guerandi (1)

Affaire Guérandi: Déclaration du Conseil National pour la Résistance - Mouvement Umnyobiste (CNR-MUN)  

A-     Les faits :

Dans son édition 2801 du 14 au 20 septembre 2014, le Journal Jeune Afrique consacre quatre pages d’une enquête apparemment bien fouillée, au Cameroun, et intitulée «enquête sur une Affaire d’Etat». Dans cet article, le journaliste nous apprend sans hésitations, que notre compatriote et camarade, le Capitaine Guérandi Mbara Goulongo a été enlevé le 25 janvier 2013 à Sofia en Bulgarie, drogué et conduit vers le Cameroun avant d’être exécuté et inhumé à son arrivée.

Le Comité exécutif du Conseil National pour la Résistance - Mouvement Umnyobiste (CNR-MUN), entretient depuis de nombreuses années des relations individuelles et politiques avec le Capitaine Guérandi et les Nouvelles Forces Patriotiques (NFP) dont il est le Président-Fondateur. Le dernier contact avec le camarade Guérandi remonte effectivement à la première quinzaine de Janvier 2013. Depuis lors, le compatriote n’a pas donné de nouvelles, malgré toutes nos tentatives de le joindre aussi bien à Ouagadougou qu’en dehors.

La famille du camarade Guérandi n’a non plus reçu des nouvelles de lui depuis de nombreux mois et espérait impatiemment son retour, lorsque les médias ont commencé à faire circuler l’information sur son enlèvement et son assassinat.

B-      Notre analyse :

Visiblement, cette ‘affaire’ dépasse le simple cadre d’une rumeur comme on en lit quotidiennement dans la presse. Quelque chose de grave s’est sans doute passé si nous en jugeons par les détails et les personnes mises en cause dans l’article de Jeune Afrique et par nos recoupements faits à Ouagadougou, où le camarade Guérandi a sa base.

1. L’article de Jeune Afrique est signé de Georges Dougueli -  un journaliste sérieux, et qui n’a pas l’habitude de ‘raconter des histoires’, contrairement à certains de ses collègues de la rue d’Auteuil. Nous réfutons néanmoins fermement la réputation de playboy mégalomane que Jeune Afrique tente de coller au Capitaine Guérandi, et qui pourrait laisser croire à l’opinion que l’intéressé aurait été complaisant avec sa sécurité. Bien au contraire… Nous trouvons tout aussi invraisemblable que Guérandi se soit vanté auprès de Georges Starckmannn, d’avoir ‘2000 combattants stationnés au Cameroun’, car avec la création des Nouvelles Forces Politiques, un mouvement politique en exil, le Professeur Guérandi s’était depuis longtemps inscrit dans un processus politique pour une transition pacifique au Cameroun.

2. Le papier décrit dans les moindres détails, l’opération qui a conduit à cet enlèvement, citant clairement des noms de personnes connues,  ayant participé à cet acte odieux.

De nombreuses questions restent sans réponses dans cette affaire:

- Pourquoi le gouvernement Camerounais garde-t-il un silence assourdissant, alors qu’il est ouvertement accusé d’avoir fait enlever et exécuter l’opposant Guérandi ? Où est donc subitement passé Issa Bakary Tchiroma qui ne rate jamais l’occasion de sauter sur les micros pour dédouaner de régime ?

Quant au gouvernement  Français, pourquoi garde-t-il un silence suspect alors que c’est sur son sol que Georges Starckmann, le vendeur d’armes aurait tendu le traquenard qui a conduit à l’enlèvement et l’assassinat de Guérandi? Il est d’ailleurs très peu probable que cette ‘affaire’ ait été rondement menée sans la complicité active des services secrets Français. Tout ceci a un air du déjà-vu. On est déjà en plein dans une autre ‘affaire Ben Barka’ !

Pour l’honneur de la France, il est de son devoir qu’elle se prononce urgemment sur cette question décisive. Un silence équivoque confirmerait aux yeux des patriotes camerounais que la France a remis au gout du jour les méthodes scélérates et criminelles qui ont entrainé la mort du Docteur Félix Moumié, une autre figure du nationalisme camerounais, assassiné à Genève par les services secrets français. Il est difficile d’imaginer qu’il n’y a pas eu de complicités au plus haut niveau dans ce qui a tout l’air d’une machination patiemment ourdie pour attirer Guérandi dans un traquenard, l’entrainer hors de France, pour le livrer, pieds et poings liés, au despote de Yaoundé, déjà responsable de plusieurs assassinats, y compris celui de Jacques Tiwa en 2008.

 - Quel rôle a pu jouer le Président Blaise Compaoré, dont Guérandi était l’un des amis et collaborateurs, dans cette affaire ? Mystère et boule de neige !

 - Pourquoi la famille de Guérandi n’a-t-elle pas donné l’alarme dès lors que l’absence et le silence de son chef devenaient plus longs que les séjours trimestriels réguliers auxquels l’intéressé l’avait habituée ?

- Etc.

 C - Notre position:

1. Les détails de l’article de JA, corroborés par des nouvelles glanées auprès de sa famille, nous font penser que l’enlèvement et la disparition du camarade Guérandi Mbara est hélas une information vraie.  Ce kidnapping est un acte inadmissible qui va accentuer la division entre camerounais, au moment où les thuriféraires du régime dictatorial de Paul Biya appellent à l’union sacrée contre Boko Haram, dans le Nord.

2. Cet acte crapuleux témoigne à ceux qui en doutaient encore, de la nature foncièrement criminelle de la bande de truands qui a pris le Cameroun en otage depuis plusieurs décennies et qui prétendent le gouverner.

3.Nous exigeons du gouvernement liberticide de Paul Biya qu’il sorte de son mutisme suspect pour répondre des graves accusations sur d’enlèvement et d’assassinat d’un patriote Camerounais dont il est accusé.

4. Nous réclamons du gouvernement Français, l’arrestation de Georges Starckmann, l’homme par qui tout a commencé, et de clarifier son propre rôle dans la disparition du Docteur Guérandi.

5. Nous appelons tous les démocrates camerounais de l’intérieur et de l’extérieur, de même que tous les Amis du Cameroun, à se mobiliser pour exiger la lumière et situer les responsabilités sur la disparition inacceptable de notre compatriote Guérandi Mbara Goulongo.

 Vérité et Justice pour Guérandi, maintenant !!!!

La lutte continue, Unis et solidaires, Nous vaincrons !

Berlin, ce 15 Septembre 2014

Tene Sop

Secrétaire Général du

Conseil National pour la Résistance – Mouvement Umnyobiste (CNR – MUN)