Gold, Guns and Books: the Meyomesse Affair
Writer Enoh Meyomesse landed in Yaounde, Cameroon, after a trip to Singapore on November 22. As he deplaned, the national police detained him, searched his belongings, and accused him of stealing gold as part of a sophisticated coup d'état against President Paul Biya. A military officer interrogated him in the capital of Yaounde before transferring him to Bertoua, in the east, where he spent 30 days in total darkness in solitary confinement and was allegedly tortured.
The government claimed that Mr. Meyomesse had stolen gold from one of Cameroon's gold fields, used the gold to buy weapons, and planned to use the weapons to overthrow the government with co-conspirators. Except no gold was found in his possession and no weapons were found in his home. He is still in prison.
Cameroon has been ruled by President Paul Biya for 30 years and the country's grim human rights record under his rule is well documented [PDF]. Even by Cameroonian standards, however, the charges against Mr. Meyomesse are sensational. Cameroon is not known for its gold reserves like its neighbors. The U.S. State Department lists the country's top three exports as oil, timber, and cotton, and its most famous cultural export is soccer (Samuel Eto'o is rumored to be the highest paid player in the world, playing for an oil baron on the Caspian Sea). The charges of stealing gold took the public by surprise.
President Biya's decades-long rule has managed to isolate the country from the attention of the human rights community. Major NGOs such as Human Rights Watch and Amnesty International do not maintain permanent offices in Cameroon. The few reports that these organizations have created are quite damning, especially a Reporters Without Borders alert on prison conditions at Kondengui, the facility where Mr. Meyomesse is currently held. This isolation made it possible, even likely, that Mr. Meyomesse would simply disappear in Bertoua prison. The country has not outlawed executions but has imposed a moratorium against them; the last state execution appears to have been for a coup d'état, the very crime for which he is charged.

Enoh Meyomesse has published 15 books of poetry and prose and is a founding member of the Cameroon Writers Association. He has also engaged (unsuccessfully) in politics for decades, making him a target for retribution from the regime. In January 2011, he had his passport seized when trying to leave the country to report on the crisis in Cote d'Ivoire. In October 2011, he decided to run for office directly against President Biya in a national election, but the government claimed that he did not properly register and prohibited his candidacy. Biya went on to win a landslide election that U.S. Ambassador Robert Jackson stated was marred by "irregularities and shortcomings."
Unlike fellow writer Bertrand Teyou, who was imprisoned for writing about Biya's wife, it is unclear whether Mr. Meyomesse was targeted for his writing or his political activities, especially since he was arrested less than one month after announcing his candidacy to become president. And he is a risky candidate for human rights campaigners because of the guns he is alleged to have bought with the stolen loot. Patrice Nganang, a professor of cultural theory in the U.S. who has championed Mr. Meyomesse's cause, speculates that the government deliberately filed criminal charges because it had learned from the Teyou affair that libel charges invited international pressure, while criminal charges would dirty Mr. Meyomesse's name and make him unpalatable for advocacy.
Thankfully, human rights protect more than just free expression. Mr. Meyomesse is also entitled to a fair trial and cannot be tortured. The International Covenant on Civil and Political Rights and the Convention Against Torture clearly ban such behavior, and Cameroon has ratified the first instrument and acceded to the second. Mr. Meyomesse did not have access to a lawyer during his time in prison in the east, violating due process, and 30 days of total darkness in solitary confinement constitutes torture.
As far away as we may be, and as isolated as Cameroonian authorities would like us to believe the country may be -- with its multimillion dollar PR campaigns in Europe -- pressure from abroad has already made a difference. Internet Without Borders launched a campaign to help raise funds for Mr. Meyomesse to hire good local counsel. PEN International also released an advocacy alertdemanding that he receive a fair trial and condemning the torture. Both campaigns allow you to show your support with a few clicks.
Mr. Meyomesse has been transferred from Bertoua prison to Kondengui in the capital, and he has been moved to a better cell block within the prison. But the prison isn't safe by any means. Mr. Meyomesse now faces a six-month investigation by the government as it attempts to gather evidence, and this may be extended by a further six months by the judge of the military tribunal. He would no doubt hope that we can see through the government smokescreen, and that gold and guns can remain in storybooks and not the courtroom.
|
Le fiasco des barbouzes français à Homs
La
par Boris V.
|
 |
|
Mondialisation.ca, Le 16 janvier 2012
|
|
|
Le journaliste français Gilles Jacquier a été tué lors d’un reportage à Homs, le mercredi 11 janvier. Il était venu couvrir les événements en Syrie pour le magazine « Envoyé spécial. »
Persuadé qu’il n’y avait pas de groupes terroristes, mais une révolution réprimée dans le sang, il avait refusé la protection des services de sécurité et ne portait ni casque, ni gilet pare-balles. Avec des collègues qui partageaient ses convictions, ils avaient loué trois minibus et trouvé des fixeurs, c’est-à-dire des locaux capables de les aider à se repérer, à prendre des rendez-vous, et leur servant de traducteurs.
Tous ensemble avaient demandé à rencontrer des représentants alaouites avant de se rendre dans les quartiers insurgés de Bab Amr et Bab Sbah. Arrivés à l’hôtel As-Safir, ils avaient rencontré par hasard un capitaine qui leur proposa de les accompagner avec son détachement jusqu’au quartier alaouite de Najha où les attendait une assistante du gouverneur de Homs.
Avec son aide, les journalistes purent rencontrer des personnalités et interroger les passants. A 14h45, la représentante du gouverneur leur avait demandé de quitter les lieux au plus vite, le cessez-le-feu de facto prenant fin chaque jour à 15h précises.
Cependant, les journalistes de la radio télévision belge flamande (VRT) s’étant aventurés plus loin chez des particuliers jusque dans le quartier d’Akrama, le groupe fut lent à se mouvoir. Des membres de l’association des victimes du terrorisme qui avaient prévu de manifester devant un car affrété par le ministère de l’Information pour une quarantaine de journalistes anglo-saxons, mais qui ne les avaient pas trouvés, se sentirent utiles en scandant des slogans pour le président Bachar à la vue de quelques caméras.
A 15h, comme chaque jour, la bataille d’Homs reprit. Un projectile explosa sur la terrasse d’un immeuble, détruisant un réservoir de mazout. Un second projectile tomba sur une école, puis un troisième sur les manifestants pro-Assad, tuant deux d’entre eux. Les journalistes montèrent sur la terrasse pour filmer les dégâts. Il y eut une accalmie. Gilles Jacquier, pensa que les tirs étaient finis et descendit avec son cadreur pour aller filmer les cadavres des manifestants. Arrivé dans l’embrasure de la porte, il fut tué avec six militants pro-Assad par une quatrième explosion qui le projeta sur sa fixeuse qui le suivait. La jeune femme fut blessée aux jambes.
Dans la confusion générale, le mort et la blessée furent évacués dans des voitures vers des hôpitaux. Ce seul incident fit 9 morts au total et 25 blessés. La bataille de Homs se poursuivi avec de nombreux autres incidents durant la soirée et la nuit.
Au premier abord, tout est clair : Gilles Jacquier est mort par hasard. Il se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment. Surtout ses convictions sur la nature des événements en Syrie lui faisaient croire qu’il ne devait craindre que les forces gouvernementales et qu’il ne courrait aucun risque en dehors de manifestations anti-régime. Il avait donc refusé une escorte, il n’avait pas pris de casque et de gilet pare-balles, et il n’a pas respecté l’heure fatidique de fin du cessez-le-feu. En définitive, il n’a pas su évaluer la situation car il a été victime de l’écart entre la propagande de ses collègues et la réalité qu’il niait.
Dans ces conditions, on ne comprend pas très bien pourquoi, après une première réaction courtoise, la France, qui avait légitimement exigé une enquête sur les circonstances de la mort de son ressortissant, a subitement insinué que Gilles Jacquier avait été assassiné par les Syriens et a refusé que l’autopsie ait lieu sur place en présence de ses experts. Ces accusations ont été publiquement explicitées par un des journalistes qui accompagnait Jacquier, Jacques Duplessy.
Pour la presse française, les faits ne sont pas si évidents qu’il y paraît : un doute persiste sur l’identification des projectiles mortels. Selon la plupart des reporters, il s’agissait de tirs de mortiers. L’armée syrienne confirme que cette arme est quotidiennement utilisée par les terroristes à Homs. Mais selon certains témoins, c’était des roquettes tirées depuis un lance-roquette portatif, et la télévision privée syrienne Ad-Dounia a montré des ailettes de roquette. Des forums se passionnent sur ce sujet, non sans arrières-pensées. En France, les anti-Assad croient au mortier et accusent l’armée syrienne d’avoir tiré. Tandis que les pro-Assad croient à la roquette et accusent les terroristes. En définitive, ce détail ne prouve rien : certes l’armée syrienne utilise des mortiers, mais pas de ce calibre, et les groupes armés utilisent des lance-roquette, mais rien n’empêche chaque camp de varier son armement.
Au demeurant, s’il s’agit de tirs de mortier, les deux premiers ont permis d’ajuster le tir du troisième et du quatrième pour frapper les manifestants qui étaient leur cible. Mais s’il s’agit de tirs de roquette, il était possible de viser beaucoup précisément et de tuer une personne en particulier. La thèse de l’assassinat devient possible.
L’étude des images et des vidéos montre que les corps des victimes ne sont pas ensanglantés et criblés d’éclats, comme lors de l’explosion d’un obus qui se fragmente. Au contraire, ils sont intacts, le sang coulant selon les cas par le nez ou les oreilles, comme lors de l’explosion d’une roquette thermobarique dont le souffle comprime les organes provoquant des hémorragies internes. De même, les points d’impact sur le trottoir ne portent aucune trace de fragmentation.
Notez que certains témoins parlent, eux de grenades, ce qui ne fait guère avancer notre compréhension puisqu’il existe des grenades à souffle et des grenades à fragmentation. En définitive, seule l’hypothèse de l’arme de souffle (RPG ou grenade) est compatible avec les éléments médicaux-légaux visibles sur les photos et vidéos. Accourus sur les lieux, des enquêteurs syriens et des observateurs de la Ligue arabe ont retrouvé deux queues de mortier de 82mm et une queue de roquette de fabrication israélienne.
Par conséquent, les autorités françaises ont raison d’étudier la possibilité de l’assassinat même s’il s’agit pour elles de se saisir d’un drame pour l’instrumenter et justifier leur ambition de guerre contre la Syrie. Pourtant les diplomates français, s’ils ont pour consigne de chercher la vérité, ont manifestement aussi pour consigne de s’assurer que les Syriens ne la découvrent pas. Ainsi, ils ont empêché toute personne francophone d’approcher la photographe Caroline Poiron, compagne du journaliste Gilles Jacquier, qui veillait sa dépouille toute la nuit. La jeune femme, en état de choc, ne maîtrisait plus son comportement et aurait pu trop parler. Puis, ils ont interdit l’autopsie sur place et ont rapatrié le corps au plus vite. Quelle est donc l’hypothèse que la France veut vérifier pour elle-même, mais cacher au grand public ?
Ici commence notre plongée dans le monde des services spéciaux occidentaux qui conduisent en Syrie une « guerre de basse intensité », comparable à celles organisées dans les années 80 en Amérique centrale ou plus récemment en Libye pour préparer et justifier l’intervention de l’OTAN.
Gilles Jacquier était un reporter apprécié de ses confrères, et récompensé par sa profession (Prix Albert Londres, Prix des correspondants de guerre etc.). Mais il n’était pas que cela.…
Dans une lettre à en-tête de France-Télévisions, datée du 1er décembre 2011, les rédactrices en chef du magazine « Envoyé spécial » –l’émission politique la plus regardée du pays– avaient sollicité un visa du ministère syrien de l’Information. Prétendant vouloir vérifier la version syrienne des événements selon laquelle « les soldats de l’armée syrienne sont victimes d’embuscades et de groupes armés qui sévissent dans le pays », elles demandèrent que Jacquier puisse suivre le quotidien des soldats de la 4e division blindée commandée par le général Maher el-Assad (frère du président) et de la 18e division blindée, commandée par le général Wajih Mahmud. Les autorités syrienne furent surprises par l’arrogance des Français : d’une main, ils encadrent les groupes armés qui attaquent les troupes loyalistes, de l’autre ils entendaient infiltrer un agent de renseignement militaire dans leurs troupes pour informer les groupes armés de leurs déplacements. Il ne fut pas donné suite à cette demande.
Aussi, Gilles Jacquier tenta t-il une autre voie. Il sollicita l’entremise d’une religieuse grecque-catholique au franc-parler, estimée et parfois redoutée par le pouvoir, Mère Agnès-Mariam de la Croix, higoumène du monastère Saint-Jacques de l’Intercis. Elle avait organisé le premier voyage de presse ouvert aux journalistes occidentaux depuis le début des événements afin de montrer le soutien patriotique des Syriens chrétiens à l’administration Assad, et leur crainte de voir les Occidentaux placer au pouvoir des fanatiques takfiristes. La célèbre religieuse, qui dispose d’une double nationalité, espéra que la presse française agirait professionnellement et favoriserait la réconciliation nationale. Elle fit donc le siège du ministère de l’Information jusqu’à obtention d’un visa pour Jacquier et son cadreur.
Les choses s’accélérèrent le 20 décembre, d’autres médias prièrent Mère Agnès-Mariam de leur obtenir la même faveur. Gilles Jacquier, quant à lui, sollicita un autre visa pour sa compagne, la photographe Caroline Poiron, et pour la reporter Flore Olive, représentant toutes deux Paris-Match. Ce devait être au total un groupe de 15 journalistes français, belges, néerlandais et suisses. Selon toute vraisemblance, les Français et le Néerlandais étaient pour la plupart, voire tous, des agents de la DGSE. Le temps pressait pour leur mission.
Ici un petit retour en arrière est indispensable.
Pour affaiblir la Syrie, les groupes armés par l’OTAN entreprennent diverses actions de sabotage. Bien que le centre historique de la rébellion des Frères musulmans soit Hama, et que seuls deux quartiers de Homs les soutiennent, l’OTAN à choisi cette ville pour concentrer ses actions secrètes. En effet, elle est au centre du pays et constitue le principal nœud de communication et d’approvisionnement. Successivement, des « révolutionnaires » ont coupé le pipe-line, puis les ingénieurs canadiens qui dirigeaient la centrale électrique ont été rapatriés à la demande des Etats-Unis. Enfin, cinq ingénieurs iraniens chargé de faire re-fonctionner la centrale ont été enlevés, le 20 décembre 2011.
Des médias ont reçu une revendication d’une mystérieuse brigade contre l’expansion chiite en Syrie. Puis, l’ambassade a confirmé avoir débuté une négociation avec les preneurs d’otages. Restaient à ceux-ci à transmettre une « preuve de vie », par exemple une photographie datable des otages en bonne santé.
Contre toute attente, celle-ci ne fut pas envoyée directement à la République islamique, mais publiée par Paris-Match (édition du 5 janvier). Un photographe du magazine, disait-on, avait pu entrer secrètement en Syrie et réaliser ce cliché. Peut-être les lecteurs français se sont demandés si ce reporter était bien humain pour prendre des photos d’otages sans leur venir en aide. Peu importe, le message était clair : les ingénieurs sont en vie et les preneurs d’otages sont contrôlés par les services français. Aucune réaction officielle, ni d’un côté, ni de l’autre. C’est donc que les négociations se poursuivent.
Arrivés à Damas, les médias français et néerlandais furent logés par les autorités dans des hôtels différents, mais Jacquier les regroupa immédiatement au Fardos Tower Hotel. Le manager de cet établissement n’est autre que Roula Rikbi, la soeur de Bassma Kodmani, porte-parole du Conseil national basé à Paris. L’hôtel sert de cache aux services secrets français.
En résumé, un agent de renseignement militaire, ayant pour compagne une photographe dont une collègue a pu entrer en contact avec les otages, a formé un groupe de « journalistes » ayant une mission liée à ces otages, probablement leur remise par des Français à des Iraniens. Ils se sont rendus à Homs après s’être débarrassés des services de sécurité, mais le chef de mission a été tué avant de pouvoir établir le contact prévu.
On comprend que, dans ces conditions, l’ambassadeur de France soit devenu nerveux. Il était en droit d’envisager que Gilles Jacquier ait été assassiné par des membres des groupes armés, inquiets de la dislocation de l’alliance militaire France-Turquie, et jusqu’au-boutistes d’une guerre de l’OTAN. Hostiles à la négociation en cours, ils auraient fait capoter sa conclusion.
L’ambassadeur de France, qui n’avait pas le temps de reconstituer les événements, s’appliqua donc à empêcher les Syriens de le faire. Contrairement aux normes internationales, il refusa que l’autopsie soit réalisée sur place en présence d’experts français. Les Syriens acceptèrent de déroger à la règle à la condition de réaliser une radiographie. En réalité, ils en profitèrent pour photographier le cadavre sous tous les angles. Selon nos informations, le corps porte la trace d’éclats à la poitrine et de coupures sur le front.
Puis, l’ambassadeur prit dans ses voitures blindées les « journalistes » français et le néerlandais, et la dépouille du défunt. Il partit avec eux accompagné d’une lourde escorte, laissant sur le carreau la Mère supérieure stupéfaite et un journaliste de l’Agence France Presse : le diplomate pressé avait récupéré ses agents et abandonné les civils. Le convoi passa récupérer les effets personnels de chacun à l’hôtel As-Safir de Homs, puis rejoignit l’ambassade à Damas. Le plus vite possible, il arriva à l’aéroport d’où un avion spécial affrété par le ministère français de la Défense évacua les agents vers l’aéroport de Paris-Le Bourget.
Les barbouzes ne feignaient plus de réaliser des reportages en Syrie, ils oubliaient avoir obtenu un allongement de leur visa, ils fuyaient juste avant que les Syriens ne découvrent le pot aux roses de cette opération ratée.
Arrivé à Paris, le corps fut immédiatement transféré à l’institut médico-légal et autopsié avant l’arrivée d’experts mandatés par la Syrie. En violant les procédures pénales, le gouvernement français a invalidé le rapport d’autopsie, qui sera tôt ou tard rejeté par la Justice, et a définitivement écarté la possibilité d’établir la vérité.
Afin d’empêcher les journalistes français (les vrais) de mettre leur nez dans cette affaire, les journalistes (les faux) qui accompagnaient Jacquier ont, une fois revenus en France, multiplié les déclarations contradictoires, mentant de manière éhontée pour créer de la confusion et noyer le poisson. Ainsi, bien que 8 manifestants pro-Assad aient été tués, Jacques Duplessis dénonce « un guet-apens tendu par les autorités syriennes » pour l’éliminer avec ses confrères. Vérification faite, M. Duplessy a longuement travaillé pour une ONG réputée avoir servie de paravent …à la DGSE.
Pour les Iraniens et les Syriens, la mort de Jacquier est une catastrophe. En laissant circuler le groupe d’espions français et en le surveillant discrètement, ils espéraient bien remonter aux ravisseurs et, à la fois, libérer les otages et arrêter les criminels.
Depuis un an, les services secrets militaires français sont placés au service de l’impérialisme états-unien. Ils ont organisé un début de guerre civile en Côte d’Ivoire. Par la suite, ils ont manipulé le séparatisme de la Cyrénaïque pour faire croire à une révolution anti-Kadhafi et s’emparer de la Libye. Maintenant, ils encadrent des repris de justice recrutés par le Qatar et l’Arabie saoudite pour semer la terreur, accuser le gouvernement syrien et menacer de venir le changer.
Il n’est pas sûr que le peuple français apprécierait de savoir que Nicolas Sarkozy a rabaissé son pays au niveau d’un vulgaire preneur d’otages. Et il ne faudra pas s’étonner si un Etat qui pratique le terrorisme chez les autres doive un jour le confronter sur son sol.
Lu sur http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=V.20120116&articleId=28683
Lire aussi:
«,La Syrie est une tête de pont pour une agression contre l’Iran », par Joëlle Pénochet et Chérif Abdedaïm
Par Boris V. - 16 janvier 2012 Article publié par l’équipe de télévision russe dans Komsomolkaya Pravda
|
Articles de Boris V. publiés par Mondialisation.ca |
http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/projets/pl3194.pdf
26 décembre 2011
Jean Ziegler : “De grands criminels sont au pouvoir au Cameroun”
Dans un entretien qu’il a accordé au quotidien suisse, Zürichsee-Zeitung, daté du lundi 19 décembre 2011, l’éminent sociologue, politologue et homme politique suisse, Jean Ziegler, parle de la situation politique en Côte d’Ivoire. L’actuel vice-président du Conseil de la Commission des droits de l’homme à l’Onu évoque les vraies raisons de la déportation du Président Laurent Gbagbo à la Cpi et soutient qu’il «sera déclaré non coupable» pour rentrer dans son pays et reprendre sa place au milieu des siens.
Zs-Zeitung : Vous dites que les Occidentaux sont méchants et jouent les gentils seulement dans les pays en voie de développement ?
Jean Ziegler : Pas du tout. Il existe des criminels de grands chemins qui tiennent le pouvoir dans les pays africains. Prenons le cas du Cameroun, un pays vachement riche et dans ce pays, les gens meurent de faim. La corruption, le népotisme et la dictature ont causé la misère dans ce pays.
Les gens ne mangent pas à leur faim. La responsabilité première de cette misère incombe aux grandes multinationales qui exploitent les ressources de ces pays et qui sont servies par de grands criminels au pouvoir.
Zs- Zeitung : Vous êtes ami à un d’entre eux : Laurent Gbagbo, le Président déchu de la Côte d’Ivoire, qui a été livré à La Haye, à la Cour pénale internationale (Cpi). On l’accuse de crimes contre l’humanité?
Jean Ziegler : Je suis à 100% d’accord avec le Président Laurent Gbagbo…
“Gbagbo retournera dans son pays et sera réélu”
Zs-Zeitung : Comment s’il vous plaît ?
Jean Ziegler : Je mettrai ma main au feu pour lui. Son arrestation est un complot du Président français, Nicolas Sarkozy, d’une stratégie organisée des Etats-Unis et de la France. Laurent Gbagbo a été démocratiquement élu en 2000 après avoir passé des années en exil, entre autre aussi à Genève.
Il est l’unique dirigeant ivoirien à avoir conduit des réformes gouvernementales et avoir voulu mener une politique d’Assurance maladie dans son pays. Ces réformes ont été bloquées par les grandes multinationales pharmaceutiques. Les services secrets français ont ficelé en 2002, un coup d’Etat contre Gbagbo et depuis ce temps, le pays est divisé, une partie chrétienne au sud et l’autre, musulmane, au nord. Son successeur, Alassane Ouattara est lié aux services secrets français.
Zs-Zeitung : Quels intérêts a l’Occident à installer une marionnette au pouvoir?
Jean-Ziegler : La Côte d’Ivoire est le plus grand producteur de cacao au monde. Le pays dispose d’énormes réserves de pétrole. Gbagbo luttait pour un Etat souverain et nationaliste.
Zs-Zeitung: Pourriez-vous témoigner pour lui à la Cour?
Jean-Ziegler : Bien sûr, je comparaitrai en qualité de témoin pour la défense. Je suis convaincu qu’il sera déclaré non coupable dans le cadre de l’accusation. Le Tribunal ne le chargera pas du tout. Ce sont les soldats français qui l’ont bombardé avec des hélicoptères, l’ont pris en captivité et enfin l’ont livré à La Haye. Laurent Gbagbo retournera dans son pays et sera réélu.
Source : Journal suisse, Zürichsee-Zeitung, du lundi 19 décembre 2011
www.zurichsee-zeitung.ch
Le temps, l’autre nom de Dieu
C’est le Président Laurent Gbagbo qui aimait à le dire, «le temps est l’autre nom de Dieu». Cette déclaration pleine de sagesse et de philosophie restitue toute l’étendue de l’action divine dans le temps. Mais surtout le lien insécable existant entre l’Eternel des armées, Allah, Yahwé et le temps. C’est avec le temps que Dieu travaille, c’est dans le temps que ses agissements s’apprécient et s’accomplissent.
C’est aussi dans le temps que «la vérité finit par rattraper le mensonge». Pour ce qui est de notre pays, la Côte d’Ivoire, c’est avec le temps que l’on saura ce qui s’est véritablement passé au second tour de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. C’est avec le temps que la question fondamentale et lancinante, «qui de Gbagbo et Ouattara a remporté le scrutin présidentiel?», trouvera, sans passion, une réponse qui reflète la vérité.
C’est également avec le temps qu’on saura si Laurent Gbagbo mérite d’être emprisonné pour plusieurs années à la Cpi où la France et les Etats-Unis, avec la collaboration du nouveau pouvoir ivoirien, l’ont déporté depuis le 29 novembre 2011. C’est avec le temps qu’on saura qui de Gbagbo, Ouattara et Soro a commandité des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité en Côte d’Ivoire contre les populations civiles. Mais le temps est déjà en train de faire son œuvre. Les langues se délient Outre-Atlantique, les yeux s’ouvrent en Côte d’Ivoire. Le boycott des législatives du 11 décembre dernier par la large majorité des Ivoiriens peut être perçu comme l’action du temps donc de Dieu, d’Allah.
Source: Didier Depry didierdepri@yahoo.fr - notrevoie

Photo: au premier plan, Chris Matlheko, le Coordonnateur du Réseau de la Gauche africaine (ALNEF)
Communiqué de presse: Gbagbo à la Haye, Soro et Ouattara doivent suivre !
Deux jours seulement après la clôture du 3e Forum du Réseau de la Gauche Africaine (ALNEF), tenu à Bamako du 25 au 27 novembre, nous apprenions que le président Laurent Gbagbo, renversé le 11 avril 2011 par les forces d’occupation françaises en Côte d’Ivoire, est déporté à la Haye pour dit-on, « y répondre des accusations de crimes contre l’humanité» portées par le procureur de la CPI, le très controversé Luis Moreno-Ocampo. Nous avons souvenance que dès l’éclatement de la crise électorale en décembre 2010 en Côte d’Ivoire, le procureur de la CPI avait déjà condamné Gbagbo en déclarant notamment que ce dernier sera «tenu pour responsable de toutes les violations des droits de l’Homme au cours de la crise». En condamnant Mr Gbagbo alors que les supposés crimes dont il est accusé n’avaient pas encore eu lieu, Mr Ocampo laissait clairement apparaître un parti-pris dans la crise en Côte d’Ivoire, en violation flagrante de l’esprit de neutralité qui devrait caractériser une institution comme la CPI.
La CPI n’a commencé ses enquêtes sur d’éventuelles violations des droits humains pendant la crise post-électorale en Côte d’Ivoire qu’au cours du mois d’octobre 2011 et ces enquêtes se poursuivent encore en ce moment. La célérité et la précipitation dans lesquelles le transfèrement de Laurent Gbagbo s’est fait, sont extrêmement préoccupantes et font craindre une instrumentalisation de la justice internationale à des fins politiques.
Les rapports des organisations de défense des droits humains accusent aussi bien les forces fidèles à Monsieur Gbagbo que celles de Messieurs Soro et Ouattara, d’avoir « commis des massacres contre les populations civiles » au cours de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire. Mr Gbagbo a été transféré à la Haye pour répondre d’éventuels crimes qu’auraient commis des forces à lui restées fidèles. Quid de Messieurs Alassane Ouattara et Guillaume Soro, dont les forces sont également accusées chaque jour de commettre des atrocités les plus inimaginables sur les populations civiles et les opposants? Pourquoi cette impunité dont jouissent le duo Soro-Ouattara et leurs forces?
Il est également opportun de rappeler qu’en novembre 2004, sur ordre de l’ancien Président Français Jacques Chirac, 64 citoyens ivoiriens avaient été massacrés par l’armée française devant l’Hôtel Ivoire à Abidjan. En Avril 2011, le Chef de l’Etat Français, Nicolas Sarkozy a ordonné les bombardements de l’armée française sur le palais présidentiel ivoirien et les camps militaires à Abidjan, faisant de nombreux morts dont le chiffre exact n’est pas encore connu. La mission des Nations Unies en Côte d’Ivoire et les organisations de défense des droits humains ont accusé les forces républicaines de Messieurs Soro et Ouattara d’avoir massacré froidement plus de 800 personnes, après leur entrée à Duékoué le 30 mars 2010. Le journal français « Le Canard Enchaîné» du 06 avril 2011 accuse d’ailleurs les autorités françaises d’avoir appuyé logistiquement les forces de Mr Ouattara qui ont commis des massacres à Duékoué, en leur « fournissant des munitions et des fusils d’assauts de type FAMA».
Pourquoi le procureur de la CPI ferme-t-il les yeux sur ces crimes de Chirac, Sarkozy et des forces françaises en Côte d’Ivoire ? La CPI n’est-elle compétente que pour les africains?
L’ALNEF s’étonne donc de ce que seul Monsieur Gbagbo ait été déféré à la CPI alors qu’aucun officiel français ni aucun membre du régime Ouattara n’aient jusqu'à présent été inquiétés.
En tout état de cause, le transfèrement quasi-clandestin de Gbagbo à La Haye ne va pas contribuer à apaiser une situation nationale toujours très tendue en Côte d’Ivoire et caractérisée par :
-la tenue d’élections législatives dans des conditions frauduleuses avec une Commission Electorale totalement aux ordres du gouvernement et l’exclusion de l’opposition politique;
-la misère endémique dans laquelle est plongé le peuple de Côte d’Ivoire alors que l’impérialisme français, à travers ses multinationales, pille ouvertement les richesses du pays sous le prétexte de la «reconstruction»;
-la détention arbitraire de centaines de prisonniers politiques, militants du FPI ou d’anciens collaborateurs et des membres de la famille de Monsieur Gbagbo;
-les exactions sommaires perpétrées par les FRCI de Monsieur Ouattara contre les militants de l’opposition et les partisans présumés de Monsieur Gbagbo;
-les violations flagrantes des libertés de manifestations avec l’interdiction de fait des meetings de l’opposition et des agressions ouvertes contre les militants de l’opposition;
-les entraves à la liberté de la presse avec des menaces de mort et des emprisonnements de journalistes de la presse de l’opposition;
Considérant ce qui précède:
L’ALNEF condamne fermement le transfèrement de Mr Gbagbo á la Haye et craint qu’une justice sélective et orientée de la part de la CPI, ne discrédite à jamais cette institution, dont la création avait pourtant été saluée par les Organisations de défense des droits Humains;.
L’ALNEF redoute que le transfèrement de Gbagbo et la chasse à l’Homme dont sont victimes ses partisans en Côte d’Ivoire, ne ravive les tensions et entraine la reprise de la guerre civile dans le pays;
L’ALNEF appelle au report des élections législatives jusqu’à ce qu’un climat apaisé soit crée et une Commission electorale véritablement indépendante soit mise sur pied pour garantir un scrutin juste et équitable;
L’ALNEF appelle l’Union Africaine et les gouvernements africains à se retirer du traité de Rome, dont la preuve est aujourd’hui faite, qu’il s’agit d’un machin créé uniquement pour servir les intérêts politiques des puissances impérialistes et non la protection des droits humains;
L’ALNEF appelle le régime Soro-Ouattara, à cesser toutes les exactions contre les opposants et les journalistes et à garantir l’exercice de toutes les libertés démocratiques, acquises de haute lutte par le peuple de Côte d’Ivoire;
Enfin, L’ALNEF apporte son soutien aux masses laborieuses et aux forces progressistes de Côte d’Ivoire dans leurs luttes pour la défense des libertés, de la démocratie et de l’Etat de droit.
La lutte continue !
Fait à Johannesburg le 06 décembre 2011
Chris Matlhako
Coordonnateur du Réseau de la Gauche Africaine (ALNEF)
South African Communist Party (SACP)
http://www.humanite.fr/monde/un-forum-de-la-gauche-africaine-485312
Monde -
le 6 Décembre 2011
Un forum de la gauche africaine à Bamako
Bamako, correspondance. Une cinquantaine de partis politiques socialistes, communistes et révolutionnaires de tout le continent se sont retrouvés à Bamako.
Les 25, 26 et 27 novembre 2011 s'est tenue à Bamako, au Mali, la troisième conférence de l'ALNEF (Forum du réseau de la gauche africaine). Accueillie par le parti SADI, seul parti de l’opposition parlementaire de ce pays d’Afrique de l'Ouest, cette édition avait pour objectif de renforcer la structuration du réseau et de débattre des stratégies pour conquérir le pouvoir, lutter contre l'ingérence étrangère et favoriser l'intégration africaine.
Rassemblant une cinquantaine de partis politiques socialistes, communistes et révolutionnaires, de tout le continent (Afrique du sud, Soudan, Érythrée, Guinée, Sénégal, Bénin, Cameroun, Kenya, Tunisie, Rwanda, Burundi, Burkina Faso, etc.), le réseau est une première. Il fait écho à celui créé en 1990 en Amérique latine pour organiser la résistance à l'offensive néolibérale. Ce continent fait d'ailleurs référence pour les participants qui insistent sur l'espoir qu'il a suscité en Afrique et les enseignements qu'il donne aux acteurs de la transformation sociale.
Mais alors que la gauche, au pouvoir dans un pays sur deux en Amérique du sud, a permis de reconquérir une souveraineté étatique et de répondre en partie aux préoccupations des classes populaires, celle qui se bat en Afrique est toujours dans l'opposition, à l'exception du Parti communiste sud-africain (SACP), membre avec l'ANC et la COSATU, de la coalition au pouvoir.
Quelles stratégies, quelles actions concrètes peuvent mettre en œuvre des formations politiques aux moyens souvent très limités, dans des démocraties utilisées par les plus puissants, civils ou militaires, pour se perpétuer au pouvoir par la fraude, la répression, les réformes constitutionnelles ?
Aux vues des risques de basculement dans le chaos de nombreux pays à l'occasion d'élections redoutées, les participants ont exigé des régimes en place l'organisation de processus électoraux transparents garantissant l'expression libre des citoyens. Placée devant ses responsabilités, l'Union africaine doit aussi y veiller.
Dans le contexte d'un regain des interventions militaires étrangères sur le continent, lutter contre l'impérialisme qui attaque à visage découvert, constitue la résolution de force du forum. L'ingérence étrangère doit être combattue par l'intégration du continent en s'inspirant des révolutionnaires africains qui se sont battus pour l'indépendance, comme Nkwamé Nkrumah, Patrice Lumumba, Modibo Keita, Sékou Touré, Felix Moumié, etc.
« Les pays du Nord, puissances capitalistes et oligarchies financières qui dominent et exploitent sans état d'âme le monde, sont déstabilisés par une redoutable crise financière, une crise des dettes, conséquences de l'échec de l'idéologie néolibérale et du capital infernal", selon le président du SADI, Cheikh Oumar Cissokho. Après la Côte d’Ivoire, l'offensive de l'OTAN en Libye, emmenée par Nicolas Sarkozy, a provoqué « une tragédie humaine en terre africaine cautionnée par les Nations unies au nom de la protection humanitaire, et dirigée par les idéologues du monde capitaliste », poursuit-il. Le ressentiment au Mali dont de nombreux ressortissants étaient installés en Libye, et où le régime de Kadhafi a investi dans l'immobilier et l'agriculture, est fort. La France assurerait en partie sa sortie de crise par un retour en Afrique de ses entreprises et de sa présence militaire. La probabilité d'une dévaluation du Franc CFA au premier janvier confirmerait cette stratégie dont tous les participants au forum sont profondément convaincus.
Les révolutions en Tunisie et en Egypte, après avoir redonné confiance aux militants africains dans leur lutte contre des régimes claniques, corrompus, à caractère souvent mafieux, soulèvent également de vives inquiétudes à l'heure où les forces de la contre-révolution incarnées par les islamo-conservateurs et les militaires pourraient sonnés le glas des espoirs populaires.
Dans cette période d'accélération des crises et d'un repositionnement des forces du capital en Afrique, l'échange, la formation, la solidarité et la coopération sont impératifs entre les partis dans les pays concernés, et en lien avec les diasporas en Europe, notamment. Le travail du Parti communiste français en ce sens a abouti à des résultats concrets comme la demande d'enquête déposée à l'Assemblée nationale sur la coopération policière et militaire de la France avec le régime de Paul Biya au Cameroun.
Les préoccupations africaines et européennes sont communes. La dette ne peut justifier le démantèlement des systèmes économiques et sociaux au détriment des populations. Le désastre humain des plans d'ajustement structurel dénoncés par Aminata Traoré, que le pouvoir malien se réclamant pourtant de gauche, a mis en œuvre, précise-t-elle, interpelle l'Europe plongée dans l'austérité.
Enfin, le travail en direction des classes populaires avec les jeunes, les femmes et les mouvements sociaux constitue un axe fort des résolutions. Le changement passe par les peuples qui se révoltent au nom de la dignité, de la justice sociale et de la démocratie. La gauche et les partis parviennent difficilement à saisir les opportunités historiques que ces crises ouvrent. « Le sectarisme, la division, l'opportunisme privent le peuple de savourer sa victoire », affirme Mohamed Jmour, du PTPD de Tunisie. La construction de l'unité à gauche et sa viabilité dépendent de cette relation au corps social.
Les participants ont pris l’engagement de se retrouver en Tunisie en 2012 pour une nouvelle étape dans le renforcement du réseau. L'ambition de créer les conditions de réelles alternances, après deux décennies de dérives d'une démocratie au service d'intérêts particuliers et étrangers, devra d'ici-là déboucher sur des actions concrètes pour des processus électoraux crédibles, et une solidarité réelle entre les partis.
Chrystel Le Moing
Le 3e Forum du Réseau de la gauche africaine (ALNEF) s'est réuni du 25 au 27 novembre 2011 à Bamako au Mali et a rassemblé les délégués de partis et Mouvements politiques de Gauche venus d'Afrique, d'Europe et d'Amérique. Plus de 20 pays africains étaient représentés: Cameroun, Mali, Bénin, Burkina Faso, Niger, Ghana, Erythrée, le Kenya, l'Afrique du Sud,le Soudan, Sénégal, Guinée, Rwanda, Burundi, Tunisie, etc. L'Europe etait représentée par la France, la Suède et l'Allemagne alors que le Venezuéla, le Brésil et les USA représentaient le continent américain.

Parmis les temps forts de cette rencontre, figure la décision de tous les participants d'appuyer la candidature du Dr Oumar Mariko,Secrétaire Général du Parti SADI (opposition malienne) à l'élection présidentielle du 29 avril 2012 au Mali. Ce soutien est justifié par le combat du Dr Oumar Mariko contre l'impérialisme international et sa lutte pour la justice sociale au Mali.
En voici quelques unes des résolutions prises par le 3e Forum de la Gauche africaine à Bamako:

Motion de soutien du Forum du Réseau de la Gauche africaine à la Candidature du camarade Oumar Mariko, candidat de SADI à l’élection présidentielle de 2012 au Mali.
Afin de mettre en œuvre de façon concrète les idéaux de renforcement de la solidarité entre les partis et mouvements de la Gauche africaine pour lesquelles l’ALNEF a été créée, les organisations et mouvements de la Gauche Africaine, réunis à Bamako du 25 au 27 novembre:
Décident unanimement d’apporter leur soutien sans ambiguïté, au camarade Oumar Mariko, candidat de SADI à l’élection présidentielle de 2012, afin de soutenir son combat anti-impérialiste, son positionnement aux côtés des couches exploitées et défavorisées du Mali et pour ses idées affirmées pour la justice sociale;
S’engagent à traduire ce soutien par diverses actions politiques concrètes sur le terrain afin d’appuyer la campagne électorale du camarade Oumar Mariko;
En appellent à la vigilance du peuple malien afin qu’il choisisse le candidat qui défend ses intérêts et ceux de l’Afrique, à savoir le Dr Oumar Mariko.
Condamnent l’exclusion de notre allié, le parti SADI, de la Commission Electorale Indépendante et appellent à un rééquilibrage de celle ci, afin de garantir sa représentativité politique et son impartialité ;
Dénoncent les manœuvres des forces impérialistes et lobbies réactionnaires au service de la grande finance internationale qui essaient a travers leurs journaux, de présenter certains candidats au service des intérêts impérialistes comme «les grands favoris » à cette élection;
Fait à Bamako, le 27 novembre 2011
Le 3e Forum de la Gauche Africaine (ALNEF)
..........................................................................................................................................................................................
Résolution sur les élections de 2011-2012 en Afrique
Les 25, 26 et 27 Novembre 2011 s’est tenue à Bamako (Mali) la 3ème rencontre du Forum du Réseau de la Gauche Africaine. Les 23 partis et mouvements de gauche membres du Réseau de la Gauche Africaine (ALNEF) ainsi que des observateurs, venus de l’Afrique de l’Est, de l’Ouest, du Nord, du Sud et du Centre, de la Suède, de la France, du Brésil, du Venezuela et des Etats-Unis d’Amérique y ont pris part.
La troisième rencontre de l’ALNEF, après une analyse profonde des enjeux et des risques entourant le contexte électoral plusieurs pays africains dont le Mali, le Kenya, le Maroc, le Sénégal, la Guinée, la Côte d’Ivoire, la République Démocratique du Congo (RDC), l’Egypte, etc.;
-Considérant que certains régimes réactionnaires d’Afrique ne voient la perpétuation de leurs règnes qu’à travers hold-up électoraux, coups d’Etat militaires et révisions constitutionnelles afin de s’éterniser au pouvoir et/ou asseoir une succession de type monarchique à la tête de l’Etat;
-Considérant que ces régimes réactionnaires ne reculent ni devant l’ethnicisme, ni le tribalisme, ni même devant le meurtre, pour défendre leur situation de sinécure;
-Considérant qu’ils ne peuvent s’accommoder d’aucune forme de transparence, qu’elle soit en matière de gestion des affaires économiques, des médias d’Etat et des processus électoraux;
-Considérant la détermination des peuples, des partis de gauche et des associations de la société civile à s’opposer à toute forme de confiscation de la volonté populaire par des élections irrégulières;
-Considérant les conquêtes démocratiques qui ont exigé des sacrifices énormes, y compris au prix de centaines, voir des milliers de vies humaines;
Le 3e Forum du Réseau de la Gauche africaine:
- Exprime ses vives préoccupations par rapport aux risques de basculement dans le chaos de plusieurs pays d’Afrique engagés dans de processus électoraux fort controversés;
- Interpelle les Gouvernements, les Présidents monarques africains sur leurs responsabilités face à cette situation;
- Demande à l’Union Africaine et aux autres instruments d’intégration, d’anticiper sur les crises électorales en Afrique, en œuvrant en amont à trouver des mécanismes de veille et de contrôle des élections, garantissant un vote juste et équitable;
- Lance un appel aux gouvernements africains, pour la création de conditions garantissant le bon déroulement des élections dans un climat de démocratie, de liberté, d’égalité et de transparence;
- Exige :
- L’organisation des élections par des instances réellement neutre et indépendante,
- La création de cadres légaux organisant le financement des élections,
- La promulgation de lois électorales démocratiques,
- La garantie d’un égal accès pour tous les candidats aux médias publics ;
- Engage toutes ses organisations membres à intensifier les luttes populaires par la mobilisation des masses, notamment les jeunes et les femmes, contre toutes manœuvres de détournement et de confiscation de leurs suffrages et contre la dévolution monarchique du pouvoir;
- Dénonce vigoureusement le recours par des gouvernements néocoloniaux, au clientélisme, à la corruption, à l’intimidation, à l’emprisonnement voire aux assassinats d’opposants dont le but n’est rien d’autre que de neutraliser les organisations politiques et sociales, en lutte contre leurs politiques désastreuses;
- En Appelle à toutes les forces révolutionnaires, démocratiques et progressistes en Afrique et dans le monde à apporter leur solidarité active aux peuples africains en lutte pour :
-le respect et la réalisation de leurs droits à la libre expression ;
-la démocratie et le progrès
-la souveraineté, la libération nationale et sociale.
Fait à Bamako le 27 Novembre 2011
Le Forum du Réseau de la Gauche Africaine (ALNEF)
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Résolution du 3e Forum du Réseau de la Gauche africaine sur les interventions militaires en Afrique
L’année 2011 qui s’achève a été marquée par un regain d’agressivité de l’impérialisme international sur le continent africain. Non pas seulement sur le plan politique et économique, mais surtout sur le terrain militaire.
L’agression militaire dont est l’objet notre continent (comme en Côte d’Ivoire et en Libye…) démontre toute l’actualité des luttes de libération menées par les peuples africains et appelle tous les partis et mouvements de la gauche et tous les progressistes africains, à organiser les masses pour la libération du continent de la domination impérialiste.
Tenant compte de ce qui précède, le 3e Forum de la Gauche Africaine, réuni à Bamako du 25 au 27 Novembre 2011:
1. Rend responsable les gouvernements Français ; Anglais et américains des crimes perpétrés contre les peuples libyens et ivoiriens;
2. S’oppose à toutes les interventions militaires sur le continent et appelle les gouvernements et peuples africains à combattre par tous les moyens les forces étrangères en Afrique;
3. Demande le départ immédiat du continent de toutes les armées étrangères et de toutes les forces d’occupation du continent, quelque soit leur mandat;
4. Exige la fermeture de toutes les bases militaires françaises et étrangères sur le continent africain;
5. Milite pour l’interdiction pour le commandement militaire étasunien (AFRICOM) de s’installer en terre africaine ou d’y mener des actions militaires;
6. Apporte son soutien ferme aux peuples Ivoiriens et Libyens dans leurs résistances contre l’occupation et l’agression impérialiste.
Fait à Bamako, le 27 Novembre 2011
Le Forum du Réseau de la Gauche Africaine (ALNEF)
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
MOTION SUR LA PALESTINE
Le 3ème forum du Réseau de la Gauche Africaine (ALNEF) tenu à Bamako (Mali), du 25 au 27 novembre 2011 :
1- Réitère son soutien inconditionnel au peuple palestinien dans sa juste lutte pour la libération nationale et sociale et l’édification d’un Etat démocratique et laïc sur toute la Palestine ;
2- Appuie sa résistance et son combat multiformes contre l’occupant sioniste pour recouvrir ses droits nationaux, le démantèlement des colonies et le droit au retour de la diaspora en Palestine ;
3- Dénonce le sionisme comme étant une forme de colonialisme et de racisme;
4- Condamne le bellicisme de l’Etat d’Israël à l’égard des peuples et Etats de la région et soutient le peuple du Liban et de la Syrie dans leurs luttes pour la récupération de leurs territoires occupés par l’Etat sioniste d’Israël;
5- Stigmatise vigoureusement le soutien aveugle des Etats-Unis et de l’Union Européenne à l’Etat d’Israël, soutien qui encourage ce dernier dans son bellicisme, son arrogance et son mépris légalité internationale.
Fait à Bamako, le 27 Novembre 2011
Le 3e Forum du Réseau de la Gauche Africaine (ALNEF)
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
MOTION DE REMERCIEMENTS
- Considérant les conditions excellentes dans lesquelles s’est déroulée le 3e Forum du Réseau de la Gauche africaine (ALNEF) à Bamako;
- Considérant l’accueil chaleureux et fraternel réservé à toutes les délégations participant à ce Forum, par les dirigeants et les militants du Parti SADI d’une part et par le peuple Malien d’autre part;
- Considérant les résultats atteints par le Forum;
- Considérant l’audience spontanée accordée à une délégation du Réseau de la Gauche africaine, par Monsieur le Président de la République du Mali;
Les participants au 3e Forum de la gauche africaine (ALNEF), tenue à Bamako du 25 au 27 novembre 2011;
- Félicitent chaleureusement le Parti SADI, ses dirigeants et ses militants pour leur engagement dans l’organisation du 3e Forum du Réseau de la Gauche africaine (ALNEF);
- Remercient les autorités du Mali, les dirigeants et les militants du parti SADI pour l’attention et les facilités dont le Forum a bénéficié et pour l’atmosphère amical et fraternel qui a prévalu tout le long des travaux;
- Tiennent à témoigner leur profonde gratitude au Président de la République du Mali et au peuple du Mali, pour l’attention portée à la tenue de ce 3e Forum du Réseau de la Gauche africaine.
Fait à Bamako, le 27 Novembre 2011
Le Forum du Réseau de la Gauche Africaine (ALNEF)
Henriette Ekwé est une femme pas comme les autres. Militante de l’Union des populations du Cameroun (UPC, parti banni par les colons et leurs successeurs), dès le lycée, cette battante a été de tous les combats pour l’avènement d’une vraie démocratie au pays de Um Nyobé. L’Administration d’Obama ne s’est pas trompée en lui décernant cette année le prix récompensant l’engagement féminin pour la démocratie et les droits humains. C’est ce combat qui est salué également par l’association Semsfilms en faisant d’Ekwé, la marraine du festival Ciné droit libre 2011. Elle était donc à Ouagadougou et nous n’avons pas raté l’occasion d’en faire notre premier invité. Comme vous le constaterez, c’est une femme directe qui ne cache pas ses convictions. Au passage, elle fait quelques révélations sur ses rapports avec le Burkina.

Hebdomadaire Mutations: On dit de vous que vous avez l’engagement dans le sang. Déclinez nous votre parcours.
J’ai fais des études d’anglais et d’histoire et j’ai milité dans un parti politique qui était clandestin, l’Union des Population du Cameroun (UPC). Après l’assassinat de son dernier leader historique, Ernest Wandié en 1971, j’étais étudiant, et nos objectifs étaient l’instauration de la démocratie et du multipartisme et l’élévation du niveau de vie des populations de chez nous et la tenue d’une table ronde, ce qu’on a appelé plus tard la conférence nationale souveraine. Voici les objectifs que nous poursuivions lorsque j’adhère à cette organisation au milieu des années 70. Donc nous avons milité dans la clandestinité et le premier Président de la République, le Président Amadou Ahidjo était particulièrement violent. Il y a eu des arrestations, des déportations des jeunes en 1975 qui ont adhéré massivement à l’UPC. La torture à l’électricité, la déportation dans des camps de concentration, dans des zones reculées et finalement Ahidjo est parti en 1982. Le Président qui est arrivé a prôné l’ouverture. Donc je suis rentré au pays en 1983 parce que j’étais en France. Et beaucoup d’autres de mes camarades sont rentrés d’autres pays, mais on s’est vite rendu compte que la répression se poursuivait. Il y a eu des arrestations, moi-même j’ai été obligée d’entrée en clandestinité. On s’est retrouvé à nous réfugier dans des villages où on ne nous connaissait pas et avec une autre identité. Puis finalement, j’ai été arrêtée, traduite au tribunal militaire et après ça, c’était la démocratie. Donc voilà un peu mon parcours de militante.
Après l’ouverture politique dans les années 90, vous avez créé un journal. Pourquoi ?
Au cours de mon parcours militant, j’ai été formée au travail de la presse. Vous savez que dans un parti politique, notamment révolutionnaire, la propagande joue un très grand rôle. La plupart
des militants du parti ont été formés à écrire, à donner des directives, à diriger. Donc après l’accession au multipartisme et à la démocratie, j’ai été rédactrice en chef d’un journal qui s’appelait Kamerun nouveau et qui a disparu en 1993. J’ai commencé à travailler dans des journaux privés jusqu’à ce que j’ai décidé moi-même en 2008, de créer mon propre journal. J’ai donc créé l’hebdomadaire Bebela qui veut dire en langue Beti, « La vérité ». Mais c’est une certaine vérité parce que je crois que même les dictateurs ont leurs vérités. C’est la vérité d’une frange d’opinion de mon pays qui pense que les choses ne vont pas très bien et qu’il va falloir aller au-delà de la relation des faits en donnant aux lecteurs des analyses politiques et libres. Voilà pourquoi j’ai créé ce journal. On sait qu’après l’ouverture démocratique, l’UPC a traversé des moments de turbulences. Il y a une des ailles de l’UPC qui a collaboré avec Bya dans les années 1992 après des législatives, si j’ai bonne mémoire. Qu’est-ce qui avait amené cette division l à ? D’abord les jeunes que nous étions, avions repris le flambeau du combat de nos aînés et nous avions respecter les idéaux de l’UPC qui étaient le meilleur partage des richesse et l’élévation du niveau de vie des populations. Alors il y a eu des Camerounais qui ont participé au parti unique et même à la création du parti de Bya qui, voyant que la démocratie arrive et le pouvoir ayant besoin d’éteindre cette UPC clandestine, décident de donner la légalité à des gens qui sont sortis du parti au pouvoir. On leur a donné la légalité qu’on a refusée à ceux qui ont continué à lutter. Ceux comme moi qui ont subi la répression, arrêtés, torturés et traduits devant le Tribunal militaire ont été écartés au profit de ceux qui n’ont rien fait pour l’UPC. Le pouvoir et son parrain la France ont eu peur de l’UPC car les sondages lui donnaient vainqueur à toutes les élections.
Le journal Le Messager a fait un sondage qui a révélé que s’il y avait élection l’UPC aurait fait un raz de marrée. Donc c’est comme ça que le Chef de l’Etat, certainement après avoir pris conseils chez les Français qui savaient qu’on avait un contentieux historique, a décidé de donner l’UPC à des dignitaires de l’ancien parti unique. Ça veut dire que ceux qui sont allés avec Paul Bya au pouvoir pour faire la politique du parti au pouvoir ne sont pas considérés par nous comme étant de véritables UPCistes.
Et que devient l’autre tendance de l’UPC que vous considérez comme ayant la légitimité historique ?
Notre tendance n’est pas reconnue par l’Etat.
Comment faites-vous alors pour participer au jeu politique ?
On est là, mais on ne peut pas présenter un candidat ni rien. On nous a enlevé la substance d’un parti politique, cela a découragé certains qui sont allés créer d’autres partis politiques. Pour mon cas, je suis depuis dans la société civile. Mais les dirigeants disent qu’ils vont mourir UPCistes.
Est-ce que ceux qui sont allés collaborer avec le pouvoir sont les plus nombreux ?
Ils ont réussi à laminer du point de vue organisationnel l’UPC véritable qui a eu beaucoup de succès en 1991 pour avoir participé à la lutte pour le multipartisme et la démocratie. Ils ont réussi à les laminer en disant que « ce sont des extrémistes, ils n’y arriveront pas parce que nous on a la légalité ». Et comme ils sont avec Bya, ce sont eux qui ont l’argent, ils peuvent présenter des maires, ils peuvent présenter des députés donc effectivement ils ont dit aux UPCistes : « vous avez trop souffert, si on va là-bas, c’est parce qu’on veut que vous soyez bien, ceux-là, ce sont des communistes, des extrémistes ». Voici comment nous avons été divisés.
Au fond, quelle est la ligne idéologique de l’UPC originelle? Est-ce que c’était un parti communiste ou un parti simplement nationaliste?
Notre parti était un parti nationaliste. Et comme les dirigeants Français ne voulaient pas ntendre parler de nationalisme, l’UPC a été soutenu par le parti communiste français. Pour que Um Nyobé se rende à l’ONU en 1952 pour poser le problème de l’indépendance du Cameroun, il a fallu que le parti communiste en France l’aide à partir. Donc quand on dit que idéologiquement, les dirigeants de l’UPC sont tombés de l’autre côté, il y a des raisons. La deuxième chose, c’est que le socialisme ou le communisme présentait cet avantage qu’il mettait au-dessus de tout, les intérêts des populations, donc la redistribution des biens de façon équitable. Je suis fière que ces idéaux de justice sociale ou le socialisme aient été défendus parce que c’était la meilleure des choses et qui faisaient que tous les enfants du pays pouvoir jouir des idéaux républicains d’égalité de chance. Il faut d’ailleurs dire que ces idéaux du socialisme ont nourrit la France parce que les congés payés, c’est du socialisme, la sécurité sociale et tout. Donc les droits sociaux que les Français ont, c’est grâce au mouvement ouvrier qui était un mouvement de gauche. Donc on ne va pas venir dire à des Noirs qui sortent de la colonisation, d’avoir été sur cette ligne idéologique puisque les Français profitent encore des bienfaits de ces idéaux.
Donc les militants de l’UPC n’avaient pas à rougir du fait qu’ils étaient des hommes de gauche parce que c’était pour avoir une certaine justice sociale.
Quand vous étiez dans la clandestinité, est-ce que vous aviez des rapports avec d’autres partis de gauche…
Il n’existait pas de parti chez nous… Non je ne parle pas du Cameroun, je parle de l’extérieur,
Est-ce que les leaders de l’UPC avaient des relations avec des dirigeants africains plus ou moins progressistes ou bien d’autres partis politiques africains qui étaient progressistes ?
Oui, on a eu des rapports avec Sankara qui nous a beaucoup aidés. Il y a certains de nos camarades qui ont vécu ici quelques temps. Donc Thomas Sankara a été un des piliers de notre soutien. Deuxième chose, le MPLA en Angola est entrée sur la scène internationale grâce à Félix Roland Moumié, un dirigeant de l’UPC. L’ANC, l’ADEMA au Mali, voici quelques organisations avec qui on a collaboré.
On a essayé de faire l’Alliance révolutionnaire pour les peuples africains en 1978, l’ARPA. Et là dedans, il y avait par exemple quelqu’un qui est mort le jour qu’on a tué Sankara, qui s’appelait Patrice Zagré et qui était un des militants de l’ARPA avec un noyau de camarades Burkinabè, pour faire une révolution africaine. On était basé chez N’Krumah. Du temps de N’Krumah, beaucoup d’UPCistes étaient ces conseillers à Accra. D’autres sont allés au Caire, d’autres sont allés se former pour faire la guérilla chez nous, et quand ils ont revenus, la guérilla était déjà laminée chez nous. Et qu’est ce qu’ils ont fait ? Ils sont allés combattre en Algérie par exemple. Ils avaient fait les académies militaires en Bulgarie, en Tchécoslovaquie et autres. Donc ils sont allés servir le FLN qui était un parti allié. Donc sur la scène africaine, l’UPC a été un parti actif. Mandela a connu Moumié à Accra.
Vous avez parlez de vos rapports avec Sankara. Plus concrètement, qu’est-ce que le CNR a fait pour l’UPC et vice versa ?
On venait régulièrement à Ouagadougou. Et sur le plan financier, Thomas Sankara nous a aidé et à l’époque, je crois avec Blaise Compaoré aussi qui connaissait certains de nos camarades qui ont fait l’Académie militaire avec lui au Cameroun, à l’école Interarmes. Cet apport financier nous a aidés à nous organise. La révolution burkinabè a ouvert également certaines portes. Je ne peux pas vous dire toutes les portes qu’il nous a ouvertes parce que c’était clandestin, mais Thomas Sankara nous a beaucoup aidé, la Révolution burkinabè nous a beaucoup aidé.
Et qu’est-ce que vous retenez de cette Révolution aujourd’hui et de son leader Thomas Sankara ?
Un grand homme. Vous savez, quand vous écoutez N’Krumah, quand vous écoutez Sankara, c’est la continuité d’un combat africain pour l’unité de l’Afrique, pour la justice sociale à l’intérieur des pays et pour un panafricanisme révolutionnaire. Donc ça été une révolution que nous avons ardemment soutenue si bien que lorsque Sankara meurt, on est un peu divisé. Il y a une partie qui dit qu’il est mort, mais la révolution continue avec Blaise Compaoré et d’autres qui disent non, s’il a été tué, c’est parce qu’il a combattu l’impérialisme, donc on ne peut pas accepter de soutenir celui qui a été à l’origine de son assassinat.
Vous parlez de la clandestinité, est-ce que vous pensez que la clandestinité est toujours d’actualité en Afrique pour les partis politiques ?
Bien sûr. L’ennemi n’est jamais bien loin. La clandestinité est d’actualité pourquoi ? Parce que aujourd’hui, plus que jamais, dans notre continent, qui doit travailler à l’unité du continent ? Il n’est pas normal qu’on ait des pays où il n’y a pas de revenus où les gens sont pauvres et d’autres ont des revenus qui sont pillés. Je veux bien que nous soyons fiers d’avoir un drapeau, mais moi, l’intérêt des révolutionnaires panafricanistes, c’est que nous ne soyons plus sous tutelle d’un néocolonialisme ou de la Françafrique, comme vous voulez, mais que nous soyons libres de disposer de nos richesses comme nous voulons et de les partager avec nos frères africains. On n’a pas passé un concours pour que certains naissent dans des zones riches et d’autres dans des zones déshéritées. Donc c’est à nous Africains de dire qu’on ne veut plus
entendre qu’au Burkina, il y a la misère.
Oui mais aujourd’hui, est-ce qu’un parti qui veut oeuvrer pour ces idéaux là doit toujours rester dans l a
clandestinité ?
Je vais vous dire pourquoi il est important que certains soient toujours dans la clandestinité. Parce que beaucoup de révolutionnaires, parce qu’on est allé aux élections, ont espéré au début des années 90 qu’avec la pression de la communauté internationale, on aura plus d’élections démocratiques. Mais on s’est rendu compte après que les gens se sont accommodés de ces dictateurs là et qu’il y avait d’autres enjeux, d’autres intérêts qui sont les intérêts de ceux qui les soutiennent. Donc ils peuvent frapper à tout moment. Je ne dis pas qu’il faut que tout le monde soit dans la clandestinité, mais je dis qu’elle est parfois nécessaire et elle est encore nécessaire. Moi je vois par exemple que pour le cas de mon pays, elle est nécessaire pour mener le combat, pour faire une véritable révolution.
Maintenant quels sont les leviers sur lesquels ces révolutionnaires ou les progressistes africains peuvent actionner pour déclencher ce changement radical sur le plan africain.
Parce que ce qu’on reproche souvent aux révolutionnaires africains, ce sont leurs prennent pas en compte les réalités socio culturelles des populations. Je suis d’accord qu’il faut toujours contextualiser, mais jusqu’aujourd’hui aussi, on ne m’a pas prouvé que le néolibéralisme est bon pour le peuple africain. Donc là moi aussi, on peut me dire que telle idéologie est dépassée, mais qu’on me dise aussi ce que les politiques néolibérales de la Banque mondiale et du FMI ont fait pour l’Afrique. Là, j’ai des doutes. Mais ça, on en parle moins et on préfère parler des idéaux de gauche qui ne sont plus d’actualité.
La critique n’est pas de dire que c’est dépassé, mais est-ce qu’on ne peut pas lire autrement cette idéologie de gauche là ? Est-ce qu’il est possible de prendre la grille d’analyse et de la mettre en contexte par rapport à nos réalités ?
On doit contextualiser, mais le fond de l’affaire reste de libérer le continent africain, de partager les richesses qu’il y a sur le continent africain. Donc quand il y a eu ce creuset des mouvements de libération à Accra, c’était pour que les gens s’entendent sur les idéaux et sur le partage sur le continent africain. Qu’on ne vienne plus en tourisme et dire qu’un tel est très pauvre et se moquer de lui, mais plutôt se demander qu’est-ce qu’on peut faire ensemble entre Africains pour que certaines régions ne soient plus dans cette situation. Je discutais avec des gens qui me disaient qu’il y a des problèmes d’électricité ici chez vous et que l’électricité coûte, en même temps on dit que les gens ont très peu d’argent chez vous.
Qu’est-ce qu’on peut faire pour fournir de l’électricité moins chère à un pays frère qui est dans les difficultés ?
Voilà cette fraternité de lutte et de destin commun qui n’existe plus entre pays africains.
Le paradoxe aussi, dans les années 60 et 70, il y avait effectivement ce panafricanisme là. Des partis au Cameroun, au Mali, au Ghana, en Côte d’Ivoire qui arrivaient à se réunir quelque part en Afrique, mettre en place une organisation africaine alors qu’aujourd’hui, avec toute les facilités de communication et de déplacement, il n’y a plus de rencontres.
Comment expliquez-vous cela ? Est-ce que les ex-puissances coloniales avaient un intérêt à ce que nous soyons réunis ?
On nous a fracassé notre panafricanisme, on a tué nos gens et pendant ce temps, eux ils sont entrain de construire l’Union Européenne, avec une monnaie commune et des barrières douanières qui tombent. C’est ce que nos aînés ont voulu pour l’Afrique et on les a traités de fous. Est-ce que c’est fou de faire le panafricanisme plus que le paneuropéanisme? Non, non. Donc, pour la dignité des Africains, nous n’avons pas le choix. Ce que notre génération a essayé, d’autres générations seront confrontées aux mêmes difficultés. Ce que N’Krumah a tenu comme discours il y a 50 ans, je suis entrain de redire la même chose après avoir fait moi aussi ma part d’expérience et à 50 ans, vous serez vous aussi entrain de dire à vos petits enfants que ce n’est pas facile. Donc c’est incontournable, et il faut qu’on se batte. Vous voyez même que les formes de lutte changent.
Maintenant, il y a les mouvements alter mondialistes. On ne parle plus de néocolonialisme mais de Françafrique. Mais les effets sont les mêmes. Ce que les panafricanistes disaient, on leur répondait qu’ils étaient des oiseaux de mauvais augure. Mais 50 ans après, on leur donne raison.
Aujourd’hui, on a l’expérience de 50 années de chacun pour soi.
Mais comment mettre en place ce mouvement panafricain ? Parce qu’on ne le sent pas, ça ne bouge pas.
En jetant des ponts. Moi je vois l’Union africaine, j’ai dansé quand est arrivé le multipartisme, que les Chef d’Etats seraient élus et que j’ai vu qu’une certaine gauche africaine était entrain d’arriver au pouvoir. Mais je constate que l’Union africaine, quand l’ONU crie, elle se couche. Mais les Asiatiques ne se couchent pas et d’abord on ne leur donne pas des ordres. Mais nous, on nous donne des ordres et de temps en temps, un Chef d’Etat vient nous gronder et on se couche. Ça veut dire que sur la scène internationale, l’Afrique compte comme réservoir de matières premières et il y a un économiste panafricain Samir Amin qui a dit « la politique du centre et de la périphérie où la périphérie ne fait qu’enrichir le centre, ça va conduire à la débâcle economique.». Nous y sommes depuis 20 ans. Le FMI est venu nous donner des plans d’ajustement structurel complètement débiles qui nous ont encore enfoncés. Pourquoi les Grecs se battent, c’est parce qu’ils ne veulent pas de ces plans.
Une des questions très controversée par rapport à vous et de manière générale les intellectuels camerounais, c’est la crise ivoirienne où on a vu qu’au Cameroun, il y avait un sentiment tellement anti français qu’on a oublié la réalité ivoirienne et la réalité des urnes. Les camerounais ont soutenu « aveuglement » si vous me permettez le terme, le président Gbagbo pendant que tout semblait dire qu’il a perdu les élections.
C’est vrai. Mais d’abord, nous nous sommes demandé pourquoi on n’a pas accepté qu’on recompte les voix. Deuxièmement, on a encore sorti des kalachnikovs au Nord.
Maintenant, en tant que panafricaniste, ce n’est pas la frontière Cameroun-Côte d’Ivoire-Burkina qui m’intéresse. Parce que le peuple burkinabè a participé à l’enrichissement de la Côte d’Ivoire et donc je comprends que vous exigiez plus ou moins un partage, que la Côte d’Ivoire ne dise pas je suis riche et j’oublie l’arrière pays.
Pour nous, il était difficile de parler de résultats si une région n’a pas pu voter, selon le rapport de Koffigoh, le chef de mission des observateurs de l’Union Africaine.
Donc nous nous sommes fondés sur ça, puisque c’était sur internet et on s’est demandé pourquoi on n’a pas recompté les voix. On me dit que Gbagbo a beaucoup fait du mal à la Côte d’Ivoire, mais moi j’étais fondamentalement convaincue que Ouattara n’était pas un homme de paix. Maintenant, je vais voir s’il va faire la paix. C’est vrai que le contentieux historique que nous avons avec la France est tellement fort que dès que la France est derrière quelqu’un, ça devient mauvais chez nous.
Vous êtes au Burkina dans le cadre du festival Ciné droit libre dont vous êtes la marraine. Comment vous avez apprécié le programme et le choix de votre personne pour parrainer cet événement ?
J’ai accepté d’être marraine alors que je ne connaissais même pas bien Ciné droit libre. Ce que je peux dire, c’est que c’est un projet ambitieux et c’est un grand projet pour l’Afrique. Eduquer au respect des droits de l’homme à travers le cinéma, à travers l’image et à
travers un cinéma qui fédère les images de plusieurs régions du monde, c’est quelque chose de très important. Parce qu’au début des années 60, on a pensé à l’éducation par l’image, par la télévision ou par le cinéma dans les zones reculées.
Donc c’est dire que la force de l’image est très importante pour l’éducation, pour l’instruction. C’est pour ça que j’aime le projet de Ciné droit libre. Deuxièmement, ce sont des jeunes qui ont pensé à ce festival et ils ont tout de suite eu des appuis. Ce que je souhaite à ce festival, c’est une très longue vie.
Parlons de votre prix. Vous avez été primée par les Américains. Les impérialistes, comme vous les qualifiez, vous ont décerné le Prix du courage féminin.
(Rires). On me dit ça tous les jours. Un jour, je suis passée à la télévision, plusieurs fois j’ai raconté ma vie, de lutte avec l’UPC et des diplomates américains ont demandé à me rencontrer. Je les ai rencontrés et ils m’ont dit qu’ils ne savaient pas qu’il y avait un groupe politique qui pendant des années s’est battue pour la démocratie.
Ce n’est pas de l’hypocrisie ça ? Les Américains ne savaient-ils pas qu’il y avait l’UPC au Cameroun ?
Ils ont dit qu’ils ne savaient pas. Mais en fait, ils savent qu’il y avait l’UPC, mais ils ne savaient pas qu’après les indépendances, les gens ont continué, surtout notre génération qui est venue après 71. Donc ils étaient surpris de voir qu’il y a une femme qui s’est battue, qui a été emprisonnée, qui a été torturée et qui continue à se battre au niveau de la presse, au niveau des droits de l’Homme, contre la corruption, etc. C’est comme ça qu’ils m’ont primée.
Et ça représente quoi pour vous ce prix là ?
Je crois que ce prix est destiné à donner une dimension internationale aux femmes qui se battent dans différents domaines, dans leur pays et qui ne sont pas connues dans le monde. Donc j’ai été très contente qu’ils m’aient donné la possibilité d’être sur cette scène mondiale et je remercie les Etats-Unis.
Quelle a été l’appréciation du gouvernement camerounais quand vous avez reçu le Prix?
Très mauvaise. Le gouvernement a pensé que ce Prix m’avait été octroyé contre eux. Puis que c’est parce que j’ai lutté contre la corruption, j’ai été traduite devant dix juridictions par un ministre qui a volé l’argent et qui aujourd’hui est en prison, j’ai été condamnée à ces dix procès. Pour d’autres combats, j’ai été convoquée par la hiérarchie militaire, menacée, j’ai eu des menaces de mort, voilà c’est un peu tout ça.
Est-ce que vous sentez qu’il y a un changement dans la gouvernance par rapport aux actions que vous menez avec d’autres acteurs aussi ?
Ils font maintenant très attention parce que les Etats-Unis non seulement ne veulent plus qu’ils durent au pouvoir, mais aussi ils sont regardant dans ce qui se passe. Avant, on me menaçait, mais maintenant, on fait un peu attention. La dernière fois, j’ai été convoquée à la Présidence pour que je sois membre de la commission chargée des élections. J’ai refusé parce que cette commission a été vidée de toute sa substance à la session parlementaire de mars. Compte tenu de ce qui s’était passée en Côte d’Ivoire, elle n’a plus le droit de proclamer les résultats, même provisoire, on a l’obligation de se taire. Donc, comme le cardinal Tumi qui a décliné cette offre d’emploi, j’ai aussi décliné cette offre, quoi qu’elle été alléchante, je puis vous assurer.
Interview réalisée par Abdoulaye Ly
Dans le Mensuel Burkinabè "Mutations" Numero 000 du 1er aout 2011

Ingénieur en informatique installé en France, le fils du nationaliste Ruben Um Nyobè, 54 ans, pose un regard sur la dernière élection présidentielle au Cameroun ; parle du souvenir de son père et fait une critique acerbe des divisions au sein de l’Upc.(...)Le président est coupé du reste de la population, il n'a pas de compte à rendre. L'élection est un choix. Or, la population n'a pas la possibilité de choisir. Je ne suis pas contre ceux qui mettent longtemps au pouvoir, à condition que le processus électoral soit démocratique, ce qui n'a pas été le cas au Cameroun.
“Um Nyobè n’est pas mort pour rien”
Le 9 octobre 2011, vous avez voté, pour la première fois de votre vie, à l'ambassade du Cameroun en France. Quelle signification donnez-vous à cet acte?
J'y suis allé par civisme et non par conviction. Par civisme parce que cela faisait longtemps que la diaspora avait demandé que le droit de vote lui soit accordé. Sans conviction parce que le résultat était connu d'avance. Les conditions de vote ont été complètement ignobles. Comment demander aux Camerounais qui sont en France de produire la carte de séjour pour pouvoir être électeur? Beaucoup de compatriotes n’ont pas pu voter faute de ce document. La question est de savoir s'il était nécessaire de dépenser autant d'argent à ces élections, au moment où le pays est dans une situation difficile.
Pour qui avez-vous voté?
Le choix que j'ai fait ne peut pas compter, il reste dans le secret des urnes.
Paul Biya est le grand vainqueur de cette élection. Il va effectuer son 6e mandat de 7 ans à la tête de l’Etat, après 29 ans de pouvoir. Quelle lecture vous suggère cette longévité politique?
Cette longévité montre qu'il y a quelque chose qui ne marche pas dans notre pays ; le système est bloqué et ne permet pas de se remettre en cause. Le président est coupé du reste de la population, il n'a pas de compte à rendre. L'élection est un choix. Or, la population n'a pas la possibilité de choisir. Je ne suis pas contre ceux qui mettent longtemps au pouvoir, à condition que le processus électoral soit démocratique, ce qui n'a pas été le cas au Cameroun. Il ne suffit pas d'organiser des élections pour que la démocratie y trouve son compte. Il faut que l'inscription sur les listes électorales et les conditions de vote soient claires. Ce n’est pas seulement le président de la République, mais tout le système en place qui est en cause. Quand, aujourd'hui, on nous dit qu'en l'an 2035 le Cameroun sera un pays émergeant, c'est un discours qui sonne creux. L'avenir du Cameroun importe peu à ceux qui nous gouvernent. Les années à venir vont être difficiles car, il me semble que notre pays n'est pas préparé pour affronter la récession économique et les défis qui nous attendent. C'est comme si nous étions sur le quai et que nous regardions le train passer.
53 ans après sa mort, que reste-t-il du combat nationaliste de Ruben Um Nyobè ?
Il reste ses idées, mais elles ne sont pas exposées, car elles ont été kidnappées par des opportunistes qui se réclament de l'Upc [Union des populations du Cameroun, ndlr]. Ces gens n'ont jamais été pour la libération du Cameroun, ni des partisans d’Um Nyobè. L’action de ces organisations, de ces sectes, tourne autour d'une personne. On parle de l'Upc K, de l’Upc M et de l'Upc H. Or, le combat d’Um Nyobè a été au service du peuple. On l'a appelé "Mpodol", c'est-à-dire porte-parole. Et c'est ainsi qu'il est allé à l'Onu faire ce qu'on a appelé «le procès de l'indépendance». Les gouvernements successifs au Cameroun ont essayé de gommer cette histoire-là.
Justement, Um Nyobè et d’autres nationalistes camerounais ont été réhabilités en 1991. Malgré cela, leur histoire n’est pas encore enseignée dans les écoles. Um Nyobè fait-il peur ?
Pour répondre à cette question, il faut revenir à la base. On a éliminé tous ceux qui réclamaient l’indépendance pour confier le pouvoir à ceux-là qui étaient contre, des personnes qui n'étaient pas préparé à gouverner un pays. Sans légitimité, ils étaient des marionnettes au service de la France. N’ayant pas de légitimité, ils n'ont pas intérêt à ce que l'action d’Um Nyobè soit reconnue. Quand on fait référence à eux, on les traite de maquisards. C'est comme si le Cameroun avait commencé à vivre en 1960. Sinon, comment comprendre qu'aucune rue de la ville d'origine d’Um Nyobè, Eséka, ne porte son nom alors que nos bâtiments résonnent des noms des colons et des gens qui nous ont bafoués ? A l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance, le président Biya avait reconnu, dans un discours, qu’il y a des gens qui se sont battus pour l’indépendance, sans jamais citer de nom. Je suis convaincu que le jour où il dira les noms, le reste suivra. L'idée que nos pères avaient de l'indépendance n'a pas été atteinte.
Ruben Um Nyobè est-il donc mort pour rien?
Non, Um Nyobè n'est pas mort pour rien. Parce qu'il y a quand même l'idéal qui est là. A L'époque, l'Africain était un non sujet. Quand Um Nyobè et ses camarades ont pris la parole, ils se sont d’abord adressés à leurs propres frères pour leur demander de se rebeller contre l'indigénat. L'indépendance, oui, mais après, rien n'a été fait, les bases n'ont pas été posées pour qu’elle puisse se matérialiser.
Concrètement, qu’est-ce que cette loi a impliqué ?
Rien du tout. La loi dit que les familles peuvent transférer les corps avec le financement de l'Etat. Mais il n’en est rien. Cette loi-là, à mon avis, n'était pas réfléchie. Dans une guerre politique, le pouvoir a voulu couper l'herbe sous les pieds des tendances de l'Upc qui parlaient beaucoup de cette mémoire-là.
En 2005, vous avez exprimé le désir de transférer les restes de votre père d’Eséka où il a été inhumé à Boumnyebel. Où en êtes-vous, avec ce projet ?
Le corps d’Um Nyobè n'a jamais été remis à sa famille, il avait été confisqué. En me référant à la loi de réhabilitation de 1991, je suis allé voir le préfet d'Eséka en 2005 et je lui ai fait une demande pour le transfert des restes de mon père, pour que nous puissions enfin faire notre deuil. J'ai fait ampliation de cette demande au Premier ministre et au président de la République. On m'a demandé d'attendre et jusqu'aujourd'hui, je n’ai pas eu de suites. Je m'accorde encore un temps de réflexion et si je n'ai pas de réponse de l'administration, je vais passer à l'acte. Quand il a été assassiné, mon père a été enterré dans le cimetière de l'église protestante d'Eséka. A côté de sa tombe, on avait planté un arbre témoin. Le lieu est repérable actuellement. Les charognards des différentes tendances de l'Upc font la danse du ventre autour de cette tombe.
Vous semblez très remonté contre les dirigeants des différentes factions de l’Upc. Que reprochez-vous à Kodock, Mack-Kit et Hogbe Nlend?
Cela me gêne quand on parle de l'Upc en parlant de faction. Ce n'est pas parce qu'un groupuscule s'appelle Upc qu'il faut confondre avec le parti de Ruben Um Nyobè, créé en 1948. Ce que je condamne, c'est la récupération que ces mouvements font. Comme l’Upc, la mémoire de Ruben Um Nyobè est un bien collectif qui n’appartient même pas à sa famille. Même si, en tant que héritier, j’en suis le garant.
Votre père a été tué alors que vous n’étiez qu’un bébé. Comment avez-vous appris à le connaître?
Quand j’étais enfant, il y avait beaucoup de sympathisants à l’action d’Um Nyobè qui me racontaient qui mon père a été. J'ai rencontré pas mal de gens avec qui mon a été dans le maquis, certains me remettaient des documents en cachette et c'est comme cela que je me suis imprégné de son histoire. Quand je suis arrivé en France, j’ai trouvé pas mal de documentation. J'ai ainsi eu l'opportunité de lire le compte rendu de son assassinat et ce document m'a permis de faire mon deuil, un tant soit peu. J'ai pu savoir comment il a vécu et quels sont les gens qui l'ont trahi.
Qui a trahi?
La plupart des responsables des différentes tendances de l'Upc actuellement ont été complices de son assassinat. Il était un "gros poisson", d'après les services secrets français. Le compte rendu auquel j'ai pu avoir accès raconte les cinq derniers mois de traque avant son assassinat. Il est très détaillé et les noms de ceux qui ont trahi apparaissent.
Quelques noms?
La difficulté est que c'est un document qui reste classé secret défense, plus de 50 ans après. J'ai eu l'opportunité de le consulter, sans pouvoir en faire une copie. Il est très accablant pour ceux qui se réclament actuellement de Ruben Um Nyobè au Cameroun.
De quel document s'agit-il?
C'est un document confidentiel. Je veux bien citer les noms mais je n'ai pas la preuve en ma possession. Si je l'avais, je poursuivrais ces gens en justice.
Quel rapport entretenez-vous entretenu avec les familles des autres nationalistes?
A un moment donné, les rapports étaient difficiles parce que chaque fois qu'on parle de la lutte pour l’indépendance, on parle toujours de mon père. C'est comme si on s'était accaparé de cette lutte. J'ai été en contact avec la famille Ouandié. Mais mes actes ont pu les rassurer. Parce que ce n'était pas un combat solidaire, mais commun.
Quelle a été votre vie après l’assassinat de votre père ?
Je suis né le 25 avril 1957 dans le maquis, mon père est mort le 13 septembre 1958. Après son assassinat, ma mère [Marthe, ndlr] est restée dans le maquis pendant une semaine. Puis, elle s’est installée dans son village natal, à Libel Ligoï. Ma mère était très jeune quand elle a épousé mon père et ils sont partis au maquis. Le même jour, elle a perdu, non seulement son mari, mais aussi sa mère qui l'avait accompagné dans son mariage. Le traumatisme a été grand. Jusqu'à très récemment, elle n'arrivait pas à m'en parler sans être interrompue par des flots de larmes. A 70 ans, elle vit à Boumnyebel. Elle a eu deux enfants après, qui sont décédés aujourd’hui. Ma mère est consciente du travail abattu par son mari, mais est très choquée par l'ingratitude de tous ceux qui, à longueur de journée, se proclament de Ruben Um Nyobè.
Pourquoi êtes-vous parti du Cameroun?
Au Cameroun, je n'avais pas d'issue. Nous étions très pauvres et j’ai dû interrompre mes études en classe de terminale au lycée d’Eséka, parce qu'il fallait subvenir aux besoins de la famille. On a vraiment vécu dans la misère. On n’avait pas de soutien, certaines personnes qu'on croyait proches de mon père nous fuyaient, personne de voulait s'approcher de nous parce qu'on était toujours surveillé. Cet environnement m'a marqué, j'ai eu très peur à l'époque.
Et comment êtes-vous arrivé en France ?
Je suis arrivé en France en 1983, c'était le seul pays où j'avais des proches qui pouvaient m'accueillir. J’ai été hébergé par un cousin à qui je dois toute ma reconnaissance, jusqu'à ce que je puisse voler de mes propres ailes par de petits boulots, six mois après. Après avoir obtenu mon bac en France, j'ai fait deux années d’économie. Le cursus était long et j’ai finalement opté pour l’informatique. Je suis ingénieur en informatique et je travaille avec la Caisse d'allocation familiale en France. Je suis marié à une Camerounaise et j’ai trois filles de 14, 7 et 3 ans. Je leur parle souvent de leur grand-père et elles en sont très fières. Mais cela a été difficile de sortir du Cameroun. Si bien que, pour que j'aie un passeport, une tante qui travaillait à la Béac a été obligé de se porter garante de moi auprès du délégué général à la sureté nationale.
Pourquoi ces difficultés ?
Parce que je porte un nom, celui de Ruben Um Nyobè. Je n'ai pas demandé à naître dans cette famille. J’ai été impliqué dès le jeune âge et je l’assume. Quand je suis né, mon père m'a donné le nom de Daniel, qui signifie "Dieu seul est mon juge". J'ai toujours refusé de changer de nom, c'est la seule chose qui me reste de lui.
Vous vivez en France alors que c'est l'administration coloniale française qui a assassiné votre père…
Mon père disait qu’il ne faut pas confondre les coloniaux français et le peuple français. Ce n'est pas la France qui a fait du mal au Cameroun, ce n'est pas la France qui a assassiné mon père, ce sont des dirigeants français à une époque donnée.
Ils l’ont fait au nom de la France…
Quand mon père se rendait à L'Onu et que les Etats-Unis refusaient de lui délivrer le visa à la demande de la France, c'est quand même en France que les manifestations étaient organisées devant l'ambassade des Etats-Unis pour qu'il puisse avoir le visa. Il y a beaucoup de Français qui ont œuvré pour la lutte pour l'indépendance au Cameroun.
Envisagez-vous un retour au Cameroun?
Je ne me considère pas comme définitivement installé en France. J’ai une famille et une demeure au Cameroun, j'y vais quand l'occasion se présente. Le Cameroun c'est mon pays, je ne suis pas en exil en France.
Avez-vous des ambitions politiques?
On peut poursuivre le combat d’Um Nyobè sans pour autant vouloir accéder au pouvoir. Si je peux, par les actes que je pose, aider à l'amélioration des conditions de vie de nos populations, j'estime que cela va dans le sens du combat qu'il a mené. Aujourd'hui, trop de gens veulent le pouvoir pour eux-mêmes. Mon père a abandonné sa carrière de greffier pour entrer au maquis, pour que les générations futures aient le bien-être. Or, ceux qui ont été installé au pouvoir après les indépendances n'ont pas travaillé pour le bien-être du peuple. D’où le retard qu'on accuse aujourd'hui.
Quel sentiment éprouvez-vous, d’être le fils d’Um Nyobè ?
Dès le jeune âge, je savais qui j’étais et j’en étais fier. Chez nous, on n’a pas toujours conscience de l’ampleur de ce qu’il a été. Il a été un visionnaire, peut-être incompris de son époque. Si vous lisez ses discours, ils restent d’actualité. On a eu la malchance d’être sous influence française. Si on avait été sous influence anglaise, peut-être qu’il n’aurait pas été assassiné.
Vous auriez eu un père dans ce cas…
Cela m’a marqué de grandir sans mon père. S’il avait été là, ma vie aurait pris un tout autre sens. Cette présence paternelle me manquera toujours. Je me refugie souvent dans la lecture de ses écrits, pour avoir l’impression d’être avec lui. Il y a quelques mois, j’ai écouté un discours qu’il avait prononcé. C’était la première fois que j’entendais sa voix. J’ai été ému jusqu’aux larmes et j’ai dû m’interrompre. Le fait que mon père ne repose pas dans son village m’empêche de dormir. Je voudrais tant perpétuer son souvenir !
© Source : Le Jour

- Lundi, 17 Octobre 2011 00:00
Mr. Tene Sop, vous êtes un des représentants du Front Uni de la Diaspora en Allemagne, quel bilan tirez-vous de votre appel et de vos actions pour le boycott de l'élection Présidentielle dans la Diaspora ?
Le mot d’ordre de boycott lancé par le Front a été un double succès. Nous avions appelé au boycott des inscriptions sur les listes électorales. Les camerounais de la diaspora ne se sont pas inscrits. Sur les 50 mille camerounais légaux et illégaux qui vivent en Allemagne, selon nos estimations, 260 personnes se sont inscrites sur les listes électorales, c’est totalement ridicule. Après la phase des listes électorales, nous avions appelé au boycott de l’élection elle-même. Et sur les 260 inscrits à Berlin, 90 électeurs seulement ont pris part au vote, soit un taux de boycott de 66%, C’est le plus élevé dans la diaspora…
Sur la base de ces chiffres que je viens de vous communiquer, je pense qu’il il ne serait pas exagéré de dire que le mot d’ordre de boycott lancé par le front a été un succès franc. Nous entrons actuellement dans la troisième phase du boycott, qui est le Boycott du dictateur Paul Biya lui-même !
On a remarqué qu'en Allemagne vos camarades et vous avez privilégié, disons, une méthode de lutte pacifique, à savoir le sit-in accompagné d'un travail intense de pédagogie consistant à interpeller les Camerounais inscrits et à leur expliquer votre position. Pourquoi n'avez-vous pas plus tôt fait des actions spectaculaires?
Je ne sais pas ce que vous entendez par « actions spectaculaires». La politique n’est pas un spectacle et la situation chaotique de notre pays ne prête pas non plus au spectacle…
Je voulais dire actions « coup de poing… » contre le bureau de vote de Berlin par exemple, puisque vous aviez appelé au « Boycott actif »
Ecoutez, tout est question de l’objectif à atteindre. Le Boycott actif ne voulait pas dire « actions spectaculaires ». Boycott actif dans l’entendement du Front Uni, voulait dire être présent sur le terrain pour dissuader par la persuasion d’éventuels électeurs d’aller voter.
Notre manifestation à Berlin été la vrai attraction de ce 09 octobre car tout le monde, y compris le Rdpc venait discuter avec nous sur les raisons de notre appel au boycott.
Croyez-vous avoir été mieux compris ? Pensez-vous avoir convaincu, le jour même du vote, certains électeurs de ne pas voter du tout ou de voter blanc?
Notre mot d’ordre n’était pas que les électeurs « votent blanc », mais qu’ils boycottent, c’est-à-dire qu’ils évitent de voter, quelque soit leurs intentions de vote, car ce scrutin est «un match vendu» pour emprunter au jargon footballistique.
Pour répondre a votre question, notre manifestation pacifique, du matin au soir du 09 octobre à l’Ambacam à Berlin a accentué l’ampleur du boycott, car des dizaines de nos compatriotes, initialement venus à l’ambassade pour voter, ont changé d’’idée sur place et ont rejoint notre manifestation contre les élections. Nous avons pu voir d’autres personnes rebroussant carrément chemin, en nous entendant de loin hurler notre haine contre Paul Biya et ses élections : « Paul Biya, Assassin ! 29 ans ca suffit », « Dictateur, fous le camp ».
En fin de compte notre présence sur le terrain a été bénéfique pour le succès du boycott
Mr. Tene Sop, on constate, au vu des chiffres publiés, que le taux d'inscription des Camerounais sur les listes électorales et le taux de participation au vote de 34% en Allemagne, sont extrêmement faibles. Il semble qu'au Cameroun même le taux de participation est bas. Croyez-vous que c'est essentiellement grâce à vos actions ou bien c'est dû à d'autres facteurs.
Ce serait prétentieux de dire que c’est essentiellement à cause de nos actions que les camerounais ont boycotté la mascarade du 09 octobre. Il ya bien sûr d’autres facteurs comme la lucidité et la conscience politiques de notre peuple…
Comment analysez-vous ce comportement des citoyens camerounais alors même que pratiquement tous les partis et la classe politiques ont participé à l'élection et appelé au vote ?
Le boycott général de cette mascarade par notre peuple, aussi bien au Cameroun que dans sa diaspora, est un rejet très clair du dictateur Paul Biya et d’un système électoral frauduleux qui ne peut garantir une alternance au pouvoir. C’est une résistance sourde et profonde qui annonce un vrai deuxième tour dans la rue dans les prochaines semaines, et qui risque d’être très mouvementé.
Le refus d’aller aux urnes est aussi un désaveu cinglant pour la classe politique actuelle qui s’accroche désespérément à un électoralisme vicié qui a pourtant déjà montré ses limites depuis le 11 Octobre 1992!
Que faire alors ?
Organiser les masses, encore organiser les masses et toujours organiser les masses pour préparer la révolution démocratique et populaire. Biya est lâché par tout le monde; il n’ya plus que le gouvernement français qui le soutient, avec d’ailleurs de plus en plus de gêne. Regardez l’embarras de Alain Juppé se caressant la calvitie, à l’Assemblée Nationale Française quand il tente d’expliquer que les élections du 09 octobre se sont bien déroulées.
L’organisation des masses sous la conduite d’une vraie avant-garde politique doit avoir aussi pour mission de s’attaquer à ces entreprises impérialistes qui exploitent le Cameroun et justifient le soutien du gouvernement français à la dictature néocoloniale au pouvoir au Cameroun
La Cour Suprême du Cameroun a annoncé qu'elle donnera les résultats de l'élection présidentielle le 21 octobre prochain. A quoi vous attendez-vous ? Pensez vous que le Droit sera dit ? Que ferez-vous si Paul Biya gagne comme on l'annonce et que la Cours suprême valide sa victoire?
Les résultats ne m’intéressent pas. Les résultats du corrompu Alexis Dipanda Mouéllè n’intéressent pas le Front, pour une simple question de logique. Nous avons appelé au boycott parce que l’élection était jouée d’avance et il ne faut rien en attendre. Nos résultats nous les avons déjà obtenus: cette mascarade a confirmé la très grande impopularité du despote Paul Biya, au-delà de ce que nous pensions !
Nous continuons bien sûr et nous continuerons notre résistance contre le régime dictatorial sanguinaire de Paul Biya. Cet autre hold-up de Paul Biya est le mandat de trop, et nous allons lui faire rendre gorge. Le Front Uni va lui rendre la vie impossible jusqu’à sa chute que nous voulons très proche.
Le Front Uni de la Diaspora va-t-il continuer à travailler en tant que tel pour le changement au Cameroun ? Si oui avec la même structure et les mêmes personnes ?
Le Front est sur une bonne dynamique de regroupement de toutes les forces progressistes de la diaspora camerounaise contre la dictature au pouvoir… Tout le monde est conscient que l’heure a sonné et qu’on ne peut plus laisser notre pays dans cette situation. Après la première phase le front posera un certain nombre d’actions qui iront crescendo
Propos recueillis par Roufaou Oumarou, pour canal-info.ca


34%. C’est le taux de participation à la mascarade présidentielle à Berlin. Seuls 92 électeurs (sur les 261 inscrits, Ndlr) ont fait le déplacement de la Ulmenallée 32, siège de l’Ambassade du Cameroun à Berlin, pour «accomplir leur devoir civique». Les responsables du « Front uni de la Diaspora en Allemagne » qui avait appelé au « boycott actif de la mascarade du 09 octobre» ne cachaient pas leur satisfaction. Pour Mr Tene Sop, secrétaire Général du Conseil National pour la Résistance-Mouvement Umnyobiste et l’un des responsables du Front Uni en Allemagne «ce taux de participation squelettique est une deuxième victoire pour le front du boycott. Nous avions déjà appelé au boycott des inscriptions sur les listes électorales en Août et nous avons été largement suivis, puisque seulement 260 personnes se sont enregistrées ; soit environ 0,3% d’électeurs potentiels en Allemagne [Ndlr : le nombre officiel de camerounais en RFA est d’environ 20 mille]. C’est un désaveu pour le dictateur Paul Biya, c’est un refus clair de la diaspora de se rendre complice de la mascarade électorale de Biya et ELECAM (…) et nous disons bravo à notre diaspora »

L’Ambassade du Cameroun à Berlin avait parfois des allures de citadelle fantôme dans la matinée de ce dimanche 09 octobre. A l’entrée une affiche, visiblement bricolée à la va-vite, indiquait «ELECAM, Bureau de vote de Berlin». En Face, quelques dizaines de manifestants, emmenés par les activistes Tene Sop et Wanko, debout derrière 3 banderoles géantes, donnent de temps à autre de la voix, troublant le calme plat dans lequel baigne la Ulmenallée et ses environs : «29 ans ça suffit, Paul Biya dictateur», «Paul Biya, Assassin», « Paul Biya, on aura ta peau », «ELECAM, TRICHER-CAM»,etc. scandent-ils sous le regard perplexe de quelques passants et curieux dont certains n’hésitent pas à venir aux nouvelles.

C’est aux environs de midi que le nombre d’électeurs qui jusque là arrivaient à compte goutte, s’accélère avant de se tasser vers 16 heures, avec l’arrivée d’un mini-bus rempli de personnes vêtues aux couleurs du RDPC qui suscitent le courroux et la désapprobation de Mr Wanko Jean Robert, porte-parole du DNK et l’un des leaders du Front du boycott. «C’est totalement scandaleux et illégal que les militants du Rdpc se présentent dans les bureaux de vote avec des insignes de leur parti ! La campagne est terminée depuis hier nuit et la loi interdit le port des pagnes et autres gadgets du parti le jour de l’élection, fulmine-t-il avant de conclure, sentencieux : «Si ELECAM était sérieux, il annulerait le scrutin à Berlin car le Rdpc a violé la loi… ». Sona Mukètè le responsable du Rdpc en Allemagne est d’un tout autre avis «Ce sont des histoires. On ne peut plus porter son écharpe et sa casquette du parti en paix ? Ils cherchent déjà des prétextes pour contester la victoire éclatante de notre candidat qui s’annonce(…)». Affaire à suivre !
Le résultat de l’élection présidentielle dans le bureau de vote de Berlin a donné 46 voix à Paul Biya, 17 à John Fru Ndi et 7 à Kah Walah…
Essama Benoît Joël à Berlin






Par Senfo Tonkam, Allemagne.
Résumé:
Au vu des nombreux crimes que Oncle Tom Obama commet contre les Peuples Africains depuis sa sélection pour siéger dans la Maison des Blancs, on aurait pu penser que les Obamanistes (particulièrement ceux/celles basé/es sur le Continent) allaient enfin se libérer de cette confusion et cette hallucination qui les ont amené à soutenir l’un des pires ennemis intérieurs que le Peuple Noir ait jamais eu. Malheureusement, ce qui se passe dans les luttes électorales qui se déroulent actuellement et celles à venir en Afrique Continentale montre que l’opportunisme et le collaborationnisme de marque Obama se sont définitivement imposés comme l’idéologie et l’éthique dominantes de la classe politique Africaine, pouvoir et opposition confondus. J’appelle cela la « malédiction Obama » par analogie avec le concept de « malédiction Aujoulat » créé par l’Ancêtre Mongo BETI à l’époque pour décrire et analyser le néocolonialisme français au Cameroun. Ma position est que, parce que l’opposition intellectuelle et politique petite-bourgeoise Camerounaise a succombé à la malédiction Obama, elle ne constitue plus une force de changement, mais plutôt un facteur de continuation et de perpétuation du système néocolonial, ce qui la rend désormais incapable de réaliser la véritable libération de ce pays. La malédiction Obama doit donc être impérativement vaincue si nous voulons vraiment libérer le Cameroun et l’Afrique et les reconstruire avec succès. Et c’est à cette tâche que j’invite les Révolutionnaires Africaines à s’atteler au lieu de se laisser distraire par des élections qui ne sont en fait qu’une querelle de palais entre valets et laquais du même oppresseur impérialiste occidental.
1. La malédiction Obama, un virus très contagieux qui a gangréné la scène politique africaine partout sur le Continent:
Une observation attentive de la situation politique sur le Continent montre que tous les pays Africains où se tiendront bientôt ou prochainement les élections présidentielles offrent les exemples parfaits de la malédiction Obama et de ses conséquences désastreuses pour l’avenir du Peuple Noir. En effet, que ce soit le Libéria (présidentielles prévues le 11 Octobre 2011), la Gambie (24 Novembre), la République Démocratique du Congo (28 Novembre), le Sénégal (26 Février 2012), le Kenya et la Sierra Leone (Août 2012) ou le Gabon (Novembre 2012), etc. partout on constate que les régimes en place et les opposants qui prétendent les combattre sont minées par les mêmes contradictions.
Mais pour des raisons d’actualité, de temps et d’espace, je me concentrerais sur la province Africaine qui avait été violée, esclavagisée et mal-nommée « Cameroun » par les colonisateurs occidentaux ) et où les élections présidentielles auront lieu ce Dimanche 9 Octobre. Le soi-disant « Cameroun » n’est pas seulement une véritable Afrique en miniature par la diversité de son climat, sa végétation et sa population, il réunit aussi tous les problèmes hérités de la colonisation et toutes les contradictions imposées par le néocolonialisme dans tous les pays Africains. Ce cas est donc très intéressant et très important à analyser car les conclusions qu’on peut y tirer peuvent être transposées aux autres pays Africains, avec les mêmes leçons à retenir pour faire avancer et triompher la Révolution Panafricaine.
2. Les « Obama Camerounais » et autres PanObamanistes: Voyage au pays des « Pan-Afropportunistes », « Pan-Afrinéocoloniaux » et « Panafri-Con/nes »:
Comme la majorité des Africain/es à travers le Continent et dans la Diaspora, les Camerounais/es ont adoré et massivement soutenu Obama. Ici, l’Obamania a pris une telle ampleur que, utilisant le fait que le patronyme « OBAMA » est présent dans certaines Communautés du pays, des Camerounais ont même fabriqué une légende des origines de leur héros présidentiel selon laquelle, ses racines familiales ne seraient pas Kenyanes, mais Camerounaises.
2.1. Au-delà de l’anecdote, pour la classe politique, l’élite intellectuelle et la société civile Camerounaises, Obama est devenu un modèle de succès dont l’image et l’exemple sont d’autant plus fascinants que son ascension et sa soi-disant « réussite » se sont produites aux Serpents Unis. En effet, à cause de son passé et son présent racistes, esclavagistes et impérialistes et sa position dominante sur la scène mondiale, tout phénomène important qui se produit aux Serpents Unis et touche ou impacte la Communauté Noire, prend une importance particulière aux yeux des Africain/es Continentaux/ales. Dans ce contexte il est compréhensible que la star des medias et de la politique serpentsunienne devienne aussi un modèle et une idole pour ses Sœurs et Frères du Continent. C’est ainsi qu’au Cameroun, un des candidats à l’élection présidentielle s’est affublé le titre de soi-disant « Obama Camerounais » et il s’en vante volontiers.
2.2. A côté de cette identification avec Obama et cette appropriation de sa figure, l’opposition Camerounaise a placé des gros espoirs en lui pour soutenir le mouvement démocratique et des droits humains dans le pays et se désolidariser de la politique (néocolonialiste) de la France en Afrique. C’est dans ce sens que dès son entrée en fonction, les opposant/es Camerounais/es ont approché l’administration Obama et ont fait du lobby intense pour obtenir son soutien dans la lutte contre le régime en place. Aujourd’hui, ils/elles prétendent y avoir réussi et s’en vantent partout en faisant les déclarations et en donnant pour preuves les faits suivants:
2.2.1. Obama et Sarkozy auraient lâché Biya. Selon nos opposants, Obama aurait fait comprendre au despote Camerounais qu’il n’est pas souhaitable qu’il se présente à nouveau aux élections présidentielles et il aurait obtenu le soutien de Sarkozy dans ce sens. C’est ce qui expliquerait que Biya se soit complètement tourné vers la Chine pour obtenir le financement des élections et tout autre forme de soutien et d’aide dont il a besoin pour se maintenir au pouvoir ;
2.2.2. Le 19 Mai 2011 à l’occasion de la Fête Nationale du Cameroun, la Secrétaire d’État Clinton a adressé un message au peuple camerounais où elle affirme le soutien de l’administration Obama à la démocratie, aux droits humains et à l’État de droit au Cameroun et insiste pour que les élections présidentielles se passent dans la transparence, l’équité et le respect des principes démocratiques (http://yaounde.usembassy.gov/pr_05192011.html);
2.2.3. Le 19 Septembre dernier, l’ambassade des Serpents Unis a organisé et abrité un forum de la société civile camerounaise, ce qui a manifestement fâché la presse du régime qui, de façon ironique, traite les opposants de « candidats des ambassades ».
2.2.4. Le 1er Octobre, les opposants Camerounais aux Serpents Unis ont manifesté devant la Maison Blanche pour demander le soutien de Obama pour mettre fin au régime de Biya au Cameroun.
Après tous les crimes que Oncle Tom Obama et Sarkoléon-Le Fou et leurs alliés et complices criminels de l’OTAN ont commis contre l’Afrique et la Diaspora Noire depuis qu’ils sont au pouvoir (cf. Zimbabwe, Somalie, Côte d’Ivoire, Lybie, Colombie, Cuba), on peut s’étonner que des gens qui prétendent se battre pour l’indépendance et la prospérité de l’Afrique recherchent le soutien de ces puissances impérialistes pour faire changer de régime dans leur pays. Ceci est d’autant plus suspect que ce sont précisément ces pays impérialistes qui ont imposé et maintenu ce régime au pouvoir pendant toutes ces décennies. Les réponses à cette question se trouvent dans la compréhension des raisons qui ont poussé, des valeurs qui ont justifié et des motivations qui ont expliqué le soutien que la plupart des leaders politiques et d’opinion Africain/es (Panafricanistes ou non, progressistes ou non) ont accordé à Oncle Obama. Faute de temps et de place, je ne vais pas les énumérer et analyser toutes, mais seulement les plus essentielles:
2.3. Opportunisme, Intégrationnisme et Collaborationnisme: une opposition petite-bourgeoise elle aussi au service des mêmes impérialistes qui soutiennent le régime en place:
Quiconque se bat contre les régimes au pouvoir en Afrique réalise à un moment ou un autre qu’en fait, ils ne se maintiennent que grâce au soutien que leur accordent les puissances impérialistes occidentales. Devant cet état de faits, de vrai/es révolutionnaires vont comprendre que :
a) ils/elles ne peuvent compter que sur eux/elles-mêmes et les masses populaires pour changer le pays ;
b) ils/elles ne doivent pas seulement se débarrasser du despote et de l’équipe dirigeante au pouvoir, mais aussi faire partir leurs maîtres étrangers; et
c) après la libération, ils/elles doivent mettre en place une société nouvelle, avec un système économique et politique différents du système anti-Africain imposé par les oppresseurs racistes et impérialistes et conforme aux valeurs Ancestrales, à la culture millénaire et aux aspirations les plus progressistes des Africain/es.
En d’autres termes, les Révolutionnaires sont des Séparatistes qui croient au génie de leur peuple et de sa capacité à résoudre lui-même ses problèmes et donc à se poser comme modèle et source d’inspiration pour les autres peuples de la terre.
En revanche, les non-révolutionnaires (en fait les petit-bourgeois réformistes) vont
d) compter sur les puissances étrangères ;
e) maintenir et consolider l influence et les intérêts impérialistes dans le pays; et
f) mettre en place un système largement inspiré des modèles imposés par l’occident raciste et impérialiste.
En d’autres termes, les non-révolutionnaires sont des réformistes petit-bourgeois, et des intégrationnistes, qui pensent que l’Afrique a besoin des occidentaux pour résoudre ses problèmes; aussi ils/elles ne les reconnaissent et ne les traitent pas comme oppresseurs, mais les accueillent et les célèbrent comme soi-disant « partenaires ». Ainsi ils les appellent soi-disant « bailleurs de fonds » alors qu’en fait ce sont des voleurs de nos fonds et pilleurs de nos richesses; soi-disant « investisseurs » alors que ce sont des prédateurs ; soi-disant « coopérants » alors que ce sont des occupants ; soi-disant « communauté internationale » alors qu’en fait c’est la nation blanche mondiale raciste et impérialiste.
L’opportunisme consiste ici pour l’opposition à exploiter le soutien et les sacrifices du peuple non pas pour mettre fin à l’impérialisme, mais pour faire un deal avec lui aux dépens du régime en place. Pour cela, il lui faut réussir à convaincre les maîtres occidentaux que le régime qu’ils ont maintenu au pouvoir jusqu’à présent n’est plus le bon serviteur de leur politique et le meilleur garant de leurs intérêts, et cela sur un double plan:
g) À l’intérieur du pays, ses crimes, sa corruption et son impopularité font que les masses se radicalisent de plus en plus contre les puissances étrangères qui soutiennent ce régime. Les occidentaux doivent donc comprendre que les opposants sont les mieux à même de garantir la continuité de leurs intérêts car leur accession au pouvoir permettrait de contenir la colère des masses en leur donnant l’impression qu’il y a eu changement.
h) À l’extérieur, conscient qu’il est en train de tomber en disgrâce auprès des occidentaux, le régime au pouvoir cherche des nouveaux soutiens auprès des puissances soi-disant « émergentes » qui n’ont pas d’états d’âme pour lui fournir l’aide et les moyens dont il a besoin pour se maintenir au pouvoir (ex : Chine). Donc, si les occidentaux ne veulent pas à terme « perdre » leur néocolonie, ils ont intérêt à se débarrasser du régime actuel.
Ainsi, l’opposition petite-bourgeoise aura bien exploité le prétexte idéal, bien compris le moment opportun et bien saisi l’occasion pour se vendre aux impérialistes. Dans le contexte géopolitique africain actuel, le prétexte est la trop grande proximité des régimes au pouvoir avec la Chine; le moment c’est l’impopularité de ces régimes et l’occasion rêvée c’est quand le régime au pouvoir commet des crimes de sang de nature à choquer le public occidental au point de forcer les impérialistes à le laisser tomber ouvertement. Ces trois facteurs et d’autres sur lesquels je ne peux m’attarder ici sont autant de choses qui permettent aux occidentaux de faire oublier leurs responsabilités dans les crimes que commettent les régimes au pouvoir en Afrique tout en se donnant le beau rôle pour intervenir dans nos pays sous-couvert de soi-disant « protection des populations civiles » et de « sauvegarde des droits humains », blablabla.
2.4. Pan-Obamanisme, étape suprême du néocolonialisme:
C’est ainsi que, grâce à des opposants opportunistes et prêts à collaborer avec le diable, les occidentaux ont réussi durant les dernières décennies et continuent à imposer une nouvelle forme de néocolonialisme en Afrique: elle est incarnée par de nouvelles élites dirigeantes issues de l’opposition, petit-bourgeois moins brutaux, moins sanguinaires et apparemment (seulement selon les apparences) moins corrompus et plus compétents dans la gestion des affaires du pays que les régimes précédents. C’est ce que j’appelle le « néocolonialisme démocratique » ou la « démocratie néocoloniale » c’est-à-dire un système où le peuple a l’impression qu’il est libre parce qu’il peut choisir apparemment librement ses dirigeant/es, exercer ses libertés d’expression, d’association, de mouvement et d’entreprise sans entrave apparente, mais en fait ses ressources, sa richesse, sa terre, sa force de travail, sa culture et même son esprit sont toujours contrôlés et gérés par les impérialistes. Les exemples les plus illustratifs de cette nouvelle forme (sophistiquée et plus pernicieuse parce que difficilement reconnaissable) de néocolonialisme sont le Sénégal de l’Oncle Abdou-LeMenteur Wade, l’Afrique du Sud de l’Oncle Mandela, le Mali, le Niger, le Bénin, la Namibie, le Ghana, le Nigéria, le Centrafrique de l’Oncle Bozizé, la Jamaïque et la plupart des pays Africains-Caribéens, etc.
J’ai forgé les concepts de « Panafri-Nécoloniaux », « Panaffroportunistes », « Panafri-Collabos », « Panafri-Traîtres » pour désigner ces nouvelles figures incarnant les transformations du néocolonialisme en Afrique aujourd’hui. En effet, non seulement beaucoup de ces gens étaient à l’origine des panafricanistes convaincu/es (et la plupart se réclament toujours du Panafricanisme), mais aussi ceux/celles qui ne le sont pas ou ne l’ont jamais été opèrent dans un cadre et servent un système pervers qui a réussi à utiliser et subvertir la vision, les valeurs, le discours, les mécanismes et les institutions du Panafricanisme pour perpétuer l’oppression et l’exploitation du peuple Africain (tout le contraire du vrai Panafricanisme).
Au Cameroun, cette collaboration de l’opposition petite-bourgeoise avec les impérialistes a conduit à la situation rocambolesque où aujourd’hui, ce sont les militant/es du dictateur Biya qui ont récupéré les valeurs et tiennent les discours d’anti-impérialisme, d’indépendance nationale, de souveraineté africaine et se posent comme les remparts contre l’impérialisme américain (cf. http://www.cameroon-info.net/stories/0,29758,@,man-uvres-les-etats-unis-veulent-mettre-le-cameroun-a-feu-et-a-sang.html). Heureusement, le peuple n’y croit pas; mais le fait que les intellectuel/les et politicien/nes des oppositions Africaines abandonnent le terrain de l’anti-impérialisme aux régimes néocoloniaux en place montre à quel point ils/elles sont devenu/es problématiques, douteux/ses et suspect/es. Pour se racheter, ils/elles se réfugient derrière une acrobatie conceptuelle et idéologique dans laquelle ils/elles veulent nous faire croire que leur collaboration avec les impérialistes n’est pas une relation néocolonialiste. Dans cette logique négationniste et cette rhétorique révisionniste, le chat n’est plus le chat, le chien n’est plus le chien: ainsi, quand les occidentaux soutiennent les régimes en place ils sont impérialistes; mais quand ils soutiennent les opposant/es, ces dernier/ères veulent nous faire croire que du jour au lendemain, leurs nouveaux parrains occidentaux se sont plus des impérialistes mais des soi-disant « amis de l’Afrique ». Décidément, les opposant/es Africain/es prennent leurs peuples pour des cons.
L’ignorance ou l’arrogante indifférence de nos intellectuel/les et militant/es panafricanistes vis-à-vis de cette évolution du néocolonialisme sont une des causes qui expliquent que la plupart n’ont pas pu comprendre et éviter le piège de l’Obamanisme. En effet, ce sont l’opportunisme, le collaborationnisme, l’intégrationnisme, le révisionnisme et le négationnisme de la petite bourgeoisie opposée aux régimes en place déjà contenus et mis en œuvre dans le processus de transformation du néocolonialisme sur le Continent et dans les Caraïbes qui ont rendu possible et ont été développés à un niveau d’excellence dans la fabrication et l’imposition du mythe, de la supercherie, du mensonge, la confusion et l’hallucination Obama. Il n’est donc pas étonnant que dès le départ, les petit/e-bourgeois/es opposant/es Africain/es ont cru que la sélection de l’Oncle Tom Obama dans la Maison des Blancs est une chance unique pour obtenir le soutien des Serpents Unis à leurs efforts de changement de régime et de prise de pouvoir dans leurs pays respectifs. Panobamanistes convaincus et Panafropportunistes zélé/es, ce n’est pas un hasard non plus s’ils/elles s’accrochent toujours à l’Oncle Tom Obama et à Sarkoléon-Le Fou pour prendre le pouvoir dans leurs pays, même après que ceux-ci aient ouvertement commis autant de crimes contre l’Afrique et les Africain/es et montré qu’ils n’accepteront pas l’idée de pays Africains indépendants et maîtres de leur destin. Cette « malédiction Obama » représente la plus grave menace qui pèse sur la liberté et l’avenir de l’Afrique aujourd’hui parce qu’elle est une intériorisation du néocolonialisme et une autolégitimation de l’oppression par quoi on a réussi à nous faire respecter, admirer, aimer, soutenir et imiter comme modèles les pires suppôts de l’impérialisme et les pires ennemis intérieurs de l’Afrique et du Peuple Noir. Ainsi, les opposant/es Africain/es approuvent, légitiment, enseignent et transmettent à nos peuples et à nos enfants une éthique collaborationniste et de trahison dans laquelle servir l’oppresseur est érigé en vertu alors que combattre l’oppresseur est condamné et diabolisé comme étant du soi-disant « extrémisme ». C’est cet état d’esprit qui explique que depuis l’avènement de Oncle Tom Obama, nous avons perdu beaucoup d’ami/es et de camarades qui nous reprochaient notre soi-disant « radicalisme ». (En fait, nous sommes des Ancestralistes, c’est-à-dire des Panafricanistes resté/es fidèles à l’expérience et aux enseignements des Ancêtres, notamment en ce qui concerne la véritable nature et les manipulations du système occidental: Babylone).
2.5. Feymans et autres Escrocs politiques et Profiteurs d’Apocalypse:
Un autre important aspect de l’éthique opportuniste qui mine l’opposition petite bourgeoise Africaine c’est son escroquerie politique. Par là, j’entends la manie que nos opposant/es ont de se précipiter dans les medias, ambassades, ministères et palais présidentiels occidentaux pour revendiquer la paternité et la responsabilité des actions, luttes, accomplissements, réalisations et sacrifices des masses ou de leurs concurrents politiques, afin de faire croire aux occidentaux qu’ils représentent une force politique et/ou sociale importante qu’il est de leur intérêt de soutenir. Moins le peuple suit leurs mots d’ordre et réagit à leurs appels, plus ils font du tapage et des bruits dans les media, les ambassades et autres locaux des gouvernements occidentaux.
2.5.1. Ainsi, au Cameroun, tout le monde sait que depuis plus d’une décennie, la plupart des actions et soulèvements populaires sont de caractère spontané. Mais entretemps, il s’est constitué une véritable clique d’opportunistes et profiteurs d’apocalypse cyniques qui passent leur temps se procurer les photos et autres preuves des manifestations et de la répression des populations pour les apporter aux media, ONGs et diplomates occidentaux et les publier sur internet en même temps que des communiqués et des déclarations de presse pompeux et mégalomaniaques pour faire croire qu’ils seraient les organisateurs de ces actions et manifestations populaires. Certains en ont même fait une industrie qui leur a permis de collecter des titres auprès et s’enrichir grâce aux fonds reçus d’organisations, fondations et gouvernements occidentaux pour soutenir leur soi-disant « travail en faveur de la démocratie et des droits humains dans leur pays ». Cela s’appelle la feymania, c’est-à-dire l’industrie de l’escroquerie, du faux et de la manipulation. Feymans politiques et sociaux, soldats de l’internet et généraux des media, des computers et des cybercafés, les opposant/es petit-bourgeois/es comptent sur le dictateur pour réprimer dans le sang les actions et manifestations populaires spontanés qui ne manqueront pas d’avoir lieu avant, pendant et après les élections.
2.5.2. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre pourquoi tant de groupes ont revendiqué l’action menée par quelques personnes armées sur le pont du Wouri le 29 Septembre dernier, un épisode symptomatique de l’opportunisme et du cynisme de l’opposition petite-bourgeoise Africaine. C’est le même état d’esprit qui explique que chaque opposant/e Camerounais/e revendique ce qu’ils/elles croient tous/tes être le « mérite » d’avoir amené les occidentaux à « lâcher » Biya. La vérité historique est que chacun/e d’eux/elles a contribué peu ou prou à influencer l’attitude des occidentaux. Cela n’a pas toujours été fait professionnellement, c’était très souvent bricolé, poussif et hasardeux, mais normalement ils/elles auraient dû partager solidairement et avec humilité leurs succès politiques et diplomatiques tout en assumant ensemble et avec courage leurs erreurs et leurs échecs. Malheureusement, ils passent le temps à se glisser des peaux de banane sous les pieds, se dénigrer et se calomnier mutuellement et/ou collectivement, se faire des coup-bas, des débauchages et toutes sortes de mesquineries et de bassesses innommables et innombrables.
En fait, toutes ces attitudes négatives confirment ce qui est connu depuis toujours, à savoir qu’en plus d’être incorrigiblement opportunistes, les petit-bourgeois/es sont désespérément individualistes, chroniquement indiscipliné/es, viscéralement égoïstes, pathologiquement égocentriques et maladivement mégalomaniaques. On comprend ainsi pourquoi ils sont si réticents à et si incapables de s’unir et s’organiser ensemble pour mobiliser plus efficacement et plus durablement les masses.
2.6. Divisions internes, Méfiance généralisée et Faiblesse organisationnelle:
Je viens de souligner le manque chronique d’unité de l’opposition petite-bourgeoise Africaine. C’est ainsi qu’au Cameroun, alors que les opposants en exil appellent au boycott des élections du 9 Octobre, ceux de l’intérieur ont décidé d’y participer. Les exilés ne pourront pas imposer le mot d’ordre de boycott des élections au pays car, n’en déplaise leurs déclarations intempestives dans les media et sur le net, ils n’y ont pas de structures d’action opérationnelles capables de perturber ou empêcher le déroulement des élections. L’opposition interne (celle qui pourrait perturber ou empêcher les élections parce qu’elle est physiquement présente sur place au pays) n’accepte pas l’idée d’aller se sacrifier au front en confrontant les policiers et militaires du régime sur le terrain pour que des exilés restés bien au chaud dans leurs maisons en Europe, aux Serpents Unis et en Afrique de l’Ouest viennent récolter les fruits de leurs sacrifices. La vérité est que même si elle le voulait, elle ne le pourrait pas car, tout comme les exilés, les opposants du pays ont consacré les dernières années plus d’énergie et de ressources à courtiser les occidentaux pour qu’ils laissent tomber Biya qu’à mettre sur pied les structures opérationnelles efficaces qui auraient permis de le dégager et de libérer le pays par leurs propres moyens.
2.6.1. Déjà au sein des deux groupes règne une méfiance profonde entre des différents leaders, militant/es et organisations qui ne se gênent pas parfois pour s’insulter copieusement sur le net et dans les media (voir les divisions qui ont miné le CODE en Europe et la CAMDIAC aux Serpents Unis). Entre les exilés et les locaux, l’échec de tentatives d’entreprendre des actions communes et le manque de suivi de certaines activités ces dernières années (2009, 2010 et 2011 notamment), tout cela sur fond d’accusations réciproques d’autocratisme, de culte de la personnalité, de mégalomanie, de tribalisme et de détournements de fonds. Il y aussi eu la méfiance et les tensions nées des et exacerbées par les soupçons portés sur certains exilés d’être les poulains préférés des pays occidentaux en cas de changement de régime au Cameroun. Toutes ces choses ont fait qu’il ne peut plus y avoir une réelle alliance entre les opposants exilés et ceux de l’intérieur.
2.6.2. Il est important de s’attarder sur ces divisions car c’est cette faiblesse qui explique que les deux groupes s’en remettent aussi complètement au soutien occidental. En effet, comme souligné plus haut, les révolutionnaires ne comptent que sur eux/elles-mêmes pour renverser le régime oppressif au pouvoir. Dans ce sens, ils/elles sont intransigeant/es sur les questions d’auto-organisation et autres principes de la lutte révolutionnaire comme la solidarité, le soutien réciproque, la responsabilité mutuelle, la discipline individuelle et collective, autant de valeurs qui supposent un minimum d’unité et de confiance réciproque. Un/e révolutionnaire a toujours confiance à un/e autre révolutionnaire parce que tous/tes deux sont prêt/es, formé/es et déterminé/es à se battre jusqu’au sacrifice suprême pour leurs idéaux communs et leur peuple. En revanche, les opportunistes n’ont jamais confiance en personne, pour la raison toute simple qu’ils/elles savent eux/mêmes qu’ils/elles ne sont pas prêt/es à mourir pour leurs idées et leur peuple et ont tendance à projeter cette mentalité opportuniste et collaborationniste et cette éthique de lâcheté et de traîtrise/trahison sur les autres. C’est pourquoi s’il est en général plus facile pour un/e opportuniste d’abuser de la bonne foi de révolutionnaires, il est plus difficile pour les opportunistes de tromper d’autres opportunistes car ils/elles se connaissent tous/tes trop bien. C’est pourquoi au Cameroun comme au Congo et partout ailleurs en Afrique où la petite bourgeoisie pro-occidentale constitue la majorité des forces d’opposition, il n’y a pas et il n’y aura jamais d’unité politique et organisationnelle. Donc, ceux/celles qui parmi nous espèrent toujours que les opposants Africains réussiront à s’entendre et s’unir autour d’un/e candidat/e commun/e et d’un même programme politique attendront longtemps.
2.6.3. On peut se demander: alors que les défauts que nous avons diagnostiqués compromettent leurs chances de faire partir le régime au pouvoir, pourquoi les opposant/es Africain/es ne changent jamais ? La réponse: c’est simplement parce qu’ils/elles ne comptent pas sur leurs propres forces pour faire partir le régime au pouvoir, mais sur le parrainage et l’intervention de leurs parrains et maîtres occidentaux. En effet, c’est à ceux-ci que l’opposition petite-bourgeoise et réformiste Africaine s’en remet pour forcer les régimes actuels (qu’ils avaient eux-mêmes installé et qu’ils maintiennent au pouvoir) à quitter le pouvoir et pour l’installer, elle, au trône. En d’autres termes, nos opposants font le choix conscient et délibéré de devenir les nouvelles marionnettes du néocolonialisme occidental. Ceci permet de dire que les opposants petit-bourgeois sont des gros paresseux et de grands fainéants qui ne sont pas prêt/es à bosser dur, souffrir et faire des sacrifices comme il se doit quand on veut vraiment libérer son pays. Mais comme ils sont sûrs que leurs maîtres occidentaux vont faire le boulot pour eux, ils/elles se concentrent plutôt sur le partage anticipé des postes et des privilèges dans le futur régime. C’est pourquoi, personnellement, je n’ai pas été surpris d’apprendre que nos opposants sont déjà en train de se répartir les postes dans le futur gouvernement de soi-disant « union nationale » et de « transition » et les sociétés d’état, avant même que Biya et ses acolytes n’aient été chassés du pouvoir!
2.7. Les contradictions et la tragédie des « Panafri-Con/nes »
Dans l’opposition Africaine, il existe une deuxième catégorie de Pan-Obamanistes que j’ai baptisé les « Panafri-Con/nes ». Il s’agit de ces panafricanistes qui pensent que puisque selon eux/elles, nous n’avons pas les moyens de vaincre les impérialistes, il faut cesser de les confronter ouvertement. Au contraire, il faut s’approcher d’eux, se faire accepter par eux, entrer dans, maîtriser et utiliser leurs structures, techniques et méthodes pour prendre d’abord le pouvoir (entrisme). Et une fois qu’on y est parvenu/es, on peut alors selon eux/elles soi-disant « effectivement changer les choses, faire avancer l’Afrique et améliorer la situation du Peuple Noir ». Ils/elles ont soutenu Obama parce qu’ils/elles voyaient en lui l’exemple actuel et la preuve historique de l’efficacité de leur stratégie. Sur le Continent, leurs modèles sont Mandela (hier), Gbagbo (plus récemment) et Alpha CONDÉ (maintenant).
2.7.1. Je les ai appelé « Panafri-Con/nes » parce qu’il faut être vraiment naïf/ve pour croire que tu peux battre les occidentaux à leur propre jeu. Car l’impérialisme n’est pas un jeu de cache-cache psychologique, mais un rapport de forces brutal, violent et sanglant. C’est pour cela qu’il n’y a pas d’exemple d’un/e seul/e Africain/e qui ait réussi à infiltrer et subvertir avec succès le système raciste et impérialiste occidental (Babylone) pour le bien du Peuple Noir. Soit ils/elles finissent tous/tes par se plier au diktat et servir les oppresseurs occidentaux au détriment de leurs peuples (devenant ainsi des « Panafrinéocoloniaux ») ou ils/elles sont brutalement et impitoyablement éliminé/es. Donc, les Panafri-Con/nes ne sont rien d’autre que des opportunistes résigné/es et défaitistes et des intégrationnistes qui ont manifestement peur ou sont fatigué/es de confronter l’impérialisme. Ce sont eux aussi des jongleurs et des fraudeurs (feymans) qui essaient de nous vendre leur lâcheté comme une tactique intelligente et incontournable au service d’une stratégie faussement visionnaire pour atteindre par des voies détournées le but de la libération de l’Afrique et du bien-être des Africain/es. C’est pourquoi je dénonce les Panafricon/nes comme étant des « Panafri-Défaitistes », « Panafri-Lâches », « Panafri-Peureux/ses », « Panafri-Fatigué/es », etc.).
2.7.2. Au Cameroun, l’opposition déjà divisée s’est déchirée face à la crise ivoirienne. Les Panafricon/nes ont soutenu Gbagbo et par conséquent condamné vivement et combattu l’intervention militaire française / occidentale. Quant aux Panafrinéocoloniaux, ils/elles ont soutenu Ouattara et approuvé l’intervention militaire française / occidentale. Les yeux des Panafricon/nes se sont ouverts après les interventions criminelles et les massacres de Oncle Tom Obama et Sarkoléon-Le Fou et leurs alliés de l’OTAN en Côte d’Ivoire et plus tard en Lybie. C’est à ce moment que, déçu/es et désillusionné/es,ils/elles ont eu l’honnêteté de reconnaître qu’en dénonçant et rejetant la confusion Obama depuis le début, c’est nous qui avions raison. (Aujourd’hui, un des plus proéminents d’entre eux qualifie carrément Oncle Obama de « diable »). Ils/elles ne croient plus en Oncle Obama et admettent qu’il serait dangereux de s’appuyer sur et collaborer avec lui pour réaliser des changements de régime en Afrique. Le problème c’est qu’ils/elles ont perdu tellement de temps et d’énergie à chanter les louanges de leur ancien (anti-)héros présidentiel, à tout faire pour lui plaire et obtenir son soutien et à le défendre et protéger contre nos attaques qu’ils n’ont pas aujourd’hui les structures, moyens, ressources propres et les militant/es et supporters indispensables pour faire partir Biya. Conséquence : ils/elles se croient obligé/es de poursuivre leur alliance avec les Panafrinéocoloniaux, ce qui en fait signifie qu’ils/elles reviennent à la case départ de la malédiction Obama, c’est-à-dire la collaboration avec Oncle Tom Obama et Sarkoléon-Le Fou (en un mot : l’impérialisme; et cette vérité-là, toutes leurs acrobaties conceptuelles révisionnistes et négationnistes ne peuvent la masquer).
2.7.3. L’autre chose qui m’inquiète avec les Panafricon/nes c’est que, comme leur idole Gbagbo à l’époque, ils/elles semblent ne jamais avoir compris et ne jamais pouvoir échapper à la malédiction du tribalisme et de la xénophobie (« Panafri-Tribalisme »). En effet, alors que ce ne sont jamais eux/elles qui introduisent le tribalisme et la xénophobie dans le débat et la lutte politique dans leurs pays, curieusement et malheureusement, ils/elles sont incapables de reconnaître et éviter cette bombe à retardement que les impérialistes ont fabriqué et ce piège qu’ils ont habilement tendu pour diviser et affaiblir les Africain/es afin de mieux nous contrôler et nous exploiter. Les néocolonialistes occidentaux ont ensuite légué ces armes de division massive à leurs marionnettes du régime au pouvoir et à l’élite intellectuelle eurocentriste et l’opposition petite-bourgeoise réformiste (les Panafrinéocoloniaux) pour que le système se perpétue. Donc, en principe, les Panafricon/nes devraient savoir tout cela et par conséquent se poser comme les gardien/es intransigeant/es de l’unité de la Nation Noire. Dans ce sens, ils devraient démontrer leur engagement à ne pas reproduire les mesquines manœuvres de division des ennemis étrangers et intérieurs de l’Afrique et leur détermination à y mettre fin par la profondeur de leurs analyses, la propreté de leurs discours et choix des mots et la grandeur de leurs visions. Au lieu de quoi, les Panafricon/nes Camerounais/es ont commis la faute (inacceptable et impardonnable du point de vue révolutionnaire) de décrire et analyser la réalité politique notamment les manœuvres du pouvoir et les contradictions de l’opposition Camerounaise en termes soi-disant « ethniques » et à travers les catégories comme soi-disant « anglo-fous » et soi-disant « franco-fous ». Et parce qu’un baron du régime Biya a avoué avoir inscrit des soi-disant « étrangers » sur les listes électorales, ils/elles en font à tort une fixation, prétendant que cela pourrait déclencher la soi-disant « bombe » du conflit électoral au Cameroun. Triste opposition !
En résumé, même si les Panafricon/nes méritent plus de respect que les Panafrinéocoloniaux, le fait qu’ils/elles ne comptent pas sur leurs propres forces et se croient obligées de collaborer avec les Panafrinéocoloniaux et donc de faire des compromis avec l’impérialisme et leur manque de volonté et incapacité à éviter les pièges du tribalisme et de la xénophobie les disqualifient eux/elles aussi comme acteurs/actrices crédibles de la Révolution Africaine. (Ceci est d’autant plus vrai que n’ayant pas encore fait leur autocritique obamaniste, quelle garantie avons-nous que demain, ils/elles ne recommenceront pas à soutenir Obama ou une de ses filles en compétition pour devenir la Premières Femme Noire présidente des Serpents Unis?)
3) Que faire alors ? « Pour La Révolution Africaine » !
Pour résumer : la bataille électorale en cours au Cameroun aujourd’hui n’a pas un enjeu de libération nationale, mais il s’agit simplement d’une querelle de palais entre un régime et des opposants petit-bourgeois qui sont tous au service du même impérialisme occidental. Dans cette dispute familiale, l’opposition petite-bourgeoise est d’autant plus sûre du soutien de l’Oncle Tom Obama et de Sarkoléon-Le Fou que ces derniers veulent vraiment soigner leur image en Afrique après la déception et la colère que leurs actions criminelles en Côte d’Ivoire et en Lybie ont suscitées au sein de l’opinion publique Africaine. Dans ce sens, nos opposants petit-bourgeois pensent que Obama et Sarkozy ont compris que les élections présidentielles du Cameroun avec un dictateur complètement honni et un régime unanimement rejeté par le peuple leur offrent la chance unique de pouvoir montrer à peu de frais qu’ils sont vraiment pour la démocratie, les droits humains et l’état de droit en Afrique.
Dans un tel contexte de confusion, il est impératif de faire nôtre le mot d’ordre de l’Ancêtre Fanon pour la Révolution Africaine. Par conséquent, j’en appelle aux authentiques opposant/es Camerounais/es (les vrai/es révolutionnaires, nationalistes, anti-impérialistes, anticapitalistes et panafricanistes) à observer scrupuleusement et ne pas s’écarter des consignes suivantes:
3.1. Ne prenez pas part à une mascarade électorale qui ne servira à rien. Donc, le jour du vote, restez chez vous, avec vos familles, ami/es et camarades.
3.2. Dans la crise et le(s) conflit(s) familiaux subséquents qui diviseront la sainte famille néocoloniale, Ne prenez parti et ne vous engagez ni pour un camp ni pour l’autre.
3.3. Réduisez vos actions et limitez vos efforts à prendre les mesures de sécurité qui s’imposeront pour protéger la vie, l’intégrité physique, la santé et les biens des membres de vos organisations, de vos familles, de vos sympathisant/es, supporters et des Communautés locales, particulièrement les populations les plus vulnérables aux abus et aux exactions du régime (notamment les enfants et les jeunes, les femmes, les paysans, les travailleurs et les sans-emplois).
3.4. Quelque soit l’issue de la dispute familiale entre la petite bourgeoisie au pouvoir et la petite bourgeoisie dans l’opposition, poursuivez votre travail d’information, d’éducation et d’organisation pour vous préparer et préparer les masses populaires à la Lutte pour la Véritable Libération et le Vrai Changement qu’il faudra mener dans les mois et années à venir.
3.5. Dans ce sens, ne vous laissez pas culpabiliser, manipuler ou intimider par les deux camps ; ne cédez pas à leur chantage et ne tombez pas dans le piège qu’ils tendent aux masses camerounaises.
3.6. En effet, comme nous l’avons vu plus haut, d’un côté le régime au pouvoir utilise le fait que ses maîtres occidentaux soutiendraient maintenant les opposants pour se présenter comme le seul défenseur de l’indépendance et de la souveraineté de l’Afrique et de la dignité des Africain/es. Dénoncez clairement et fermement cette propagande mensongère et cette manœuvre opportuniste et amenez les masses à ne pas prendre le parti de ce ramassis de criminels incompétents et corrompus qui ont pillé le pays pour servir précisément ces oppresseurs occidentaux qui veulent se débarrasser d’eux aujourd’hui (comme on jette du papier de toilette usé et des citrons bien pressés pour les remplacer par des nouveaux). Dans ce sens, si vous voyez un jour des légionnaires français et des Green Berets serpentsuniens venir attraper Biya dans ses palais de Mvomekaa ou Etoudi, ne pleurez pas sur son sort et ne vous interposez pas pour le défendre.
3.7. De l’autre côté, ne suivez pas et ne soutenez pas ces opposants petit-bourgeois qui ont pactisé avec le diable occidental juste pour remplacer Biya au pouvoir et poursuivre la même politique de protection et de renforcement des intérêts impérialistes au Cameroun. Ne vous laissez pas embobiner par le soutien occidental qu’ils font miroiter aux masses comme soi-disant preuve et garantie que les occidentaux vont effectivement lâcher Biya et les installer au pouvoir. Cela est fort possible. Et de fait, les contradictions et faiblesses du régime Biya sont si flagrantes que Oncle Tom Obama et Sarkoléon-Le Fou n’ont même pas besoin d’envoyer leurs armées (qu’ils réservent en fait pour leurs futures attaques contre l’Iran) pour le dégager et ainsi laver leur conscience impérialiste criminelle en se donnant le beau rôle en Afrique. Mais justement, faites remarquer à nos opposants petit-bourgeois que si c’est vrai qu’ils ont le soutien de Oncle Tom Obama et Sarkoléon-Le Fou, ils ne devraient donc plus avoir besoin que vous alliez vous exposer aux balles du régime. Et dans ce cas, ils n’ont qu’à sortir et se faire tirer dessus eux-mêmes;
3.8. Demandez à nos opposants petit-bourgeois quel est le prix qu’ils vont payer pour bénéficier du soutien et de l’aide des impérialistes. En effet, quels sont les termes de l’accord qui les lient à Oncle Tom Obama et Sarkoléon-Le Fou ? Montrez à nos politicards et réformistes et défaitistes que vous n’êtes pas dupes, en leur rappelant que depuis des siècles d’impérialisme, il est toujours vérifié que quand les occidentaux soutiennent des dirigeants des pays non-européens, ces gens ne travaillent jamais pour le bien de leurs peuples, mais se révèlent toujours être des marionnettes au service des intérêts occidentaux. Par conséquent, Ne soutenez pas la soi-disant « Transition » qu’ils sont en train de négocier et veulent instaurer avec la bénédiction et sous le patronage et le contrôle de leurs maîtres occidentaux.
3.9. Continuez à vous informer, éduquer et organiser et à informer, éduquer et organiser les masses pour préparer la Véritable Lutte de Libération à venir.
4. Rejetez le mythe du « Printemps Arabe » et autres mythes anti-Africains forgés par les oppresseurs pour nous amener à penser que nous serions des incapables:
En effet, les intellectuel/les et les politiciens de l’opposition petite-bourgeoise Africaine ont tendance à culpabiliser le peuple Africain en prétendant que nous ne nous battrions pas assez et nous ne ferions pas assez de sacrifices pour notre liberté. Hier, c’était le soi-disant « Vent de l’Est » qu’on nous vantait comme modèle de lutte pour la démocratie. Ces jours-ci, la mode consiste à nous donner tout le temps l’exemple arabe et à nous vanter les mérites du soi-disant « Printemps Arabe ».
4.1. C’est le discours que me tenaient il y a quelque temps ici certains de ces opposants. Quand je leur faisais remarquer leur manque total d’organisation et de structure opérationnelle sur le terrain et critiquais leur collaboration avec les impérialistes, ils se sont lancés dans une éloge sans bornes du « printemps arabe » en concluant que c’est maintenant le moment pour les Africains « Sub-sahariens » (ce sont leurs mots, pas les miens) de soi-disant « prouver » que nous aussi nous soi-disant « méritons » la démocratie et sommes prêts à soi-disant « mourir pour nos droits ». Selon eux, ce n’est qu’ainsi que nous pourrons à notre tour obtenir le soi-disant « respect » et bénéficier du soutien de la soi-disant « communauté internationale ».
4.2. Ce côté donneurs de leçons est typique de nos opposants petit-bourgeois arrogants et pédants. Quand nous et les générations suivantes de Combattant/es de la Liberté, nous nous battions sur le terrain au pays, beaucoup de ces apprenti-stratèges politiques travaillaient dans les organisations impérialistes et autres institutions occidentales (soi-disant « internationales »). Après y être restés plus d’une dizaine et parfois vingtaine d’années, ces opposants de la vingt-cinquième heure se croient qualifiés pour nous donner des leçons aujourd’hui et se comportent comme s’ils étaient les messies que le peuple attendait depuis des années pour le conduire à la terre promise.
4.3. Il faut fermement rappeler et demander à ces suppôts de l’impérialisme et adeptes de la haine de soi, qu’il y a vingt à trente ans, quand nous organisions des grèves et manifestations qui ont paralysé nos pays pendant près d’une année au Cameroun et au Togo; quand nous renversions les dictateurs au Mali, au Niger et au Bénin; quand nous confrontions les pires dictatures sur les campus et dans les rues de Lubumbashi et Kinshasa, Libreville et Port-Gentil, Brazzaville et Bangui, Kigali et Bujumbura, Benin City et Lagos, Nairobi et Mombassa, Addis-Abeba et Asmara, Ndjamena et Kampala, Abidjan et Ouagadougou, etc.; quand nous mettions fin au règne de terreur de Duvalier et ses Tontons Macoutes à Haïti; quand nous résistions à l’invasion américaine de Grenade; etc. où étaient leurs héros arabes qu’ils célèbrent aujourd’hui si bruyamment ? Où étaient à l’époque CNN, TV5, BBC, VOA, ABC, Al-Jazeera pour montrer au monde entier avec quel courage, quelle abnégation, quelle solidarité, quelle efficacité et quelle détermination la jeunesse et les masses Africaines, ensemble avec nos Mères, nos Pères et nos Grands-parents, nous nous battions et continuons de nous battre pour notre Liberté, notre Dignité et nos Droits ?
4.4. En fait, c’est toujours ainsi qu’opère le racisme anti-africain. En effet, comme on le voit depuis dans le cadre de la lutte pour rétablir la vérité sur l’apport de chaque peuple à l’histoire universelle, notamment sur l’origine Africaine de l’Égypte Antique (Kemet), les oppresseurs occidentaux et leurs complices arabes, juifs et asiatiques font toujours croire que les Africain/es n’auraient rien contribué à la marche de l’histoire. Ainsi ce que nous avons apporté à l’humanité hier et ce que nous lui apportons aujourd’hui est systématiquement passé sous silence, ignoré et nié. Au contraire, même si nous ne demandons rien à personne, tout ce que les autres font longtemps après nous, ils viennent nous les brandir au nez et nous obliger à accepter que ce sont eux qui auraient commencé / inventé / produit cela, alors que bien souvent, ils les ont appris de nous ou même parfois volé chez nous. Mais comme nous avons parmi nous des élites intellectuelles et politiques assoiffées d’être reconnues par les maîtres oppresseurs et travaillant pour leurs institutions, multinationales et gouvernements, ces parasites opportunistes et arrivistes vont toujours s’empresser de répéter comme des perroquets ce que leurs maîtres étrangers leur dictent de dire contre leur propre peuple.
4.5. Or la vérité historique est que: aucun peuple sur cette terre ne s’est autant battu que le Peuple Noir, pour la simple raison que nous avons une histoire unique qui nous a fait nous retrouver par choix ou par force dans tous les coins de la terre, dans les moments historiques cruciaux et sur tous les champs de bataille où les plus grandes causes de l’humanité ont été en jeu. Voir ces quelques exemples choisis délibérément plus ou moins en dehors du Continent: Judaïsme/Christianisme/Bouddhisme/ Islam; Peuplement et Humanisation de l’Asie et du Pacifique; Maroonisme/Quilombisme/Palenquisme aux Amériques; Haïti; Révolution Bolivarienne; Révolution Française; le Panafricanisme/Garveyisme hors du Continent; Révolution Russe; 1è et 2è Guerres Tribales Européennes (soi-disant « guerres mondiales »); Guerre d’Espagne; Révolution Chinoise; Révolution Cubaine; Mouvement pour les Droits Civiques aux Serpents Unis; Révolution Vietnamienne; Luttes des Sans-Papiers en France; Questions des Minorités, de l’Immigration et l’Asile en Europe; Nouvelle Révolution Bolivarienne et Chavisme; l’Indigénisme dans les Amériques; etc.). Si ces ignorant/es ou aliéné/es ne connaissent pas et ne peuvent pas apprécier la glorieuse et s/héroïque histoire du Grand Peuple Noir, qu’ils/elles ne viennent pas nous donner de faux complexes d’infériorité ! Qu’ils/elles se taisent et aillent se cacher chez eux/elles ou chez leurs maîtres étrangers; mais, de grâce, qu’ils/elles nous foutent la paix et nous laissent continuer la Lutte pour la Libération et la Reconstruction de l’Afrique tranquillement !
4.6. Cela est particulièrement vrai dans le cas du soi-disant « Cameroun », cette terre bénie des Ancêtres qui a donné à l’Afrique beaucoup de ses plus valeureux/ses Combattant/es de la Liberté et de ses plus compétent/es Leaders et Cadres Révolutionnaires. En effet, que ce soit les partis politiques, les syndicats et autres organisations de travailleurs, les paysans, les mouvements estudiantins et de jeunes, les organisations des femmes, les intellectuel/les et artistes, les entrepreneur/ses économiques, les mouvements spirituels et religieux, ce pays a une tradition et une culture de résistance qui honorent la race Noire et dont nous pouvons être fiers/ères. Nous ne devons donc pas nous laisser déstabiliser et distraire par des militant/es de la vingt-cinquième heure qui prennent leur nombril pour le centre de l’Afrique. S’ils/elles sont vraiment convaincu/es que nous ne nous battons pas assez, qu’ils/elles aillent alors eux/elles-mêmes confronter la police et l’armée de Biya sur le terrain pour nous montrer de quoi ils/elles sont capables.
5) Conclusion: La Lutte Continue. Fait-quoi, Fait-quoi, Nous Vaincrons !
Comme je l’ai amplement montré, la « malédiction Obama » (c’est-à-dire cette obsession qu’a la classe politique Africaine, pouvoir et opposition confondus, de plaire aux impérialistes occidentaux et d’obtenir leur bénédiction et leur soutien avant de et pour faire quoique ce soit) est le problème majeur qui mine la politique africaine aujourd’hui. Nous avons vu que chez les opposant/es petit-bourgeois/es Africain/es, cette attitude s’explique par leur manque d’organisation, leurs faiblesses, leurs contradictions, leur opportunisme, leur défaitisme, leur lâcheté, leur résignation, leur désespoir et leur fatigue. Convaincu/es que l’impérialisme occidental ne peut pas être vaincu, ils/elles s’en accommodent (accomodationnistes). Croyant qu’il est indestructible, ils ne pensent plus à le défaire mais simplement à le réformer (réformistes).
Contrairement à ce ramassis de réactionnaires, les Révolutionnaires Africain/es réaffirment la nécessité et l’urgence d’une libération totale et une transformation radicale du Cameroun. Ils/elles s’engagent à poursuivre leur travail d’éducation, d’organisation et de mobilisation pour réaliser cette révolution. Dans ce processus, ils/elles ne demandent ni la permission ni le soutien des impérialistes car :
5.1. Les Vraies Révolutionnaires comprennent que la liberté ne se donne pas mais s’arrache;
5.2. Les Révolutionnaires Africain/es sont confiant/es en la victoire finale sur les dictatures, le néocolonialisme et l’impérialisme car ils/elles marchent sur les traces, s’inspirent, revendiquent et se réclament d’une lignée unique de Grandes Femmes et de Grands Hommes qui ont sacrifié leur vie pour la Liberté et la Dignité du Peuple Noir. Nous sommes fiers/ères d’émuler ces Ancêtres S/Héroïques et déterminé/es à accomplir et réaliser leur vision de la Libération et la Reconstruction de l’Afrique et de la Restauration de la Dignité et la Réalisation de la Prospérité des Africain/es sur le Continent et dans la Diaspora.
5.3. Les Ancêtres ont béni la province Africaine mal-nommée par les colonisateurs occidentaux « Cameroun » en lui transmettant cette Tradition Révolutionnaire Africaine millénaire. Ainsi, c’est avec respect, humilité, mais avec confiance et détermination que nous invoquons et appelons les Ancêtres Atangana, Bell, Um Nyobe, Osende Afana, Kingue, Moumié, Ouandié, Ekemeyong (Veuve Moumié), Mongo Beti, Ela, Taku, Tiwa; les plus de 1.500.000 Martyr/es génocidé/es par la France coloniale et néocolonialiste; les autres millions de victimes des colonisations, viols, et génocides perpétrés par les allemands et les anglais; en un mot tous/tes les Martyr/es Camerounais/es de la colonisation et du néocolonialisme tombé/es sur tous les champs de bataille du pays (Bamenda, Loum, Nkongsamba, Buéa, Limbé, Édéa, Éséka, Douala, Yaoundé, Sangmelima, Ebolowa, Ambam, Bertoua, Kribi, Obala, Mbalmayo, Maraoua, Ngaoundéré, Garoua, Abong-Mbang, Bafoussam, Foumban, Bandjoun, Bafang, Dschang, Bangangté, Yabassi, Bafia; etc.). Nous les appelons à nous guider, nous bénir et nous soutenir dans cette lutte que nous menons pour réaliser leur rêve d’un Cameroun et d’une Afrique totalement libérés, unis et prospères.
À bas la malédiction Obama !
À bas Sarkoléon-Le Fou!
À bas Biya et les dignitaires et profiteurs de son régime corrompu et sanguinaire, valets de l’impérialisme occidental !
Au diable les opposants petit-bourgeois, opportunistes, défaitistes, fatigués, lâches, peureux, intégrationnistes, réformistes au service de l’impérialisme occidental !
Vive la Révolution Africaine !
La lutte continue.
Pour le Cameroun, l’Afrique et le Grand Peuple Noir partout à travers le Monde, quoi qu’il advienne, nous vaincrons !
Senfo TONKAM
7 Octobre 7011
La Maison de l’Exil Babylonien.
Babylone-Hambourg, Babylone-Allemagne.

Chers amis du Cameroun et de l’Afrique
Chers compatriotes de la Diaspora camerounaise en Allemagne
Le Front Uni de la Diaspora Camerounaise vous invite à venir manifester votre opposition à la mascarade électorale le dimanche 09 octobre prochain à l’Ambassade du Cameroun à Berlin.
Ce 09 octobre 2011 en effet, Paul Biya (78 ans) 30 ans au pouvoir et depuis 1962 aux affaires, se fera de nouveau couronner Président à la suite d’une pseudo-élection organisée par son administration et soutenue à l’extérieur par ses représentations diplomatiques et consulaires.
Tout en prétendant octroyer le Droit de vote aux Camerounais de l’étranger, le régime a tout fait pour empêcher les Camerounais de la Diaspora d’exercer leur droit : délais d’enregistrement trop court, bureaucratisme, violation grossière de la Loi et de la Constitution, refus de la double nationalité, monopolisation de l’organisation par les Ambassades et consulats qui, eux-mêmes, sont inféodés au RDPC, etc. Résultat : même parmi les ressortissants camerounais qui ont la seule nationalité camerounaise moins de 7% sont enregistrés, selon les chiffres même des membres du régime de Yaoundé.
La Diaspora camerounaise qui a été à pratiquement 95 % exclue de ce processus frauduleux manifeste clairement son refus de cautionner une telle mascarade électorale, car celui-ci n’a pour but unique que de pérenniser un système autocratique et dictatorial qui a échoué sur tous les plans.
Face à ce drame historique de la vie de notre pays, nous vous invitons tous à un sursaut patriotique contre la confiscation du pouvoir par Paul Biya et l’exclusion de la Diaspora de la vie sociale et politique du Cameroun. L’Ambassade du Cameroun à Berlin serra investie pour un Sit-in le dimanche 09 octobre 2011.
Les Organisations du Front Uni de la Diaspora Camerounaise, réunies dans le cadre de la Plateforme pour le Boycott actif de la mascarade électorale du 09 octobre 2011, vous invitent toutes et tous, à prendre massivement part à cette manifestation citoyenne et pacifique pour dire NON à cette comédie et pour faire clairement comprendre au régime de Yaoundé que nous refusons qu’il exporte ses fraudes au cœur des grandes démocraties occidentales.
Il est du devoir de chaque camerounais de s’opposer par tous les moyens légitimes à la confiscation de la souveraineté du peuple camerounais par une clique corrompue qui est en train de mener notre pays vers les abimes.
Il faut dire NON avec des actes concrets et pas seulement avec des paroles ou par un cyber-militantisme!!!
Date : Le Dimanche 09 octobre 2011 à partir de 08h 00
Lieu : Ambassade du Cameroun en République Fédérale d’Allemagne; Ulmenallee 32, 14050 BERLIN
Pour le Front Uni de la Diaspora Camerounaise:
Jean Robert WANKO
Demokratisches Netzwerk für Kamerun (DNK)
G. TENE SOP
Conseil National de la Resistance – Mouvement UmNyobiste (CNR MUN)
Publié dans Germinal No 76 du 21 septembre 2011

Réaction de Mr TENE SOP au discours de Paul Biya au Congrès du RDPC
Mon impression générale est que, c’est un discours pathétique d’un vieillard somnambule qui semble se réveiller d’un long et profond sommeil et qui, tout couvert de honte, tente un baroud d’honneur en annonçant que les «grandes ambitions» qu’il a promises il ya sept ans, vont enfin devenir de «grandes réalisations» dans les 7 prochaines années. C’est un clair aveu d’échec!
Ce énième discours de Paul Biya nous donne la démonstration que ce Monsieur est fini, intellectuellement et politiquement. Il est au bout du rouleau, Il n’a rien à proposer à ses militants et aux camerounais et pour les distraire, Biya se livre à d’ennuyeuses élucubrations discursives. Un discours de plus de 10 pages et pas une seule proposition concrète, à part des considérations d’ordre général. Comme seul bilan de son septennat, Paul Biya dit qu’il a «révisé la constitution» en tuant au passage des centaines de camerounais…Un bilan peu glorieux pour un despote sanguinaire!
L’autre chose qui m’a frappé dans ce discours comme dans les allocutions passées, c’est cette irresponsabilité quasi-congénitale chez Paul Biya et qui se traduit par l’utilisation de la forme passive pour dire des choses qui engagent l’avenir de notre pays. Il utilise des formules comme «il est temps de… », «cela est intolérable…», «il faut… », «on doit…», etc.. Il parle comme s’il n’avait pas conscience de posséder la réalité du pouvoir, comme s’il attendait que quelqu’un d’autre gouverne à sa place. Ce style est plutôt celui d’un un opposant qui est en pleine critique de l’action du gouvernement. C’est bien Biya qui est le Chef de l’Etat, aussi illégitime qu’il soit, c’est lui qui doit assumer. C’est lui qui doit prendre des mesures et impulser une dynamique à l’action du gouvernement. C’est comme si ce type n’en avait vraiment pas conscience. Cela traduit chez ce personnage du Néandertal politique, une totale absence de conscience du poids de ses responsabilités et de ses fonctions de Chef de l’Etat. C’est normal pourrais-je dire, car Paul Biya n’a, en réalité qu’une perception jouissive et ludique du pouvoir d’Etat, d’où ses nombreux séjours de plaisance à l’étranger. Il n’est intéressé que par le coté bling-bling du pouvoir. J’attends d’un Homme d’Etat responsable qu’il parle à la première personne du singulier: «J’ai décidé…, je propose…, Je prends l’engagement de…, je vais construire…, etc.». Ce n’est pas le cas de Biya, qui est dans le délire total.
Enfin le discours de Paul Biya confirme que c’est un vulgaire démagogue. Il ne tient pas à ses engagements. Il n’a d’ailleurs jamais tenu à ses engagements. Souvenez-vous que son pouvoir a commencé par une grosse trahison qui le poursuit à ce jour. Il a trahi son mentor Ahidjo, à qui il doit tout. Comment prendre encore au sérieux quelqu’un qui avait promis «la politique des grandes ambitions», aussi creux que cela puisse sonner, et qui 7 ans après, a quand même le courage de nous promettre le passage des «grandes ambitions aux grandes réalisations»? Comment prendre un tel dangereux mythomane au sérieux? C’est bien Biya qui nous disait durant les années de braise «qu’on ne joue pas avec le Cameroun». Visiblement, le donneur de leçons n’a lui-même pas assimilé les leçons qu’il prétendait nous donner. Biya joue avec le Cameroun, il joue avec le destin de 25 millions de personnes, mais nous ne le laisserons plus faire. Il est en fin de course. Il faut que ce type nous foute la paix une fois pour toute. C’est tout ce que nous lui demandons.
TENE SOP
Secrétaire Général du
Conseil National pour la Résistance – Mouvement Umnyobiste (CNR-MUN)
Membre Fondateur du CODE

Ce 13 septembre 2011 est le 53e anniversaire de l’assassinat de Um Nyobè, le père de «l’indépendance» du Cameroun, par l’armée génocidaire française. Cette 53e commémoration intervient dans un contexte national et international particulier, où les forces rétrogrades alliées de l’impérialisme international, ont plus que jamais le vent en poupe, démontrant toute l’actualité du «Umnyobisme», comme instrument théorique et pratique de lutte, pour la libération du Cameroun et de l’Afrique de la domination et de l’exploitation impérialiste.
1. Au plan national, le régime néo-colonial qui a été mis au pouvoir par le gouvernement français après l’assassinat de Um Nyobè, organise le 09 octobre, une tragi-comédie électorale pour se maintenir au pouvoir. L’élection au Cameroun, comme dans tous les régimes criminels soutenus par la France, est devenue une simple formalité qui permet la reproduction et la perpétuation au pouvoir, des systèmes néocoloniaux en place. C’est ce que démontrent tous les scrutins présidentiels qui ont eu lieu à ce jour au Cameroun: 1960, 1965, 1970, 1975, 1980, 1984, 1988, 1992, 1997 et 2004. Ce cirque se reproduira le 09 octobre 2011, avec la bénédiction des défenseurs autoproclamés de « la démocratie dans le monde ». Dans un contexte où l’élection ne sert qu’à réprimer la volonté populaire, c’est en toute lucidité que les masses populaires ont tourné le dos, depuis 1997, au processus électoral comme l’atteste le faible taux d’inscription sur les listes électorales et le minable taux de participation aux élections depuis 15 ans. Malgré l’évidence du défaut de transparence et d’équité qui entoure le processus, une myriade de candidats sont en liste pour la mascarade du 09 octobre et une certaine classe politique appelle les camerounais à «se rendre massivement aux urnes», au prétexte que « même avec les fraudes, il est possible de chasser Biya par les urnes ». Le Conseil National pour la Résistance – Mouvement Umnyobiste (CNR-MUN), a refusé et refuse encore de cautionner un processus électoral frauduleux. C’est pourquoi, comme en 2004, nous réitérons notre appel au boycott de la présidentielle du 09 octobre. Pour le CNR-MUN, vrai combat aujourd’hui au Cameroun n’est pas dans la participation aux élections frauduleuses, mais plutôt, sur la nature de l’organe chargé de l’organisation des élections. Aucune élection transparente ne peut sortir d’un scrutin organisé par un organe comme ELECAM, totalement inféodé au régime corrompu et le RDPC de Paul Biya. Le CNR est d’avis avec Abel Eyinga, un « Rubéniste» convaincu, constant et conséquent, lorsqu’il remarquait pertinemment avant la présidentielle de 2004, que «ceux qui disent au camerounais qu’une élection libre et honnête, est possible (dans les conditions actuelles) se trompent et trompent les Camerounais, consciemment ou inconsciemment. Volontairement ou involontairement. De bonne ou de mauvaise foi».
2. Au plan africain, l’arrivée et la rapide expansion de la Chine sur le continent africain inquiètent et menacent les puissances occidentales, qui ont de plus en plus recours, très ouvertement, à de nouvelles guerres de conquêtes coloniales pour défendre ou protéger leur « chasse gardée». C’est cette logique prédatrice qui explique les guerres meurtrières qu’il nous été donné de vivre cette année en Côte d’Ivoire et en Libye, où le film macabre de l’assassinat de Um par la France est à nouveau en vogue, 53 ans après les faits. Les régimes insoumis sont renversés et remplacés par des hommes des paille, au nom d’une prétendue «défense des droits de l’Homme, de la démocratie ou de la protection des civils». C’est ce qui nous a été donné de vivre en Côte d’Ivoire où le président Gbagbo a été renversé par l’armée française au profit de «Dramane Ouattara». C’est ce qui vient également de se passer en Libye où les forces impérialistes ont chassé le Colonel Kadhafi pour placer au pouvoir, un Conseil National de Trahison (CNT) afin de prendre possession des vastes réserves pétrolières du pays.
Tous ces faits démontrent toute l’actualité et la justesse de la pensée et de l’action de Um Nyobé pour la libération du Cameroun. L’agression dont est l’objet notre continent appelle tous les africains libres, à se réapproprier le combat de Um Nyobé et des pères fondateurs du nationalisme africain pour chasser par tous les moyens, les forces impérialistes du continent. C’est cela le combat à mener en ce 53e anniversaire de la mort de Um Nyobè pour notre liberté et notre dignité. Hors de cette voie, point de salut pour le Cameroun et l’Afrique.
Le Conseil National pour la Résistance – Mouvement Umnyobiste accueille favorablement la tenue à la fin de cette année à Bamako, au Mali, d’un Forum de la « gauche africaine » et annonce d’ores et déjà sa participation en vue de contribuer à la construction de synergies fortes au plan continental pour des actions coordonnées contre l’agression impérialiste dont le continent est aujourd’hui l’objet.
Honneur et gloire éternelle à Um Nyobè !
Mort à l’impérialisme et ses suppôts locaux !
La lutte continue
Fait le 12 Septembre 2011
Tene Sop
Secrétaire Général duConseil National pour la Résistance/
Mouvement Um Nyobiste (CNR-MUN)
Membre du Comité Exécutif du CODE
tenesop@googlemail.com

Affiche publicitaire d'ELECAM (Modifiée par le CODE), le mardi 23 Aôut 2011, à la Maison Camerounaise de Hambourg pour sensibiliser la diaspora camerounaise à s'inscrire sur les listes électorales
A Hambourg, dans le Nord de l'Allemagne, les camerounais refusent de s'inscrire sur les listes électorales. C'est le constat qui se dégage sur le terrain, dans une ville où les partisans de l'opposition sont très actifs contre le régime au pouvoir à Yaoundé.
Ces opérations d'inscription sur les listes électorales visant les camerounais vivant dans le Nord de l'Allemagne avaient pourtant été annoncées à grand renfort de publicité pour le Mardi 23 Août, à la "Maison camerounaise" de Hambourg. C'est le RDPC qui s'est d'ailleurs chargé de diffuser l'information dans la Communauté Camerounaise locale. Flaubert Pankui, le président de la section Rdpc, dans un message électronique annonçait son "plaisir d'informer la communauté camerounaise de Hambourg , qu'une délégation de l'ambassade avec à sa tête le ministre conseiller, effectuera à nouveau un déplacement sur Hambourg le mardi 23.08.2011 afin de permettre à tout un chacun de pouvoir s'inscrire sur les listes électorales (...)".
Une première mission de l'Ambassade du Cameroun avait déjà eu lieu dans la ville Hanséatique le samedi 13 Août dans le but d'inscrire les camerounais en vue des élections à venir. Les Camerounais boudèrent complètement le rendez-vous et l'Ambassade du Cameroun à Berlin jugea "indispensable" de programmer une seconde rencontre à Hambourg, avec les encouragements des thuriféraires locaux du RDPC, qui prétendaient "contrôler la situation". Ces derniers avaient attribué le boycott des listes électorales à la "spontanéité de la visite du personnel de l'Ambacam qui n'avait pas permis de mobiliser les camerounais de Hambourg et ses environs".
Le Mardi 23 Août, Maison Camerounaise. Il est 19heures. La "délégation de l'Ambassade avec à sa tête le Ministre Conseiller" comme annoncé, est absente. A sa place, c'est le président de la section RDPC à Hambourg, assis derrière une table et s'ennuyant visiblement, qui essaye de courtiser et proposer aux rares visiteurs qui s'aventurent sur ces lieux, des fiches de demande de carte consulaire et d’inscription sur les listes électorales. Ce qui n'a pas manqué de susciter le courroux d’un étudiant venu pour se faire recenser. "On nous a dit qu'une délégation de l'ambassade viendrait pour nous inscrire (...); où est donc cette délégation? Pourquoi c'est le président du RDPC à Hambourg qui est chargé d' inscrire les gens sur les listes électorales?" tempête N.J, étudiant en électronique, avant de sonner la charge : "quand on va dire que l'ambassade c'est le RDPC ou que ELECAM, c'est le RDPC, vous allez dire qu'on ment (...)". "En voila la preuve", fulmine notre jeune homme, très en colère, avant de claquer la porte.

La Maison Camerounaise ce mardi 23 Aout 2011: d'habitude fourmillant de monde, elle n'a pas connu d'affluence pour les listes électorales.
"Nous sommes venu nous assurer que notre mot d'ordre de boycott est effectif"
L'une des curiosités de cette soirée "d'inscription sur les listes électorales" a été l'arrivée autour de 19 heures, de Monsieur Tene Sop, Membre du CODE et Secrétaire Général du Conseil National pour la Résistance - Mouvement Umnyobiste (CNR-MUN), qui a récemment cosigné une déclaration conjointe avec d'autres organisations de la Diaspora, pour appeler au boycott actif des listes électorales et de l'élection présidentielle. "Où est la délégation venue de Berlin pour les inscriptions, Interroge-t-il d'emblée ! "La délégation a eu un empêchement et m'a demandé de l’aider à faire le travail, ce que j’ai accepté (…)" rétorque un peu embarrassé Flaubert Pankui. « Non, ca c’est un acte illégal et frauduleux car un militant de parti na pas la crédibilité et l’impartialité requises pour représenter aussi bien l’AMBACAM que ELECAM (…) ; c’est comme cela que vous faites pour bourrer les listes électorales d’électeurs fictifs. Vous êtes pris en flagrant délit de fraude électorale !…» tempête Tene Sop. « Non, je n’inscris personne, tente de rassurer Pankui , je rassemble juste les fiches pour les acheminer à l’Ambacam à Berlin et c’est elle qui va établir les cartes d’électeurs». Il s'ensuit alors une discussion très animée entre les deux. Interrogé sur sa présence sur le site des inscriptions alors que son mouvement a appelé au boycott, Tene Sop réplique "nous sommes venu nous assurer que notre mot d'ordre de boycott est effectif" avant d'expliquer ce qu'il entend par boycott actif: "le boycott actif, murmure l’activiste, c'est être présent sur le théâtre des opérations afin de persuader par la discussion et le dialogue ou de dissuader par tout autre moyen, nos compatriotes à ne pas cautionner un processus électoral frauduleux".

Le moins que l’on puise dire c’est que ce ne fût pas une journée facile pour Pankui Flaubert qui s’est sans doute beaucoup ennuyé ce 23 aout à la Maison camerounaise, tellement les candidata á l’inscription sur les listes électorales se faisaient rares. A 21heures 30mn, Monsieur Pankui a refermé ses registres signifiant la fin des inscriptions. Quant à nous, nous avons compté exactement 5 personnes qui se sont présenté à l’enrôlement, dans une ville qui compte plus d’un millier de camerounais. Bilan bien maigre et pathétique pour une opération qui avait pourtant été annoncée à grand renfort de publicité.
Selon nos informations c’est le même désintérêt de la Diaspora en Allemagne qui a accueilli les missions d’inscription électorale à Bonn et à Francfort de même qu’à l’Ambacam à Berlin. C’est ce quasi boycott des inscriptions électorales par la diaspora camerounaise en Allemagne qui serait d’ailleurs la cause de l’annulation pure et simple des deux autres missions d’inscription qui étaient prévues à Stuttgart et à Munich, respectivement les 27 et 28 Août. Selon un fonctionnaire de l’Ambacam à Berlin qui a requis l’anonymat, « Nous sommes très découragés par le manque d’enthousiasme de la Diaspora ; nous espérions un réel engouement compte tenu de ce que c’est la première fois que notre diaspora va voter… ».
Pour rappel, par la loi N°2011/013 du 13 Juillet 2011 et le décret présidentiel N° 2011-237 du 8 août 2011, le régime de Monsieur Biya a enfin reconnu le droit de vote aux citoyens camerounais établis ou résidant à l’étranger. Mais cette loi exclut de facto, de nombreux camerounais s’étant prévalu d’une autre citoyenneté, la nationalité camerounaise étant incompatible avec d’autres nationalités. C’est l’une des raisons pour lesquelles des organisations politiques de la Diaspora Camerounaise dénoncent cette loi et de nombreuses d’entre elles dont le CODE, ont appelé les camerounaise de la Diaspora à boycotter les inscriptions sur les listes électorales et l’élection présidentielle d’octobre.
Autant dire que les semaines à venir s’annoncent très chaudes dans la diaspora Camerounaise.
Essama Benoit Joël, Hambourg
PLATE-FORME DE LA DIASPORA CAMEROUNAISE pour le REFUS de la mascarade électorale en préparation au Cameroun et pour le BOYCOTT ACTIF du processus électoral

APPEL AU BOYCOTT ACTIF DE LA MASCARADE ELECTORALE EN COURS DANS LES AMBASSADES DU CAMEROUN
A propos de la mascarade actuellement en cours dans les ambassades du Cameroun, qui tentent « d’organiser » en moins de 4 semaines, périodes de recours comprises, l’inscription et la remise des cartes d’électeurs pour au moins 4 millions de Camerounais de la Diaspora, selon les chiffres officiels de M. Eyebe Ayissi, Ministre des Affaires Etrangères du régime dictatorial de Yaoundé :
Considérant l’empressement du régime dictatorial RDPC de M. Paul Barthélemy Biya à adopter un décret d’application du « droit de vote des Camerounais de la diaspora » qui confie l’organisation des élections aux ambassades du Cameroun, antichambres notoires du RDPC, où les ambassadeurs ne peuvent qu’assurer la victoire par tous les moyens de celui qui les nomme ;
Considérant qu’en plus des tares et insuffisances déjà largement dénoncées d’ELECAM, cet organe a été privé du droit de proclamer les résultats, même provisoires, des élections ;
Considérant la volonté obstinée de Paul Biya d’exclure des millions de Camerounais de la diaspora du processus électoral par son refus de leur accorder la double nationalité, démontrant par cet ostracisme délibéré que le fossé entre les Camerounais de la diaspora et le régime oppresseur en place au Cameroun est très profond ;
Considérant que le nombre limité de bureaux de votes dans la diaspora oblige nos compatriotes de l’étranger à parcourir des milliers de kilomètres pour se faire enrôler sur les listes électorales et ensuite revenir voter ;
Considérant que les ambassades exigent pour l’inscription sur les listes électorales, une «carte de séjour en cours de validité dans leur pays d’accueil», excluant de fait les milliers de nos compatriotes «sans papiers»;
Considérant que le processus d’inscription sur les listes électorales dans la diaspora prend des allures de « fichage policier» par la longue fiche d’informations qu’il faut remplir auprès des ambassades et postes consulaires ;
Considérant que la majorité des membres des « commissions électorales » installées dans les ambassades sont des membres du RDPC et/ou des membres du personnel diplomatique, confortant la conviction que les élections organisées par les ambassadeurs du Cameroun sont gagnées d’avance par Paul Biya ;
Considérant l’impossibilité d’informer équitablement, en si peu de temps, tous les électeurs potentiels de la diaspora des conditions d’inscription sur les listes électorales, avec comme corollaire que l’information est préférentiellement tournée vers les militants du RDPC ;
Considérant que, malgré les protestations légitimes du peuple camerounais et malgré toutes les réserves émises par les organisations et personnalités politiques sérieuses sur la neutralité et l’indépendance de cet organe corrompu et anti-démocratique, le dictateur et son régime continuent leur fuite en avant avec ELECAM ;
Considérant que ELECAM, avec le traitement salarial ministériel des membres, est un organe clairement sous le contrôle du RDPC et de l’administration RDPC (y compris ses ambassades à l’étranger), et que, par conséquent, ELECAM n’a rien d’un organe indépendant ;
Considérant l’instrumentalisation par l’autocrate Biya de certains partis et personnalités politiques pour apporter leur caution aux fraudes qui se préparent ;
Considérant que toutes les élections qui se sont déroulées au Cameroun depuis 1990 ont été organisées pour maintenir le dictateur Paul Biya au pouvoir ;
Considérant les appels répétés du peuple Camerounais et des partenaires du Cameroun pour l’organisation des élections libres et transparentes par un organe réellement indépendant ;
Considérant qu’en massacrant en février 2008 plus de 150 jeunes qui étaient descendus massivement dans les rues pour protester contre son tripatouillage constitutionnel, M. Paul Barthélemy Biya Bi Mvondo a clairement démontré qu’il n’a aucune intention de quitter le pouvoir ;
Nous, Organisations et personnalités camerounaises de la Diaspora, signataires de la présente Déclaration et prenant les Camerounais à témoin,
1-Déclarons solennellement notre hostilité à toute élection organisée au Cameroun et dans sa diaspora par ELECAM, un organisme partial et partisan au service du régime corrompu au pouvoir.
2-Appelons en conséquence tous les patriotes camerounais de la diaspora et de l’intérieur à empêcher, par tous les moyens, les inscriptions sur les listes électorales et la tenue d’élections mascarades qui auraient pour seul but la reconduction de Paul Barthélemy Biya et son régime ;
3-Dénonçons avec la dernière énergie la main mise des Ambassadeurs du Cameroun sur l’organisation des élections et appelons tous les Camerounais de la diaspora en capacité de voter, en signe de protestation contre les conditions électorales anti-démocratiques en vigueur, à boycotter massivement les inscriptions sur les listes électorales partout dans le monde ;
4-Dénonçons l’exclusion des millions de Camerounais de la diaspora du processus électoral du simple fait qu’ils ont pris la nationalité de leurs pays de résidence, alors que la majorité des pays africains donne le même droit a leurs citoyens dans les mêmes conditions;
5-Appelons tous les Camerounais de la diaspora au boycott actif de cette mascarade électorale, en posant tout acte pertinent de leur choix ou en participant à toute action pertinente ayant pour objectif de dénoncer et/ou d’empêcher toute opération de cette mascarade électorale.
6-Dénonçons le financement d’ELECAM et les salaires de ses membres, grassement payés par l’argent du contribuable camerounais, et qui ne peuvent scier une branche sur laquelle ils sont assis;
7-Estimons les protestations du Peuple Camerounais contre ELECAM fondées, et encourageons ce Peuple à stopper, par tous les moyens en sa possession, la comédie ubuesque que Paul Biya s’apprête encore à lui servir après 30 ans de gabegie;
8-Ré-affirmons que ELECAM est inféodé au régime RDPC, et donc incapable d’organiser une élection libre et transparente, et porte de ce fait, les risques d’une instabilité durable au Cameroun, comme en Egypte et en Tunisie ;
9-Réaffirmons que seule une véritable Commission Electorale Nationale Indépendante des partis et de l’administration doit organiser tout le processus électoral depuis l’inscription sur les listes électorales jusqu’à la proclamation des résultats ;
10-Appelons les amis du Cameroun qui s’inquiètent des risques d’instabilité inhérente aux élections, à utiliser tous les moyens de pression pour persuader Paul Biya de quitter le pouvoir, ou de créer des conditions d’une alternative pacifique au Cameroun;
11-Appelons les partis et personnalités politiques qui comptent crédibiliser cette farce électorale par leur participation, à renoncer à cette position et à rejoindre le camp du peuple qui s’abstient en signe d’opposition à cette mascarade;
12-Affirmons avec sérénité que nous ferons tout notre possible pour empêcher l’exportation de la fraude électorale par M. Biya au cœur des démocraties occidentales.
13-Appelons nos compatriotes de la diaspora et de l’intérieur à se tenir prêt á répondre à l’appel pour la libération de notre pays du joug du régime néocolonial au pouvoir.
L’heure de la libération de notre pays a sonné !
Fait le 17 août 2011
Signataires:
Pour le Collectif des Organisations démocratiques des Camerounais de la Diaspora (CODE) :
Brice NITCHEU, Angleterre
Moise ESSOH, Belgique
Pour le Conseil national pour la Resistance - Mouvement Umnyobiste (CNR - MUN)
M. G. Tene SOP, Allemagne
Pour Cameroon Diaspora for Change (CAMDIAC)
M. Jean Bosco TAGNE
Pour le Cercle Félix Moumié (CFM)
M. Patrice NDJOUMI, Belgique
Pour le Demokratisches Netzwerk für Kamerun (DNK)
M. Jean Robert WANKO, Allemagne
Personnalité politique, engagée dans la refondation du Cameroun :
Dr. GUERANDI MBARA Goulongo, Afrique.
Pour Front pour l’Evolution et la République (FER)
M. Guy Simon NGAKAM, Belgique
Pour le Front Panafricain (FP)
M. Robert WAFFO WANTO, France
Pour l’Union des Populations du Cameroun (UPC)
M. René EMEH ELONG, France
Pour Conscience du Cameroun (CDC)
Corantin Talla, USA
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
http://www.afrik.com/article23507.html
Société - Afrique Centrale - Cameroun - International - Diplomatie - Politique - Droits de l’Homme - Election
Cameroun : la diaspora appelle au boycott de l’élection présidentielle
Texte intégral de la plate-forme des organisations des Camerounais de l’étranger

De nombreuses organisations de la diaspora camerounaise appellent au boycott actif de la prochaine élection présidentielle dans leur pays. Elles dénoncent le flou qui entoure la décision de Yaoundé d’accorder le droit de vote au Camerounais de l’étranger. Texte intégral.
PLATE-FORME DE LA DIASPORA CAMEROUNAISE pour le REFUS de la mascarade électorale en préparation au Cameroun et pour le BOYCOTT ACTIF du processus électoral APPEL AU BOYCOTT ACTIF DE LA MASCARADE ELECTORALE EN COURS DANS LES AMBASSADES DU CAMEROUN
A propos de la mascarade actuellement en cours dans les ambassades du Cameroun, qui tentent « d’organiser » en moins de 4 semaines, périodes de recours comprises, l’inscription et la remise des cartes d’électeurs pour au moins 4 millions de Camerounais de la Diaspora, selon les chiffres officiels de M. Eyebe Ayissi, Ministre des Affaires Etrangères du régime dictatorial de Yaoundé :
Considérant l’empressement du régime dictatorial RDPC de M. Paul Barthélemy Biya à adopter un décret d’application du « droit de vote des Camerounais de la diaspora » qui confie l’organisation des élections aux ambassades du Cameroun, antichambres notoires du RDPC, où les ambassadeurs ne peuvent qu’assurer la victoire par tous les moyens de celui qui les nomme ;
Considérant qu’en plus des tares et insuffisances déjà largement dénoncées d’ELECAM, cet organe a été privé du droit de proclamer les résultats, même provisoires, des élections ;
Considérant la volonté obstinée de Paul Biya d’exclure des millions de Camerounais de la diaspora du processus électoral par son refus de leur accorder la double nationalité, démontrant par cet ostracisme délibéré que le fossé entre les Camerounais de la diaspora et le régime oppresseur en place au Cameroun est très profond ;
Considérant que le nombre limité de bureaux de votes dans la diaspora oblige nos compatriotes de l’étranger à parcourir des milliers de kilomètres pour se faire enrôler sur les listes électorales et ensuite revenir voter ;
Considérant que les ambassades exigent pour l’inscription sur les listes électorales, une « carte de séjour en cours de validité dans leur pays d’accueil », excluant de fait les milliers de nos compatriotes « sans papiers » ;
Considérant que le processus d’inscription sur les listes électorales dans la diaspora prend des allures de « fichage policier » par la longue fiche d’informations qu’il faut remplir auprès des ambassades et postes consulaires ;
Considérant que la majorité des membres des « commissions électorales » installées dans les ambassades sont des membres du RDPC et/ou des membres du personnel diplomatique, confortant la conviction que les élections organisées par les ambassadeurs du Cameroun sont gagnées d’avance par Paul Biya ;
Considérant l’impossibilité d’informer équitablement, en si peu de temps, tous les électeurs potentiels de la diaspora des conditions d’inscription sur les listes électorales, avec comme corollaire que l’information est préférentiellement tournée vers les militants du RDPC ;
Considérant que, malgré les protestations légitimes du peuple camerounais et malgré toutes les réserves émises par les organisations et personnalités politiques sérieuses sur la neutralité et l’indépendance de cet organe corrompu et anti-démocratique, le dictateur et son régime continuent leur fuite en avant avec ELECAM ;
Considérant que ELECAM, avec le traitement salarial ministériel des membres, est un organe clairement sous le contrôle du RDPC et de l’administration RDPC (y compris ses ambassades à l’étranger), et que, par conséquent, ELECAM n’a rien d’un organe indépendant ;
Considérant l’instrumentalisation par l’autocrate Biya de certains partis et personnalités politiques pour apporter leur caution aux fraudes qui se préparent ;
Considérant que toutes les élections qui se sont déroulées au Cameroun depuis 1990 ont été organisées pour maintenir le dictateur Paul Biya au pouvoir ;
Considérant les appels répétés du peuple Camerounais et des partenaires du Cameroun pour l’organisation des élections libres et transparentes par un organe réellement indépendant ;
Considérant qu’en massacrant en février 2008 plus de 150 jeunes qui étaient descendus massivement dans les rues pour protester contre son tripatouillage constitutionnel, M. Paul Barthélemy Biya a clairement démontré qu’il n’a aucune intention de quitter le pouvoir ; Nous, Organisations et personnalités camerounaises de la Diaspora, signataires de la présente Déclaration et prenant les Camerounais à témoin,
Déclarons solennellement notre hostilité à toute élection organisée au Cameroun et dans sa diaspora par ELECAM, un organisme partial et partisan au service du régime corrompu au pouvoir. Appelons en conséquence tous les patriotes camerounais de la diaspora et de l’intérieur à empêcher, par tous les moyens, les inscriptions sur les listes électorales et la tenue d’élections mascarades qui auraient pour seul but la reconduction de Paul Barthélemy Biya et son régime ;
Dénonçons avec énergie la main mise des ambassadeurs du Cameroun sur l’organisation des élections et appelons tous les Camerounais de la diaspora en capacité de voter, en signe de protestation contre les conditions électorales anti-démocratiques en vigueur, à boycotter massivement les inscriptions sur les listes électorales partout dans le monde ;
Dénonçons l’exclusion des millions de Camerounais de la diaspora du processus électoral du simple fait qu’ils ont pris la nationalité de leurs pays de résidence, alors que la majorité des pays africains donne le même droit a leurs citoyens dans les mêmes conditions ;
Appelons tous les Camerounais de la diaspora au boycott actif de cette mascarade électorale, en posant tout acte pertinent de leur choix ou en participant à toute action pertinente ayant pour objectif de dénoncer et/ou d’empêcher toute opération de cette mascarade électorale.
Dénonçons le financement d’ELECAM et les salaires de ses membres, grassement payés par l’argent du contribuable camerounais, et qui ne peuvent scier une branche sur laquelle ils sont assis ; Estimons les protestations du Peuple Camerounais contre ELECAM fondées, et encourageons ce Peuple à stopper, par tous les moyens en sa possession, la comédie ubuesque que Paul Biya s’apprête encore à lui servir après 30 ans de gabegie ; Affirmons que ELECAM est inféodé au régime RDPC, incapable d’organiser une élection libre et transparente, et porte les risques d’une instabilité durable au Cameroun, comme en Egypte et en Tunisie ;
Réaffirmons que seule une véritable Commission Electorale Nationale Indépendante des partis et de l’administration doit organiser tout le processus électoral depuis l’inscription sur les listes électorales jusqu’à la proclamation des résultats ;
Appelons les amis du Cameroun qui s’inquiètent des risques d’instabilité inhérente aux élections, à utiliser tous les moyens de pression pour persuader Paul Biya de quitter le pouvoir, ou de créer des conditions d’une alternative pacifique au Cameroun ; Appelons les partis et personnalités politiques qui comptent crédibiliser cette farce électorale par leur participation, à renoncer à cette position et à rejoindre le camp du peuple qui s’abstient en signe d’opposition à cette mascarade ; Affirmons avec sérénité que nous ferons tout notre possible pour empêcher l’exportation de la fraude électorale par M. Biya au coeur des démocraties occidentales.
Appelons nos compatriotes de la diaspora et de l’intérieur à se tenir prêt á répondre à l’appel pour la libération de notre pays du joug du régime néocolonial au pouvoir.
L’heure de la libération de notre pays a sonné.
Fait le 17 août 2011
Signataires :
Pour le Collectif des Organisations démocratiques des Camerounais de la Diaspora (CODE) :
Brice NITCHEU, Angleterre
Moise ESSOH, Belgique
Pour le Conseil national pour la Resistance Mouvement Umnyobiste (CNR - MUN)
M. Guillaume Tene SOP, Allemagne
Pour Cameroon Diaspora for Change (CAMDIAC)
M. Jean Bosco TAGNE
Pour le Cercle Félix Moumié (CFM)
M. Patrice NDJOUMI, Belgique
Pour le Demokratisches Netzwerk für Kamerun (DNK)
M. Jean Robert WANKO, Allemagne
Personnalité politique, engagée dans la refondation du Cameroun :
Dr. GUERANDI MBARA, Afrique
Pour Front pour l’Evolution et la République (FER)
M. Guy Simon NGAKAM, Belgique
Pour le Front Panafricain (FP)
M. Robert WAFFO WANTO, France
Pour l’Union des Populations du Cameroun (UPC)
M. René EMEH ELONG, France
les Sans-papiers et les bi-nationaux ne pourront pas voter

L’Etat camerounais a pris une décision historique en accordant, début août, le droit de vote au Camerounais vivant à l’étranger. Cependant, il a entouré cette mesure de plusieurs restrictions qui au final privent du droit de vote les personnes en situation irrégulière dans leur pays d’accueil et celles qui ont changé de nationalité. L’opposition dénonce une manœuvre politicienne.
De nombreux Camerounais vivant à l’étranger qui ont cru qu’ils pourraient désormais participer à la vie politique de leur pays en votant comme tout citoyen, vont déchanter. Car le droit de vote qui leur est désormais reconnu est soumis à de telles restrictions et complications, que la plupart d’entre eux ne pourront pas en bénéficier.
L’Assemblée nationale camerounaise avait pourtant pris une décision historique, en adoptant, le 6 juillet, la loi autorisant les Camerounais de l’étranger à participer aux élections présidentielles et aux référendums. Dans la foulée, un décret présidentiel promulgué un mois plus tard, le 8 août, était venu rendre cette loi applicable. Mais pas à tous les potentiels bénéficiaires.
En France comme dans les autres pays où vivent les Camerounais expatriés, ce texte a été accueilli avec beaucoup d’attention. Car ce sont plusieurs millions de personnes qui depuis des décennies, sont privées du droit de voter. « Il était inadmissible que même les diplomates à l’étranger n’aient pas le droit de vote », souligne Pierre Mila Assouté, le président du Rassemblement démocratique pour la modernisation du Cameroun (RDMC), un parti de l’opposition camerounaise. Ancien député démissionnaire du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) au pouvoir à Yaoundé, Pierre Mila Assouté, affirme avoir déposé plusieurs mémorandums, pour attirer l’attention de la communauté internationale sur le refus du gouvernement de Paul Biya, d’accorder le droit de vote à ses compatriotes de l’étranger.
Il n’est pas le seul à avoir entrepris une telle démarche. Il y a quelques années à Paris, le Collectif des organisations de la diaspora camerounaise (CODE) organisait même des votes symboliques, sur le parvis des droits de l’Homme, Place du Trocadero à Paris. Même des membres du RDPC, le parti de Paul Biya, affirment s’être activés en faveur de ce droit de vote. « Cette loi a été une première victoire », s’est réjoui Mvondo Mvondo, président de la Section Nord en France du RDPC. Il jure avoir inscrit l’obtention du droit de vote des Camerounais de l’étranger parmi les priorités de son agenda politique.
Les Sans-papiers ne pourront pas voter
Cependant, ce ne sont pas tous les Camerounais de l’étranger, ayant atteint l’âge requis et jouissant de leurs droits civiques et politiques comme la loi l’exige, qui pourront voter. Le texte adopté par l’Assemblée nationale camerounaise exclut en effet plusieurs catégories de personnes, qui sous d’autres cieux se seraient rendus aux urnes comme tout le monde. Il en est ainsi des personnes en situation irrégulière dans leur pays d’accueil, habituellement appelées « Sans-papiers ». Pour pouvoir voter, les Camerounais de l’étranger doivent se rendre dans les représentations diplomatiques et les postes consulaires de leur pays pour s’inscrire sur les listes électorales. Pour cela, ils doivent être en possession d’une carte consulaire en cours de validité. « Pour avoir la carte consulaire il ne faut pas une demi-journée », indique M. Mvondo Mvondo.
Cependant, cette pièce n’est pas délivrée aux Sans-papiers. « Les circulaires des ambassades du Cameroun demandent un passeport camerounais et un titre de séjour valide comme pièces indispensables à l’obtention de la carte consulaire », explique Guillaume Tené Sop, secrétaire-général adjoint chargé de la communication du CODE. « La nationalité camerounaise n’a rien à voir avec la régularisation. Le gouvernement doit s’occuper de l’ensemble des citoyens », déplore-t-il.
Il n’existe pas de statistiques fiables sur les camerounais Sans-papiers en occident. Cependant, de nombreux observateurs s’accordent à dire qu’ils représenteraient plusieurs millions de personnes. Comme les Sans-papiers, les Camerounais ayant acquis une nationalité étrangère ne pourront pas voter, leur pays, contrairement à bien d’autres, ne reconnaissant pas le principe de la double nationalité. Bien qu’il soit un responsable du RDPC au pouvoir au Cameroun, M. Mvondo Mvondo ne pourra pas voter, car ayant acquis la nationalité française. Il déplore le fait qu’il n’y ait « pas eu d’accord » sur cette question.
Manoeuvre politicienne de Paul Biya
Pourquoi donc autoriser les Camerounais de l’étranger à voter, tout en privant un grand nombre d’entre eux à exercer ce droit ? Pour les opposants à Paul Biya contactés par Afrik.com, en accordant le droit de vote aux Camerounais de la diaspora, le président n’a fait que céder à la pression internationale, car au fond, il ne veut pas de ce vote, qui pourrait le desservir. Pour Pierre Mila Assouté, la loi a été « réfléchie » pour empêcher le vote « redouté » de la diaspora, surnommée les « ennemis de la Nation ». Une analyse partagée par Guillaume Téné Sop qui assure que le vote de la diaspora fait peur au gouvernement camerounais. Il critique ainsi les modalités pratiques du vote, qui se tiendra uniquement dans les ambassades et consuls du Cameroun. « Si le gouvernement était animé d’une bonne volonté, Elections Cameroon (ELECAM, l’organe chargé de l’organisation du scrutin) créerait des bureaux de vote, au lieu de se contenter de quelques représentations et postes consulaires. Ceux-ci imposent d’importants déplacements aux votants qui sont dispersés dans le monde », déclare-t-il.
Même la supervision du vote des Camerounais de l’étranger fait problème. Selon le magazine Journal du Cameroun, ELECAM a envoyé début août une délégation à l’étranger pour organiser le déroulement des inscriptions sur les listes électorales, mais s’est vu enlever ces prérogatives au profit du ministère des Relations extérieures. Pierre Mila Assouté parle de « filouterie politique ». Le CODE a appelé au boycott des inscriptions sur les listes électorales. Au ministère camerounais de la Communication, on observe le silence. Joint au téléphone par Afrik.com, le ministre Issa Tchiroma Bakary a accepté dans un premier temps, de réagir à propos des problèmes relevés dans l’application de la loi sur le vote des étrangers. Il a souhaité d’abord s’approprier le contenu du texte, puis, est devenu injoignable. Ce n’est pas demain que tout Camerounais désireux de voter pourrait être autorisé à participer à la vie politique de son pays.
Posté par Le CODE à 00:31 - Actualité politique nationale - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : httpwww.afrik.comarticle23484.html
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
http://www.afrik.com/article23507.html
Cameroun : la diaspora appelle au boycott de l’élection présidentielle
Texte intégral de la plate-forme des organisations des Camerounais de l’étranger

De nombreuses organisations de la diaspora camerounaise appellent au boycott actif de la prochaine élection présidentielle dans leur pays. Elles dénoncent le flou qui entoure la décision de Yaoundé d’accorder le droit de vote au Camerounais de l’étranger. Texte intégral.
PLATE-FORME DE LA DIASPORA CAMEROUNAISE pour le REFUS de la mascarade électorale en préparation au Cameroun et pour le BOYCOTT ACTIF du processus électoral APPEL AU BOYCOTT ACTIF DE LA MASCARADE ELECTORALE EN COURS DANS LES AMBASSADES DU CAMEROUN
A propos de la mascarade actuellement en cours dans les ambassades du Cameroun, qui tentent « d’organiser » en moins de 4 semaines, périodes de recours comprises, l’inscription et la remise des cartes d’électeurs pour au moins 4 millions de Camerounais de la Diaspora, selon les chiffres officiels de M. Eyebe Ayissi, Ministre des Affaires Etrangères du régime dictatorial de Yaoundé :
Considérant l’empressement du régime dictatorial RDPC de M. Paul Barthélemy Biya à adopter un décret d’application du « droit de vote des Camerounais de la diaspora » qui confie l’organisation des élections aux ambassades du Cameroun, antichambres notoires du RDPC, où les ambassadeurs ne peuvent qu’assurer la victoire par tous les moyens de celui qui les nomme ;
Considérant qu’en plus des tares et insuffisances déjà largement dénoncées d’ELECAM, cet organe a été privé du droit de proclamer les résultats, même provisoires, des élections ;
Considérant la volonté obstinée de Paul Biya d’exclure des millions de Camerounais de la diaspora du processus électoral par son refus de leur accorder la double nationalité, démontrant par cet ostracisme délibéré que le fossé entre les Camerounais de la diaspora et le régime oppresseur en place au Cameroun est très profond ;
Considérant que le nombre limité de bureaux de votes dans la diaspora oblige nos compatriotes de l’étranger à parcourir des milliers de kilomètres pour se faire enrôler sur les listes électorales et ensuite revenir voter ;
Considérant que les ambassades exigent pour l’inscription sur les listes électorales, une « carte de séjour en cours de validité dans leur pays d’accueil », excluant de fait les milliers de nos compatriotes « sans papiers » ;
Considérant que le processus d’inscription sur les listes électorales dans la diaspora prend des allures de « fichage policier » par la longue fiche d’informations qu’il faut remplir auprès des ambassades et postes consulaires ;
Considérant que la majorité des membres des « commissions électorales » installées dans les ambassades sont des membres du RDPC et/ou des membres du personnel diplomatique, confortant la conviction que les élections organisées par les ambassadeurs du Cameroun sont gagnées d’avance par Paul Biya ;
Considérant l’impossibilité d’informer équitablement, en si peu de temps, tous les électeurs potentiels de la diaspora des conditions d’inscription sur les listes électorales, avec comme corollaire que l’information est préférentiellement tournée vers les militants du RDPC ;
Considérant que, malgré les protestations légitimes du peuple camerounais et malgré toutes les réserves émises par les organisations et personnalités politiques sérieuses sur la neutralité et l’indépendance de cet organe corrompu et anti-démocratique, le dictateur et son régime continuent leur fuite en avant avec ELECAM ;
Considérant que ELECAM, avec le traitement salarial ministériel des membres, est un organe clairement sous le contrôle du RDPC et de l’administration RDPC (y compris ses ambassades à l’étranger), et que, par conséquent, ELECAM n’a rien d’un organe indépendant ;
Considérant l’instrumentalisation par l’autocrate Biya de certains partis et personnalités politiques pour apporter leur caution aux fraudes qui se préparent ;
Considérant que toutes les élections qui se sont déroulées au Cameroun depuis 1990 ont été organisées pour maintenir le dictateur Paul Biya au pouvoir ;
Considérant les appels répétés du peuple Camerounais et des partenaires du Cameroun pour l’organisation des élections libres et transparentes par un organe réellement indépendant ;
Considérant qu’en massacrant en février 2008 plus de 150 jeunes qui étaient descendus massivement dans les rues pour protester contre son tripatouillage constitutionnel, M. Paul Barthélemy Biya a clairement démontré qu’il n’a aucune intention de quitter le pouvoir ; Nous, Organisations et personnalités camerounaises de la Diaspora, signataires de la présente Déclaration et prenant les Camerounais à témoin,
Déclarons solennellement notre hostilité à toute élection organisée au Cameroun et dans sa diaspora par ELECAM, un organisme partial et partisan au service du régime corrompu au pouvoir. Appelons en conséquence tous les patriotes camerounais de la diaspora et de l’intérieur à empêcher, par tous les moyens, les inscriptions sur les listes électorales et la tenue d’élections mascarades qui auraient pour seul but la reconduction de Paul Barthélemy Biya et son régime ;
Dénonçons avec énergie la main mise des ambassadeurs du Cameroun sur l’organisation des élections et appelons tous les Camerounais de la diaspora en capacité de voter, en signe de protestation contre les conditions électorales anti-démocratiques en vigueur, à boycotter massivement les inscriptions sur les listes électorales partout dans le monde ;
Dénonçons l’exclusion des millions de Camerounais de la diaspora du processus électoral du simple fait qu’ils ont pris la nationalité de leurs pays de résidence, alors que la majorité des pays africains donne le même droit a leurs citoyens dans les mêmes conditions ;
Appelons tous les Camerounais de la diaspora au boycott actif de cette mascarade électorale, en posant tout acte pertinent de leur choix ou en participant à toute action pertinente ayant pour objectif de dénoncer et/ou d’empêcher toute opération de cette mascarade électorale.
Dénonçons le financement d’ELECAM et les salaires de ses membres, grassement payés par l’argent du contribuable camerounais, et qui ne peuvent scier une branche sur laquelle ils sont assis ; Estimons les protestations du Peuple Camerounais contre ELECAM fondées, et encourageons ce Peuple à stopper, par tous les moyens en sa possession, la comédie ubuesque que Paul Biya s’apprête encore à lui servir après 30 ans de gabegie ; Affirmons que ELECAM est inféodé au régime RDPC, incapable d’organiser une élection libre et transparente, et porte les risques d’une instabilité durable au Cameroun, comme en Egypte et en Tunisie ;
Réaffirmons que seule une véritable Commission Electorale Nationale Indépendante des partis et de l’administration doit organiser tout le processus électoral depuis l’inscription sur les listes électorales jusqu’à la proclamation des résultats ;
Appelons les amis du Cameroun qui s’inquiètent des risques d’instabilité inhérente aux élections, à utiliser tous les moyens de pression pour persuader Paul Biya de quitter le pouvoir, ou de créer des conditions d’une alternative pacifique au Cameroun ; Appelons les partis et personnalités politiques qui comptent crédibiliser cette farce électorale par leur participation, à renoncer à cette position et à rejoindre le camp du peuple qui s’abstient en signe d’opposition à cette mascarade ; Affirmons avec sérénité que nous ferons tout notre possible pour empêcher l’exportation de la fraude électorale par M. Biya au coeur des démocraties occidentales.
Appelons nos compatriotes de la diaspora et de l’intérieur à se tenir prêt á répondre à l’appel pour la libération de notre pays du joug du régime néocolonial au pouvoir.
L’heure de la libération de notre pays a sonné.
Fait le 17 août 2011
Signataires :
Pour le Collectif des Organisations démocratiques des Camerounais de la Diaspora (CODE) :
Brice NITCHEU, Angleterre
Moise ESSOH, Belgique
Pour le Conseil national pour la Resistance Mouvement Umnyobiste (CNR - MUN)
M. Guillaume Tene SOP, Allemagne
Pour Cameroon Diaspora for Change (CAMDIAC)
M. Jean Bosco TAGNE
Pour le Cercle Félix Moumié (CFM)
M. Patrice NDJOUMI, Belgique
Pour le Demokratisches Netzwerk für Kamerun (DNK)
M. Jean Robert WANKO, Allemagne
Personnalité politique, engagée dans la refondation du Cameroun :
Dr. GUERANDI MBARA, Afrique
Pour Front pour l’Evolution et la République (FER)
M. Guy Simon NGAKAM, Belgique
Pour le Front Panafricain (FP)
M. Robert WAFFO WANTO, France
Pour l’Union des Populations du Cameroun (UPC)
M. René EMEH ELONG, France

Objet :Votre droit à la retraite.
Monsieur le Chef de l’Etat et Président national du parti-Etat Rdpc,
Depuis juin 1984, je réside hors de notre cher et beau pays mais mon coeur et mon âme sont restés attachés à la terre de nos ancêtres ce qui m'autorise cette interpellation. C’est en votre double qualité de Chef de l’Etat en fin d’exercice et de Président national du Rdpc que je vous annonce la détermination du Peuple souverain et combattant à engager un Sursaut patriotique pour précipiter la chute de votre régime.
En 1982, lorsque vous héritiez du pouvoir, le Cameroun était un des rares pays en Afrique à connaître une embellie économique et une véritable autosuffisance alimentaire. La situation aujourd'hui s'est totalement inversée : Vous avez avoué, dans votre discours au Comice agropastoral d’Ebolowa, en début de l’année 2011, que le Cameroun importe chaque année pour 500 milliards Fcfa de produits alimentaires. Un scandale qui s'ajoute à la longue liste de nos malheurs : dévalorisation du potentiel productif, appauvrissement des masses laborieuses, insécurités de toutes sortes; alors que vous et vos partisans êtes entrés dans une course effrénée à l’enrichissement personnel alimenté par la corruption et le détournement des deniers publics, le tout au prix d'une dégradation de la morale individuelle et d'une perte de l'éthique sociale.
Le 6 Avril 1984, les Patriotes des forces armées ont sonné l’alerte. Incomprise à l’époque, cette alerte est aujourd’hui plus que jamais d’actualité, après 29 ans de votre règne désastreux.
Je vous demanderais de relire attentivement ma lettre intitulée : Ma vérité sur l’élection présidentielle au Cameroun, publiée dans le quotidien Mutations en date du 2 janvier 2011, où figure ma vision d’une élection démocratique dans notre Pays. Cette vision recoupe celle de l’opinion majoritaire au Cameroun, sans ignorer les injonctions des partenaires au développement qui se résument en des élections libres, justes et transparentes, bref en des élections démocratiquement crédibles.
Depuis votre accession au magister suprême de notre Pays, vous êtes dans une logique de coup d’état permanent auquel il convient aujourd’hui de mettre fin. Vous serez personnellement responsable de la mort d’un seul Camerounais qui tomberait sous le fallacieux prétexte d’une soit disant crise postélectorale. Car jusqu’aujourd’hui, vous et votre parti-Etat ne faites aucun effort pour satisfaire les aspirations légitimes du Peuple camerounais pour une alternance politique pacifique.
Dans ces circonstances d’anti-démocratie avérée, le BOYCOTT ACTIF des élections me semble la position politique la plus responsable à recommander aux Camerounaises et Camerounais afin de contraindre, par un Sursaut patriotique, votre parti-Etat à une alternance pacifique.
Depuis l’Indépendance et la Réunification, le Cameroun vit sous l’emprise du tandem UNC-RDPC dont les politiques sont sanctionnées par des échecs patents. Dans ce contexte, le temps d’une transformation profonde – Refondation- du système de gouvernance, surtout celle des structures politiques, est arrivé. Car le Peuple sait que vous ne voulez pas organiser des élections crédibles, justes et transparentes. Inutile de choisir la voie d’un dauphin. Le Peuple est aussi convaincu que le système Biya sans Biya ne changera rien sur le sous- développement chronique et la mal gouvernance dans lesquels vous avez plongé le Cameroun.
On ne le sait que trop, les Camerounais souffrent dans leur chair des affres des successives politiques du «Renouveau», discours que vous avez adopté pour votre gouverne et pour lequel toute tentative d’évaluation par les intellectuels camerounais (y compris d’une exégèse par vos propres partisans) conduit généralement à des intimidations de divers ordres.
En tout état de cause, le bilan, votre bilan reste celui d’un désastre national perceptible dans tous les secteurs de développement. Exemple, pourquoi continuez-vous à exploiter abusivement l’emblème que constituent nos Lions indomptables alors que votre régime est inapte à capitaliser sur les succès de la cuvée du mondial 1990 ?
Quoiqu’on en dise, la problématique est d’ordre éthique, idéologique, politique, économique, culturel et j’en passe. Le RDPC est quant à lui devenu le parti des fonctionnaires de la République faisant d’eux des partisans/militants d’un genre nouveau, en un mot des sangsues. En effet, Trente (30) ans de «Renouveau» ont démontré avec suffisance les limites objectives et réelles d’une classe politique géronto-bureaucratique transformée en ennemie du Peuple camerounais.
Monsieur le Président national du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais,
Solennellement, j’annonce à votre parti -s’il souhaite encore exister dans le paysage politique camerounais- que le moment est venu pour vous d’observer une halte en vue d’une introspection salvatrice. Dans le cas contraire, ne soyez pas surpris de me voir avec le Peuple déterminé et en mouvement.
Si la contrainte est le dernier moyen qui nous reste pour vous faire entendre cette instruction ferme et sage, nous appelons au BOYCOTT ACTIF d’une élection que vous vous entêtez à vouloir organiser dans les conditions actuelles de méfiance et sur des bases antidémocratiques.
À toutes les chancelleries et missions diplomatiques, au nom du Peuple camerounais en ce moment prêt à rompre les chaînes de la dictature, j’exhorte d’ignorer les incantations affolées des chantres et thuriféraires du régime Biya qui, sous le prétexte d’un patriotisme béat, veulent faire vivre le Cameroun en autarcie. Par conséquent, je les invite à rester disponibles pour maintenir leurs relations avec le Cameroun de l’après Paul Biya et Rdpc.
Le chantage à la paix que brandissent de plus en plus les pontes du régime RDPC pour présenter Paul Biya comme le garant de la stabilité sociale apparaît pour le moins ridicule. Mgr Albert Ndongmo, que j’ai connu à Nkongsamba quand j’avais huit ans, demandait à juste titre : «Mes frères, il importe que chacun de nous, face au problème de la paix, se pose les trois questions essentielles suivantes : Qu’est-ce que la paix au juste ? A quelles conditions la paixs’installe-t-elle chez un peuple et dans le monde ? Qui donne la paix authentique ?».
Il y répond en partie: «La paix est la tranquillité dans l’ordre. La paix est le fruit mûr qu’on cueille de l’ordre. L’ordre de quoi ? L’ordre de la vie humaine fondée sur quatre conditions : la Vérité, la Justice, la Liberté et l’Amour.» (Homélie du sacre de Mgr Albert Ndongmo en 1964 à Nkongsamba).
Monsieur le Chef de l’Etat,
Le voeu profond du Peuple camerounais est de vous voir quitter le pouvoir par la seule porte de sortie honorable qui vous reste : la retraite après 49 ans de service dont 29 à la tête de l’Etat, lesquels équivalent à l’âge de la Jeunesse que vous continuez de tromper jusqu’aujourd’hui. C’est pourtant l’âge où le jeune doit s’affirmer socialement et économiquement. Sachez-le, cette génération est lasse d’endurer votre style de gouverne et ne souhaite plus être «mangée par votre vieillesse».
Des villes et des villages du Cameroun émanent des injonctions populaires de toutes sortes pour vous faire comprendre la fin d’un cycle politique et d’un long règne, de même que les aspirations au changement véritable par une alternance démocratique.
Hormis une modification de votre part comme vous en avez seul le secret et les raisons, le calendrier électoral du Cameroun prévoit une élection présidentielle en Octobre 2011. Votre candidature à cette élection serait non seulement du mépris mais de la pure provocation.
En 1991, afin de mettre fin à l’effervescence sociale consécutive à la demande de la tenue d’une Conférence Nationale Souveraine, que vous aviez déclarée comme étant «sans objet» pour le Cameroun, vous avez convoqué en lieu et place «La Tripartite» à laquelle ont participé au moins 500 représentants de toutes les couches socioprofessionnelles de la Nation, y compris vous-même par le truchement de votre représentant personnel, Mr. SADOU HAYATOU, alors Premier Ministre.
À l’issue des débats houleux, il s’en est certes dégagé un compromis accepté par tous. Nul doute que la puissance de la résolution adoptée le 17 Novembre 1991 par l’ensemble des participants faisait de cette résolution une Déclaration Constitutionnelle. De ce fait, elle lui conférait force de loi car au lendemain de sa signature, le Peuple a mis fin aux opérations ‘’ Villes mortes’’.
Tout en vous invitant à relire entièrement votre copie, je vous reprends in texto, certaines dispositions telles qu’énoncées dans la résolution finale. Celle-ci avait pour but de consolider l’indépendance et l’unité nationales, d’enraciner la démocratie dans notre société, de moderniser nos institutions, de les adapter à nos réalités nationales et d’assurer un rayonnement politique, social et culturel de notre pays, et un large consensus s’est dégagé sur les options constitutionnelles majeures suivantes à proposer aux pouvoirs publics :
(i) La nécessité de sauvegarder les principes de l’unité, de l’intégrité et de la souveraineté nationales ;
(ii) La nécessité d’intégrer dans la constitution un code des libertés fondamentales, des droits de la personne et des minorités ; (iii) L’instauration d’un régime semi-présidentiel (...) ;
(iv) La limitation du mandat présidentiel à 5 ans renouvelable une seule fois.
A ma connaissance, il n’existe pas au Cameroun depuis l’indépendance, un autre accord politique d’émanation populaire, malgré ses insuffisances, qui érige et fige aussi fermement les principes constitutionnels de notre Pays.
Le 18 Janvier 1996, contre toute attente et en violation totale des accords passés entre partis, par la Loi n° 96 -06 du 18 janvier 1996 portant révision de la Constitution du 02 Juin 1972, les dispositions fondamentales des résolutions de la tripartite -tout en conservant néanmoins le principe de la limitation du mandat présidentiel à deux tours, sont unilatéralement modifiées et ainsi retranscrites dans la Constitution de 1996 : Art. 6.- (1) Le Président de la République est élu au suffrage universel direct, égal et secret, à la majorité des suffrages exprimés. (2) Le Président de la République est élu pour un mandat de sept (7) ans renouvelable une fois.
Sans doute lors de l’élection présidentielle de 1997, pensiez-vous que 14 ans seraient une éternité ; mais que non ! Pour l’élection présidentielle de 2004, élu ou pas élu, le Peuple camerounais faisant preuve de maturité et de stoïcisme vous a «accordé» un second mandat de 7 ans.
Je vous rappelle qu’en 2008, alors que vous êtes encore lié au Peuple camerounais par les résolutions de la Tripartite et les dispositions constitutionnelles introduites au forceps en 1996 fixant les mandats présidentiels à deux tours et dont vous aviez entamé l’exécution en 2004, vous sortez de votre léthargie pour annoncer que le principe de la limitation de mandat est contraire à la volonté populaire. Pour ce faire, vous envoyez cyniquement 200 Camerounais outre-tombe simplement parce qu’ils s’opposent à une nouvelle modification de la constitution et vous interpellent sur la pauvreté ambiante au Cameroun.
Sans pour autant nous engager dans du juridisme, la levée de la limitation du mandat présidentiel que vous dites contraire à la volonté populaire serait juridiquement acceptable si elle avait été engagée avant le début de l’exécution de votre mandat en 1997, soit exactement lors de la modification de la constitution en 1996.
Monsieur le Chef de l’Etat et Président national du parti-Etat RDPC,
Je vous invite sans délai à reconnaître qu’au regard de vos engagements pris tant à l’endroit du Peuple Camerounais par la résolution de 1991 qu’en vertu de la constitution de 1996, la levée du verrou ainsi introduite dans la constitution en avril 2008 ne s’applique pas à vous en vertu du principe de la non rétroactivité des lois.
Votre candidature à l’élection présidentielle de cette année procèderait à un déclenchement d’hostilités auxquelles vous auriez inéluctablement conduit le Peuple affamé, malade, en manque d’eau potable, d’électricité, de logement, d’écoles, etc.
Vous avez certainement entendu un compatriote vous dire : “Si vous ne respectez pas l’engagement pris à la Tripartite de deux mandats maximum, et la Loi qui fait que vous êtes désormais inéligible, alors nous n’entrons pas dans la compétition avec vous”.
Monsieur le Chef de l’Etat et Président national du parti-Etat Rdpc,
Je vous redis que le moment est venu pour vous de faire valoir vos droits à la retraite.
Il y a certainement un honneur à être un ancien chef d’état mais il n’y en a pas du tout à être un dictateur déchu. Vous n’avez cessé de multiplier des maladresses croyant implanter une stratégie bénéfique à votre ego, d’où le refus catégorique par le Peuple de la mascarade électorale.
Monsieur le Chef de l’Etat et Président du parti-Etat Rdpc
Le Cameroun mérite des institutions fortes, fondement d’un système nouveau, riche, harmonieux et dynamique. Ceci impulsera un changement véritable qui est une transformation observable dans le temps et dans l’espace, affectant en permanence la structure et le fonctionnement de la société/communauté tout en modifiant de manière positive le cours de son histoire.
Ainsi, «Le Cameroun dont je rêve, c’est un Cameroun qui doit se convertir, se perfectionner, se transformer en profondeur. Un pays prêt à acquérir de nouvelles façons de vivre et d’agir. Bref, un pays qui doit être le contraire de ce qu’il était hier. Se convertir, c’est éliminer de sa manière de faire tout ce qui est négatif» (Christian Cardinal Tumi, Ma foi : Un Cameroun à remettre à neuf, éd. Veritas, Douala, p39.).
C’est ce que Nous, Refondateurs, appelons la Refondation du Cameroun (Guerandi Mbara G., Refondation sociale : La renaissance par l’Ethique rédemptrice, éd. Minsi, Paris, 2004).
Monsieur le Chef de l’Etat et Président national du parti-Etat Rdpc,
Avez-vous jamais été Homme d’Etat ? Car l’homme d’Etat, selon Henry Kissinger, se définit non par la grandeur de ses objectifs, mais par la catastrophe qu’il saura éviter à son peuple.
Veuillez accepter Monsieur le Chef de l’Etat et Président du Rdpc parti-Etat, mes salutations patriotiques et néanmoins respectueuses.
Kaduna, le 17 août 2011
Capitaine Guerandi Mbara Goulongo,
Coordonnateur des Refondateurs
Inscription massive sur les listes électorales et transparence électorale : Réflexions sur la présidentielle d’octobre 2004 (I)
Par Abel Eyinga, Président de la Nationale
De quel problème l’inscription massive sur les listes électorales est-elle la solution ? En tout cas pas de la transparence électorale dans le contexte actuel où c’est le Minat, c’est-à-dire en réalité le président-candidat Paul Biya, qui organise et contrôle de bout en bout l’ensemble du processus électoral dont il devient de ce fait à la fois juge et partie, joueur et arbitre. La preuve en est que toutes les irrégularités et toutes les fraudes commises par les préfets et les sous-préfets, agents territoriaux du Minat, sont systématiquement couvertes et avalisées par lui.
Dans un tel contexte, les huit millions d’électeurs potentiels du pays peuvent s’inscrire sans que les élections cessent d’être frauduleuses, la mission du Minat depuis l’indépendance étant de manipuler le scrutin de telle manière que le chef d’Etat en exercice, candidat officiel, en sorte « vainqueur ». Et c’est ce qui s’est fait, sans exception aucune, lors des neuf scrutins présidentiels passés de1960, de 1965, 1970, 1975, 1980, 1984, 1988, 1992 et 1997. L’observation montre ainsi que chez nous, il faut être déjà au pouvoir pour « gagner » une élection puisqu’il faut avoir la haute main sur le Minat et ses agents territoriaux pour bénéficier de la fraude. C’est aussi cela qui se passera au mois d’octobre si le scrutin est organisé par le Minat : celui-ci est en effet capable de fabriquer deux ou trois fois plus de fausses cartes d’électeur que les huit millions de cartes attribuées aux huit millions d’électeurs potentiels. Lors du double scrutin de 2002, on a trouvé neuf mille fausses cartes du genre au domicile à Douala de Mme Françoise Foning, militante de choc du parti du président Biya et amie personnelle de Chantal Biya. Le Minat trouvera sans peine deux mille Foning, avec neuf mille cartes chacun (soit un total de dix-huit millions de cartes) pour neutraliser et noyer complètement l’effet des huit millions de cartes mises à la disposition des huit millions d’électeurs potentiels.
En revanche, avec seulement mille ou cinq cents électeurs inscrits, le Cameroun peut connaître le bonheur d’une élection libre et honnête, laquelle ne peut être organisée que par un organisme lui-même impartial et indépendant du chef d’Etat en exercice.
Le problème crucial de la transparence électorale n’est donc pas un problème quantitatif, mais qualitatif. Exclusivement qualitatif. Ceux qui invitent en ce moment les Camerounais à s’inscrire en masse sur les listes électorales du Minat-Biya, en leur laissant entendre que du grand nombre d’électeurs inscrits sortira la transparence électorale, c’est-à-dire une élection libre et honnête, se trompent et trompent les Camerounais, consciemment ou inconsciemment. Volontairement ou involontairement. De bonne ou de mauvaise foi.
En avril 2002, après l’annonce de la date du double scrutin de juin, l’opposition officielle (issue du parti unique de Biya et représentée à l’Assemblée nationale du RDPC) avait invité les Camerounais à s’inscrire, en masse, sur les listes électorales du Minat. Ce qu’ils ont fait. Résultat : une fraude encore plus épaisse et plus massive que lors des précédents scrutins de 1997/1992, et qui a amené les observateurs chrétiens de Justice et Paix à formuler le vœu suivant, en conclusion de leur Rapport : « Que des scrutins à l’instar de celui du 30 juin 2002, au vu des irrégularités dont il a été émaillé, ne soient plus jamais validés ni par des juges, ni par quiconque ». L’opposition officielle aussi a dénoncé les mêmes irrégularités dans son Rapport préliminaire des partis politiques de l’opposition daté du 2 juillet 2002 en attirant plus spécialement l’attention sur « des irrégularités et fraudes généralisées et multiformes portant sur les inscriptions sélectives sur les listes électorales, la distribution chaotique et orientée des cartes d’électeur… »
Comment se fait-il que la même opposition officielle, qui se fait appeler « Coalition » depuis quelques mois, muette sur la véritable cause des irrégularités et des fraudes qu’est le Minat-Biya, se permette d’inviter à nouveau les Camerounais à recommencer ce qu’ils ont déjà fait sans succès en 2002, à savoir s’inscrire en masse pour des élections organisées par le même Minat qu’il y a deux ans, et dont le plus naïf des Camerounais connaît déjà le résultat?
Le vrai combat citoyen à mener en ce moment, dans l’intérêt de notre pays, n’est pas l’inscription massive ou non pour des élections frauduleuses ; le vrai combat que doivent entreprendre les partisans sincères et conséquents de la transparence électorale, de l’alternance et du changement porte sur la nature de l’organe chargé de l’organisation des élections. Aucune élection libre et honnête ne peut sortir d’un scrutin organisé par le Minat, en réalité par le président-candidat Paul Biya, Marafa Hamidou Yaya n’existant politiquement et professionnellement que par la volonté de Paul Biya, et pour le servir.
Nous verrons la semaine prochaine comment organiser et mener ce combat de salut national. Mais d’ores et déjà, chacun doit savoir que c’est tout le monde qui sera sollicité, du moins ceux qui pensent que le Cameroun mérite mieux et sont prêts à tout faire pour l’avènement d’un véritable changement qualitatif. Celui-ci ne pourra venir que de l’action des Camerounais, de l’intérieur comme de l’extérieur. La révolution se produit là où il y a des révolutionnaires.
(à suivre)
Jeudi 13 mai 2004
Abel Eyinga