Camerounais non-Bétis de quitter la capitale pour aller manifester chez eux, sans oublier la déclaration des chefs Sawa qui demandent aux Anglo-Bamilékés d’aller manifester chez eux... Donc le régime est en train de jouer avec le feu. Et la situation au Cameroun risque d’être pire qu’au Kenya parce que le régime crée une tension entre les différents groupes ethniques pour faire diversion telle qu’à la première étincelle ça va être la catastrophe. Notre pays doit échapper à cette logique.

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Par Propos recueillis à Paris par  Louis Keumayou 
Le Messager No 2575 du 19-03-2008: http://www.lemessager.net/details_articles.php?code=1&code_art=22921&numero=1

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mardi 18 mars 2008

Dzana Seme, opposant farouche au Régime: la Diaspora doit chasser Paul Biya du pouvoir


Diaspora Camerounaise: l'heure du choix décisif

http://www.africanindependent.com/cam_emeutes_diaspora_choisir031808.html


Au moment où le régime de Paul Biya vient de signer par le sang sa détermination de ne céder le pouvoir que sur les cendres du chaos promis depuis 1992, l'intérêt supérieur du Cameroun nous invite à décider. Au moment où nos enfants, petits frères et petites sœurs nous ont clairement signifié que la seule voie pour libérer notre pays commun des mains des antipatriotes gouvernants est l'insurrection populaire, nous devons clairement décider entre la voie insurrectionnelle choisie par notre Peuple et la solution du chaos répressif et sécessionniste décidée par les " élites " au pouvoir. Après l'échec cuisant de la solution de l'espérance du miracle des " règles républicaines " occidentales quand au changement demandé par le Peuple - les leaders des partis politiques qui se voulaient l'équivalent de la démocratie étant aujourd'hui à la touche -, nos théories occidentalistes ne sont elles pas à ranger à leur place la plus appropriée, à savoir nos bibliothèques ? Car depuis février dernier, le Peuple camerounais a déterminé la nature de son combat, et demande à la Diaspora camerounaise une seule chose : choisir.
Par Ndzana Seme

03/18/2008 - En fin février dernier, nos enfants, petits frères et petites sœurs, autant élèves qu'étudiants et chômeurs, dont le destin commun est qu'ils sont nés au cours du règne de Paul Biya, sont nourris toute leur vie durant uniquement des discours de la crise économique présentée comme une fatalité, sont privés de tout espoir de bien-être et ne sont voués qu'à la mort d'une façon ou d'une autre, sont descendus dans rues dans un mouvement général et désespéré de désobéissance populaire.

En bloquant l'activité économique du pays pendant quelques jours, la jeunesse camerounaise a décidé instinctivement et collectivement que seule l'insurrection populaire viendra à bout du régime gouvernant qui les cloue dans la fatalité de la pauvreté et qui les terrorise depuis le jour où ils ont eu la malchance de naître au mauvais moment de l'histoire.

Notre jeunesse, tout en se faisant massacrer dans les rues qui les ont vu naître, sur les pas de ses Ancêtres anticolonialistes et nationalistes, nous a envoyé le message clair selon lequel l'on ne vient pas à bout d'un régime despotique en obéissant à ses ordres et à ses règles. Il faut plutôt désobéir systématiquement en s'opposant par tous les moyens disponibles, y compris et surtout par la violence, à toute décision ou volonté du régime répressif et corrompu si l'on veut le renverser.

Contre l'insurrection populaire, la solution de la répression sanglante et sécessionniste de Paul Biya

Aux revendications de ces jeunes, qui auraient tous pu être ses enfants et arrières petits enfants et que tout Aîné africain respectable a pour devoir de protéger, le vieux dictateur camerounais a répondu par son ordre de tirer sans pitié. Et ses bourreaux ont tiré dans les foules, tuant par dizaines, blessant par centaines, arrêtant par milliers, distribuant arbitrairement de lourdes peines de prison lors des procès expéditifs, et assassinant individuellement tous ceux qu'ils soupçonnaient comme les meneurs. Et leur campagne d'épuration se poursuit encore.

Ceux de nos officiers, tel le général Douala Massango, qui ont refusé d'obéir aux mauvais ordres leur demandant de massacrer les populations, contrairement à la mission de l'armée de défendre le pays contre une agression armée souvent extérieure, ont été sanctionnés en perdant leurs postes de commandement et probablement bientôt leur propre vie.

Pour exprimer plus clairement la position du régime de Paul Biya, ceux qui s'autoproclament " élites " Beti du Mfoundi - le département qui héberge les institutions du Cameroun - ont déclaré sans hésitation qu'ils sont sur pied de guerre, prêts à adopter la solution sécessionniste que seuls certains compatriotes anglophones défendaient jusqu'ici, si jamais les " allogènes " et autre " prédateurs venus d'ailleurs " paralysent encore leur ville de Yaoundé par des manifestations contre leur régime.

L'un des signataires de la déclaration tribaliste annonçant clairement la fin de la Nation camerounaise, le ministre de la santé Mama Fouda André,  reste toujours en poste malgré une telle position antipatriotique clairement exprimée. En maintenant Mama Fouda dans son gouvernement, Paul Biya a persisté et signé qu'il est prêt à faire éclater la Nation camerounaise par le biais d'une guerre civile et la sécession du pays Beti s'il était enlevé du pouvoir.

La Diaspora peut-elle sauver la Nation camerounaise ?

Comme on le voit, lorsque la jeunesse camerounaise ose demander le changement de gouvernement qui mettrait fin à sa souffrance, le pouvoir de Paul Biya répond par la répression sanglante et la menace de mener le Cameroun dans la guerre civile et la sécession du pays Beti - même comme il faut se demander quel " pays " exactement, tant il y a les Ewondo, les Eton, les Bulu, les Nnanga, les Maka, etc., dont l'expression de l'accord sur un tel projet reste fort questionnable. Une menace de sécession qui vient s'ajouter à celle que réclament depuis quelques années certains intellectuels occidentalistes anglophones.

Pourtant, ce que nous avons en commun et qui nous unit dans la Diaspora, c'est le Cameroun, c'est la Nation camerounaise. Paul Biya nous dit aujourd'hui que sans lui cette Nation, ce Cameroun berceau de nos Ancêtres, volera tout simplement en éclats.

Nous ne pouvons plus nous appuyer sur les fameux leaders des partis politiques, que notre jeunesse combattante vient de nous montrer comme autant de traîtres. Traîtres à juste titre parce que, incapables pour beaucoup de freiner leurs appels du ventre et leurs ambitions de prise du pouvoir dans la facilité et la vente des promesses illusoires, ont cautionné les élections gagnées d'avance de Paul Biya et lui permettent aujourd'hui de se réclamer d'une fausse légitimité populaire.

Nous ne pouvons plus prescrire, fidèles que nous sommes aux écoles occidentales nous ayant enfoncé dans la tête que la république est la seule forme de gouvernement acceptable, la solution électorale pluraliste comme seule voie pour l'alternance au pouvoir, parce qu'une telle solution a échoué devant la mauvaise foi de ceux qui ont l'art de la manipulation des règles républicaines.

Souvenons-nous de l'expérience vécue lorsque nous sommes arrivés pour la première fois en terre d'exil. Pour ceux qui ont atterri en Occident comme moi, non pas dans une famille camerounaise mais plutôt dans une localité inconnue, souvenons nous du sentiment de solitude dans un milieu où les gens vous regardent comme un extraterrestre parce que, comme un enfant vous devez apprendre à vous insérer dans une société régie par leurs manières de voir et de faire.

Souvenons-nous comment nous nous sentions soulagés lorsque nous rencontrions le premier Africain. Souvenons-nous alors comment nous nous sentions comblés lorsque nous rencontrions le premier Camerounais, lorsque nous mangions ensemble le ndolé, le achu ou le nnam ngouan. Dans tous les cas dans l'association Cameroonian Community of Connecticut, j'avais observé et partagé une telle joie intense à plusieurs occasions. Je suis certain que chacun d'entre nous en a goûté.

A l'étranger, le véritable bonheur se trouve derrière nous, au Cameroun où nous l'avons laissé, alors qu'ici nous ne nous battons que pour pouvoir survivre sur une société qui nous est généralement hostile tellement elle ne cesse de nous regarder comme autant d'extraterrestres, même quand nous adoptons l'assimilation qu'elle nous impose comme condition d'acceptation.

Passer de la logique des divisions à celle de l'union dans la lutte pour la Nation

Malgré un tel fort sentiment nationaliste, il est sidérant d'observer à l'étranger des Camerounais qui se renferment encore dans le tribalisme, que le régime Biya utilise justement comme spectre pour la domination de notre Peuple.
Pourquoi devons-nous nous montrer aussi ignorants pour céder aux sirènes racistes occidentales qui affirment depuis la colonisation que les Africains ne sont que palabres et conflits tribalistes, que leurs gouvernants suppôts se chargent régulièrement de fomenter pour se donner raison et dominer nos peuples par la terreur ? Tout tribaliste camerounais est en fait un ignorant qui sert, souvent sans le réaliser, les intérêts du régime néocolonial aujourd'hui incarné par Paul Biya.

L'autre virus qui détruit le nationalisme camerounais à l'étranger, ce sont les querelles de leadership. Reflet ahurissant du système néocolonial qui alloue à qui il veut le statut d'élite ouvrant les juteuses portes politiques, les associations des Camerounais donnent lieu à des conflits de leadership qui sapent depuis des années la volonté générale exprimée d'aider les populations de notre pays. Ils faut bien sûr reconnaître que, comme au pays, le régime dictatorial infiltre toutes nos associations par des indics corrompus, que l'on reconnaît souvent par leurs critiques acerbes toutes les fois qu'une stratégie commune est arrêtée contre le régime Biya, en la torpillant sous des apparences d'intellectualisme.

En levant les obstacles du tribalisme, en mettant de côté les conflits de leadership dans nos associations, et en décidant d'aller à l'école de nos jeunes héros qui nous ont montré il y a quelques semaines que le Peuple peut avancer même en l'absence des leaders, la Diaspora camerounaise reste en ce moment précis de l'histoire avec un seul choix : suivre notre Peuple, ou alors ne pas le suivre en l'affrontant.

S'il faut suivre notre Peuple, il faudra alors que la Diaspora camerounaise organise sa contribution dans la lutte patriotique nationale, qui peut revêtir différentes formes, dont la plus facile est financière. Sous une seule contrainte: maintenant.

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lundi 17 mars 2008

Ampleur des massacres de février: une Commission d'Enquête Internationale est incontournable!


CNR_r_it_ere_son_exigence_Commision_denquete_Internationale15Mars

doualaNdimamort___


Le CNR réitère son exigence d’une Commission d’Enquête Internationale sur les massacres perpétrés par les forces répressives de Paul Biya sur les populations civiles au Cameroun


A la fin du mois de Février, les masses populaires des villes et des campagnes du Cameroun, se sont soulevées contre la vie chère et contre la volonté du président-dictateur, au pouvoir depuis 25 ans, de tripatouiller la constitution camerounaise pour se maintenir au pouvoir au delà de son mandat en 2011.

Face à ce soulèvement populaire, le gouvernement néocolonial dictatorial a ordonné à ses miliciens, abusivement appelés «forces de l’ordre», de tirer à balles réelles sur les manifestants pourtant désarmés.

Le Bilan de cette répression barbare diffère selon qu’on est du gouvernement, de l’opposition ou de la société civile. Les autorités gouvernementales parlent de «seulement 40 morts, qui sont pour la plupart des pillards qui se sont eux-mêmes entretués, au moment du partage du butin ! ». L’opposition accuse le gouvernement d’avoir « tué plus de 200 manifestants pacifiques ». L’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (Acat) soutien que la répression gouvernementale de la fin février a fait « plus d’une centaine de morts et que ce bilan risque de s’alourdir».

Au nombre des victimes innocentes de la vaste répression de février, figure Jacques TIWA, ancien leader étudiant du «Parlement Estudiantin», revenu d’exil il y a trois ans, et représentant du Conseil National pour la Résistance (CNR) au Cameroun. Il a été fusillé en pleine rue à Douala, le 28 février par une patrouille militaire. TIWA Jacques a été tué parce que le pouvoir accuse le CODE dont son organisation, le CNR, est membre-fondateur, « d’avoir organisé le soulèvement de la fin février au Cameroun »!

Plus de 2000 personnes ont été arrêtées au cours de ce soulèvement populaire et plusieurs centaines de ces détenus ont déjà été condamnés, au cours de procès sommaires et expéditifs, à des peines allant de 2 à 20 ans d’emprisonnement.

Le Cameroun vit depuis ces soulèvements populaires, sous un état d’urgence de fait, avec des restrictions des libertés des citoyens, des menaces de morts aux personnes, des perquisitions et des arrestations arbitraires dans des domiciles, des exécutions extrajudiciaires, des charniers, des entraves à la liberté de la presse à travers des arrestations de journalistes et la fermeture des médias « un peu trop bavards » comme Equinoxe FM - TV et Magic FM.

Dans ce contexte, où le bilan des massacres de février reste soumis à controverse, et dans la situation actuelle de graves violations des Droits de l’Homme et de déni de justice au Cameroun:

1. Le Comité Exécutif du Conseil National pour la Résistance réitère son appel urgent, lancé depuis le 27 février 2008, en faveur de la mise sur pied immédiate d’une Commission Internationale d’Enquête qui fera le bilan des massacres perpétrés par les forces répressives du gouvernement fasciste sur des populations civiles au Cameroun.

La nécessité d’une Commission Internationale sous l’égide de l’Union Africaine ou de l’ONU se justifie par le fait que, le gouvernement camerounais est habitué à mettre sur pied des commissions nationales d’enquête qui ne rendent jamais leurs travaux et dont l’objectif premier n’est pas d’établir la vérité, mais de faire diversion.

Exemple: à la suite de l’assassinat, par la police, de deux étudiants de l’université de Buéa en avril 2005, Mr Paul Biya avait crée une « commission d’enquête » pour disait il « déterminer les responsabilités dans ces bavures ». Mais à ce jour, soit 3 ans après, cette  fameuse commission n’a jamais rendu son bilan.

Toute Commission Nationale d’Enquête au Cameroun est d’emblée, un mort-né et est d’avance totalement décrédibilisée, aux yeux de l’opinion nationale, pour faire la lumière sur les tueries gouvernementales de fin février au Cameroun.

Il est aussi très important de relever qu’en 1991 déjà, le vaste soulèvement populaire qui avait accompagné la revendication pour la tenue d’une Conférence Nationale Souveraine au Cameroun, avait été sauvagement réprimé par le gouvernement de Mr Paul Biya et avait occasionné plus de 400 morts dans l’indifférence de la communauté internationale;

Il faut rompre avec cette tradition d’impunité généralisée qui est devenue un mode de gouvernement au Cameroun et qui favorise et nourrit, chez les victimes, à n’en point douter, le désir de vengeance et encourage le développement de la justice populaire, si préjudiciable au respect des Droits de la personne Humaine. Il faut donc une Commission Internationale d’Enquête sur les massacres de février au Cameroun.


2.  Le CNR appelle tous les progressistes du monde entier et toutes les organisations internationales de défense des Droits de l’Homme à œuvrer auprès des institutions internationales pour la mise sur pied effective d’une Commission Internationale d’Enquête, qui est la seule capable d’établir un bilan impartial et crédible de la répression de fin février et d’en déterminer les responsabilités afin que les commanditaires et les exécutants soient traduits devant les tribunaux.

3. Le CNR demande aux progressistes du Monde de soutenir activement la lutte immédiate du peuple Camerounais qui vise à obtenir l’alternance au pouvoir par des moyens démocratiques, en empêchant le dictateur néocolonial au pouvoir depuis 25 ans, de tripatouiller la constitution pour rester président à vie.

4. Le CNR interpelle l’Union Africaine, l’ONU et toutes les organisations internationales afin qu’elles dénoncent maintenant et très clairement, la tentative de Mr Paul Biya de confisquer le pouvoir au Cameroun en usant de la force pour en massacrer les populations civiles;

5. Enfin, le CNR appelle à la libération immédiate et sans condition de tous les prisonniers politiques, la cessation des arrestations arbitraires et la levée de l’état d’urgence de fait en vigueur dans le pays.


A bas les assassins du peuple !

Honneurs et Gloire éternelle aux combattants de la Liberté tombés les armes à la Main!


La lutte continue

Unis et Solidaires, nous vaincrons!

Paris, Trocadéro, ce 15 mars 2008

Tene Sop G.
Secrétaire Général du
Conseil National pour la Résistance

cameroon.resistance.council@googlemail.com

http://www.cnrmun.afrikblog.com/

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samedi 15 mars 2008

Ossendé Afana: L'intello et nationaliste assassiné le 15 mars 1966

                  

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          
                          15 Mars 1966 - 15 Mars 2008 : Remember Osende Afana (16/03/2006)                    
Il y a quarante ans, jour pour jour, le brillant économiste et le plus maoïste des upécistes était abattu dans les maquis du Deuxième front, non loin de la frontière du Cameroun avec le Congo.
Par                         Edmond Kamguia K.                   
                                                                                                                                                 
 
                                       
 
 
                                                                                                                                                                    
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      
                                      Osendé AFANA                                     
                                                   

                            Note de la rédaction : à l'occasion du 42ème anniversaire de la mort de Castor Osendé Afana, le 15 Mars 1966, Bonaberi.com a souhaité honorer la mémoire de cet héros national en revenant sur son parcours et son combat pour la cause nationaliste Camerounaise. Cet article, publié pour la première fois le 15 Mars 2006 par Edmond Kamguia de La Nouvelle Expression, revient sur l'un des premiers intellectuels et économistes Camerounais, assassiné pour le combat de la liberté et de la justice.

Il y a quarante ans, jour pour jour, le brillant économiste et le plus maoïste des upécistes était abattu dans les maquis du Deuxième front, non loin de la frontière du Cameroun avec le Congo. Hommage à un héros national décapité comme un criminel.

Il était âgé de 36 ans lorsque, le 15 mars 1966, il fut assassiné à Ndélélé par les forces de sécurité de l’armée coloniale, au service de feu président Ahmadou Ahidjo. Selon la légende, la tête d’Osendé Afana fut tranchée et ramenée à Ahidjo qui la voulait. De la même manière que sur la sollicitation pressante de Salomé et de sa Hérodiade, épouse de Hérode, Jean-Baptiste, qui donna le baptême à Jésus, fut décapité. Peu ou mal connu des jeunes d’aujourd’hui, Osendé Afana fait partie d’une génération de révolutionnaires qui ont payé de leur vie leur engagement et leur détermination à libérer le Cameroun et l’Afrique du colonialisme et du néo-colonialisme.

Martyr de la libération nationale.

Né en 1930 à Ngoksaa, le jeune Osendé Afana est un enfant éveillé qui, très tôt, réalise qu’il faut lutter pour se faire entendre. L’église catholique façonne son éducation, mais n’accepte pas sa liberté d’esprit. C’est sans surprise qu’il est renvoyé du grand séminaire, à cause de ses idées jugées subversives. Il s’inscrit au lycée général Leclerc de Yaoundé, où il obtient son baccalauréat en 1952. Cette année-là, il fait partie des meneurs de la grève organisée dans le lycée par les élèves Noirs, pour revendiquer de meilleures conditions de vie à l’internat. Avec ses camarades de classe, il ne cède pas aux menaces, et met en pratique les principes défendus par l’Union des populations du Cameroun (Upc), dont il n’est pas encore membre. C’est à Toulouse, en France, où il poursuit des études supérieures en économie,qu’il décide de militer dans le parti nationaliste camerounais. Il est l’un des fondateurs du comité de base de l’Upc de Toulouse et anime dans la même localité la section de l’Association des étudiants camerounais (Aec).

En 1954, Osendé Afama représente l’Association des étudiants camerounais (Aec) à la commission d’attribution, à la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (Feanf). En 1956, il fait partie du comité de rédaction du journal, “ L’Etudiant d’Afrique noire ”, de la Feanf. Il en devient rapidement le directeur et fait, désormais, partie du comité exécutif de la Fédération. L’année suivante, il devient trésorier de la Feanf et s’installe à Paris. Mais le journal qu’il dirige gêne les autorités françaises, à cause d’une ligne éditoriale très engagée. Osendé Afana quitte clandestinement la France, en 1958, pour rejoindre au Caire, en Egypte, la direction de l’Upc en exil.

Il devient, après l’assassinat de Ruben Um Nyobe, un collaborateur important de Félix-Roland Moumié, d’Ernest Ouandié et d’Abel Kingué. Il est nommé représentant de l’Upc au Secrétariat permanent afro-asiatique au Caire. Aux côtés des trois dirigeants de l’Upc, Osendé Afana apporte son savoir et son savoir-faire pour faire avancer la cause nationaliste. Il a le privilège de faire partie de la délégation qui est allée