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Le site du Conseil National pour la Résistance - Mouvement Umnyobiste (CNR - MUN)

Le Umnyobisme est une idéologie de libération pour le Cameroun et l'Afrique et qui tire ses fondements dans les résistances historiques des peuples africains contre l'impérialisme et le colonialisme.

vendredi 23 mai 2008

Une victime des tueries de février, abandonné par Paul Biya est entre la vie et la mort!

Nouka Jean Paulin, victime d’une fusillade lors de la répression de février est entre la Vie et la Mort: il a besoin de notre aide. Aidons-le à vivre !

Images

I. Les faits.

 Nouka Jean Paulin est un jeune piroguier camerounais de 25 ans qui résidait avec sa mère et sa petite sœur, au quartier Ndog-Passi III, un bidonville de Douala. Dans la matinée Le 27 février 2008, après une partie de pêche, le jeune Nouka, range sa pirogue et décide de prendre son bain au bord du fleuve Dibamba, avant d’ aller se reposer à la maison. Soudain, Nouka entend des coups de feu nourris. Il n’a pas le temps de comprendre ce qui se passe qu’il est mitraillé de balles qui transpercent sa cavité abdominale de gauche à droite: les intestins de Nouka Paulin s’épanchent à l’extérieur et l’infortuné perd abondamment du sang !

Nouka Paulin est secouru par des volontaires qui, sur des embarcations de fortune, le transportent dans plusieurs centres de santé qui refusent de l'admettre, au vu de l’extrême gravité de son état. Nouka est conduit à l'hôpital Laquintinie, où il est admis aux soins intensifs. Signalons que ce 27 février, jour de la fusillade, Douala est une ville morte, dans laquelle rien ne circule. Les secouristes parcourent donc avec Nouka, plus de 10 km à pied avant de rallier l’hôpital Laquintinie où il est très rapidement admis au bloc opératoire pour une intervention chirurgicale d’urgence, grâce à la modeste somme d’argent dont sa famille était en possession.

II. La situation actuelle

 Malgré la première opération, l’état de Nouka est toujours extrêmement préoccupant.

 Son chirurgien doit procéder, dans les jours à venir, à une deuxième opération chirurgicale, mais l’état cachectique, anémié et dénutri du malade en plus du manque d’argent, ne le permettent pas.

La priorité actuelle est d’aider Nouka d’abord à retrouver quelques forces (nutrition, médicaments, transfusion, etc.) afin qu’il puisse supporter une deuxième opération qui devrait permettre de reconstituer le contenu de la cavité abdominale!  

 

Le problème est que la famille de l’infortuné est dans une précarité extrême et ne peut pas payer les fortes sommes qu’exigent la gravité de l’état de Nouka, dans ce pays dépourvu de tout système de sécurité sociale en faveur des plus démunis.

III. Opération «Sauvons le jeune Nouka !»

L'ACAT-Littoral, malgré ses moyens extrêmement limités, essaie d’aider autant qu’elle le peut le jeune Nouka Paulin, mais est elle aussi dépassée. 

C’est pourquoi, l’ACAT a saisi le Comité Freedom for Joe & Co et le Comité de Soutien aux Victimes de la Répression de Février, pour solliciter une aide d’urgente afin de sauver la vie de ce jeune homme.

 Si rien n’est fait, Nouka Paulin allongera, hélas, la liste déjà interminable des victimes de la répression barbare de la dictature criminelle au pouvoir au Cameroun, et qui a fait plus d’une centaine de morts.

Nous avons besoin de votre aide pour sauver le jeune Nouka Paulin, tout comme nous avons besoin de votre soutien pour toutes les victimes de février au Cameroun !!  

 

Nous avons besoin dans un premier temps d’un minimum de 1000 Euro (650.000 FCFA), pour faire opérer ce martyr de la dictature au Cameroun.

III. Comment aider ?

Envoyez vos dons, SVP, à: Mme Afité Madeleine, présidente de l’ACAT Littoral et communiquez nous les références du transfert à helpthevictims@googlemail.com

 

Contact: Tene Sop: 0049 163 46 37 140 ; Patrice Nganang: 001240423 9169

PJ: Quelques images de Nouka Jean Paulin sur son lit d’hôpital. Jugez-en vous mêmes !Images

 

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mardi 20 mai 2008

Sous la Pression populaire, le despote Paul Biya accorde une grace partielle , mais la lutte continue

 
Réaction du Comité – “Freedom for Joe & Co.“ suite à la mesure de grâce présidentielle prise par Paul Biya

 http://www.lemessager.net/details_articles.php?code=40&code_art=23592

 Le Comité – Freedom for Joe & Co.“ est informé de ce que Monsieur Biya a pris ce 20 mai 2008, un décret accordant une grâce partielle et limitée aux personnes arrêtées dans le cadre de la répression du soulèvement populaire de février 2008 au Cameroun.

  Cette prétendue grâce présidentielle ne remet pas en liberté tous les prisonniers politiques de février et ne concerne que les personnes qui ont déjà été condamnées, alors que de nombreux autres jeunes restent encore en détention préventive dans l’attente d’un procès. Pour toutes ces raisons, le “Comité - Freedom for Joe & Co.“ juge cette mesure du despote camerounais totalement insatisfaisante, et trouve qu’elle s’apparente à du saupoudrage politique dans lequel ce régime antipopulaire et antidémocratique excelle depuis plusieurs années.

  Le “Comité - Freedom for Joe & Co.“ rappelle que la Campagne internationale pour la Libération des prisonniers politiques et pour la Justice aux victimes de la répression de février, lancée à Hambourg en avril dernier, se poursuivra et s’intensifiera jusqu’à:

 1 - la libération totale et effective de tous les prisonniers politiques détenus par les forces répressives de Monsieur Biya, depuis le dernier soulèvement populaire au Cameroun ;

 2 - la mise sur pied d’une Commission Internationale d’Enquête au Cameroun pour faire toute la lumière sur le massacre des populations civiles désarmées, par les forces répressives du régime tyrannique, lors du soulèvement populaire de février- qui a fait 40 morts selon le gouvernement fasciste au pouvoir et plus d’une centaine de victimes selon les ONG des Droits de l’Homme. Une telle commission permettrait de déterminer les auteurs et les commanditaires de ces crimes contre l’humanité, afin que des actions judiciaires soient engagées contre eux.

  Le Comité demande par conséquent, à la jeunesse camerounaise et aux Organisations nationales et internationales de défense des Droits Humains, de rester mobilisées jusqu’à ce que justice soit rendue à toutes les victimes des tueries de février dernier dans notre pays.

   La lutte continue!

 Fait à Berlin, ce 20 Mai 2008

   

Tene Sop
Coordonnateur Général

Contact. helpthevictims@googlemail.com

Publié dans Le Messager du 21 mai2008: http://www.lemessager.net/details_articles.php?code=40&code_art=23592

Posté par CNR_MUN à 22:06 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 15 mai 2008

"Joe la conscience", un prisionnier d'opinion aux chansons engagées contre le despotisme sanguinaire au Cameroun

Veuillez écouter "emmerdement constitutionnel" de  l'artiste "Joe la Conscience"

http://wmedia.cameroon-info.net/mm/cin_listen.php?m_uid=1210035526482C0BD857257

Pourquoi Paul Biya et sa clique en veulent-ils tant à joe la Conscience?

l'Archarnement criminel du régime sanguinaire de Paul Biya contre la personne et la famille de "Joe la Conscience" laisse pantois plus d'un. Et pour cause, beaucoup n'ont entendu parlé de cet artiste- reaggaeman, venu de son Loum natal, pour la première fois qu'après la répression de février 2008 pendant laquelle Paul Biya a tué plus de 100 personnes et jeté 2000 autres en prison.

Il n'est pas inutile de rappeler que Kameni Joe de Vinci, de son vrain nom, a été arrêté en février , devant l'ambassade des USA à Yaoundé alors qu'il y faisait un sit-in pour attirer l'attention de la "communauté internationale" sur le tripatouillage constitutionnel alors programmé par le dictateur Paul Biya. Kameni Joe de Vinci a été condamné par un juge corrompu et aux ordres, à 6 mois de prison pour "organisation de réunions et manifestations illégales".

Pendant que ce militant pacifiste est déjà en détention, son fils Kameni Aya Lionel, 11ans,  est assassiné à la fin février à son domicile à Loum, par des miliciens du régime fasciste qu'on appelle abusivement "forces de l'ordre". Et comme cela ne suffisait pas, le frère de Joe la Conscience, lui aussi, est arrêté et écroué à la prison de Nkongsamba.

Et ce n'est pas tout! Comble des persécutions, l'épouse de Joe la Conscience, Sidonie Peka, qui résidait, avec ses enfants, dans la maison familiale à Loum, a dû se résoudre à prendre la fuite, après plusieurs descentes policières à son domicile et elle est actuellement en errance dans le Cameroun avec ses 3 enfants, sans moyens de subsistance!

Pourquoi ce déferlement brutal de la machine repressive du régime fasciste, contre un pauvre citoyen et sa famille, serait-on tenté de se demander.
La vérité est que le dernier album de Joe la conscience dérange. Il dérange le pouvoir avec des titres comme "paix précaire" et "campus militarisé". Plus encore, le titre "Emmerdement constitutionnel", dans lequel l'artiste dénonce les manipulations de la constitution à des fins de confiscation du pouvoir. Joe  n'a pourtant cité le nom de personne dans son album et "toute ressemblance avec des personnes qui existent n'est que pure coincidence". Pourtant des criminels à col blanc qui ont pris notre pays en otage, s'y sont reconnus et ont décidé de faire payer très cher à Joe, ses "propos irrevérencieux  et son album subversif"!

Vous pouvez écouter le titre "emmerdement constitutionnel" de "Joe la Conscience" ici:             http://wmedia.cameroon-info.net/mm/cin_listen.php?m_uid=1210035526482C0BD857257

Veuillez signer ici la petition pour la libération de tous les prisionniers politiques qui pillulent dans les géoles mortelles de Paul Biya:  http://www.Petition Online.com/ 280208/petition. html

Raoul Fréjus

Posté par CNR_MUN à 13:25 - Freedom for Joe & Co. - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 13 mai 2008

Le Comité Freedom for Joe & Co. Manifeste à Hambourg pour la libération des prisionniers politiques au Cameroun

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Dans le Cadre de la Campagne internationale pour la Libération de tous les Prisonniers politiques au Cameroun, lancée le samedi 12 avril,  le “Comité Freedom for Joe & Co.“ a participé activement  les 10 et 11 mai à Hambourg, aux activités de  l'Assemblée annuelle de la section allemande de Amnesty International. l'objectif était, selon l'un des organisateurs, Azi Valentin, "premièrement :d’attirer l’attention de l’opinion internationale sur les crimes contre l’humanité perpétrés par le dictateur-sanguinaire Paul Biya, contre le peuple camerounais en février 2008 et notamment sur l’assassinat  de plus d’une centaine de citoyens camerounais. Deuxièmement, il s'agissait  de mobiliser les militants de AI autour de la détention arbitraire de plus d’un milliers de personnes, dont Joe la Conscience et Lapiro de Mbanga, par la dictature arriérée qui a ursurpé le pouvoir au Cameroun".

Deux principales activités étaient au programme des festivités.

Le samedi 10 mai, des activistes du "Comité - Freedom for Joe & Co."  se sont joints au défilé de Amnesty International, qui est parti de la gare centrale de Hambourg à la place de l'Hôtel de ville.  Le carré d'activistes camerounais et africains brandissaient des pancartes dont certaines portaient la mention "Freedom for Joe & Co. Now" alors que d'autres exhibaient les photos des massacres de Paul Biya sur les populations civiles au Cameroun en Février; le tout accompagné d'une large banderole sur laquelle on pouvait lire "Stop supporting the Criminal Dictatorship in Cameroon". Les activistes de "Freedom for Jo & Co". ont confisqué l'attention des autres manifestants et des passants, qui tenaient, au vu de l'horreur des photos exhibées,  à s'informer plus serieusement sur la situation politique du Cameroun. Selon l'un des participants à cette manifestation, A D Wehiong, alias WAD "notre mission est accomplie car  nous avons réussi à informer le public sur les crimes de paul Biya" 

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Le Dimanche 11 Mai, dans l'apprès midi, c'est le Coordonnateur Général de la "Campagne Internationale pour la libération de tous les prisionniers politiques et pour la justice aux victimes de février 2008", le camarade Tene Sop, qui était l'invité de l'assemblée Genérale de AI-RFA, devant laquelle il a pris la parole pendant 10 mn. Mr Tene Sop a focalisé son intervention sur les tueries de février avant de solliciter le soutien de Amnesty international. Le Camarade Tene Sop a demandé à cette organisation humanitaire, de lancer un "Appel Urgent" pour les prisionniers politiques actuellement en détention dans des conditions inhumaines dans les géoles infectes de Paul Biya et dont, beaucoup, comme l'artiste "Joe la Conscience" se trouvent dans un état de santé extrêmement précaire. Le secretaire Général du Conseil National pour la Résistance a également fortement sollicité que AI soutienne la création d'une commission d'enquête internationale sur la répression de février, comme reclamée par diverses ONG camerounaises.

Tene_Sop_avec_la_coordinatrice_Cameroun_a_AI_RFA

  Toujours ce 11 mai, mais dans la matinée, à l'invitation de Mme Wiltraud von der Ruhr, responsable du Cameroun à AI - Allemagne, Tene Sop était déjà l 'hôte de la "Commission Tchad  - Cameroun" devant laquelle il a fait un exposé qu'il a intitulé "Cameroun; un pays au bord de l’explosion: agir maintenant pour éviter le pire". Dans cette présentation, il a appelé Amnesty International à amener "les institutions internationales à s'impliquer dans une diplomatie préventive pour contraindre Paul Biya à quitter le pouvoir au terme de son mandat, afin d'éviter  le chaos dans lequel ne manquerait pas de plonger le pays, si le despote sanguinaire tentait de s'accrocher au pouvoir après 2011"

Le message est il passé?  Il ne reste plus qu'à attendre pour voir ce que cette offensive généralisée du "Comité Freedom for Joe & Co." va apporter au problème des victimes de la répression de février au Cameroun.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le "Comité Freedom for Joe & Co." n'a pas chomé durant ce week-end de la pentecôte.

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Nous signalons aussi que le Comité Freedom for Joe & Co. a, dans une lettre à Amnesty International datée du 09 mai et signée de son Coordonnateur Général manifesté sa mauvaise humeur suite à l'indifference de l'organisation londonienne par rapport á ce qui se passe au Cameroun. On peut y lire motamment que "nous sommes vraiment surpris, que plus de deux mois après la répression de février (...), Amnesty International n’ait toujours pas dénoncé et condamné ces graves violations. Nous restons perplexes devant un tel attentisme qui rejoint l’indifférence quasi-généralisée et incompréhensible de la communauté internationale qui a accueilli ces massacres à grande échelle, sur les populations civiles au Cameroun"!

Pour voir les photos de la manifestation du "Comité Freedom for Joe & Co." du  samedi 10 Mai, cliquez ici:

http://cnrmun.afrikblog.com/albums/manifestation__freedom_for_jo___co___aux_cotes_de_amnesty_le_10_/index.html

Essama Benoît Joel


Posté par CNR_MUN à 17:46 - Manifestations - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

L'éminent Anthropologue ivoirien, le Pr Harris Memel Fotè est mort!

Memel_Fote

Le souffle qui le maintenait en vie s’est éteint dimanche dernier. Mais un homme comme lui ne meurt pas. Comment peut-on saisir un baobab? C’est grand, c’est gros, c’est monumental, un baobab. La question se pose parce que la tâche est ardue. Alors, que faire? Tout simplement essayer de l’identifier. Par endroits. Par petites touches. Car un baobab, ça ne se dit pas véritablement. Surtout quand on a affaire à un baobab hors normes, qui, par sa taille, par son ampleur, domine les autres. Et ce baobab-là, c’est Harris Memel-Fotê. Par l’art du jet, comme le dirait le peintre Monné Bou, voici quelques traits de ce phénoménal baobab humain: En 1930, il germera dans une portion du jardin de ses ancêtres: Mopoyem (Dabou). De là, il poussera et aura des branches diverses hors du terroir (Bac A 1950-1951) en France, Licence ès-Lettres en 1956, et DES de Philosophie en 1957. Doctorat de sociologie en 1970. Et enfin, Doctorat d’Etat ès-Lettres en 1988, à Paris. Comme tout baobab fertile, il offrira plus d’un ingrédient aux mets culturels et intellectuels africains. Des mets auxquels il apportera une richesse gustative particulière. Référons-nous à ses innombrables apports aux banquets universitaires et autres. Memel-Fotê, c’est la Guinée de Sékou Touré qui a dit non à de Gaulle. A l’appel du leader africain, il choisit d’apporter sa pierre à l’édification de la nouvelle Afrique libre. Acte fort de ce départ, il restitue sa bourse française pour un billet d’avion vers la Guinée qui s’est mise debout. Le 2 janvier 1958, il est à Conakry. Memel-Fotê, c’est aussi le soutien au panafricanisme de Kwame N’Krumah dont les rêves étaient portés par tous ceux que se voulaient maçons de la nouvelle Afrique. Memel-Fotê, c’est encore le prisonnier qui croupira pendant seize mois dans les geôles liberticides de la colonisation. Il avait osé afficher sa dignité de nègre fier et debout, qui a toujours refusé de plier l’échine. Quand il sort de prison, son pays est à un jour de sa première fête nationale, le 7 août 1960. Memel-Fotê, c’est le combattant de la liberté qui veut «entraîner tous les Ivoiriens à penser l’Afrique, à se solidariser avec tous les peuples africains qui combattent pour l’intégration et l’indépendance de l’Afrique». Memel-Fotê, c’est cet homme-là. Ce fier Africain. Pour que le continent passe avant tout. Qui ne pense pas son destin comme un destin privé, mais comme un destin public. Pas comme un destin individuel, mais comme un destin collectif. Son destin, c’est celui de l’Afrique. C’est pourquoi il sera toujours là où le peuple est. Memel-Fotê, c’est l’homme du non. Non à Houphouët-Boigny. Il aurait pu être le premier directeur de l’Ecole normale supérieure (ENS). Non à l’aliénation. Non à l’allégeance. Non à la soumission. Memel-Fotê, c’est l’homme de la dignité, l’homme de l’africanité, l’homme grand, l’homme de la grandeur, l’homme de la noblesse; c’est la sève qui arrose l’âme de notre inconscient collectif. C’est le maître qui a construit la conscience de tous ceux qui, aujourd’hui, font office de maîtres dans nos universités. La Fondation Memel-Fotê, Centre panafricain de formation et de documentation du Socialisme et de la Démocratie, est là pour témoigner de l’homme. C’est ce grand homme-là qui présidait aux destinées de l’Académie des Sciences, des Cultures, des Arts et des Diasporas africaines) depuis sa création, en 2003. Ce savant parmi les grands, avait été coopté par le Président François Mitterrand pour siéger à l’Académie universelle de la Culture. Cet intellectuel de renom et de renommée, on le sait aussi, eu une Chaire au Collège de France. Pour avoir fécondé la terre de ses ancêtres et celle d’ailleurs, nourrit l’esprit critique de ceux qui l’habitent et ceux d’ailleurs, le premier enseignant ivoirien en philosophie se pose comme l’indéracinable docte Magistère. D’où son nom de Memel-Montagne. L’homme s’en est allé. Un dimanche. Le 11 mai 2008. L’homme est mort. Memel-Fotê est mort. Vive Memel-Fotê. Une telle montagne ne peut s’écrouler. C’est d’ailleurs pour cela que notre texte est écrit au présent. Malade, Memel-Fotê était là. De tous les grands événements. De tous les grands rassemblements. Paralysé, il était là. Toujours actif. Toujours en mouvement. Le fauteuil roulant, dans lequel l’avaient installé ses diverses interventions, ne l’a point maintenu cloué à la terre, ni figé. Même mort, Memel-Fotê est plus que jamais vivant. Indéracinable, l’homme l’était de son vivant. Mort, il est plus que jamais devenu immortel. Comme en témoignent ses multiples publications. Comme nous le conserve le documentaire-interviewes réalisé par Dominique Thalmas-Tayoro, et qui donna lieu, les 25 et 26 janvier dernier, au dernier hommage rendu à l’homme de son vivant. Il était apparu à cette cérémonie, qui lui était dédié, très épuisé. Puis, il y a une semaine, il est entré à la Pisam. Il en sort en passant à la postérité. Depuis hier, son domicile ne désemplit pas. Le Président de l’Assemblée nationale, le Pr Mamadou Koulibaly, y est allé présenté ses condoléances et dire toute sa douleur face à la disparition de son monumental collègue.

Agnès Kraidy


Repères

DIPLOMES. Licence ès-Lettres 1956 et Diplôme d’Études Supérieures de Philosophie (Université Aix-Marseille, 1957). Doctorat de Sociologie (Sorbonne, 1970). Doctorat d’Etat ès-Lettres (EHESS, Paris 1988). TITRES ENSEIGNANT. Profes-seur de Philosophie (Lycée Donka, Conakry 1959 ; Lycée de Cocody, Abidjan 1960-1962 ; École Normale Supérieure d’Abidjan 1962-1965). Assistant d’Anthropologie (1965-1971) ; Maître-assistant (1971-1989) ; Maître de Conférences (1989-1990), Université d’Abidjan. Professeur honoraire (1990). TITRES DE RECHERCHE. Membre fondateur de l’Institut d’Ethno-Sociologie de l’Université d’Abidjan IES (1967), de l’Institut de Littérature et d’Esthétique Négro-Africaines (ILENA, 1977), du Groupe de Recherche “ Sciences et Société en Afrique “ (1989), du Groupe Ivoirien de Recherche sur la Société, l’Économie et la Culture Africaines, GIRESCA (Abidjan 1994) ;Membre du Comité Exécutif du Conseil Africain des Sociologues et des Anthropologues, CASA (1997), du Comité Exécutif du Conseil pour le Développement de la Recherche Économique et Sociale en Afrique CODESRIA (1979-1982), du Comité de Rédaction des Cahiers d’Études Africaines (EHESS, 1986-1995, Paris); Directeur Adjoint de l’Institut d’Ethno-Sociologie (1973-1976), Secrétaire général du Centre Universitaire de Recherche et de Développement, CURD (1974-1977), Président du Comité de Pilotage du GIDDIS-CI (Groupement Interdisciplinaire des Sciences Sociales en Côte-d’Ivoire, 1991-1995), Président du Comité Scientifique du CODESRIA (1992-1995) ; Directeur d’Études associé à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, Paris (1978-1979 et 1991) ;Titulaire de la chaire internationale du Collège de France, année académique 1995-1996. Président de l’Académie des sciences, des cultures, des arts et des diasporas africaines (ASCAD), depuis 2003. PUBLICATIONS. 1980 Le système politique de Lodjoukrou. Une société lignagère à classes d’âge, Côte d’Ivoire, Paris, Présence africaine/Abidjan-Dakar-Lomé, Nouvelles éditions africaines.
1989 L’esclavage dans les sociétés lignagères de l’Afrique noire. Exemple de la Côte d’Ivoire précoloniale, 1700-1920, Villeneuve d’Ascq, Université Lille-III, Atelier national de reproduction des thèses. 1996 L’esclavage lignager africain et l’anthropologie des droits de l’homme. Leçon inaugurale faite le lundi 18 décembre 1995, Paris, Collège de France, Chaire internationale.
1998 Les représentations de la santé et de la maladie chez les Ivoiriens, Paris, l’Harmattan. 1999 Fonder une nation africaine démocratique et socialiste en Côte d’Ivoire. Congrès extraordinaire du Front populaire ivoirien, décembre 1994, Paris, l’Harmattan, etc. DISTINCTIONS. Commandeur de l’Ordre du Mérite de l’Éducation Nationale (1981). Officier de l’Ordre du Mérite Culturel (1985); Membre de l’Académie Universelle des Cultures et Membre du Comité Exécutif de l’Académie.

Option : Tel est le maître

Qui suis-je pour penser Memel-Fotê quand nombreux sont ceux, grands, aujourd’hui, qui ont gravi cette montagne du savoir et de la connaissance? Qui suis-je pour oser le dire quand d’autres, plus armés, sont là pour dire l’homme dans toute son humanité et sa grandeur?
Nous prenons donc l’option de laisser parler des voies plus autorisées. Afin de mieux connaître l’homme dans sa densité et dans sa plénitude. De lui, le Pr. Barthélemy Kotchy dit: «C’est un honnête homme, au sens premier, c’est-à-dire un homme qui est au carrefour de toutes les sciences, de toute la connaissance, de la culture». Pour le Pr. Wondji Christophe, cet homme «est un perfectionniste intellectuel» qui vous donne envie de suivre et de marcher dans ses pas. Ce qui fera dire au Pr. Séry Bailly qu’il «est un modèle pour les jeunes. C’est un exemple pour nous tous en tant que citoyen conséquent qui dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit». Un modèle qui inspire cette réflexion au Pr. Voho Sahi: «En le lisant, j’ai pris conscience que la culture africaine a ses maîtres et la pensée africaine, ses auteurs. Il a comblé en moi un grand vide…». Mort, mais vivant, parce que comme le dit si bien le Pr. Gnagne Yadou Maurice: «Memel-Fotê, c’est un véritable mythe, au sens d’une représentation symbolique qui a influencé, qui influence et qui influencera toujours la vie sociale, culturelle et politique de la nation ivoirienne et du monde». Et le monde saura se nourrir de cet homme «exemplaire, d’une culture considérable et qui s’impose d’emblée comme une autorité», dixit le Pr. Marc Augé, sous la direction duquel Memel-Fotê rédigea sa thèse de Doctorat d’Etat. Témoignages des nouveaux maîtres de nos universités. Hommages. Et souvenirs. Comme ceux du Pr. Zadi Zaourou, qui eut le grand homme comme enseignant. Tout commence pour lui lors de la rentrée scolaire 1960-1961. Et le 25 janvier dernier, c’est-à-dire 48 ans plus tard, le maître du Didiga remonte le temps : «Déjà, le cours introductif nous édifia. En quelques deux ou trois autres cours, nous étions plus que convaincus… CONQUIS! (...) Tel est mon maître: altier, souverain, digne comme un baobab colossal trônant au-dessus des arbres rabougris…». Hier, debout, il trônait au dessus des grands. Aujourd’hui, couché, il reste debout à jamais sur les hauteurs du savoir. Tel est le maître.

Par Agnès Kraidy

Laurent Gbagbo de Memel-Fotê : “C’était une montagne”

C’est avec une profonde tristesse que j’apprends la disparition du professeur Harris Memel Fotê. Memel Fotê n’est pas seulement, pour ma génération, un professeur, l’un des premiers enseignants africains à avoir exercé dans l’enseignement secondaire et dans les universités d’Afrique. Il incarne également la conscience d’une certaine idée de la dignité de l’homme noir, de la liberté en Afrique et de l’indépendance des Etats africains. Sa mort coïncide avec le 50e anniversaire des réformes institutionnelles engagées par la France en 1958 et qui ont débouché sur les indépendances de nos Etats, deux ans plus tard. Les courants et mouvements indépendantistes africains savent la part inestimable, au plan militant et au plan intellectuel, que Harris Memel Fotê a, personnellement, prise dans la marche de l’histoire de cette période pleine à la fois d’espoirs et d’incertitudes. Il a choisi le temps de l’indépendance et de la dignité africaine. C’est pourquoi il s’est rendu en Guinée lorsque ce pays, ayant dit «Non» au référendum de septembre 1958, s’est trouvé, du jour au lendemain, privé de toute assistance technique française en représailles à la décision souveraine du peuple guinéen. Il a choisi le temps de l’indépendance d’esprit et de la solidarité africaine. Pour cela, il a été arrêté et emprisonné le 30 avril 1959 à Abidjan. Il a choisi le temps de la démocratie et de l’Etat de droit. Pour cela, il a refusé de se compromettre avec le parti unique. Il était là en 1990 lorsque le temps de la révolution démocratique étant arrivé, nous avions besoin de sa caution morale, politique et intellectuelle. Il n’a pas failli à son devoir envers l’Afrique, envers la Côte d’Ivoire, son pays, et envers la démocratie et les libertés. Depuis 2000, il dirigeait l’Académie des sciences d’Afrique et des diasporas africaines (Ascad). Car, Harris Memel Fotê est d’abord un homme de science et de culture, reconnu par les sociétés savantes les plus prestigieuses au monde. Il était membre de l’Académie universelle des cultures du monde créée par François Mitterrand et professeur honoraire au Collège de France. Pour la Côte d’Ivoire, il restera la montagne du savoir, comme a su le dire un poète, parlant de la «Memelmontagne». C’est aujourd’hui un monument qui se dresse et la Côte d’Ivoire lui doit un hommage national. Je présente mes condoléances à son épouse et ses enfants, sa famille et aux membres de sa génération, aux habitants de Mopoyem, son village, et à toute la région de Dabou.

Laurent Gbagbo
Président de la République


Focus : Il sera là…


Au bout du petit matin… comme le nègre majeur, le Martiniquais Aimé Césaire, décédé le 17 avril dernier, Harris Memel-Fotê, celui que les intellectuels de la Côte d’Ivoire appellaient avec déférence et respect mêlés «Le Maître», s’en est allé, dimanche, dans le silence d’une clinique de la place. Il avait, selon l’état civil, 78 ans (il naît en 1930 à Mopoyem, à Dabou), mais il devait en avoir plus. En moins d’un mois, l’Afrique perd deux de ses dignes fils qui ont su, à des degrés divers, porter sa voix, pour l’affirmation d’une identité nègre bafouée au cours des siècles. Pour la revendication d’une liberté qui trouvera sa pleine expression au sein des associations et mouvements indépendantistes du continent. Les intellectuels ivoiriens, qui n’ont pas encore fini de pleurer Césaire; la nation ivoirienne de même, qui s’apprête à rendre un vibrant hommage au poète martiniquais aujourd’hui, sous le coup de 15 heures à l’Assemblée nationale, devront encore porter un double deuil. Car, Pr Memel-Fotê est à la Côte d’Ivoire, ce que Césaire était/est pour la Martinique, les Antilles, le continent: des consciences «Meji» qui ont été des porteurs de voix qui dépassaient l’espace réduit de leur espace natal. Et ils avaient su, au cœur des périodes troubles de l’histoire, éclairer le chemin des leurs. Voici ce que disait de lui Pr Marc Augé, à la XIIIè conférence Marc-Bloch, à l’Ecole des hautes études en Sciences sociales, en 1991: «Un intellectuel rigoureux qui, au travers des vicissitudes de l’histoire et des difficultés du continent africain, (qui) a toujours réaffirmé les exigences propres de la liberté intellectuelle et de la recherche scientifique…Si son œuvre a fait progresser notre connaissance intime de l’Afrique, elle constitue aussi, par sa seule existence, un témoignage». Cette œuvre? Un immense travail d’érudit, une thèse de doctorat d’Etat, en 4 tomes, présentée et soutenue le 30 juin 1988 sur L’esclavage dans les sociétés lignagères d’Afrique noire. Exemple de la Côte d’Ivoire précoloniale: 1700-1920. Un document précieux, dédié, entre autres «Aux esclaves qui, dans l’existence, ne connurent pas une vraie vie, et qui, dans la mort, n’eurent pas une bonne mort» et «A tous les descendants d’esclaves» «Patriote invétéré» (les professeurs Pierre et Caroline Pellegrin); «perfectionniste» (Pr Christophe Wondji), anticolonialiste, panafricaniste, Pr Memel-Fotê reste un penseur d’une vaste culture, un acteur plein de l’Afrique contemporaine. Et la Fondation Jean Jaurès et Harris Memel-Fotê, à Abidjan, aurait pu porter sons seul nom que cela n’aurait rien enlevé à son prestige. Car l’homme de son vivant, n’a pas traversé son époque dans l’anonymat. Au contraire…Je revois encore, par un heureux hasard de la vie-insigne honneur et privilège -ce grand homme. Il était là, auprès de moi en bout de table; disons moi, assis, auprès de lui, à une des réunions de l’Académie des sciences, des arts, des cultures d’Afrique et des diasporas africaines (ASCAD). Grand par la taille, grandement assis dans son fauteuil de président de cette société savante ivoirienne, pour laquelle je devais assurer la communication, il imposait le respect. Face à eux, je devais exposer. Avec la modestie qui caractérise ceux qui savent vraiment, les Immortels m’ont écouté, et validé l’exposé, approuvé par leur président. Ils étaient tous grands par le savoir, mais ils avaient des regards, des attentions… d’étudiants devant le Maître quand il devait prendre la parole. Une admiration non feinte, doublée d’un sentiment de pudeur de voir ce magnifique vieil homme lutter contre «l’obscur ennemi»; ce temps qui «mange» la vie. Il parlait peu, souvent difficilement, somnolait même, mais tenait à être là. Aux réunions, aux activités de l’Ascad, aux cérémonies culturelles, etc. Son silence était impressionnant; son courage face à la maladie, à l’âge où on atteint «l’automne des idées» émouvant. Même quand ses collègues savaient qu’il était là, mais absent, ils tenaient à lui demander la permission avant de commencer la réunion. C’était, il y a à peine deux ans. Et, depuis, je ne me souviens plus avoir revu au siège de fortune la forte corpulence, malgré l’âge, du président de la société savante ivoirienne. Ces derniers temps, son mal avait empiré. Admis dans une clinique de la place, il y a une dizaine de jours, je crois, le Maître a rendu le dernier soupir. Il manquera assurément à l’ASCAD, qui vient de perdre son illustre représentant, son président, après les départs des professeurs Allechi M’bet, économiste et Anoma Gladys, biologiste, première bachelière de Côte d’Ivoire. Après trois ans d’activité, le bureau présidé par le Maître a été reconduit. Mercredi dernier, au Conseil économique et social, à la salle Jean-Delafosse, le vice-président, Pr Barthélemy Kotchy, a présenté à la presse ce nouveau bureau. Pr Harris Memel-Fotê n’y était pas. Aujourd’hui, puis demain, puis les jours passeront, et l’on aura toujours le souvenir de ce bel homme, de cet autre nègre majeur. Parce qu’il sera là, quelque part, dans le bureau exigu de l’ASCAD au Plateau. En attendant…

Michel Koffi


Disparition de Memel Fotê : Mopoyem pleure son fils

Leboutou est en deuil. Dabou pleure son fils, Pr. Memel-Fotê. Comme un signe annonciateur, vendredi dernier, la grande pluie a emporté la toiture de l’école de son village. Et le dimanche 11 mai, jour de la Pentecôte, l’un des fondateurs du parti au pouvoir a tiré sa révérence, plongeant ainsi le village et toute la région de Dabou dont il est originaire dans le deuil. Nous nous sommes rendue, hier, à Mopoyem, village situé à 13 kilomètres de Dabou. Là-bas, c’est la tristesse, la désolation totale. M. Okromi Amari Abraham, chef de village et oncle maternel du professeur, est inconsolable. « C’est, dit-il, une grande perte et sa mort nous fait très mal. Mon neveu devrait m’enterrer, voilà qu’il me devance, qui va donc m’inhumer ?» Pour les villageois, c’est un grand cerveau, une personnalité, une bibliothèque qui brûle. « Il n’y a pas que le village, c’est tout le Leboutou qui est en deuil, qui est dans le noir», renchérissent les notables, MM. Okess Okpob, Sié Akpka Marcel, Angba Eugène. C’est avec stupéfaction qu’ils ont appris la nouvelle du décès de Fotè Harris Memel. En effet, ayant remarqué l’absence de ce dernier, lors de la fête des patriarches, qui s’est déroulée courant avril dernier, les villageois s’apprêtaient à envoyer une délégation à Abidjan le rencontrer, quand la nouvelle de sa mort est tombée, tel un couperet. Ils sont tous sous le choc. Certains villages, Vieil Aklodje, Akradjo, Bonn, Bouboury, ayant appris la nouvelle, ont délégué des personnes dans son village pour vérifier le décès du «christ» de Mopoyem, comme aimaient à l’appeler les villageois. Le village regrette d’autant son décès qu’il ne pourra plus avoir un homme de sa trempe. Ses tantes, cousines, Adou Bouaye Odile, Christine, Sié Marie You, Gnagne Antoinette, Anne, Julienne Yeï, Madeleine, que nous avons a rencontrées au domicile du Pr. Memel Fotê, sont affligées. Pour elles, c’est le pilier de la famille qui s’est s’écroulé. Qui va donc les aider ? s’interrogent-elles. M. Akpess Samuel, homme de confiance et neveu du défunt, qui l’appelait affectueusement «petit Essoh», nous a permis de visiter la maison du député de Dabou. Partout des livres et encyclopédies du salon aux chambres, en passant par l’anti-chambre. Des malles aussi. L’homme nous a confié que le professeur a lu environ 7 000 livres qu’il a codifiés. Elevé dans la philosophie du défunt, M. Samuel Akpess relève «l’homme n’est pas mort, il vit à travers ses œuvres. Cette mort devrait être appréhendée comme une réjouissance ». La mort du Pr. Memel Fotê met ainsi fin à 7 ans de souffrance, 7 ans d’infirmité des suites d’une chute alors qu’il rendait visite à un ami en deuil. Pr. Memel Fotê était fils unique. Il est de la génération M’Bédié. Il plonge une région, tout un pays, tout un continent et le monde du savoir dans le deuil.

Marie Chantal Obindé
Envoyée spéciale à Dabou

Source: http://news.abidjan.net/h/291486.html

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Réactions des intellectuels ivoiriens à la mort du Pr Harris Memel Fotè

Pr Barthélemy Kotchy:“Une encyclopédie”

Memel-Fotê, c`est un homme de culture. C`est - un honnête homme, au sens premier, c`est-à-dire un homme qui est au carrefour de toutes les sciences, de toute la connaissance de la culture. Sur le plan physique, c`est un homme élégant. Sur le plan moral, c`est un homme intègre et, en même temps, c`est un homme méthodique et rigoureux. Et, il faut ajouter: un homme très généreux, qui aime partager. Sur le plan intellectuel, c`est une encyclopédie. Memel-Fotê, c`est un littéraire et un poète très sensible. Ce qui est en rapport avec son caractère. Mais il a aussi ses défauts: d`abord, c`est un homme froid. Il n`est pas d`un contact facile. Memel veut la justice. Memel veut la démocratie. Memel veut la liberté. Memel sait de quoi la Côte d`Ivoire a besoin. Et il a mis sa formation au service de ses frères.

Mme Mathilde Memel-Fotê: (son épouse) “Il a marqué son temps”

Il aime l`homme. C`est un homme fondamentalement de culture, parce qu`il s`intéresse au moindre petit élément qui touche à l`homme. C`est un grand homme qui a marqué son temps, mais qui, malheureusement, n`est pas connu dans son pays.

Pr. Wondji Christophe:"Un perfectionniste intellectuel"

Il est chaleureux. Il est froid avec ceux qu`il ne connaît pas. Par méfiance. Parce qu`il a fait la prison. Il a eu des déconvenues avec des amis qui l`ont trahi.
Il y a chez lui un contraste entre sa taille, sa massivité et son caractère humble, sa souplesse, sa gentillesse.
Son défaut, c`est qu`il est négligent pour les siens.
Memel-Fotê, c`est un perfectionniste intellectuel.

Pr. Marc Auge (Français):“II est d`emblée une autorité”

C`est un homme qui a le sens de l`amitié et de la fidélité. Il a cette dimension très étonnante: dans son village, il s`intéresse aux difficultés des gens qui l`entourent. Je l`ai vu à la Sorbonne, à l`Académie de la Culture. Il parcourait ces mondes aisément. Nous étions persuadés qu`il devait jouer un rôle majeur dans la situation politique de son pays. C`est un gros travailleur. Il est exemplaire.
Memel est d`emblée une autorité. C`est un homme de culture considérable.

Pr. Emmanuel Terray (Français et collègue du Professeur Memel-Fotê):“L`incorruptible”

L`Ambassadeur de France de l`époque, Raphaël Legg, disait, en particulier, d`Harris Memel qu`il était "anti-français". Harris Memel, comme Niangoran Bouah, était un patriote. Il trouvait à cette époque que l`emprise de la France sur la Côte d`Ivoire était un peu excessive. Et ce n`est pas moi qui vais leur donner tort. Harris Memel, c`est quelqu`un qui a beaucoup d`attention et beaucoup de cœur; quelqu`un qui regarde ce que vivent les autres, par où passent les autres.
Memel, c`est l`incorruptible. C`est un grand chercheur et un grand penseur.

Pr. Pierre Pellegrin (Français et collègue du Professeur Memel-Fotê):“Un patriote”

Memel était très mal vu par la communauté française de Côte d`Ivoire. Notamment, par l`Ambassadeur de France de l`époque, M. Raphaël Leg, qui était tout puissant. Il disait de Memel que c`est "un anti-français notoire", ce qui était une stupidité incroyable, quand on sait ce que Memel a fait pour la culture française. A l`époque, Houphouët-Boigny était entouré exclusivement de conseillers étrangers. Son principal conseiller était Raphaël Legg. Et des jeunes patriotes comme Memel-Fotê et Laurent Gbagbo n`aimaient pas beaucoup cette situation.

Mme Ago Marthe (1ère vice-présidente de l`Assemblée nationale):“La dignité faite homme”

C`est lui qui nous a vraiment fait vivre le socialisme dans sa réalité pratique. L`homme, pour lui, est au centre de tout. Tout pour lui doit concourir au bonheur et à l`épanouissement de l`homme. Memel Fotê m`inspire un profond respect. Lui, c`est la dignité faite homme. Il a dit un jour cette phrase qui sera toujours gravée dans ma mémoire: “Il y a un choix à faire dans la vie: ou on est du côté de ceux qui frappent, de ceux qui oppriment, ou du côté de ceux qui sont frappés et opprimés. Moi, j`ai choisi d`être du côté de ceux qu`on frappe".

Pr. Voho Sahi (témoin de mariage de sa deuxième épouse):“II a comblé en moi un grand vide”

La première chose que je puis dire, c`est que je n`ai ni eu le privilège de bénéficier de son enseignement, ni celui de voir rejaillir sur moi son aura, ni de participer à son combat idéologique, intellectuel, qui a façonné les intellectuels de la Côte d`Ivoire des années de lutte pour l`indépendance et de la Côte d`Ivoire des premières années de l`indépendance. C`est peut-être pour cela qu`il représente beaucoup pour moi. Ayant effectué toutes mes études loin de la Côte d`Ivoire, n`ayant eu que des modèles étrangers, morts ou vivants, le découvrir a comblé pour moi un grand vide; ce vide qu`on nourrit quand on est loin de chez soi, et surtout quand on a de si grands noms, de si grandes têtes, de si beaux modèles. Memel-Fotê, je l`ai donc rencontré par hasard, dans les interstices de la révolution démocratique qui s`est déclenchée en Côte d`Ivoire dans les années 1990. Memel-Fotê, pour moi, c`est d`abord ce père spirituel que j`ai choisi. Puisque c`est moi qui, en l`entendant au cours des conférences qu`il donnait en 1990-1991, en le lisant, ai pris conscience que la culture africaine a ses maîtres, que la pensée africaine a ses auteurs. La dernière grande leçon qu`il donne à ceux qui l`admirent, c`est de savoir que la chose la plus précieuse que l`on ai à laisser à ceux ou celles auxquels l`on tient le plus, c`est son nom.
Ce qu`un grand homme, ce qu`un homme de grande spiritualité donne, c`est le nom que l`on porte. Il y a une signification profonde à son mariage.

Pr. Gnagne Yadou Maurice:“II fertilise nos consciences”

Memel-Fotê, c`est une légende vivante qui fascine, tant sa vie est un modèle de conviction, d`engagement politique et intellectuel, d`engagement tout court, dans l`avènement d`un monde de liberté où l`esprit, je veux parler de l`intellect, seul, guide nos choix et nos actions. Pour lui, il faut vivre en se cramponnant à ses convictions, même dans le dénuement, et ne jamais aliéner son esprit en se jetant dans des actions et des projets que sa conscience réprouve. Memel-Fotê, c`est l`humilité de l`humus, c`est-à-dire de la terre de laquelle nous sommes créés et fondés, qui fertilise nos consciences pour le bien de la collectivité.
Memel-Fotê, c`est un homme aux qualités intemporelles, un homme multidimensionnel. Memel-Fotê, c`est un véritable mythe, au sens d`une représentation symbolique qui a influencé, qui influence et qui influencera toujours la vie sociale, culturelle et politique de la nation ivoirienne et du monde.
Source Harris Memel Fotê, L’indéracinable doct Magister

Source: Le temps du 14 Mai 2008


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vendredi 9 mai 2008

Le "Comité Freedom for Joe & Co." Manifestera à Hambourg aux cotés de Amnesty international

Communiqué de Presse 

La Section allemande de l’organisation Amnesty International organise à Hambourg, le samedi 10 mai, la célébration du 60ième anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits Humains (DUDH), à laquelle le public est convié.

 Dans le Cadre de la Campagne internationale pour la Libération de tous les Prisonniers politiques au Cameroun, le “Comité Freedom for Joe & Co.“ participera activement à cette manifestation, afin d’attirer l’attention de l’opinion internationale sur les crimes contre l’humanité perpétrés par le dictateur-sanguinaire Paul Biya, contre le peuple camerounais en février 2008 et notamment sur l’assassinat  de plus d’une centaine de citoyens camerounais et la détention arbitraire de plus d’un milliers de personnes dont Joe la Conscience et Lapiro de Mbanga.

 En outre, le “Comité Freedom for Joe & Co.“ animera un stand d’information, à la place de l’hôtel de ville de Hambourg, sur la situation des Droits de l’Homme au Cameroun et procédera, dans le même temps, à une collecte publique de signatures, dans le cadre de la pétition internationale (http://www.petitiononline.com/280208/petition.html) actuellement en circulation pour exiger la création d’une Commission d’Enquête Internationale sur les massacres de février au Cameroun et la libération de tous les prisonniers politiques.

 Le “Comité Freedom for Joe & Co. invite tous les camerounais, tous les amis du Cameroun à se joindre à lui, ce samedi 10 mai 2008, pour porter la voix étouffée des victimes de la répression politique au Cameroun, au cours de cette manifestation de commémoration du 60ième anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme à Hambourg.

 Manifestation: Samedi 10. Mai 2008 à Hambourg, de 12:00 – 13:30

 Rassemblement: Hauptbahnhof, Hachmannplatz/Kirchenallee

 
Fait à Hambourg, ce 09 Mai 2008

 Pour le “Comité Freedom for Joe & Co.“ en Allemagne,

 A D. Wehiong
Coordonnateur National

 

 Informations et renseignements: WAD (016095359659),  Email: helpthevictims@googlemail.com

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mardi 6 mai 2008

Massacres de février: "Paul Biya doit repondre de ses actes"

http://www.quotidienmutations.info/mutations/mai08/1210045898.php, dans Mutations No 2147 du 06 Mai 2008

G. Tene Sop: Paul Biya doit répondre des massacres de février


Le coordonnateur général de la campagne pour les prisonniers des émeutes en explique les enjeux.

  Propos recueillis par J.B Ketchateng 


Qui sont les organisateurs de cette campagne?

Il y a un "Comité – Freedom for Joe & Co" (ou Comité pour la Libération des prisonniers politiques au Cameroun) que nous avons créé avec un certain nombre de personnes dont l’écrivain Patrice Nganang. La campagne est appuyée par le Collectif des Organisations démocratiques et patriotiques de la diaspora camerounaise, le Code, dont une délégation s’est rendue à la Commission Européenne il y a trois semaines à Bruxelles, pour plaider la situation des droits humains au Cameroun.

En quoi consiste-t-elle?
Les objectifs de cette campagne sont variés. Nous voulons contribuer à lever la chape de silence et briser la conspiration internationale du " ni vu, ni connu" qui entoure les tueries de fin février dans notre pays. Ce faisant, on va attirer l’attention mondiale sur les conditions inhumaines et cruelles dans lesquelles sont détenues les centaines de personnes arbitrairement arrêtées par les forces répressives du régime dictatorial lors du soulèvement populaire de février.
Un autre point c’est d’amener les organisations internationales de défense des droits humains, qui sont restées jusque là assez discrètes sur les graves évènements de février, de même que l’opinion internationale, à demander des comptes à Paul Biya et à son régime sur leurs crimes massifs de la fin février contre notre peuple en colère. Le but immédiat étant d’obtenir la libération de tous les prisonniers politiques c’est à dire de toutes ces personnes arrêtées dans le cadre du soulèvement populaire de février.
Nous allons aussi travailler avec divers milieux politiques et diplomatiques internationaux pour les rallier à notre exigence d’une Commission internationale d’enquête sur les massacres de février. Cette commission devra établir le bilan exact de la répression, situer les responsabilités des uns et des autres dans le massacre inacceptable des populations civiles non armées, afin que des poursuites judiciaires soient menées contre les commanditaires, les exécutants de ces crimes contre l’humanité. On a déjà quelques noms ; on sait que c’est le commandant N. N. (initiales, Ndlr) qui a massacré les jeunes à Bonabéri et que ce sont ses éléments qui ont ouvert le feu sur le pont du Wouri dans la matinée du 27 avril… La finalité de tout ce travail est de lutter contre l’impunité et surtout que Paul Biya et des assassins de notre peuple se retrouvent un jour devant le tribunal pénal international pour répondre de leurs crimes contre notre jeunesse et notre peuple.

Justement que savez-vous des personnes tuées dans les soulèvements ?
Le 27 février, des gendarmes et des policiers ont pris en tenaille plusieurs centaines de manifestants sur le pont du Wouri et ont ouvert le feu pendant qu’un hélicoptère de l’armée pilonnait le pont à coup de grenades explosives et de gaz lacrymogènes. Il s’en est suivi un sauve qui peut et des dizaines de jeunes manifestants se sont jetés dans le Wouri, pour échapper aux tueries et certains ont carrément été jetés à l’eau par les forces de répression. Des dizaines de corps ont été repêchés dans le Wouri dans le courant du mois de mars par des pêcheurs… Le 28 février, au matin, notre camarade Tiwa Jacques a été froidement assassiné, à Douala, par un commando descendu d’un camion militaire, sans que nous sachions pourquoi.

Au regard de la nature des revendications qui portent sur un sujet : la démocratie au Cameroun que les autorités jugent bien installée localement, n'était-il pas préférable de mener des actions ici?
Cette campagne est certes portée à l’international, mais elle se fait avec le soutien des organisations locales des droits de l’Homme comme l’Approce de Me Momo, la Mdhc de Mme Afité, la Ldl de Charlie Tchikanda, le Prodhop de Mme Ngo Mbe. Nous travaillons ensemble, pour relayer et amplifier au niveau mondial les actions de ces organisations locales, qui ont fait un excellent travail pendant la crise de février, ce qui leur vaut les persécutions et les menaces du gouvernement dictatorial. Le "Comité Freedom for Joe & Co", lance d’ailleurs un appel à tous nos compatriotes qui ont perdu des proches dans le soulèvement de février ou qui ont un des leurs en détention dans le cadre de ces évènements, à se rapprocher des organisations locales des droits humains pour se faire recenser.

En quoi une campagne internationale peut-elle être utile quand on sait l’attitude attentiste du monde occidental en général selon qu’il s’agit de tel ou tel pays?
Nous avons constaté que l’assassinat de plus d’une centaine de personnes n’a suscité aucune réaction vigoureuse de condamnation au niveau international comme c’est souvent le cas dans certains pays. L’écrivain Patrice Nganang, est allé distribué les prospectus de cette campagne dans une réunion internationale d’écrivains aux USA la semaine dernière et il s’est rendu compte que personne n’était au courant que l’on a massacré plus d’une centaine de personnes au Cameroun et que plus de 1000 autres sont en prison. Tout le monde est stupéfait par l’ampleur de ces massacres. Personne n’en était informé.
Or si personne n’est informé comment voulez vous que les gens nous aident pour que le régime de Paul Biya soit isolé ?

Quand évaluerez-vous votre opération
L’évaluation sera permanente afin de réajuster les stratégies, car c’est une campagne de longue haleine. Les mois à venir vont être extrêmement chauds. Vous verrez que dans les prochaines semaines des personnalités et institutions internationales que nous avons approchées, vont entrer en action dans le dossier Cameroun.

Que ferez-vous si vous n'êtes pas entendus?
La Campagne internationale pour la libération des prisonniers politiques et son pendant qui est l’opération "Justice for the victims " ne sont que des aspects d’une stratégie plus globale que nous nous gardons d’évoquer ici.

Source: http://www.quotidienmutations.info/mutations/mai08/1210045898.php

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Terrorisme d'etat généralisé au Cameroun: Lorsque chanter contre le Régime mène en Prison...

Voici la Vidéo qui a conduit le chanteur Lapiro de Mbanga en prison

http://www.youtube.com/watch?v=LVYEAs-OtXM&NR=1

l'Artiste musicien-engagé Lapiro de Mbanga avait naïvement cru "que nul n'a besoin de prendre le chemin de l'exil ou du Maquis pour exprimer ses opinions politiques" comme le déclarait le dictateur Paul Biya à son arrivée au pouvoir, il y a 26 ans. Cette "naïveté", Lapiro la paye très très cher, car il medite depuis plusieurs semaines au fond d'un cachot infecte de la Prison de Paul Biya, pour avoir dénoncé dans l'une de ses nouvelles chansons, l'enrichissement illicite et la corruption des tenants du pouvoir, tout en exigeant leur arrestation. Lapiro de Mbanga s'est aussi opposé dans son nouvel opus, au tripatouillage constitutionnel opéré le 10 avril dernier par le despote-sanguinaire Paul Biya afin de rester président à vie et monarque du Cameroun. Au pays de Paul Biya, une telle liberté de ton peut couter la vie à celui qui se la donne!

Lapiro a rejoint en prison, l'artiste Kameni Joe de Vinci alias "Joe la Conscience" qui, lui, purge une peine de 6 mois d'emprisonnement ferme pour s'être opposé pacifiquement á travers un sit-in devant l'ambassade des USA à Yaoundé, à la falsification constituionnelle opérée par le président-dictateur du Cameroun.

Le Fascisme et le nazisme qu'on croyait avoir définitivement vaincu dans le monde depuis 1945, ressurgissent de facon inattendue au Cameroun avec leur cohorte de morts, d'enlèvements et d'arrestations arbitraires, et tout ceci dans l'indifference des Nations Unies, qui est pourtant garante de la paix mondiale.
Voici en vidéo, la chanson "irreverencieuse et subversive" (au goût du regime Biya), qui a conduit Lapiro de Mbanga en prison!

http://www.youtube.com/watch?v=LVYEAs-OtXM&NR=1

Raoul Fréjus

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lundi 5 mai 2008

Cameroon under terror: the case of "Joe la Conscience"

Joe la Conscience: Cameroon’s Forgotten Prisoner of Conscience

By Dibussi Tande: http://www.dibussi.com/2008/04/joe-la-conscien.html

Joe_la_conscience In the past couple of weeks, there have been numerous stories in the national and international media about the arrest of prominent Cameroonian protest singer Lapiro de Mbanga. However, the arrest, summary trial and sentencing of the less known protest singer, Joe La Conscience, has not received as much attention.

Unlike Lapiro who is accused of being the mastermind behind the February riots, particularly in his native town of Mbanga (although eyewitness accounts and initial reports from local officials indicated that he had helped calm down angry rioters…) Joe La Conscience is not accused of any violence. His only crime is that he organized a one-man nonviolent protest against recent moves to scrap presidential term limits in Cameroon.


Click here to view or download a "Free Joe La Conscience" Poster (PDF)

In this regard his detention is even more significant that Lapiro's because it is a clear indicator of Cameroon’s new authoritarian political landscape where all sources of dissent – real, imagined and symbolic – are systematically silenced. Today it is not only vandals and “apprentice sorcerers” who get caught up in the Biya regime’s repressive maelstrom…

Joe La Conscience or the Road to Kondengui

Shortly after regime officials began agitating for an amendment of Article 6.2 late last year, Joe La Conscience (whose real name is Kameni Joe de Vinci) wrote a memorandum titled “50 good reasons not  to change the Cameroon constitution” to protest against plans to scrap presidential term limits in Cameroon. He also composed a song condemning the planned constitutional amendment titled  "Emmerdement constitutionnel" (constitutional hassle).

After adding 1000 signatures to his anti-amendment memo, Joe La Conscience decided to embark on a 320-kilometre (200-mile) solo trek from his native town of Loum to Yaounde, Cameroon’s capital, to hand the said memo to the President.  On February 17, Joe began what he called the “Long March for Peace”. However, the march ended prematurely after he was arrested at the outskirts of Loum by security forces on grounds that he had violated an order by the governor of littoral banning public rallies and demonstrations in the province.

On February 26, three days after troops sealed Equinoxe Radio and TV, Joe La Conscience began a hunger strike outside the gates of the US embassy in Yaounde to protest the government’s crackdown on the media. The next day, troops stormed his residence in Loum, shot his 11-year old son, Aya Kameni Patrick Lionel, to death, and ransacked his workshop. In a letter addressed to President Biya, Joe’s wife, Sidonie, describes how Lionel was shot « before my eyes and that of my other children ». Unable to travel to Loum due to the rioting, Joe continued his peaceful protest outside the embassy. Two days later, on February 29, about 30 heavily armed gendarmes stormed the US embassy gates and whisked Joe off to a cell at the Secretariat of State of the National Gendarmerie where, according to his wife, he was tortured. He was then transferred to the Kondengui Maximum security prison on March 6.

On March 19, Kondengui became Joe La Conscience’s permanent home when the Mfoundi Court of First Instance handed him a six-moth jail sentence for organizing “illegal meetings and demonstrations” after an expeditious trial widely condemned by legal experts. Even non-violent protest à la Mahatma Gandhi does not pay in Cameroon. Only the silence of the slave – or of the grave – does…

Joe La Conscience or The Authoritarian Impulse of the Biya Regime

At first glance, the story of Joe La Conscience is just another personal tragedy in good old Cameroon; the tale of an individual and his family paying a heavy price for his political activism. But deep down, this is a story about Cameroon, its government, its people and its future. It is a very telling snapshot of the reigning political climate in Cameroon and a good indicator of what the Biya regime’s so-called troisième mandat will look like.

Nearly two decades ago an observer argued that :

Under the ancien regime, power was mostly exercised in a bullying and overbearing manner to limit people’s freedoms and ensure the survival of political leaders, but during the New Deal era it was usually employed in far less brutal ways mainly to feather the nests of our leaders.

We have come a long way since then, as the Biya regime has now merged the brutality of the Ahidjo regime with its own homegrown Kleptocracy. Today, just as during the Ahidjo regime, survival is the name of the game. Recent events have shown that in its bid to hang on to power at all cost, the Biya regime is, more than ever before, driven by an élan autoritaire or a dark authoritarian impulse which does not bode well for the country.

Extremists who for years have been itching for a head-on confrontation with “the forces of change” have finally gained a solid footing within the regime and are creating a deleterious political climate reminiscent of that which prevailed in the last years of the Abacha regime in next door Nigeria; a climate characterized by the emasculation of the civil society and organized political opposition, the muzzling of the press and persecution of journalists, the militarization of political life and the increasing use of martial language in regular political discourse, the isolation of potential catalysts for popular mobilization and political reawakening particularly artists, an increasing appeal to ethnicity, etc.

In 1994, Miltion Krieger posited that Cameroon's democratization experiment had taken off on the wrong footing because “Biya [was] more likely captive than capo” to obscure political lobbies which had “moved beyond conventional patrimonial politics to... ‘ethno-clientelism’”. Today, these lobbies, which were largely responsible for the political turmoil during the early multiparty years - and which conceived the infamous “Operation Mygale” in 1991 which bore an eerie similarity to the blueprint for the Rwandan genocide a few years later - are once again coming out of the shadows.

These lobbies have found solace in the motley collection of ethno-regional, political and personal interests which crystallized around the President duringthe campaign to modify the constitution – a constitutional amendment which was less about support for the Prince or the City and more about a political class desperately clinging to its privileges which would most likely disappear in the event of a regime change in 2011. In such a context, it is no surprise that individuals such as Joe la Conscience or Lapiro de Mbanga with even the slightest potential to mobilize the public against these corporate, ethnic and personal interests are mercilessly crushed.   

Joe la Conscience or the Demobilization of the Cameroonian Masses

With no viable organized political force to stand up to Biya, it is now left to artists and other “lone wolfs’ to pick up the mantle for political change in Cameroon, usually with dire consequences as we have seen in the cases of Joe and Lapiro. Unfortunately unlike the 1990s where regime attempts to silence its most vocal critics ( Yondo Black, Celestin Monga, Pius Njawe, Senfo Tonkam, etc.) was met with resistance and mass mobilization, today there is instead a general feeling of resignation – the all-out militarization of national life has created a state of fear, or at least apprehension, which, although not as palpable or obvious as in some other African countries, is present nonetheless.

This “demobilization”, argues Cameroonian writer Patrice Nganang who has commented extensively on the Joe La Conscience case, does not augur well for the republic:

Never before have the arts forewarned us so clearly about the future of Cameroon; but never before have artists been so alone!... That Joe has been abandoned to the care of his wife… and a handful of friends is the most dangerous sign from the Cameroonian political scene… To abandon Joe la Conscience in the hell hole that is his cell, to abandon Lapiro de Mbanga… is to tell anyone who intends to rise up to assert his citizenship that he is alone. To forget these damned individuals… in the miasma of their loneliness, is to plant the seeds of discouragement in the heart of every citizen who, tomorrow, will wish to rise up to push back the darkness that has enveloped us. [my translation].

So are Cameroonians going to abandon Joe La Conscience, Lapiro the Mbanga and others to their fate, thereby giving the Biya regime a free hand to do as it pleases in Cameroon? Or are they going to join them to fully reassert their confiscated citizenship and freedoms?

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Posté par CNR_MUN à 18:44 - Freedom for Joe & Co. - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Joe la conscience, un martyr contemporain

Au commencement, était une marche pacifique de Loum à Yaoundé, pour exprimer son refus de tout tripatouillage constitutionnel au Cameroun. Regardez la vidéo montrant quelques extraits de la marche effectuée par l'artiste Joe la Conscience.

Video : Joe la conscience contre la modification de la constitution

    
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Joe La Conscience depuis la prison de Kondengui, saisit les Missions Diplomatiques Accréditées au Cameroun.

 

A Messieurs et Mesdames les Chefs des Missions Diplomatiques Accréditées au Cameroun.



Mesdames et Messieurs,

C’est avec beaucoup d’émotions que je me décide ce jour, à prendre mon stylo, du fond de ma cellule, pour lancer cet appel de détresse, au sujet  de la misère de toute la jeunesse Camerounaise, victime depuis les derniers évènements sociaux dans notre pays, d’un embastillement en masse.

En effet, Messieurs et Mesdames, eut égard au fait que ces jeunes gens pour la plupart âgés de moins de 20 ans avaient été appréhendés dans la confusion totale, beaucoup se retrouvent aujourd’hui dans les différentes prisons du Cameroun, avec des peines qui dans la plupart des cas constituent une hypothèse grave pour leur avenir. Si toutefois, le malaise social découlant de la surenchère des produits de premières nécessité, ainsi que le rejet par la jeunesse du projet annoncé de la modification de la constitution peuvent permettre de comprendre les derniers soulèvements, rien mais rien alors ne justifie la destruction du patrimoine national par certain camerounais : chose que nous condamnons avec la dernière énergie. Cependant le silence de vos différentes chancelleries inquiète ; même si je sais que certains d’entre vous sont très actifs dans l’ombre, pour obtenir l’affranchissement de tout le monde, je pense également qu’une action publique et collective serait la bienvenue car il s’agit de sauver l’avenir de mon pays.

D’autre part, la situation de promiscuité avancée qui existe dans les prisons camerounaises  aujourd’hui n’étant plus à démontrer, il est tout simplement question de sauver cette jeunesse d’une mort certaine, puis que nos prisons ne sont rien d’autre que des mouroirs proches des camps de concentration NAZI de l’époque. L’État  camerounais même ne parviens plus  à nourrir et à rendre soins des prisonniers.

Incarcéré à la prison Centrale de Yaoundé depuis le 06 mars 2008, je vis dans le local 70 du Quartier 8 de cet établissement pénitencier qui au départ a été conçu pour 800 personnes, mais qui en contient aujourd’hui plus de 5000.

Ici, un local est une chambre de 4m/5m qui contient 12 petits lits à étages dans lesquels peuvent dormir 24 personnes, auxquelles s’ajoutent ce qu’on appelle les dormataires (qui dorment à terre) et dont le nombre aborde la quarantaine, et même parfois plus. Les Hommes sont ainsi couchés, les uns collés aux autres sur le côté comme des esquisses, et ceci dans une atmosphère de tension ambiante où des jeunes enfants innocents sont obligés de côtoyer les criminels de haut niveau. Il arrive même qu’au levé du jour, les 70 habitants ou locataires d’un local ne se réveillent pas tous, suite à des décès provoqués par l’étouffement. Dans de telles circonstances où les véritables délinquants ont de la peine aujourd’hui à se frayer une place en prison à cause de ce surnombre qui a été volontairement créé, je vous invite à prendre vos responsabilités, afin d’éviter le génocide de la jeunesse de tout un pays.
Me concernant, Messieurs et Mesdames le crime que l’on m’accuse est d’avoir fait une marche à pied de Loum à Yaoundé et d’avoir amassé plus de 1000 signatures contre l’amendement de la constitution par le président Paul Biya, président de mon pays le Cameroun. On M’accuse aussi d’avoir fait un sit in pacifique devant l’ambassade des États-Unis à Yaoundé afin d’exposer cette situation au monde. Voilà mon crime. J’ai été ainsi condamné  à six mis de prison ferme pour « Réunion et
manifestation interdite “ dans un procès inique et  expéditif sans éléments probants contre ma charge.

Afin de sauver la fragile démocratie camerounaise et les jeunes qui aujourd’hui croupissent  dans les centres de détention et pour certains  dans les prisons sans jugements , je vous prie d’intercéder auprès du Président de la République dans le but de l’obtention au profit de la jeunesse une grâce Présidentielle à l’occasion de la fête nationale du 20 mai 2008.

Dans l’attente que ce cris de détresse trouvera en vous âmes sensibles, Veillez excellences agréer l’expression de ma très haute considération.

Fait le 11 Avril à la Prison Centrale de Yaoundé

KAMENI Joe de VINCI
Artiste-Homme de Culture,
Détenu à la Prison Centrale de Yaoundé
                                                                                                            
Joe_La_Conscience_longue_marche

 

Posté par CNR_MUN à 15:56 - Actualité politique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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