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Le Umnyobisme est une idéologie de libération pour le Cameroun et l'Afrique et qui tire ses fondements dans les résistances historiques des peuples africains contre l'impérialisme et le colonialisme.

vendredi 20 juin 2008

Massacres de février 2008: le Sang continue de couler...

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Nouka Paulin, dernière victime des massacres février 2008, est mort!

Le Comité International pour la Libération de tous les prisonniers politiques et le Comité de Soutien aux Victimes de la Répression Politique au Cameroun, a la profonde douleur d'annoncer le décès survenu ce dimanche 15 Juin, du jeune Nouka Jean Paulin, 25 ans, des suites de ses blessures, à l'hôpital Laquintinie de Douala où il était hospitalisé depuis les émeutes de la fin février au Cameroun.

Nouka Jean Paulin est un jeune piroguier camerounais qui avait été victime le 27 février 2008, d'une fusillade des forces répressives camerounaises qui lui a déchiqueté la cavité abdominale, provoquant une hémorragie abondante., Totalement démuni, abandonné à lui-même et sans aucune couverture maladie, L'ACAT Littoral à Douala s'était saisi du cas de cet infortuné et a avait contacté notre Comité pour solliciter une aide d'urgence.

Nous avons lancé le 24 mai un «appel à la solidarité internationale » pour aider à prise en charge médicale et chirurgicale de Nouka Jean Paulin. En attendant de faire dans les prochains jours le bilan de cette opération de solidarité, nous tenons dores et déjà à remercier toutes ces âmes charitables qui se sont mobilisé par leurs aides, pour essayer de sauver Nouka. 

Ainsi donc Nouka n'aura pas survécu à la violence des balles assassines dont il a été criblé par la soldatesque criminelle  de Paul Biya. Nouka Jean Paulin vient d'allonger la liste de centaines de jeunes camerounais tués par le régime fasciste de Paul Biya, lors de la révolte populaire de février 2008 au Cameroun: TIWA Jacques, PELO Alex Raoul, TINGIA NDIMA Loveth, TANTOH Emmanuel, MOMO Elvis, KAMENI Lionel (11ans), etc,etc..

Des dizaines d'autres camerounais, gravement mutilés lors des massacres de février, sont toujours dans des hôpitaux pour certains ou à la maison pour d'autres, abandonnés à eux mêmes, ne recevant aucune aide médicale de l'Etat et ne pouvant donc pas se soigner. Des cas de gangrènes et d'amputations ont même déjà été enregistrés chez quelques blessés de février…

Pendant que les médias d'Etat camerounais aux ordres du régime despotique chantent la prétendue magnanimité du dictateur sanguinaire, qui a accordé des remises de peines à quelques dizaines de prisonniers politiques, la liste des victimes de février ne cessent de s'allonger avec le décès de Nouka Jean Paulin.

Le Comité exige que justice soit rendue à toutes ces victimes de la dictature criminelle au Cameroun et cela passe bien sûr par la mise sur pied d'une Commission d'enquête internationale pour élucider le nombre exact des victimes de la répression de février, en déterminer les commanditaires et les exécutants afin qu'ils soient traduits devant les tribunaux.

Le Comité demande la prise en charge par l'Etat du Cameroun, de tous les blessés qui croupissent encore dans les hôpitaux sans soins adéquats, alors que des voleurs de la république se font traiter au Val de Grâce pour un rhume, sur le dos du contribuable camerounais.

Le Comité appelle à la libération immédiate de tous les prisonniers politiques de février qui restent en prison suite à la remise de peines sélectives qui n'a touché qu'un très petit nombre.

Nous attirons enfin l'attention des organisation internationales des droits humains sur le fait qu'en l'absence d'une justice équitable pour les familles des victimes de février conduira indubitablement du réflexe de vengeance et au développement de la justice populaire contre les bourreaux dont certains sont dores et déjà identifiés ;

 Justice pour toutes les victimes de février ! Paix à Nouka Paulin !

 

Fait, ce 16 juin 2006

Pour le Comité,

 

Tene Sop G.
Coordonnateur Général

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Article Paru dans Le Messager du 20 juin 2008:

http://www.lemessager.net/details_articles.php?code=40&code_art=23939

  Hôpital Laquintinie

   

  Nouka, le dernier « émeutier » est mort !

Le dernier des blessés par balles admis à l’hôpital la Laquintinie de Douala est décédé le 15 juin 2008. Plusieurs autres victimes en sont sorties avec des mutilations et certaines familles sont toujours sans nouvelle des leurs.

Dimanche 15 juin 2008, Jean Paulin Nouka, 25 ans, a finalement succombé de ses blessures après trois mois et demi (soit 120 jours) d’hospitalisation à l’hôpital Laquintinie de Douala (Hld). Il vient ainsi rallonger la liste des victimes de la répression militaire enregistrée lors du mouvement de revendications populaires de fin février dernier. La famille éplorée soutenue par l’Acat (l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) et le Comité international pour la libération de tous les prisonniers politiques et le Comité de soutien aux victimes de la répression politique au Cameroun, organisent ses obsèques pour demain samedi 21 juin à Mbanga. La levée de corps a lieu ce vendredi 20 juin à l’hôpital Laquintinie. Mais la famille et les associations des droits de l’homme craignent que le gouvernement refuse de leur remettre la dépouille de ce jeune piroguier abattu en plein bain. Comme lui, Tiwa Jacques, Pelo Alex Raoul, Tingia Ndima Loveth, Tantoh Emmanuel, Momo Elvis, Kameni Lionel (11ans), et bien d’autres n’ont pas survécu à la violence des balles assassines dont ils ont été criblées par les forces armées et de police.
Au moment où la famille éplorée s’apprête à inhumer leur fils, Nouka Jean Paulin, le directeur de L’hôpital Laquintinie, Gérémie Sollé affirme qu’il était la dernière des victimes de février internées encore dans cet établissement sanitaire de référence. Toutefois, des dizaines d’autres blessés graves de fin février sont aujourd’hui handicapés. D’autres traînent des gangrènes et des mutilations parce qu’ils ont dû quitter discrètement l’hôpital. Ils évitaient d’être (re)conduits à la prison centrale de Douala. Pourtant un dispositif de prise en charge gratuit des personnes démunies dénommé « Bon vert » avait été mis en place. «Le ministre de la Santé nous a demandé de geler cette forte ardoise et de ne retenir aucun blessé pour frais non payés, ce que nous avons fait. Toutefois, il se trouve que certaines familles ont été contraintes d’acheter les médicaments que nous ne détenions pas dans notre pharmacie. D’autres parents heureux de cette prise en charge qui a sauvé la vie à leurs enfants, sont revenus payer leurs factures », affirme Gérémie Sollé.

Mobilisation internationale
Nouka Jean Paulin résidait au quartier Ndog-Passi III, un bidonville de Douala avec sa mère et sa petite soeur. Dans la matinée du 27 février après une partie de pêche, il décide de prendre son bain au bord du fleuve Dibamba, avant de rejoindre le domicile familial lorsqu’il est mitraillé de balles qui transpercent sa cavité abdominale de gauche à droite. Les intestins de Nouka Jean Paulin sont à l’air et l’infortuné perd abondamment du sang. Des volontaires accourent aussitôt à son secours et le transportent à pied sur un brancard de fortune dans plusieurs centres de santé qui refusent de l'admettre, au vu de l’extrême gravité de son état. Nouka est conduit à l'hôpital Laquintinie, où il est admis d’urgence et placé sous soins intensifs. Car, depuis la 25 février, Douala est plongée dans une ville morte à l’instar de plusieurs villes du Cameroun où rien ne circule.

Il va subir deux opérations chirurgicales en vain. Avant la deuxième opération chirurgicale, l’Acat, le comite freedom for Joe & co et le comite de soutien aux victimes de la répression ont lancé le 24 mai un « appel à la solidarité internationale ». Il s’agissait de lui permettre de retrouver les forces (par la nutrition et la transfusion de sang). D’autant plus que son état famélique, anémique et dénutri, en plus du manque d’argent, ne lui permettait pas de subir cette intervention chirurgicale…

Par  Mathieu Nathanaël NJOG 
Le 20-06-2008


 

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