lundi 16 août 2010
Interdit d'oraison funèbre aux Obsèques de NJAWÉ, Célestin MONGA parle et de déchaine
Obsèques de Pius Njawé: Célestin Monga répond à ses détracteurs
L’éloge
funèbre que vous deviez prononcer le 7 août avant l’enterrement de Pius
N. Njawé a été censuré par le gouverneur de l’Ouest. Avant d’avoir
votre réaction par rapport à ce geste inattendu, j’aimerais savoir dans
quelles circonstances vous avez été désigné pour assumer cette délicate
tâche ?
Pius est mort dans la région de Washington, où je réside. J’ai été immédiatement assailli de coups de fil et de sollicitations diverses du monde entier, et des chaînes de radio et de télévision les plus exotiques. J’étais trop affecté par la douleur et le choc pour accepter de me donner en spectacle dans les médias, alors même que nous avions encore son corps sur les bras et que nous cherchions à comprendre les circonstances de l’accident. J’ai décidé de ne pas m’exprimer publiquement tant que je n’aurais pas lu le rapport de police et les résultats des enquêtes de journalistes américains, et tant que sa dépouille n’aurait pas été ramenée au pays et enterrée dignement. Des membres de la famille de Pius comme son frère Lucas Kameni, sa sœur Jacqueline, son oncle Jonas, et son fils Florian qui vit aux Etats-Unis et d’autres enfants, m’ont alors sollicité pour accompagner le corps au pays. Ce n’est pas le type de voyage que j’aurais voulu effectuer. Mais je ne pouvais pas refuser leur requête. La question de l’oraison funèbre s’est posée par la suite lorsqu’il a fallu s’émanciper du choc de l’accident et penser à l’organisation pratique des obsèques.
De quelle manière cette question a-t-elle été tranchée ?
Je savais que de nombreuses personnalités camerounaises et étrangères s’étaient spontanément proposées de faire cette oraison. N’étant pas masochiste, l’idée ne me serait jamais venue de proposer mes services pour un tel exercice, devant le cercueil de Pius. Manque de chance, après délibérations à Douala et Yaoundé, les amis et la famille de Pius ont décidé de m’infliger ce supplice. J’ai été contacté par écrit par des compagnons de route de Pius, des gens qui le connaissaient depuis bien plus longtemps que moi, et qui ont longtemps travaillé avec lui : Célestin Lingo d’abord, Jean-Baptiste Sipa, et Ambroise Kom ensuite. Je n’ai pas répondu à leur sollicitation, espérant que mon silence les dirigerait vers des gens plus velléitaires. Ils sont revenus à la charge, avec l’appui de la famille. Je ne pouvais plus y échapper. En choisissant de venir mourir à Washington, pratiquement dans mes 18 mètres, Njawé voulait peut-être me rendre toutes les mauvaises plaisanteries que je lui ai balancées ces vingt dernières années. Il a toujours été extraordinairement tolérant de mes critiques amicales à son égard.
Votre récit est en rupture avec les déclarations et les commentaires diffusés sur certaines chaînes le week-end dernier. Certains fonctionnaires et représentants du gouvernement ont par exemple affirmé que votre intervention n’était pas prévue. Que leur répondez-vous ?
Certaines inepties ne méritent pas la dignité d’une réponse. Notre pays est surpeuplé de braves pères de famille que l’on contraint à l’auto-humiliation pour assurer leur gagne-pain. Nous devons donc être tolérants, même avec ces braves ministres qui tentent de justifier l’injustifiable. Visiblement, même mort, Pius fait peur à ceux qui ont la conscience tâchée de sang.
On a aussi évoqué des questions protocolaires. Celles-ci sont-elles pertinentes ?
Pius Njawé, homme du peuple qui a subi dans sa chair la violence de l’arbitraire, du mépris et de l’injustice, a dû se retourner dans son cercueil en entendant des satrapes contre lesquels il se battait investir son enterrement et s’arroger le droit de parler de “protocole d’Etat.” Il ne s’agissait ni d’obsèques officielles, ni de ces danses du ventre politico-administratives que l’on affectionne à Yaoundé. Avez-vous vu des drapeaux en berne ? Non. C’était une cérémonie familiale et privée. Une famille éplorée, étouffée par la perte d’un être cher, tentait d’enterrer dignement un fils que l’on a martyrisé pendant plus d’un quart de siècle. Elle ne demandait qu’un peu de décence. Aucun de ces personnages qui se disent représentants de l’Etat n’avait été invité à l’enterrement. Ils n’apparaissaient nulle part sur le programme. Comme des resquilleurs sans vergogne, ils ont débarqué à l’improviste, avec leurs mines patibulaires, et la famille a eu l’extrême générosité de leur offrir à chacun une chaise. C’était donc des importuns portés par leur habituel mauvais goût. Ils ont poussé le manque d’élégance jusqu’à vouloir dicter le rythme et la nature des choses. A l’enterrement de Mongo Beti il y a quelques années, Odile, la veuve, les avait fait chasser comme des malpropres. A Babouantou, la famille Njawé a voulu être gentille en essayant de s’accommoder de leur présence indigne.
Dans ce contexte, quelle lecture faites-vous du zèle du gouverneur de l’ouest ?
Je vous laisse la générosité de l’affubler d’un titre qui, visiblement, le dépasse et l’engloutit. Une oraison funèbre se délivre avant la mise sous terre du défunt. Et c’est à la famille de désigner la personne qui la délivre. Après tout, ce sont les derniers mots que le défunt est supposé entendre avant de quitter la terre des hommes. Vous avez pu voir que mon texte se limitait à une célébration de la vie de Pius, et à une méditation sur sa mort et sur son héritage intellectuel. Je ne pensais pas que son enterrement devait être l’occasion de joutes politiques, des “combats de boxe du niveau de la Briqueterie”, comme le dit un de mes mentors… J’étais très ému de la responsabilité de prononcer l’oraison funèbre de Pius.
Vous en avez été privé…
Je me préparais à parler lorsque j’ai vu accourir vers moi un individu vaguement empâté, sans élégance, un peu hagard et n’ayant visiblement pas tous ses esprits. Je ne savais pas qui il était. J’ai d’abord cru que c’était un de ces personnages agités qui peuplent les cérémonies de deuil en Afrique. Lorsqu’il a grossièrement arraché le micro pour proclamer que je n’avais pas le droit de parler, la foule a voulu le lyncher. Il avait avec lui un ou deux gendarmes plutôt balourds et visiblement fatigués, en face de dix ou vingt mille personnes surexcitées et décidées à en découdre. Des gens particulièrement en colère voulaient lui administrer une fessée, pour le ramener à son niveau d’agissement. Je ne crois pas en la violence. Je ne tenais pas à inscrire mon comportement dans le même registre que celui de ces gens-là. Et puis, j’ai eu pitié de ce petit soldat agité, sous-produit de la “négraille” (comme dirait Aimé Césaire) que fabrique l’ENAM, et qui se comporte souvent comme des proconsuls en terre étrangère. C’eût été un honneur immérité pour le primitif en question que de se faire bastonner à moins de cinq mètres du cercueil de Pius. Il aurait ensuite écrit cela sur son CV comme titre de gloire. Son commanditaire l’aurait peut-être décoré, ou lui aurait conféré une “promotion”. Et puis, Pius ne méritait vraiment pas un si triste spectacle aux derniers instants de son séjour sur terre. Mohamed Ali expliquait que lorsque vous vous battez contre des brutes, il faut les laisser succomber à leur bêtise. J’ai donc estimé qu’il fallait “laisser les choses basses mourir de leur propre poison”.
Que vous inspire une telle posture au regard de la situation générale du Cameroun ?
Tout le monde semble pris en otage par des considérations alimentaires. La misère matérielle s’est transformée en misère affective et psychologique, au point que chaque petit fonctionnaire de quartier, surtout s’il croule sous le poids d’un titre officiel creux, se croit constamment obligés de s’humilier pour mériter la considération du “Grand Maître”. Ils ont beau être sanglés dans des costumes-cravates d’ailleurs mal coupés, ils sont en permanence complexés, apeurés, et apparaissent comme étant mentalement instables. Leurs agissements s’expliquent si on pense à ce qu’a été notre histoire politique violente, et au caractère de la société que nous avons construite. La méfiance et le soupçon dominent les relations sociales. Tout ce qui ne sort pas du moule “officiel” est perçu comme étant forcément menaçant.
Le désir de violence, le besoin d’horreur, le goût de l’humiliation, la complaisance dans l’indignité, constituent des traits dominants de notre caractère. Chacun a peur de son ombre et de la parole de l’autre, considérée a priori comme dangereuse. Ecouter l’autre, s’ouvrir à l’autre, c’est abdiquer et se déshonorer. C’est renoncer à sa propre virilité… Il y a donc une hostilité générale à la différence. Nos priorités s’énoncent souvent d’ailleurs à l’envers. La souffrance des vivants est ignorée et méprisée, mais leur mort est célébrée bruyamment. Le culte frénétique de la mort au détriment de la vie, les repas funèbres toujours fastueux, et l’agitation autour des cercueils, tout cela participe du désir de surmonter nos vies sordides et misérables. Dans ce marasme psychologique général, les hommes au pouvoir sont paradoxalement les plus vulnérables. Ils ont le plus à perdre et sont écrasés par leur mauvaise conscience. C’est pourquoi ils préfèrent cacher leur faiblesse dans une agressivité primitive. Ils sont obsédés par leur prochaine nomination. Enfermés dans une mentalité figée, ce sont des vieillards qui se complaisent dans l’enfance et refusent de grandir.
L’oraison funèbre de Pius Njawé que vous n’avez pas pu lire a été finalement publie dans les journaux. Vous y revenez, entre autres, sur les circonstances de sa mort brutale. Vous épousez la thèse d’un accident banal, alors qu’une certaine opinion camerounaise continue à en douter. Comprenez-vous ce malaise ?
Je suis Africain et comprends parfaitement notre propension à imaginer des scénarios mystiques ou policiers à la mort d’une personnalité de la trempe de Pius. Pour organiser et exécuter en plein jour un attentat politique sur le territoire américain en 2010, il faut au minimum des compétences extraordinaires dans la méchanceté. Je ne sous-estime ni ne surestime la capacité de nuisance d’un régime animé par celui que Mongo Beti traitait de “dictateur stagiaire”… Je n’ai pas la prétention de connaître les détails des circonstances de sa mort. Je m’en tiens simplement aux rapports de police que j’ai lus, et au fait que l’administration de Barack Obama ne permettrait pas qu’une obscure pseudo-dictature tropicale vienne régler des comptes sordides sur son territoire. Par ailleurs, Pius était un des journalistes les plus connus au monde—et même aux Etats-Unis, où la presse s’est penchée sur les circonstances de l’accident. Je ne saurais être plus compétent dans l’investigation que tous ces professionnels que le gouvernement camerounais ne peut ni corrompre ni faire taire ni intimider. Ils ont pour l’instant conclu en un accident.
Vous avez également indiqué qu’aux USA, lorsqu’il y a le moindre doute sur les causes de la mort d’un citoyen, des enquêtes approfondies sont menées par des unités spéciales comme le FBI. Compte tenu de la controverse qu’il y a eu autour de cette affaire, pourquoi cette démarche n’a pas eu lieu ?
Je suppose que la police de l’Etat de Virginie, qui a effectué les enquêtes préliminaires, a estimé disposer d’éléments suffisants pour ne pas soupçonner de “coup monté”. La police fédérale (FBI) n’a donc jamais eu à intervenir.
Certains ne comprennent pas non plus pourquoi une autopsie n’a pas été sollicitée…
C’est une question qu’il faudrait poser aux membres de la famille qui ont décidé de ne pas faire découper le corps de Pius pour en retirer les organes, soit à l’officier R.W. Walker, qui a dirigé les premières enquêtes. Son numéro de téléphone est public. N’importe qui peut le contacter. La police de Chesapeake a aussi un porte-parole que chacun peut interroger.
Il y en a qui pensent que vous auriez dû vous montrer plus actif dans la prise en charge de ce dossier…
A quel titre aurais-je dû me montrer plus “actif” que je ne l’ai été ? Je ne suis pas membre de la famille de Pius. L’amitié qu’il me portait, comme d’ailleurs à beaucoup d’autres personnes dans ce pays et à travers le monde, ne me donnait aucun droit d’aucune sorte sur la gestion de ses obsèques, et encore moins sur l’avenir de son entreprise.
Au-delà de cette triste affaire, quel regard portez-vous sur le Cameroun d’aujourd’hui ?
Il existe partout dans le pays un immense stock de volonté, d’énergie et de créativité. Mais les institutions publiques et privées ne parviennent pas à canaliser ces atouts vers des objectifs de bien-être collectif. Les Camerounais ont également du mal à travailler collectivement. Chacun semble succomber sous le poids de son ego, et penser qu’il peut s’en tirer tout seul. Résultat : les capacités d’action sont limitées, malgré la profusion de talents. J’ai rédigé récemment, à la demande de Fabien Eboussi Boulaga, un texte à paraître sous peu sur le bilan macroéconomique de cinquante ans d’indépendance. Je l’ai conçu comme un mémorandum imaginaire à Osende Afana, notre premier grand économiste, assassiné en mars 1966 dans la forêt de la Boumba-Ngoko. De travailler sur ce texte m’a donné l’occasion de mesurer l’ampleur de la stagnation économique et le manque de transformations structurelles qui sont pourtant nécessaires à la croissance et à la création d’emplois qui, seules, permettent la lutte contre la misère matérielle.
Comment sortir de cette misère ?
Pour sortir ce pays de la misère, il convient d’augmenter le taux de confiance et d’amour-propre par habitant. Pour cela, il faudrait changer de paradigme économique et créer les conditions d’une vraie liberté de penser et d’agir. Il faudrait abandonner le modèle de croissance sans création de richesse qui fabrique une minorité d’administrateurs civils prisonniers d’une mentalité de commandants coloniaux, et viser l’augmentation de la productivité, qui permettrait progressivement de démocratiser le bien-être matériel et la richesse.
Le jour où nous parviendrons par exemple à supprimer la houe et à accroître les rendements agricoles, nous aurons libéré des millions de femmes et redonné le vrai pouvoir de décision aux citoyens. Nous aurons restauré la foi de chacun en ses capacités, et personne ne se croira plus obliger de faire le pitre pour quémander un emploi ou un poste ministériel.
Compte tenu de ces détails, que pensez-vous de la gouvernance locale vue par la Banque mondiale et le FMI ?
Par courtoisie à l’égard de mes collègues qui travaillent sur le Cameroun, je ne commente jamais publiquement leur action. Je m’exprime d’ailleurs ici, à titre personnel, ayant pris quelques jours de congé pour assister aux obsèques d’un ami. Je dirai cependant que toute action visant à renforcer les communautés locales et des organisations légitimes de la société civile mérite d’être encouragée. Mais il ne faut pas se leurrer : aucun pays ne peut se développer sans l’appui d’un Etat efficace jouant pleinement son rôle dans l’impulsion et la régulation de la vie économique et sociale.
Penser que l’on peut créer une dynamique de croissance accélérée, coordonnée et durable avec simplement des organisations non-gouvernementales ou des communautés villageoises est une illusion. Dans la province de l’Extrême-nord par exemple, 70 % des ménages n’ont pas accès à l’eau potable. Aucune communauté locale ne pourrait seule résoudre un problème d’une telle ampleur. Il faut bien une institution transversale qui se charge de la construction des grosses infrastructures, de la régulation du secteur des télécommunications, de l’organisation générale du cadre des affaires, du respect du droit, etc. Je viens de publier un texte sur le rôle de l’Etat dans le processus d’identification et de facilitation de la croissance. Il a été écrit avec Justin Lin, Premier vice-président et économiste en chef de la Banque mondiale, qui a été pendant vingt ans le conseiller économique du gouvernement chinois. Nous devons nous organiser pour tirer profit de l’expérience des pays émergents, et éviter de commettre les erreurs des autres.
Pour opérer les mutations dont vous parlez, beaucoup pensent qu’il faudrait un changement de régime. D’où, par exemple, des réflexions sur l’alternance en 2011. Au regard de la configuration politique actuelle et de l’histoire des élections truquées au Cameroun, cette alternance est-elle possible ?
La vraie alternance dont nous avons besoin est dans nos têtes, dans ce que nous sommes chacun en tant qu’individu et collectivement en tant que société. Le Cameroun compte désormais 20 millions d’individus dangereusement semblables. Il regorge de gens mentalement usés, mal dans leur peau, dénués de fierté, allergiques à l’effort et réfractaires à l’éthique. Dans tous les secteurs de la vie sociale, la “feymania”, le “farotage” sont le seul projet social véritablement populaire. Chacun veut s’enrichir vite et bien, sans consentir d’efforts. Nous avons un grave déficit d’amour-propre et de leadership, qu’il faut résorber avant toute chose. Beaucoup de personnes, y compris dans le secteur privé, sont obsédées par l’idée de deviner les attentes de leur chef et de satisfaire ses fantasmes de pouvoir, au lieu de se préoccuper de créer les conditions d’éclosion et de maximisation des talents. Le vrai changement que nous devons rechercher se trouve donc en nous-mêmes, en nos manières de faire, au degré d’exigence que nous sommes prêts à nous imposer dans les actes que nous posons quotidiennement. Nous devons améliorer notre hygiène sociale. Personne ne viendra vivre nos vies à notre place. Quant à l’alternance politique, je dirai qu’elle demeure possible… Elle se fera au Cameroun, qu’on le veuille ou non.
Comment ?
Cela est possible si et seulement si ceux qui se posent en leaders sortent de leurs égos pour effectuer le véritable travail politique qui seul permet des élections justes et libres. Passer le temps dans des cocktails avec des diplomates étrangers (qui, de toute façon, ne les prennent pas très au sérieux), à signer des communiqués de presse au demeurant mal écrits, ou à pérorer sur des chaînes de radio, tout cela ne sert pas à grand-chose. Seule l’action politique sur le terrain, sur la base d’idées neuves et crédibles et de solutions concrètes aux problèmes économiques et sociaux du pays, peut permettre l’alternance. Parallèlement à l’énonciation de solutions originales à nos problèmes d’emploi, d’éducation, de santé, d’énergie, ceux qui voudraient diriger le pays devraient organiser la mobilisation. Un seul exemple : les leaders de l’opposition pourraient consacrer leurs forces simplement à moderniser les listes électorales. Par-delà leurs désaccords, ils pourraient au moins s’entendre pour lancer et mettre à exécution une campagne sur le thème “10 millions de Camerounais inscrits sur les listes avant le 30 avril 2011.” Ce serait bien plus efficace que toutes leurs autres actions
Dans ce vaste chantier, que peut-on attendre de la diaspora camerounaise ?
L’aisance matérielle à laquelle certains exilés ont droit dans leur pays d’accueil ne leur confère pas le bonheur de se sentir citoyens accomplis. La question est donc de savoir comment convertir ce bien-être relatif en un vecteur de production de bonheur collectif au Cameroun. Le problème est que beaucoup d’exilés sont victimes de ce que j’appelle le syndrome Western Union. Leur principale contribution au développement du Cameroun est d’envoyer de l’argent ou des biens à leurs familles ou à leurs communautés. Or, la charité n’a jamais vaincu la pauvreté ou transformé une nation. Je ne prétends pas qu’il soit inutile d’envoyer des transferts au Cameroun. Les ouvrages scolaires, les ordinateurs ou les médicaments qui arrivent par containers à Douala permettent d’éduquer quelques enfants et de sauver des vies. Mais dans l’ensemble, la rentabilité économique et sociale de ces opérations reste marginale. La question se pose alors de l’efficacité et de la durabilité de ces actions.
Que faut-il donc faire pour valoriser et maximiser la participation de la diaspora au développement ?
Les Camerounais de la diaspora doivent profiter de leur séjour à l’étranger pour se former et développer leur expertise. Le monde évolue en permanence et nous devons évoluer avec lui. Ils devraient aussi renforcer leur capital relationnel—ce que les sociologues appellent maintenant le capital social. Car étudier, absorber des idées nouvelles, c’est aussi l’occasion de nouvelles rencontres et d’échanges qui peuvent être très fructueux. Ils peuvent s’organiser plus rigoureusement pour tenter de faire changer les conditions de vie au pays, à travers des actions de lobbying. Ils peuvent s’inspirer de l’expérience d’autres communautés dont les membres de la diaspora sont parvenus à influencer très positivement le développement politique et économique de leur pays.
Lesquelles par exemple ?
Je pense par exemple au modèle juif. Chaque fois que je me suis rendu en Israël, j’ai été impressionné par le nombre de grandes universités ou de laboratoires de recherche dont les bâtiments et le matériel ont été entièrement financés par la diaspora. Celle-ci y envoie même régulièrement des chercheurs et des enseignants qui payent leurs propres billets d’avion et vont y travailler pendant quelques semaines de vacances par an, sans demander de salaire ou de compensation. C’est leur manière de contribuer au développement du pays. Je pense aussi au modèle chinois, plus focalisé sur le développement du secteur privé. L’idée est de créer par exemple des réseaux de financements d’entreprises dans leur pays. En mettant sur pied des clubs d’investissements par exemple, ils lancent des projets souvent de très grande envergure au pays, ce qui leur permet non seulement de créer des emplois et de la richesse là-bas, mais aussi de gagner de l’argent. Ce faisant, ils se posent également en facilitateurs d’investissements privés étrangers en Chine, en vecteurs du transfert de technologie et de compétences managériales, et ils aident à élargir les marchés.
La CAMDIAC peut-elle jouer un rôle dans ce sens ?
Je crois qu’il s’agit d’un groupe nouveau. Je n’ai donc pas assez d’informations pour énoncer un jugement raisonné sur son action. Je ne connais qu’un seul de ses animateurs, Jean-Bosco Tagne. C’est un jeune chercheur de Boston University, qui est mon ancien employeur. Il y fait de la recherche sur le cancer. A en juger par la qualité des revues académiques dans lesquelles il a publié, il est très doué. Je lui ai souvent dit, très amicalement, qu’il devrait consacrer une partie plus grande encore de son temps à cette recherche pointue. Le Cameroun, l’Afrique et le monde entier bénéficieraient énormément de la découverte de nouveaux médicaments contre le cancer.
Revenons, pour terminer, à Pius N. Njawé. Comment vivre sans lui tout en continuant ses œuvres en général, et en assurant la survie du Messager en particulier ?
Pour sa famille et ses amis, la vie sans Pius sera une morne procession de journées fades et tristes, et rien ne pourra jamais remplacer son souvenir. Chacun devra subir son absence comme une blessure intime et incurable. La survie du journal Le Messager, qui est le symbole le plus concret de son héritage, est un défi essentiel. Ma modeste opinion est que les proches de Pius devraient se réunir assez rapidement pour structurer l’entreprise de façon à assurer à la fois sa rentabilité économique et son indépendance intellectuelle et politique. Si ses ayant-droit et ses partenaires s’accordent sur cet objectif, l’on pourrait facilement trouver une forme juridique qui accommode ces exigences.
Avez-vous quelques propositions concrètes ?
L’on peut imaginer par exemple la création d’un groupement d’intérêt économique impliquant diverses parties prenantes (journalistes, partenaires, quelques compagnons proches), et dans lequel une Fondation Njawé contrôlée par la famille détiendrait une partie importante du capital. Une telle structure faciliterait la nécessaire modernisation de l’entreprise et une plus grande professionnalisation du journal. L’on pourrait aussi inclure dans cette structure un directoire ou un conseil extérieur de surveillance réunissant quelques personnalités qui accepteraient d’apporter un appui bénévole au Messager. Pas besoin d’être soupçonneux pour savoir que, dans les coulisses du pouvoir politique, certains se lèchent actuellement les babines en pensant que la disparition de Pius signe forcément la faillite financière et économique du Messager. Le journal ne doit pas mourir. Pius croyait, comme Eleonor Roosevelt, que personne ne peut vous faire vous sentir inférieur sans votre propre consentement. Héritiers et citoyens de bonne volonté doivent travailler ensemble pour conjurer le mauvais sort.
Propos recueillis par Norbert N. Ouendji
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« Je me préparais à parler lorsque j’ai vu accourir vers moi un individu vaguement empâté, sans élégance, un peu hagard et n’ayant visiblement pas tous ses esprits »
« L’alternance politique demeure possible… Elle se fera au Cameroun, qu’on le veuille ou non ».
« Pas besoin d’être soupçonneux pour savoir que, dans les coulisses du pouvoir politique, certains se lèchent actuellement les babines en pensant que la disparition de Pius signe forcément la faillite financière et économique du Messager. Le journal ne doit pas mourir ».
lundi 9 août 2010
Oraison funèbre de Célestin Monga lors des obsèques de Pius Njawé à Babouantou!!
Le gouverneur de la Région de l'Ouest a empêché Célestin Monga de prononcer cette oraison funèbre de Pius Njawé
Je suis arrivé au Cameroun il y a quelques jours avec dans mon bagage à main un petit colis, pourtant le plus lourd et le plus encombrant que j’aie jamais eu à transporter de ma vie. C’était une boîte noire et rectangulaire à peine plus grande qu’une boîte de cigarettes. On me l’avait confiée à Washington. Je ne pouvais pas refuser de la prendre, et pourtant mon premier réflexe était de me tenir bien loin d’elle. L’ayant acceptée contre mon propre instinct, j’ai immédiatement mesuré son caractère à la fois faussement ordinaire et sacré. Elle semblait banale mais elle me brûlait les mains.
Pendant les quelques jours où j’ai eu à conserver cette petite boîte à mon domicile, je n’ai d’ailleurs pas su à quel endroit de la maison il fallait la conserver : au chevet de mon lit ? Non, je n’aurais pas pu survivre aux cauchemars qu’elle m’infligeait. Sur la table de la cuisine ? Non, car un enfant aurait pu la prendre et la jeter par inadvertance. Fallait-il la garder précieusement à côté de mon passeport ou au contraire la tenir loin de ma vue ? Je savais une seule chose avec certitude : pas question que j’oublie de la prendre avec moi au moment d’aller à l’aéroport.
Cette boîte qui m’a torturé pendant plusieurs jours de Washington à Douala via Paris, c’était la clé du cercueil de Pius Njawe. Sa famille m’avait infligé la responsabilité étouffante et l’honneur douloureux de ramener au pays le sésame d’acier par lequel la nation allait accéder, une dernière fois, à cet homme qui aura marqué de manière indélébile la conscience collective. La charge a lourdement pesé sur mes épaules.
L’incongruité de la situation dans laquelle je me suis trouvé était manifeste à chaque étape de mon voyage à travers les continents. Cette clé était minuscule mais particulièrement incommodante. Elle était trop importante pour que je la mette dans ma valise enregistrée et envoyée à la soute de l’avion. Car si mon bagage se perdait au cours du trajet comme cela arrive presque systématiquement sur les vols africains, nous aurions tous eu l’air pas très intelligents ici, avec entre les bras un cercueil sans les moyens de l’ouvrir. Il aurait alors fallu fracasser le cercueil pour libérer le corps de Pius et lui faire violence une fois de plus, par-delà sa mort. Ayant visualisé mentalement cette hypothèse, je l’avais immédiatement écartée. Il ne me restait alors qu’à prendre la clé dans mon bagage à main, entre mes documents les plus précieux.
Mais là aussi, les choses se sont révélées bien compliquées : à chacun des aéroports par lesquels je transitais, les officiers de sécurité aérienne qui analysaient le contenu de mon bagage à main sursautaient d’y trouver cette clé en acier qui ressemblait étrangement, à leurs yeux, à une arme blanche. Il fallait alors leur expliquer que je n’étais pas un terroriste irakien ou afghan, et qu’il s’agissait simplement d’une clé précieuse que je devais garder constamment par devers moi-même si l’idée ne me plaisait pas forcément. Ces négociations permanentes et souvent ardues et macabres, avec des agents de sécurité et des douaniers formés et payés pour être soupçonneux, m’ont plongé dans un état de fébrilité et de colère silencieuse. A force de manipuler la clé, de lire et relire les documents mortuaires à chacune des escales de mon voyage, j’ai dû, même malgré moi, contempler l’absurdité de l’existence, la fragilité des ambitions humaines, et la permanence du destin. J’ai dû aussi, évidemment, retourner en boucle dans ma tête les circonstances de cette mort, et tenter sinon de comprendre, du moins d’en mesurer la violence, l’injustice, et la tragique banalité. J’ai dû essayer de faire sens-si tant est que cela soit possible-de l’implacable mécanique qui a conduit au désastre.
Pius Njawe est décédé dans un accident de la circulation survenu le lundi 12 juillet à 14 heures 55 minutes sur l’autoroute 664 qui relie les villes de Newsport News et Chesapeake, en Virginie. Avec son chauffeur Eric Wande, il se rendait à Chesapeake, chez son ami et frère Lucas Kameni qui élève Justice, sa fille de dix ans. C’était un après-midi ensoleillé d’été avec un ciel bleu, une visibilité parfaite et une circulation légère. Le trajet Washington-Chesapea ke qu’Eric connaît bien dure en moyenne 3 heures et ils se trouvaient à 9 minutes seulement de leur destination.
La voiture dans laquelle les deux hommes roulaient était une Lexus et l’autoroute une des plus belles situées non loin de Washington, la capitale du pays le plus industrialisé du monde. Quelques secondes seulement après l’accident, un autre usager de la route qui passait par là avait contacté la police locale en appelant le numéro de secours 9-1-1. Moins de 8 minutes après ce coup de fil, des pompiers et policiers très bien équipés étaient sur les lieux et avaient bouclé l’autoroute dans les deux sens pour secourir les victimes et procéder à une première enquête préliminaire. Travaillant sous les ordres du sergent R. W. Walker de la police de l’Etat de Virginie, ils avaient constaté le décès instantané de Pius qui, bien qu’ayant sa ceinture de sécurité, avait étendu son siège passager à l’arrière pour s’assoupir pendant la dernière demi-heure du voyage. Il est donc fort possible qu’il soit passé de vie à trépas sans voir venir la mort.
Le chauffeur du camion qui a percuté de plein fouet son véhicule et l’a traîné sur plusieurs centaines de yards, aux dire de la police américaine, est un certain John Moore (64 ans) qui travaille depuis des années pour la société de transport Canaday Trucking, une entreprise de transport de taille moyenne basée depuis de nombreuses années à Providence, Virginie.
La journaliste Kirstin Davis du quotidien The Virginian-Pilot a
écrit que la police croyait que le véhicule qui conduisait Pius Njawe
s’était peut-être arrêté en plein milieu de l’autoroute, ce qui
expliquerait que le chauffeur du camion semi-remorque, qui venait à
toute allure derrière eux, n’ait pas eu le temps d’arrêter son meurtrier
véhicule. Eric Wande, le chauffeur de Pius, explique pour sa part qu’il
roulait simplement plutôt lentement, à vitesse raisonnable- car il
devait se préparer à quitter l’autoroute pour emprunter la sortie vers
Chesapeake.
L’enquête et la reconstitution de l’accident, y compris avec l’exploitation d’images de caméras et des images satellitaires, détermineront qui avait tort dans cette maudite affaire. Pour l’instant, les deux chauffeurs s’accordent sur l’idée qu’il s’agissait d’un terrible, malheureux et banal accident. Les autorités policières de l’Etat de Virginie en ont été si convaincues qu’elles n’ont jamais ni sollicité l’intervention de la police fédérale américaine (le FBI), ni demandé une autopsie-chose qui se fait obligatoirement dès qu’il existe un soupçon de doute chez les enquêteurs sur les circonstances de la mort d’une personne sur le territoire américain. D’ailleurs moins de 3 heures après l’accident, elles avaient remis le corps de Pius Njawe à la morgue de l’hôpital de Norfolk, et à la disposition de sa famille. Celle-ci n’a pas non plus demandé d’autopsie.
Si telle est la vérité-Njawe était un des journalistes les plus appréciés par ses confrères du monde entier et les fins limiers de la presse d’investigation aux Etats-Unis et ailleurs ont dû mener leur travail d’investigation pour élucider les circonstances de cette mort et valider les résultats préliminaires de la police-ce tragique accident illustre surtout le prix à payer pour être un homme d’action, et l’ampleur du sacrifice qu’il faut parfois consentir pour se défaire d’une existence banale, d’une sous-vie.
Je n’insisterai pas sur les détails de sa biographie et sur les divers éléments de son itinéraire, disponibles dans tous les journaux du monde entier qui lui ont consacré des oraisons funèbres. Je me contenterai de commenter quelques éléments de cette vie exceptionnelle qui fut la sienne, et d’en tirer des significations. Pius Njawe est né ici même à Babouantou, au sein d’une humble mais grande famille appartenant à une civilisation de vieille souche. Il était d’ailleurs un vénérable notable du village et un digne représentant de cette riche culture dont il arborait avec joie les attributs, parfois les plus spectaculaires. Je l’ai vu par exemple se promener en hiver à Washington, vêtu de grands boubous africains fort encombrants et trop légers pour le climat, parfois coiffé de chéchias colorées, et m’intimant l’ordre de m’habiller de la même manière pour l’accompagner à je ne sais quelle manifestation culturelle des ressortissants de son village.
Malgré la fierté que les membres de cette famille peuvent
légitimement éprouver devant son parcours et son œuvre, Pius Njawe était
aussi et surtout un Camerounais au sens le plus noble du terme, un
Africain, et un citoyen du monde. Babouantou l’a peut-être vu naître
mais l’homme a grandi ailleurs, et il appartenait au monde entier. La
puissance de son réseau international d’amitiés et l’impact qu’il aura
eu sur notre conscience collective en témoignent, de même que l’énorme
vague d’émotion suscitée à travers la planète par la nouvelle de sa
mort. Il y a quelques jours à Washington, son confrère Eric Chinje
observait fort justement qu’aucun chef d’Etat africain n’avait bénéficié
d’une telle couverture médiatique internationale, ni de son vivant, ni à
sa mort.
Pius Njawe a été un autodidacte. Très tôt, il s’est mis à lire des livres et des journaux, et décidé dès l’âge de dix-sept ans de ce qu’il voulait faire du reste de sa vie-beaucoup d’entre nous, à vingt, trente ou même quarante ans, ne savent toujours pas ce qu’ils souhaitent devenir. A dix-neuf ans, Pius Njawe était journaliste à La Gazette du Béninois Abodel Karimou. Y ayant appris les rudiments du métier, sans argent ni soutien quelconque, armé de sa seule volonté et de sa passion pour l’écriture et le besoin de vérité, il a créé lui-même son journal. Le Messager est né à Bafoussam en 1979.
Pius Njawe a prouvé que le destin n’existe pas. A priori, il semblait mal parti dans la vie, n’ayant ni une collection de diplômes universitaires, ni une fortune, ni le pouvoir de faire peur ou de brutaliser son voisin, ni même un réseau de complicités mystiques. Erreur : l’ambition et la foi seules lui ont suffi à changer le cours de l’Histoire. Car c’est bien ce que Le Messager, vénérable institution sociale et politique, est parvenu à réaliser pendant les trente-deux ans dont Pius Njawe a assuré la direction. Comme quoi ce qui compte dans la vie, ce ne sont pas les conditions dans lesquelles l’on commence son existence. C’est la manière dont on la mène et le bilan que l’on affiche au moment où elle est achevée.
Les choses n’ont cependant jamais été faciles pour lui. Aucun obstacle, aucun piège, aucune brimade, aucun supplice ne lui a été épargné. Pourtant, rien ne l’a arrêté sur son chemin. Ni l’agitation, ni la haine, ni la calomnie, ni la violence, ni l’injustice, ni la prison, ni la douleur suprême de devoir perdre des êtres chers dans les conditions les plus atroces. Pius Njawe s’était tiré indemne de toutes ces épreuves. Vous chercherez en vain le moindre gramme d’aigreur ou le moindre désir de vengeance dans son propos et son comportement, y compris à l’égard des personnes qui ne méritaient pas sa compassion. Pius Njawe croyait comme Antoine de Saint-Exupéry qu’un homme se découvre lorsqu’il se mesure à l’obstacle et que l’adversité rend chaque personne encore plus solide.
Depuis notre étrange procès de janvier 1991, mon nom est associé dans l’imaginaire de beaucoup de personnes au sien et au journal Le Messager. Or, lui et moi, nous ne nous connaissions vraiment pas avant cette affaire. Un jour de décembre 1990, alors que je travaillais comme banquier à Douala, j’avais écrit en quelques minutes cette fameuse lettre ouverte au Président de la République et l’avais fait parvenir à son journal. Je peux vous révéler aujourd’hui que Pius Njawe n’était même pas au Cameroun à ce moment-là. Un de ses collaborateurs avait réceptionné l’article et m’avait téléphoné pour m’annoncer sa publication immédiate. Dès la parution de l’article, le journal avait été saisi et je m’étais retrouvé dans une cellule de prison. Pius Njawe était revenu au Cameroun quelques jours plus tard et s’était fait convoquer immédiatement par la police judiciaire. C’est donc en détention que nous avions véritablement fait connaissance. Au départ, je me demandais s’il allait me sauter dessus et me rouer de coups de poing pour le motif que j’avais fait fermer son journal et bouleversé sa vie. Non, pas du tout.
Le plus extraordinaire dans cette affaire est que lors de son
interrogatoire, les services de sécurité lui avaient offert la
possibilité de se tirer d’affaire et de me laisser seul dans le pétrin.
La police savait évidemment qu’il avait été absent du pays pendant
plusieurs semaines et que le pauvre n’était pas personnellement
responsable de la décision de publier mon sulfureux article. Le
commissaire de police principal qui l’interrogeait lui a dit clairement :
“Nous savons que vous n’avez rien à voir dans cette affaire et que
c’est Célestin Monga qui doit répondre de son acte. Nous savons que vous
étiez en voyage à l’étranger. Il suffit de l’indiquer dans le
procès-verbal et vous serez immédiatement hors d’ennui.” Njawe
avait écouté attentivement cette offre alléchante, m’avait regardé
intensément-de son regard intense et incandescent- et avait dit à
l’officier : “Non, Monsieur le Commissaire, lorsque Monsieur Monga
m’a apporté son article, je l’ai lu attentivement et ai constaté qu’il
correspondait exactement à la ligne éditoriale du Messager. J’ai décidé
de le publier.” Il était comme cela, l’homme Njawe, capable de grandeur morale, de solidarité et de loyauté au-delà de l’imaginable.
Sa
mort est un choc mais elle offre aussi l’occasion à la communauté de se
réunir, comme ici aujourd’hui, pour faire le point sur elle-même. Les
énergies et les offrandes du deuil réaffirment la richesse de la
collectivité et son goût de la solidarité. La mort est donc l’occasion
de faire preuve de santé sociale, sinon une démonstration de force. Elle
est donc une cérémonie de régénération génésique qui nous permet de
nous fortifier, même si au passage, elle requiert des sacrifices et de
la douleur. La mort est une pause : le temps s’arrête pour que la
communauté se redynamise. Les rites qui nous rassemblent célèbrent la
vie de Pius Njawe et ambitionnent de faire renaître à jamais les
souvenirs que son image nous ont inspirés. La mort est une opération
cosmique qui nous permet de réfléchir à nos habitudes et de nous libérer
de certaines normes arbitraires de vie que nous nous sommes imposées.
Face
à une mort comme celle de Pius Njawe, qui rassemble les Camerounais de
tous bords politiques, de toutes confessions religieuses, de toutes
conditions sociales, les hiérarchies fantaisistes habituelles
s’évaporent, les distinctions sociales et ethniques apparaissent
véritablement pour ce qu’elles sont : des artifices ridicules. La
fraternité et la camaraderie redeviennent promiscuité. Chacun arrache
son masque et son déguisement. Nous sommes alors vêtus de notre seul
costume de chair et de sang, et nous apparaissons à chacun pour ce que
nous sommes véritablement : des êtres fragiles dont le temps précieux
est compté. Avec un minimum de lucidité, nous pourrions même sortir tous
purifiés et régénérés de ce chaos psychologique. A condition d’avoir
chacun la dose suffisante d’humilité pour mesurer le temps qui passe, à
condition de penser à préparer chacun notre mort. Au-delà de la douleur,
des pleurs, des déchirements, le deuil prépare donc la résurrection.
“Notre mort illumine notre vie”, dit
Octavio Paz. La mort est un miroir grossissant dans lequel nous
analysons nos propres actes, nos souvenirs partagés, nos succès, mais
aussi nos erreurs et nos omissions. Devant elle, notre vie se dessine et
cherche sa propre explication, sa propre justification. La mort de Pius
Njawe nous interpelle donc à plusieurs égards. Elle nous secoue, nous
attrape à la gorge, nous bouscule, nous brutalise et nous force à faire
le point sur nous-mêmes-ne fût-ce qu’un point silencieux. Elle interroge
ceux d’entre nous qui se croient immortels parce qu’ils jouissent d’un
pouvoir qui les grise et les rend ivres. Elle questionne ceux qui ne
veulent rien faire ni prendre aucun risque pour changer le Cameroun, qui
se contentent de se demander “on va faire comment alors”, et
acceptent le masochisme d’une vie au rabais. La mort est implacable,
inévitable, et plus forte que n’importe quel pouvoir ou lâcheté. La mort
est un créancier fourbe et inexorable.
Pius Njawe aurait pu mourir
banalement dans son lit dans sa maison à Douala, de maladie, de
vieillesse, de sénilité ou même de jouissance. Mais il avait choisi
d’être un homme d’action, et de mener une vie en mouvement. Son parcours
exceptionnel devait forcément se terminer d’une manière qui frappe nos
imaginations endormies et nous force à nous poser des questions sur nos
propres existences. D’autres grands de ce monde sont tombés, comme lui,
sur la route du devoir. La mort les a immortalisés dans nos
“Ah, insensé qui croit que je ne suis pas toi !”,
écrivait Victor Hugo. Oui, en effet, nous sommes tous aujourd’hui des
Pius Njawe. Sa mort doit donc nous interpeller. Où en-sommes-nous
individuellement, dans nos plans d’existence, dans nos véritables
objectifs personnels ? “Sois en règle un jour avant ta mort, aujourd’hui
même” disait le sage. Sommes-nous prêts ? Face à la possibilité et même
à la certitude de la mort, où en sommes-nous en tant que famille ? Où
en sommes-nous en tant que société ? Où en sommes-nous dans le combat
pour les droits et libertés fondamentales et le bien-être de chacun,
dans cette nation où des égoïsmes artificiellement fabriqués continuent
de maintenir l’obscurantisme ? Où en est-on dans ce pays où 99 pourcent
de la population de toutes origines confondues font face aux mêmes
problèmes et partagent les mêmes rêves, mais où l’on parvient à
entretenir des divisions sociales abstraites, futiles et suicidaires ?
Oui, la mort de Pius Njawe est l’occasion de nous interroger sur la
fragilité de nos relations au sein du corps social, et de notre
apparente incapacité à vaincre nos démons.
Sa mort est aussi
l’occasion pour nous tous de méditer sur la signification de son action
comme acteur primordial de la société civile camerounaise. Et pour ceux
qui l’ont combattu violemment et parfois injustement, de se repentir et
non de verser des larmes de crocodiles. Car la liberté d’opinion et la
liberté de presse constituent des composantes essentielles des droits de
l’homme. L’on ne saurait, en plein 21ème siècle et dans un monde
“globalisé”, construire une société efficace avec des citoyens illettrés
et mal informés.
Pius Njawe était un défenseur intrépide de la
société civile dont il savait qu’elle était la principale source de
création de capital social et le moteur du développement politique et
économique. Mais il n’était ni dupe ni naïf. Il savait que la société
civile est aussi parfois un fourre-tout, dans lequel l’on retrouve aussi
bien des organisations qui se battent pour faire affirmer notre
humanité collective que des groupes mafieux se dissimulant derrière le
label d’organisations non-gouvernementale s et produisant du capital
social négatif. Après tout, même la mafia italienne est une association
que l’on peut classer comme faisant partie de la société civile. Osama
Ben Laden et Al Qaeda pourraient eux aussi revendiquer l’appellation de
société civile…
Parce que nous sommes ici aujourd’hui pour l’accompagner à sa dernière demeure, nous nous contenterons de saluer la mémoire du grand homme que fut Pius Njawe. Mais demain se posera la question de son héritage intellectuel, et notamment celui de la survie du journal Le Messager comme institution indépendante de tout pouvoir. De ce point de vue, les défis qu’il nous laisse sont nombreux, car peut-être à cause de la dureté du combat qu’il menait quotidiennement simplement pour survivre, Pius Njawe n’a pas eu le temps de gérer son journal de la façon la plus orthodoxe. Ceux qui prendront le relais devront se surpasser pour maintenir et élever les standards d’excellence que méritent les lecteurs du Messager.
L’émotion et l’énergie manifestées à travers la planète depuis l’annonce de sa mort et incarnées dans les milliers de personnes qui se pressent ici aujourd’hui, devraient être catalysées vers la véritable tâche dont il faut s’acquitter pour que l’œuvre et l’héritage de Pius Njawe ne meurent jamais. Pour cela, chacun d’entre nous devra jouer pleinement son rôle, mais rien que son rôle.
Un mot, pour terminer, à la famille de Pius Njawe qui a essayé au mieux de gérer le traumatisme et les dynamiques parfois contradictoires de sa mort pour organiser dignement ses obsèques. Je voudrais saluer notamment l’élégance, la patience et le leadership du patriarche Jonas Ngandeu et des enfants Njawe, au-delà de la douleur. A ces enfants-là, j’aimerais transmettre un message qu’un de mes mentors, le cardinal Christian Tumi, m’avait dit lorsque j’ai perdu moi aussi mon père dans un accident de la circulation. J’étais très troublé par ce que je considérais comme une injustice absolue et en colère contre la vie. Le cardinal m’avait alors dit une chose qui m’avait paru étrange : il m’avait dit qu’aucune mort ne peut survenir si elle n’est pas autorisée par Dieu, et que les êtres humains ne doivent pas juger le Jugement de Dieu. Cela m’avait d’abord un peu choqué. Mais j’y ai réfléchi, et cela m’a aidé progressivement à survivre à la mort de mon père. Peut-être cette petite pensée du cardinal vous aidera-t-elle aussi dans les jours difficiles à venir, lorsque tout le monde sera parti, et qu’il faudra faire face à l’absence quotidienne de Pius Njawe.
Célestin Monga
Babouantou, 7 août 2010
jeudi 5 août 2010
Hommage à Pius Njawé, un grand journaliste et défenseur de nos libertés
Hommage de Jean Julliard à Pius Njawé
Ce week-end auront lieu les obsèques de Pius Njawe au Cameroun. Le monde du journalisme a perdu une véritable icône. Une icône de la liberté de la presse. Je suis extrêmement attristé par ce décès. Pius Njawe était l'ami de Reporters sans frontières, un proche, un compagnon de route, un journaliste avec qui nous entretenions des relations chaleureuses et de confiance.
Pius était l'ami de Robert Ménard, mon prédécesseur et le fondateur de Reporters sans frontières. Il était devenu le mien, à sa sortie de prison, fin 1998, alors que je prenais la direction du bureau Afrique de Reporters sans frontières.
Le
combat de Pius Njawé pour la presse camerounaise est immense. Fonder le
premier journal d'opinion du pays, à la fin des années 1970, bien avant
l'instauration du multipartisme et le printemps de la presse africaine,
était un acte de bravoure. Lutter contre la censure administrative qui
paralysait jusqu'en 1994 les journaux camerounais, en était un autre.
Cet engagement lui aura valu plusieurs séjours en prison. C'est à lui
que les journalistes doivent la liberté de ton dont ils peuvent
bénéficier aujourd'hui.
Pius a toujours été le grand frère des journalistes camerounais. Chaque fois qu'il le pouvait, il aidait ses plus jeunes confrères. Il a toujours répondu présent à nos appels, lorsqu'il s'agissait de parler de la situation de la liberté des médias au Cameroun ou s'il fallait se mobiliser pour un confrère emprisonné en Afrique.
Parce que loin d'être enfermé dans les seuls défis de son pays, Pius Njawé avait l'esprit ouvert sur le monde, les yeux tournés vers l'étranger. Il était de tous les combats pour la liberté de la presse. Nous n'oublierons pas, par exemple, qu'il nous a accompagnés à Sarajevo, en 1992, pour soutenir Oslobodenje, le seul quotidien qui continuait de paraître à l'époque, en pleine guerre en ex-Yougoslavie.
Nous
saluons aujourd'hui la mémoire de ce journaliste courageux, téméraire,
pionnier de la presse indépendante au Cameroun, fondateur à l'âge de 22
ans du quotidien Le Messager, disparu brutalement avant d'avoir
achevé son dernier combat : la dépénalisation des délits de presse. Ceux
qui restent doivent poursuivre en son nom la lutte pour la liberté de
presse au Cameroun.
mercredi 4 août 2010
PIUS NJAWÉ célébré à Hambourg par les Patriotes et profgressistes camerounais
Hommage des Patriotes et Progressistes Camerounais
d’Allemagne à Pius NJAWE
Invitation
Le grand combattant Pius NJAWÉ,
figure historique de la Presse et de la dissidence camerounaises et Fondateur
du Journal « Le Messager »
est décédé le 12 Juillet 2010 en Virginie, aux USA. Il venait de participer à
une Rencontre de Forces vives et de personnalités sociopolitiques camerounaises
pour réfléchir sur les perspectives d’une alternance pacifique au Cameroun en
2011. Le Cameroun a incontestablement perdu en Pius NJAWE, l’une des figures
qui a le plus marqué son histoire durant les 30 dernières années.
Monsieur Njawé a été à la fois un
vecteur, un moteur et un acteur majeur des grandes luttes pour les libertés et
la démocratie au Cameroun depuis la fin des années 1980. Pius Njawé mérite donc
la reconnaissance de la Nation en général et de toutes celles et tous ceux qui
ont partagé et portent son rêve de Liberté, d’Etat de droit et de démocratie
intégrale pour le Cameroun et l’Afrique, en particulier. Persécuté avec une
rare violence pour son engagement, Pius Njawé a résisté et a tenu bon, léguant
ainsi à la jeunesse camerounaise un message de témérité et de détermination,
devant l’adversité des forces rétrogrades.
C’est pour saluer la
mémoire de ce Grand Homme, célébrer son combat pour les Libertés et rendre
hommage à sa générosité, que nous invitons tous les tous les patriotes
camerounais et africains en Allemagne, de même que tous les amis du Cameroun, à
une
Grande Soirée
de Recueillement pour Pius NJAWE à Hambourg,
Allemagne
Le Vendredi 06 Août 2010, 18H -
22H
Adresse: Kamerun-Haus,
Buxtehuder Strasse 13, 21073 Hambourg-Harburg
(S-Bahn Harburg- Rathaus)
Programme
- Minute de
silence et recueillement
- Standing
ovation pour Pius NJAWÉ
-
Biographie et trajectoire de Pius NJAWÉ
-
Projections de vidéos sur l’œuvre de P. NJAWÉ
-
Réflexions sur le sens et la signification d’un Hommage public à NJAWÉ
-
Témoignages de Personnalités politiques et de Leaders d’opinion de la Diaspora
- Activités culturelles : Chants, Musique
engagée et de recueillement
- Signature du livre de
condoléances
- Quête et
Donations pour la Fondation Jane et Justice
-
Rafraichissement et collation.
Le Comité d’Organisation(C.O) compte sur une
participation massive de tous les patriotes camerounais et africains d’Allemagne
pour rendre un dernier hommage au Grand combattant Pius NJAWÉ, avant son
inhumation le 07 Aout à Babouantou.
NB : Toute personne qui souhaiterait faire un
témoignage est priée de se faire enregistrer par le C.O
Le Comité d’Organisation
Tene Sop,
Coordonnateur Général
Contacts : Tene Sop 00491634637140; Djoukeng Edouard : 0049179
21536400,Wehiong A. Désiré 004917625960574 ;
Diogni 004917623102006, Sorel Tegam; Fabrice Teuma: ; B. Leunmi.
Email: tenesop@googlemail.com; citosy@yahoo.com
mardi 3 août 2010
Pius Njawe: A Hero and a Martyr Gone Missing
A Tribute to a Journalist Friend and a Freedom Fighter
By Boh Herbert
Washington, DC, 30 July 2010
- A fortnight of memorial services to celebrate the life and to salute
the work of veteran Cameroonian journalist Pius Njawe culminates this
weekend and early next week in Washington, DC, with church services and the departure of his remains for its final resting place in Cameroon.
I learned of Njawe’s passing in Kinshasa (DR Congo), where I was on mission. An email from my World Bank colleague Francois Gouahinga to Eric Chinje (then in South Africa) and I informed us of the accident. Francois said he feared the worst.
As I write these lines, I am still in disbelief that “Grand Frère et Beau- Frère Pius”,
as I called him (he was my professional senior and my spouse is his
“sister” from Cameroon’s Haut Nkam Division) is, indeed, gone from us.
Disbelief is the mood to be in, because Njawe is not dead. You don’t die
when you are Njawe. Not from where I come. As with the kings in most
parts of Grassland Cameroon from which we hail, Njawe has gone missing.
Like royalty, he is not only to be mourned. He is to be found and
replaced.
We should mourn
for one reason, though. Njawe died before he had the chance to write the
series of articles that should have been published had his trip to the
USA not also been his last. For someone who, in the absence of pen and
ink, could have used his own blood and – in the absence of paper – could
have used even wasted toilet paper - to complete his article, not
writing those articles has to be one of Njawe’s unfinished business.
Leaving work for generations of journalists unborn is a masterly act in
passing the baton on a life of service to peers, friends, colleagues,
family and country.
In the last agonizing and painful moments on that highway to Norfolk
just before he died, we can imagine Njawe asking God for one
opportunity to do one thing: write one last article. The scene of his
accident should carry a memorial plaque that reads: “Here, once lay the
remains of a man who endured everything: Soviet-like newspaper
censorship; the barbarism of one-party dictatorship and oppression; the
mockery of some colleagues who felt you needed university-issued
diplomas not self-education in journalism”. Hard work, focus, and iron
discipline made Njawe successful, and developed his insatiable appetite
for improving Cameroon’s ghettoized journalism.
Njawe
endured and survived a lot more: numerous arrests; solitary
confinement; jail; the savage beating of his pregnant wife and the loss
of their unborn baby. He suffered the scorn of those in power who
claimed they can democratize Cameroon without democrats; who rigged
elections for breakfast; and mocked those like him who sought change by
claiming they were already the change our country seeks. Almost with the
same energy with which he was celebrated, Njawe was bashed by many in
opposition who promised plenty, delivered little and grew furious as his
newspaper – true to its mission - decried their inconsistency; their
scheming and endless sell-out deals.
With
anti-democratic forces apparently scoring so many wins, the question to
ask is: did Njawe’s life make a difference? My answer to that is “hell,
yes!” Njawe and Le Messsager did not stop Ahidjo’s and Biya’s
misrule of Cameroon, but they called it out for history. Thanks in
large part to his work, the sins of corruption, anti-democratic
practices, violations of human rights, civil liberties
and freedoms committed by those regimes are well documented. As
numerous editorials and obituary columns in newspapers as renowned as
the Washington Post and the New York Times
have made clear since his passing, Njawe was an eminent and fearless
journalist of world class status. I am thankful that freedom, as we will
ultimately know it in Cameroon, will be a product of Njawe’s tireless
energy, obsession with democracy, justice and human rights.
Njawe and I were not only “grand frère, petit frère”; not only “beau frère -beau frère”, but also friends. After quitting state-owned radio and television, I did a short stint at the rival newspaper to Njawe’s… at La Nouvelle Expression,
and had a chance, from a front row seat, to witness the healthy
competition that exists between the Douala newspapers. As reporters, we
jokingly demonized each other. We teased Njawe’s newspaper with a play
on its name, calling it “Le Mensonger” (literally the bearer of lies). They pulled our leg about our working for “La Nouvelle Repression”
(the new repression). Together, we made fun of CRTV, citing Charly Ndi
Chia’s grandiose intro of anchorman Eric Chinje as, in fact being “… and now ‘lies’ from CRTV…”
Deep down in our heart of hearts, though, all of us – public and
private media journalists - we knew the business of seeking out and
telling the truth united us. When Dikalo newspaper was born out of one of the ugliest breakaways from Le Messager, the founders of the new newspaper left half of their hearts and souls at Le Messager.
Njawe took his trail-blazing championing of journalism to another level when he launched the English language version of Le Messager. Rivals soon followed his lead. There was no stopping Njawe. The creativity of Le Messager Popoli
not only brought us news with a healthy dose of humor and satire. It
has coined words meriting a place in any revised French dictionary.
Imagine French without the word “nyagalement” (meaning with style, and coined from the pidgin word ‘nyanga’ and the French adjective forming suffix). Take the expression “ecraser le pistache”
(the masked wording for love making) which the paper found to protect
the innocence of its youthful readership. The outstanding brilliance of
Njawe’s work and the success of his newspaper made it easy to speak up
on his behalf within the Union of Cameroon Journalists. Even haughty,
diploma-holding colleagues admitted Njawe was one of Cameroon’s finest
journalists. His likes are, alas, few.
As
much as he loved the trade, journalism was only Njawe’s part time job.
It gave him the funding, platform, and channel from which to do his full time job:
clamor for democracy, equal opportunity, liberties, human rights,
justice, and freedom. As journalists who stood shoulder to shoulder in
the trenches fighting for those ideals, I must admit few of us ever
matched his bravery and sense of sacrifice. Perhaps one of the most
beautiful moments, coming as close to an Obama moment for Cameroon, was
when several journalists, Njawe along with them, showed Ni John Fru Ndi
to the people of Cameroon from outside the Bepanda Omnisport Stadium,
as the man of change. The truth, though, is that change turned out to be
a mirage and some of us moved on to other jobs… you would say, to
greener pasture. Njawe stayed put, tending to the unfinished business of
unseating dictatorship, waiting to enthrone democracy and fighting
relentlessly to bring about a free and fair Cameroon.
Thanks
to his persistence, few of Cameroon’s high and powerful have not felt
the anger and justice-seeking pen of Njawe, clawing away at their
conscience, reminding them of broken promises; of stolen elections; of
swindled wealth; of the misrule of our country; and of a Cameroonian
people “trampled to death at bullet point”. All the way to death, he
stood in sharp contrast to his so-called co-fighters for democracy, who
have become indifferent to human rights; who have turned megalomaniacs,
with all power revolving around them. That leaves journalists, like
Njawe, as the only real opposition to a relentless consolidation of
economic and political power by a selfish elite in Cameroon.
Lies
and a total rejection of democracy are the only clothes a “naked”
regime in Yaounde is now clad in and uses to fight against collapse.
Njawe was seen as a threat to the state when he stood trial alongside
Celestin Monga, for criminal libel. I remember the judge in that case
being so horrified by the details the BBC
was providing on the proceedings that the judge singled out and
pointedly threatened the BBC correspondent with contempt of court. Njawe
and Monga have remained unimpressed by the intimidation. Threats did
not change my reporting on the BBC. Throwing Njawe into jail, as the
regime did on a number of occasions, only helped to create a spicy,
gossipy column out of New Bell Prison, adding to what may be Cameroon’s
best-written column, pen-named Daniel Rim.
Le Messager
has also survived persecution by its first printers, the state-owned
SOPECAM. It survived the “financial starvation” imposed by lack of
access to advertisements from state-owned corporations, and even private
companies, too afraid to be perceived as doing business with a person
and newspaper seen as a symbol of opposition. Le Messager
has outlived makeshift printing arrangements at an outfit ran by fellow
journalist, Benjamin Zebaze, in Bonaberi and expeditions to Nigeria to print and smuggle in the newspaper.
Njawe
can pound his chest and accept victory for surviving censorship; for
overcoming the chains of detention cells; for surviving the wet floors,
giant mosquitoes, and monster rats of New Bell Prison. After years of
trying, and failing, in every way possible to break him, Njawe stood
alone on that highway to Norfolk, looking into his destiny. He stood
solid against the fierce fatal force of a truck on an American highway…
killed but not death; gone from and missing to us, but with us forever…
his body crushed, but his spirit alive… crying out in every one of us to
follow his example.
How
fitting that Njawe came to the Washington, DC, Metro Area - the city
with the most journalists per square kilometer - to die! How fitting
that he came to the land of freedom to be freed from the shackles of sin
and flesh, but how sad that God’s time means we must suffer such loss
even if it also reminds us that some, like Njawe, will never ever die.
Njawe is death. Long live Njawe!
mardi 20 juillet 2010
Le Secrétaire Général du CNR écrit au Président Gbagbo pour demander la Libération de Théophile Kouamouo, Claver Oula et S Guédé
A son
Excellence
Monsieur le
Président Laurent Gbagbo
Président de
la République de Côte d’Ivoire
Objet: Libération et arrêt des poursuites contre
les journalistes Théophile Kouamouo, Saint Claver Oula et Stéphane Guédé,
écroués à la MACA.
Monsieur le
Président,
Je n’ai pas
pu résister à la tentation de vous écrire, en voyant dans le Journal de ce
matin les trois journalistes sus cités enchaînés comme ces caïds de la pègre
abidjanaise à la mine patibulaire que nous sommes habitués à voir défiler devant
la justice ivoirienne. Mon sang n’a en effet fait qu’un tour devant ces images
insupportables.
Je prends la
liberté de vous écrire pour demander que vous agissiez, en tant que premier Magistrat
de la Côte d’ivoire, pour faire libérer les trois journalistes du journal Le
« Nouveau Courrier » qui sont incarcérés à la MACA depuis trois jours
après avoir passé 4 jours de tortures psychologiques et d’humiliations, au
milieu de grands brigands, dans les locaux de la Police Criminelle à Abidjan.
Le procureur Tchimou leur reproche, d’avoir «publié le rapport de l’instruction
sur les malversations dans la filière Cacao en Côte d’ivoire» qui dit-il,
devait «rester confidentiel».
Monsieur le Président,
Au moment où
l’Afrique combattante célèbre votre grandeur, votre courage et votre sens de la
résistance pour avoir boycotté le «défilé de la honte» des troupes de 13 pays
africains, sur les Champs Elysées , le 14 juillet à Paris, ces images de
journalistes menottés - qui font déjà le tour du monde,- sont une très mauvaise
publicité pour la Côte d’ivoire et pour votre pouvoir. Elles ne vont pas manquer de donner du grain à
moudre à vos adversaires et ennemis de tout acabit.
Le porte-parole
du gouvernement a dit «souhaiter la libération des journalistes emprisonnés», sans
que cela produise un quelconque effet, pour l’instant. Le procureur qui a pris
l’initiative des poursuites contre les trois journalistes du « Nouveau Courrier »,
est sous l’autorité directe
du Ministre
de la Justice, qui a le pouvoir faire annuler l’action engagée par le procureur
Tchimou contre les trois journalistes incriminés.
Monsieur le
Président, je sais que vous tenez à l’indépendance du pouvoir judiciaire comme à
la prunelle de vos yeux et que vous avez horreur de vous immiscer dans les
affaires de la Justice. Vous avez maintes fois martelé, avant votre prise de
pouvoir en octobre 2000, que
« la place du journaliste n’est pas en prison» et c’est cette conviction
de militant de la liberté que vous avez traduit en acte en faisant adopter la
loi N°2004-643 du 14 décembre 2004 qui entre autres, opte pour la dépénalisation des délits
de presse en Côte d’ivoire, prenant ainsi plusieurs longueurs d’avance sur de
nombreux pays africains. Pour éviter le délit de presse, Monsieur Tchimou a
essayé de manœuvrer en requalifiant de «vol de documents administratifs», les
faits reprochés à Théophile Kouamouo et ses amis. Mais personne n’est dupe.
Monsieur Tchimou essaye de requalifier bien maladroitement, des faits liés à
l’exercice du journalisme en une affaire de droit commun. Pour emprunter une
formule que vous affectionnez, le « nageur ne sait pas qu’on voit son
dos». Autrement dit, «Tchimou nage, mais on voit son dos»!
L’acharnement
du Procureur Tchimou contre ces journalistes est de nature à saper tous vos
efforts en faveur d’une presse libre et pour la dépénalisation des infractions
de presse en Côte d’ivoire.
Le
journaliste Théophile Kouamouo a décliné l’assistance consulaire que lui
proposait l’Ambassade de France à Abidjan dans le cadre de ce dossier. Ce
patriote africain est bien conscient de ce que des forces obscures tapies dans
la pénombre, ne se gêneraient pas pour instrumentaliser cette «Affaire d’un
journaliste français emprisonné en Côte d’Ivoire» (sic) pour réactiver leurs
manœuvres de déstabilisation contre votre pouvoir. Vous devez en tenir compte,
Monsieur le Président, tout comme vous ne pouvez pas oublier l’engagement de ce
cet Africain au chevet d’une Côte d’Ivoire attaquée, malmenée, vilipendée et
humiliée au lendemain du 19 septembre 2002…Je refuse de croire que c’est la
MACA qui devrait être le fruit de la reconnaissance pour services rendus. Le
web en rigole !
Monsieur le
Président, le préjudice d’image que cette affaire a causé à la Côte d’Ivoire et
singulièrement à votre pouvoir est énorme. Je pense Monsieur le Président, que
le moment est venu pour vous de quitter votre posture d’observateur dans ce
dossier et d’agir en demandant au Procureur Tchimou de mettre fin à ses
poursuites en sorcellerie contre les trois journalistes emprisonnés. Leur place
n’est pas en prison, mais auprès de leurs familles et de leurs collègues qui
espèrent les revoir bientôt.
C’est ce que
l’Afrique combattante dont l’admiration pour votre personne et votre combat pour
une Afrique libre est inénarrable, vous demande Monsieur le Président.
Dans cet
espoir, recevez Monsieur le Président, mes salutations respectueuses.
Hambourg, ce 20 juillet 2010
Tene Sop Guillaume
Secrétaire Général
du Conseil
National pour la Résistance-Mouvement Umnyobiste (CNR-MUN)
Vice-président
du Cercle des Ami(e)s de la Côte d’Ivoire (CACI)
Hommage de Fabien Eboussi Boulaga: Njawé l'intrépide!
Par lemessager | Jeudi 22 juillet 2010 | Le Messager
les tabous de mon âge et de mon rang m’imposent le silence devant la mort d’un homme d’une plus jeune génération, à qui devait revenir le devoir de faire, éventuellement, mon éloge funèbre. Le comble de la déblatération sorcière est la mauvaise parole du vieillard fou de colère qui, au mépris d’une loi non écrite, proclame à la cantonade : « Je vous enterrerai tous ! ». Les temps sombres par excellence se caractérisent, chez nous, par cette inversion cataclysmique, où il incombe à des gens recrus de fatigue et d’usure, de donner une sépulture aux enfants, aux adolescents et à ceux qui sont au plus haut de leur force vitale. L’Afrique et le Cameroun des indépendances abondent en de semblables situations de ravages et de détresse.
L’exception à cette règle de mutisme décent est faite par et pour la cité, où il est permis au corps des Anciens de déplorer en chœur, tout en l’exaltant, le sort de jeunes héros qui tombent sur les champs de batailles en même temps qu’ils procurent à la patrie une victoire ainsi sanctifiée et légitimée : « Utinam vixissent, qui mortui vicerunt, Que ne sont-ils demeurés vivants, ceux qui bien que morts sont néanmoins victorieux » !
Il faut déjà se féliciter d’être épargné des victoires grossières, fictives et létales qu’on obtient sans péril, « par tous les moyens », c’est-à-dire grâce aux arts de gagner sans avoir raison et au sacrifice des « autres », servant de rempart. Mais il faut être aimé des dieux pour se voir refuser, autant que la décrépitude, la jouissance délétère de la victoire, lors même qu’elle couronne un rude combat, sans esquive ni fuite de soi, contre la lâcheté et la peur grimaçante de la mort, pour ne garder que les apparences indépassables et le goût amer de l’infortune. Pourtant l’honneur rendu par la Cité trahit « un secret remords qui nous avertit qu’il y a quelque impureté dans la réussite, une grossièreté dans la victoire » Il établit cette vérité, ce quasi syllogisme éthique : Que seule l’infortune ne revendique pas le « mérite »ou l’arbitraire d’une élection, toujours douteux et sournois de services rendus à la Nation, au Peuple, à la Cause juste, au Bien commun, avec les exemptions et privilèges qui leur sont dus ou attachés. Que, par conséquent, « il n’y a, qu’il ne peut y avoir de véritable, de totale pureté que l’infortune et c’est donc à bon droit que les honneurs secrets de la gloire, les suprêmes honneurs, ont donc été toujours à l’infortune »(Ch.Péguy).
La vacance ou la défection de la Cité ne nous autorise pas à nous substituer à elle, à parler en son nom. Peut-être n’avons-nous pas de patrie, sinon seulement à venir, mais seulement un Etat-chimère fabuleux, un monstre d’hétérogénéité avec ses autochtones et ses allogènes, ses innombrables monades ethniques, ses riches et ses misérables, ceux qui subissent les lois et ceux qui les font subir. Cette chose est composée et régie par de petits et de grands manichéismes qui répètent à l’infini les dualismes entre bons et méchants, entre les élites et la masse damnée, bref entre vainqueurs et vaincus des élections, de la course à l’accaparement de ressources ainsi raréfiées, aux fortunes, à l’enrichissement soudains et à l’impunité. Comment en attendre qu’elle puisse, sans dérision ni profanation, rendre les suprêmes honneurs à l’infortune d’être catalogué comme « opposant » face aux élus de la toute-puissance victorieuse dont on est ni le partisan ni le griot ?
Peut-être y a-t-il deux Cités qui traversent les barrières trop faciles et qui toujours englobent, chacune, nombre de ceux qu’elle croit séparer et exclure. Comme beaucoup d’entre nous, P.Njawé ne pouvait se définir, de façon sensée, comme « opposant » ! Il a toujours senti et su que le contraire de « Opposition » est « Proposition », que là où celle-ci fait défaut il n’y a pas celle-là. Un pouvoir qui ne propose que sa conservation sans autre objet que lui-même, l’expédient ou la farce de personnes totémisées et qui résiste de toute son inertie, de toute sa puissance répressive aux droits, à l’égalité de tous, à la moindre innovation ou expérimentation sociale est défini par l’esprit « qui toujours dit non » et s’oppose à ce qui vient, à ce qui monte, à ce qui se transcende. Il est l’Opposition en majesté
L’hommage vient et viendra uniquement de ceux-là qui n’ont cessé de faire des propositions, contre le vol généralisé, l’incurie, les prévarications, la tyrannie et la corruption, en faveur des droits et du respect de tous. Il résonnera au plus profond de ceux qui n’ont cessé d’être moralement et intellectuellement convaincus que nous étions ou pouvions nous rendre dignes d’un autre pays, d’un destin différent, d’une autre race d’hommes publics, en nous élevant à la hauteur de nos responsabilités humaines, durant le laps de temps historique qui nous était imparti. Ceux-là font aussi partie de cette Cité invisible au cœur de la Cité. Ils forment une immense famille anonyme pour qui le nom et le fait de Pius Njawé se confondront d’eux-mêmes avec ces décennies d’endurance et de persévérance dans la quête harassante de la liberté et de la justice comme vertus cardinales de nos institutions.
Qu’ils convertissent donc « leur douleur en énergie » et assurent la pérennité de ce Phénomène ou Ferment nommé Pius Njawé qui, parmi nous tels que nous sommes, ici et non dans un ailleurs éthéré ou idéal, a pris corps et figure dans leur journal, Le Messager. Loin, très loin des vains pleureurs à gages, la vie continue, parce que cette lutte-là continue.
Fabien Eboussi Boulaga
lundi 19 juillet 2010
Hommages du Mouvement Umnyobiste à Puis NJAWÉ
Puis NJAWÉ est la figure la plus marquante de l’histoire des 30 dernières années au Cameroun
Le Comité Exécutif du Conseil National pour la
Résistance-Mouvement Umnyobiste(CNR-MUN) est extrêmement bouleversé après la
disparition précoce de notre compatriote Pius NJAWE, tué à 53 ans dans un
accident de la route aux USA le 12 Juillet. Puis NJAWÉ après avoir survécu à toutes les persécutions et les
humiliations (arrestations, emprisonnement, filature…) à lui infligées par le
régime néocolonial dictatorial et sanguinaire de Paul Biya, est mort…d’un
accident de la route. Quelle perte! Quelle tragédie !
Monsieur Puis NJAWE
a été tour à tour acteur, vecteur et moteur des luttes sociopolitiques des
trois dernières décennies au Cameroun, si l’on s’en tient à son œuvre et son
action aussi bien sur le terrain des droits et des libertés que sur celui des
luttes démocratiques et sociales au Cameroun. Monsieur Pius NJAWE reste incontestablement,
le camerounais qui aura le plus imprégné de son empreinte l’histoire de notre
pays, après les pères fondateurs. Il va beaucoup nous manquer!
La visibilité
dont jouit le Mouvement Umnyobiste aujourd’hui, est en partie l’œuvre de Monsieur
Pius NJAWE, qui nous a grandement ouvert les pages du « Messager » pour
exprimer nos positions par rapport à l’actualité sociale et politique du
Cameroun.
L’œuvre la plus
connue et la plus visible de Monsieur Puis NJAWE reste et demeure le Journal « Le
Messager » qui est depuis plus de 20 ans, le porte-voix de la dissidence camerounaise
et le relai des contestations sourdes ou ouvertes et des luttes multiformes développées
par les citoyens de toutes classes, pour le changement au Cameroun. « Le
Messager » n’est pas seulement un journal, il est devenu une institution
voir un monument à la fois contemporain et historique. Tous ceux et toutes celles
qui se réclament de Pius NJAWE doivent veiller à la continuité et surtout à pérennité
de cette œuvre qui fait de Monsieur NJAWE un immortel. Le Mouvement Umnyobiste
se tient prêt à travailler dans ce sens.
Le Conseil National pour la Résistance-Mouvement Umnyobiste (CNR-MUN) présente
ses condoléances les plus émues à la famille de Monsieur NJAWE, à tous ses
collaborateurs du journal «Le Messager» ainsi qu’à l’ensemble du personnel du
groupe Free Media Group.
Le Comité Exécutif du CNR-MUN, appelle l’ensemble
de ses militants et sympathisants au Cameroun comme dans la Diaspora, à se
mobiliser et à s’impliquer très activement dans toutes les activités visant à
rendre un dernier hommage à notre très vénéré Combattant Pius NJAWÉ, qui reste
un exemple d’engagement, d’abnégation et de sacrifices pour la jeunesse en
quête de modèle.
Honneurs et Gloire
éternelle à Puis NJAWÉ!
Mort aux ennemis
et aux assassins du Peuple; Vive Monsieur NJAWÉ
La lutte
continue. Pour la Patrie et l’Afrique, nous vaincrons !
Hambourg, ce 15 juillet 2010
TENE SOP G.
Secrétaire
Général du Conseil National
pour la Résistance / Mouvement Umnyobiste
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| Société
- Afrique Centrale
- Cameroun
- Portrait Puis Njawé, la figure la plus marquante de l’histoire des 30 dernières années au Cameroun Hommage du Conseil national camerounais pour la résistance (CNR)
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mardi 20 juillet 2010, pour l'autre afrik
Le Comité Exécutif du Conseil national pour la Résistance-mouvement umnyobiste(CNR-MUN) est extrêmement bouleversé après la disparition précoce de notre compatriote Pius Njawé, tué à 53 ans dans un accident de la route aux USA le 12 Juillet. Puis Njawé après avoir survécu à toutes les persécutions et les humiliations (arrestations, emprisonnement, filature…) à lui infligées par le régime néocolonial dictatorial et sanguinaire de Paul Biya, est mort…d’un accident de la route. Quelle perte ! Quelle tragédie !
Monsieur Puis Njawé a été tour à tour acteur, vecteur et moteur des luttes sociopolitiques des trois dernières décennies au Cameroun, si l’on s’en tient à son œuvre et son action aussi bien sur le terrain des droits et des libertés que sur celui des luttes démocratiques et sociales au Cameroun. Monsieur Pius Njawé reste incontestablement, le camerounais qui aura le plus imprégné de son empreinte l’histoire de notre pays, après les pères fondateurs. Il va beaucoup nous manquer !
La visibilité dont jouit le Mouvement Umnyobiste aujourd’hui, est en partie l’œuvre de Monsieur Pius Njawé, qui nous a grandement ouvert les pages du « Messager » pour exprimer nos positions par rapport à l’actualité sociale et politique du Cameroun.
L’œuvre la plus connue et la plus visible de Monsieur Puis Njawé reste et demeure le Journal « Le Messager » qui est depuis plus de 20 ans, le porte-voix de la dissidence camerounaise et le relai des contestations sourdes ou ouvertes et des luttes multiformes développées par les citoyens de toutes classes, pour le changement au Cameroun. « Le Messager » n’est pas seulement un journal, il est devenu une institution voir un monument à la fois contemporain et historique. Tous ceux et toutes celles qui se réclament de Pius Njawé doivent veiller à la continuité et surtout à pérennité de cette œuvre qui fait de Monsieur Njawé un immortel. Le Mouvement Umnyobiste se tient prêt à travailler dans ce sens.
Le Conseil National pour la Résistance-Mouvement Umnyobiste (CNR-MUN) présente ses condoléances les plus émues à la famille de Monsieur Njawé, à tous ses collaborateurs du journal « Le Messager » ainsi qu’à l’ensemble du personnel du groupe Free Media Group. Le Comité Exécutif du CNR-MUN, appelle l’ensemble de ses militants et sympathisants au Cameroun comme dans la Diaspora, à se mobiliser et à s’impliquer très activement dans toutes les activités visant à rendre un dernier hommage à notre très vénéré Combattant Pius Njawé, qui reste un exemple d’engagement, d’abnégation et de sacrifices pour la jeunesse en quête de modèle.
Honneurs et Gloire éternelle à Puis Njawé ! Mort aux ennemis et aux assassins du Peuple ; Vive Monsieur Njawé. La lutte continue. Pour la Patrie et l’Afrique, nous vaincrons !
Par TENE SOP G./Secrétaire général du Conseil National Pour la Résistance
Tribute to Pius Njawé: More powerful than a weapon
By: Charles Lewis
On Monday, the world and the profession of journalism lost a great man, one of the most extraordinary individuals I have ever had the honor and pleasure to know. Pius Njawe, a 53-year-old African journalist arrested more than 100 times for writing about corruption and other abuses of power in his native Cameroon, died in an automobile accident near Norfolk, Virginia. He was here in the Washington area attending a democracy forum and visiting relatives.
Pius was considered one of the "most defiant independent editors and publishers in Western Africa, a region known for spawning autocratic regimes that often enforce censorship through violent intimidation," according to the Washington Post obituary this morning. As Pius once recalled, "over the past 34 years, I have been arrested 126 times while carrying out my profession as a journalist. Physical and mental torture, death threats, the ransacking of my newsroom, etc., has often been my daily lot in a situation where repression and corruption, even within the press, have become the norm." When he was imprisoned in 1998, he later recounted that his wife Jane, nine months pregnant, was beaten by guards when she brought him food. The injuries caused their daughter to be stillborn and Jane herself later died, in 2002, in an automobile accident in Cameroon. They are survived by five children.
Credit: International Press Institute
African journalist Pius Njawe died Monday in a car accident near Norfolk, Virginia.
Pius founded Cameroon's first independent newspaper, Le Messager, at the extraordinary age of 22, and the reporter, editor and publisher was honored around the world for his defiance in the name of freedom, receiving the Committee to Protect Journalists' International Press Freedom Award and in 2000, being named one of the "60 World Press Freedom Heroes" of the last half century by the International Press Institute. Here are his IPI profile and his obituary in Le Messager.
I met Pius because he was a member of the Center for Public Integrity’s International Consortium of Investigative Journalists, which I founded in 1997. It is the world’s first and still only working network of 100 premier reporters in 50 countries producing content across borders. And according to the Encyclopedia of Journalism (2009), that made www.publicintegrity.org the "first global website devoted to international exposés."
Inside the ICIJ, heartfelt tributes and remembrances are pouring in today from leading journalists all over the world. Pius was, as Canada-based Bill Marsden put it, "a wonderful, quiet, committed journalist of great courage." Gwen Lister, founding editor and publisher of The Namibian and another remarkable, imprisoned World Press Freedom Hero of the 20th century, said, "I was so looking forward to meeting with him once again at the September Congress of IPI ... he will be sorely missed, but leaves behind a legacy of self-sacrifice, bravery and journalistic commitment for others in Africa to emulate."
What I will always remember about Pius, despite all of his magnificent journalistic accomplishments and his incredible crises and near-death situations in the name of standing up for truth, was his uncommon humility, grace and optimism. He was a good and gentle soul in an anything but gentle world, and his fierce, independent spirit and his amazing life remind us all of why we practice journalism. Pius Njawe may be gone, but for me and so many others across the world, his shining example and his inspiration will live on, indelibly.
A month ago, in an interview with IPI, he said "A word can be more powerful than a weapon and I believe that with the word . . . we can build a better world and make happier people. So, why give up while duty still calls? No one will silence me, except The Lord, before I achieve what I consider as a mission in my native country, in Africa and, why not, in the world."
Lapiro De Mbanga, depuis sa prison, pleure son ami Njawé
Lapiro de Mbanga: « La lutte doit continuer»
Par lemessager | Vendredi 16 juillet 2010 | Le Messager
Je
perds personnellement un camarade. Pius et moi, on s’appelait ainsi. Je
perds ainsi un ami, un camarade et un frère, bref une partie de moi. Il
faut se retrouver au début des années 88-89 pour se retrouver au début
de notre amitié qui a survécu aux contraintes de l’histoire. On formait
un trio. Njawe-Monga-Lapiro. Le fameux trio qui a tout bousculé au
Cameroun, grâce auquel le peuple camerounais a pu avoir le semblant de
démocratie qu’on a aujourd’hui. Je me suis investi corps et âme en
janvier 1991 pour éviter la prison à Njawe et à Monga surtout que Njawe
sortait d’une condamnation par rapport à la fameuse affaire relative à
la maladie de Paul Biya dont il avait fait large écho. S’il fallait
qu’il rentre en prison, ce serait une autre chose. J’ai tout fait pour
l’épargner cela, au risque de perdre ma vie. En 1991, la loi de 1962
sur la subversion existait encore. Je me suis permis de distribuer plus
de deux millions de tracts sur toute l’étendue du territoire national.
C’est ainsi que les populations venant du triangle national se sont
retrouvées à Douala, ont pris d’assaut le palais de justice et sous la
pression populaire, ont obtenu la libération de Pius. Les magistrats
qui avaient en charge de ce dossier étaient obligés de céder, et ont vu
par la suite leur carrière brisée à jamais.
Pendant mes audiences à Nkongsamba, Puis a fait imprimer plus de trois cent tee-shirts avec la mention «Libérez Lapiro de Mbanga». L’association internationale basée au Danemark qui s’occupe de mon dossier au niveau international a été approchée par Pius pour défendre mes intérêts. Après la mort de notre épouse (Jane Njawe, ndlr), Pius a mis sur pied une fondation pour sensibiliser les Camerounais sur les dégâts de la route. Njawe était traumatisé par la route. Il avait une peur bleue des accidents de la circulation. Qu’il meure sur la route suite à un «accident» de la circulation en me laissant en prison, lui qui avait comme combat actuel d’obtenir ma libération, je remets tout à Dieu mais je sais qu’il n’est pas mort car ce genre de mec ne meure pas aussi facilement. Il a été seulement arraché à la vie car ce sont les malades qui meurent. Mon plus grand souhait serait que l’équipe à qui il a confiée le journal-je sais qu’il ne s’occupait plus trop de son journal qui se trouve entre des mains expertes-, reste soudée pour qu’ensemble tous les moyens soient mis ensemble pour que Njawe ne meure jamais. J’interpelle dans ces colonnes Jacques Doo Bell (secrétaire général des rédactions, ndlr), Jean-Baptiste Sipa (chroniqueur, ndlr), Jean-François Channon (coordonnateur de la rédaction Yaoundé, ndlr), Robert Ngono Ebode (chargé de missions, ndlr), Marie-Noëlle Guichi (rédacteur en chef délégué, ndlr) Souley Onohiolo (grand reporter, ndlr), Frédéric Boungou (rédacteur en chef, ndlr), Honoré Foimoukom (coordonnateur de la rédaction, ndlr), et tous les autres qui ont une belle plume et un avenir dans la presse comme Etame Kouoh, afin que l’image de marque du Messager demeure. Njawe mourra le jour où le Messager disparaîtra. Tant que Le Messager vivra, Njawe le sera aussi. Quant aux orphelins, je resterai toujours leur tonton et je ne trahirai jamais la mémoire de mon frère. La lutte doit continuer.
Hommage de Yorongar à Puis Njawé
Combattant émérite PIUS,
Après
notre sortie de prison, nous nous sommes rencontrés à plusieurs
reprises notamment au procès de 2001 qu’avait intenté Idriss Déby
devant le Tribunal de Première Instance de Paris contre notre feu ami,
François-Xavier Verschave, Président de SURVIE et son éditeur, M.
Laurent Beccaria. Témoins à charge d’Idriss Déby, nous avons, par les
preuves irréfutables, emportées la conviction des juges qui ont dit le
droit en dépit de fortes pressions[1].
Combattant émérite PIUS
C’est en ces termes que nous nous appelons mutuellement et affectueusement depuis que nous nous connaissons.
Le 25 mai 2010, à mon retour de Bruxelles pour les soins des séquelles de tortures que j’ai subies à plusieurs reprises des propres mains d’Idriss Déby, séquelles traduites par la thrombose (caillots de sans dans le cerveau) ayant occasionné quatre accidents vasculaires cérébraux (AVC) en mars-avril 2009, des traumatismes des vertèbres au cou, des plaques noires suspectes dans le gros et petits intestins (empoisonnement) etc., je t’ai rendu visite au siège de ton journal Le Messager.
Après quelques échanges de point de vue sur la vie politique en Afrique et dans nos pays respectifs, des conseils d’amis et des précautions à prendre pour éviter le pire (un crime parfait),, nous nous sommes dit en chœur :.jamais assez de précaution et de prudence.
Vous avez promis me rendre visite à N’Djaména dans les prochains mois et sur ces entrefaites que vous me conduisez dans le bureau de chacun de vos collaborateurs pour me présenter comme il est d’usage lorsque je passe au siège du Messager. Une fois ce rite terminé, je me suis retiré après de fortes étreintes pleines d’émotion pour rejoindre mon hôtel. Le lendemain, 26 mai 2010, j’ai pris mon vol pour l’enfer terrestre qu’est N’Djaména.
Combattant émérite PIUS,
Je ne savais pas que la dernière fois que nous nous disions adieu sans le savoir.
Combattant émérite PIUS,
Le 8 juillet 2010, ayant fait l’objet d’une tentative d’enlèvement à mon domicile par la police, je pensais t’envoyer un message pour t’en informer lorsqu’un de mes collaborateurs qui t’avait fait le transfert d’argent, en mai 2009[2], pour me prendre un billet d’avion sur le vol de Brussels Airlines pour mes premiers soins des AVC à Bruxelles, lequel collaborateur m’a téléphoné, le 12 juillet 2010, au petit matin pour m’annoncer la terrible information de ton décès dans un «accident» de circulation aux Etats-Unis. J’étais comme hypnotisé durant tout ce temps. Incapable de réagir, de réfléchir et de penser.
Combattant, tu n’es pas mort, Combattant, tu restes et Commandant, tu es parmi nous pour continuer à insuffler de nouveau souffle pour nous permettre de continuer le combat que tu as commencé très tôt. Tu sais que tu es un «cabri mort» depuis le jour où tu as pris l’engagement de briser le tabou, la peur et la mort pour affronter le monstre froid qu’est l’Etat.
Mon Cher Combattant émérite PIUS, repose-toi en paix.
Puisse Dieu accepter ton âme et consoler le cœur des membres de ta famille et de tous ceux qui t’aiment et qui t’admirent.
N’Djaména, le 16 juillet 2010
[1] Noir procès, Editions Beccaria, 2001.
[2] Après quarante cinq jours d’hospitalisation dans la clinique Sao à N’Djaména, j’avais décidé de me rendre en France où m’attendaient mes médecins. Mais, comme tu le sais, l’Ambassadeur de France, M. Bruno Foucher, qui est impliqué dans mon enlèvement du 3 février 2008 s’y est opposé en me refusant le visa. C’est alors que j’ai décidé d’aller Douala où tu m’avais accueilli fraternellement à l’aéroport et hébergé dans un hôtel à tes frais. Ce qui m’avait permis de consulter Dr Boualo qui décida, séance tenante, de m’évacuer le même jour sur Bruxelles au regard de la gravité de mon état de santé. Nous avions pris, avec toi, le même vol jusqu’à Bruxelles où nous nous sommes séparés pour nous revoir en août 2009 à mon retour.
Le Député Ngarlejy YORONGAR,
Auteur du livre: Tchad, le procès d'Idriss Déby, témoignage à charge, Editions L'Harmattan, 2003.
Un des auteurs de Tchad, conflit Nord-Sud,mythe ou réalité? Edité par Centre Al-Mouna,
Participe à la rédation de Noir procès de François-Xavier Verschave et Laurent Beccaria, Editions Les Arènes.
Coordinateur Exécutif Fédéral de FAR/PARTI FEDERATION; BP 4197 N'Djaména et Président de la Fondation pour le Respect des Lois et Libertés (FORELLI) BP 137 N'Djaména (République du Tchad).
vendredi 16 juillet 2010
Pius Njawé seen by Pius Njawé!
Pius Njawe: Loss of a Journalism Giant
By Marina Walker Guevara | July 20, 2010, 2:50 pm
On July 12, ICIJ lost one of its most embattled and admired members. Over a 30-year journalism career, Pius Njawe braved arrest more than 100 times for investigating corruption in his native country, Cameroon. In 1997, he was sentenced to two years in prison for reporting that President Paul Biya had experienced a minor heart attack during a soccer match. Njawe became West Africa’s youngest editor and publisher when he founded the newspaper Le Messager at 22. In 2000, he was named one of 50 “World Press Freedom Heroes" of the last half century by the International Press Institute. Njawe died in a car accident outside Washington, D.C., where he was attending a conference.
As a tribute to his legacy we thought we would share some of his thoughts from an essay he wrote for the World Association of Newspapers.
By Pius Njawe
I have been a journalist since the age of 15. I started as an errand boy at a newspaper called Semences africaines, in the city of Yaoundé, Cameroon. Over the past 34 years, I have been arrested 126 times while carrying out my profession as a journalist. Physical and mental torture, death threats, the ransacking of my newsroom etc, has often been my daily lot in a situation where repression and corruption, even within the press, have become the norm. Woe betide the slightest dissenting voice in this context, for it attracts all kinds of wrath, even from so-called colleagues.
(Credit: World Association of Newspapers)My
longest detention lasted 10 months. I was arrested on December 24th,
1997, for daring to wonder about the president’s health after he had
experienced heart problems while watching the Cameroonian football cup
final. On January 13th, 1998, I was sentenced to 24 months in prison.
Four months later, the sentence was reduced to 12 months under pressure
from national and international public opinion. But that was not enough
to remove the pressure, and after 10 months, the president resigned
himself to pardoning me, a pardon I had never asked for.
While my many detentions have largely contributed to confirming my convictions about certain democratic and human values, my long stay in prison above all stimulated my sense of solidarity with others, particularly the poor and the outcast. It strengthened my determination to use journalism as a weapon against all kinds of abuse. For there is no better weapon than words for restoring peace and justice among people, although it depends how those words are used.
To have the privilege of writing taken away from you overnight feels like being a victim of a crime. The prison governor called me into his office one day to warn me that as a prisoner I did not have the right to write, and that my persistence would land me in solitary confinement. I immediately started to think about what my long days would be like in a cell I was sharing with more than 150 detainees, almost all of them crooks, if I could not write. So I decided to defy the governor’s ban by stepping up my bi-weekly column, Le Bloc-notes du bagnard (The Convict’s Notebook), in my newspaper Le Messager.
I entered journalism the way you enter a religion; journalism is my religion. I believe in it, and a thousand trials, a thousand arrests, a thousand imprisonments and as many death threats will never make me change job. On the contrary, the harder it is, the more you have to believe in it and cling to it. Respecting ethical standards is of fundamental importance for anyone wishing to be a journalist. It protects you against all kinds of people who would like to teach you a lesson. When you are facing a judge who is being manipulated, it is your irreproachable professional defence that makes that judge examine his or her own conscience. It is what wins your colleagues over to your cause when you are in difficulty. Doing your job properly therefore seems to be the best advice anyone can give a journalist operating in a context of constant harassment.
And doing your job properly also, and above all, means avoiding “gumbo journalism”, a practice becoming increasingly widespread in our profession, where people write what they are paid to write instead of giving real information and the truth. While journalists have the right to earn a decent living, even in emerging nations, honest journalists never need pockets in their shrouds.
Journalists perform a social function, which gives them not immunity, but the right to look critically at the way a nation is being run. While playing this crucial role, it is important for them to be protected by the law, but also by the whole of society for which they work. Mobilisation is therefore essential every time a journalist is thrown into prison, or threatened with arrest or death. Because every time a journalist is silenced, society loses one of its watchdogs.
Reprinted with permission from the World Association of Newspapers.
jeudi 15 juillet 2010
Hommage du washington Post à Puis Njawé
Pius Njawe, African journalist who focused on corruption in Cameroon, dies at 53
|
Pius Njawe, above in 2001, was arrested more than 100 times for his journalism work. (Themba Hadebe/associated Press)
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Washington Post Staff Writer
Thursday, July 15, 2010
Pius Njawe, an African journalist who braved arrest more than 100 times for reporting on corruption and other sensitive topics and gained international attention as a relentless advocate of press freedom, died July 12 in a car accident near Norfolk. He was 53.
The Cameroon native was among the most defiant independent editors and publishers in Western Africa, a region known for spawning autocratic regimes that often enforce censorship through violent intimidation.
He was reportedly in the United States to attend a forum in Washington sponsored by a Cameroonian pro-democracy advocacy group. He was traveling between Washington and the Tidewater region to visit relatives when he died.
A Virginia State Police spokesman said Mr. Njawe was a front-seat passenger in a car heading south on Interstate 664 in Chesapeake when the vehicle apparently stopped in the travel lane and was rear-ended by a tractor-trailer. The cause of the accident remains under investigation.
In 2000, the Austria-based International Press Institute listed Mr. Njawe among its 50 world press freedom heroes of the past half-century. The institute called Mr. Njawe "Cameroon's most beleaguered journalist and one of Africa's most courageous fighters for press freedom."
Mr. Njawe started Cameroon's first independent newspaper, Le Messager (The Messenger), in 1979 when he was 22. The publication has targeted alleged abuses by the government of President Paul Biya, who has been in power since 1982.
In particular, Mr. Njawe cast a critical eye on how the country's substantial oil revenues were being pocketed by wealthy supporters of the president. He directed news coverage that questioned the finances of ranking police officials and members of the National Assembly.
The government confiscated issues of Le Messager and shuttered the newspaper's offices, headquartered in the city of Douala. Mr. Njawe received death threats, prompting him to relocate his family for a year in the Western African nation of Benin. On his return, in 1993, he started a press freedom organization in Cameroon, but he continued to be harassed.
![]()
Despite the official abolition of press censorship in 1996, Mr. Njawe was arrested the next year after reporting that Biya had collapsed while watching a soccer match. Mr. Njawe said he based his information on three witnesses, but he was charged with "spreading false news," a form of subversion.
He received a two-year sentence, later reduced to 10 months after a presidential pardon following international condemnation. He said the prison governor warned him not to chance solitary confinement by continuing to write.
"To have the privilege of writing taken away from you overnight feels like being a victim of a crime," he later wrote. "I immediately started to think about what my long days would be like in a cell I was sharing with more than 150 detainees, almost all of them crooks, if I could not write. So I decided to defy the governor's ban by stepping up my bi-weekly column, Le Bloc-notes du bagnard (the Convict's Notebook), in my newspaper, Le Messager."
Pius Noumeni Njawe was born March 4, 1957, in Babouantou, Cameroon. As a young reporter, he provoked authorities with unauthorized articles critical of the country's education system. Some landed him in jail.
While he had grown used to meager conditions behind bars -- the concrete floors, the handful of cornmeal for daily rations -- he said the 10 months he spent imprisoned in 1998 were harrowing. He said his wife, Jane, who was nine months pregnant, was beaten by guards when she brought him food. The injuries she suffered caused their daughter to be stillborn.
In 2002, Jane died in a two-car accident in Cameroon. Mr. Njawe formed an organization dedicated to promoting traffic safety in Cameroon. They had five children, but a complete list of survivors could not be confirmed.
In addition to starting Le Messager, Mr. Njawe also founded a satirical publication, Le Messager Popoli. He was a member of the International Consortium of Investigative Journalists, a Washington-based global network of reporters who collaborate on cross-border investigative stories.
A month before his death, he told an interviewer for the International Press Institute: "A word can be more powerful than a weapon, and I believe that with the word . . . we can build a better world and make happier people. So, why give up while duty still calls? No one will silence me, except the Lord, before I achieve what I consider as a mission in my native country, in Africa and, why not, in the world."
Le CNR-MUN exige la libération immédiate et inconditionnelle du journaliste Théophile Kouamouo et de ses collaborateurs à Abidja
Le journaliste Camerouno-français, Théophile Kouamouo, Directeur des Rédactions du Nouveau Courrier d'Abidjan ainsi que deux de ses collaborateurs, sont arbitrairement détenus depuis le 13 juillet par la police criminelle d'Abidjan, prétendument pour "vol de documents"; Cette arrestation fait suite à la publication dans le Nouveau Courrier du 13 juillet 2010 d' informations confidentielles -jugées sensibles par le procureur de la République-sur les détournements dans la très juteuse filière cacao en Côte d'Ivoire.
Théophile Kouamouo est ancien correspondant du Journal Le Monde à Abidjan et a travaillé tour à tour pour les Journaux Le Temps, Fraternité Matin et Le défunt Courrier d'Abidjan. Il a contribuer à lancer depuis quelques mois, le Nouveau Courrier, qui s'est jusque là illustré par son indépendance et ses révélations sur divers dossiers sensibles qui secouent la Côte d'Ivoire.
Le CNR-MUN/Mouvement Umnyobiste condamne fermement l'arrestation arbitraire de Théophile Kouamouo et de ses collaborateurs et exige leur libération immédiate et inconditionnelle.
Le Secrétariat à la communication du CNR-MUN

Dépêche de l'AFP sur l'arrestation de Théophile Kouamouo.
ABIDJAN - Trois journalistes ivoiriens
accusés de "vol de documents" sont gardés à vue depuis mardi, après la
publication des conclusions d`une enquête judiciaire sur les
malversations présumées de la filière cacao en Côte d`Ivoire, a-t-on
appris mercredi de sources concordantes.
Stéphane Guédé, Théophile Kouamo et Saint Claver Oula, respectivement
directeur de publication, des rédactions et rédacteur en chef du
quotidien "Le nouveau courrier", sont gardés dans les locaux de la
police criminelle d`Abidjan, a indiqué à l`AFP, Emmanuel Akani, un
journaliste du groupe.
Ces trois responsables du journal édité depuis le 25 mai ont été
convoqués mardi par le procureur d`Abidjan, Raymond Tchimou, en charge
de l`affaire cacao, après la diffusion le même jour du document.
Il a exigé d`eux la divulgation de "la source de l`information", a
expliqué à l`AFP Désiré Gueu, l`avocat des journalistes.
Selon M. Tchimou cité par l`avocat, seules trois personnes étaient
censées détenir ce document, notamment le président ivoirien Laurent
Gbagbo, le juge d`instruction et le procureur lui-même.
"Les journalistes ayant refusé de livrer leur source, le parquet a
initié une procédure pour fait de vols de documents administratifs",
a-t-il souligné.
Ouverte en octobre 2007 à la demande du président Gbagbo, une vaste
enquête judiciaire avait débouché sur l`arrestation en juin 2008, pour
"détournement de fonds, abus de biens sociaux et escroquerie" de la
quasi-totalité des responsables de la juteuse filière (dont des proches
de M. Gbagbo), soit une vingtaine de personnes.
Depuis lors, leur détention provisoire se prolonge dans des délais hors
normes, et l`opération "mains propres" mise en avant par le pouvoir n`a
toujours pas conduit à un procès.
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mercredi 14 juillet 2010
PLus de 80 organisations africaines et francaises manifestent contre la francafrique et les 50 ans de dépendance

Les militants anti-françafrique au départ de la Manif du 13 juillet à laquelle participaient plus de 80 organisations africaines et françaises

Le Cameroun était représenté à cette manifestation multinationale par le CNR-MUN, l'UPC et le CODE

Une manifestation très colorée par des militants de toutes les couleurs et de diverses appartenances politiques et idéologiques

Paul Biya ,assassin - Sarkozy complice!, tel était le mot d'ordre du CODE lors de cette manifestation qui a réuni plus de 3000 personnes venues de France et des pays voisins, Allemagne, Belgique, Suisse)


Le Cameroun: 50 ans de dépendance!
Albert Moutoudou, du Bureau politique de l'UPC, scandant "A bas, A bas, A bas la Francafrique, A bas, A bas, A bas les dictateurs", avant sa diatribe sur la perversité du défilié du 14 juillet sur les Champs Elysées
mardi 13 juillet 2010
Puis NJAWE tué dans un accident de la route aux Etats-Unis d'Amérique
Communiqué de Presse: Décès de Pius Njawé aux USA
Nous venons de recevoir d'amis et
camarades, la nouvelle de la mort ce lundi, aux USA, dans un accident de la route,
de notre très illustre compatriote Pius Njawé, Fondateur du mythique
journal Le Messager que nous n'avons pas besoin de présenter. Le Combattant
Njawé s'était rendu aux USA, il y a quelques jours, à l'invitation d'un
groupe camerounais aux USA, pour discuter-aux côtés de nombreuses autres personnalités politiques venues du Camerounet de l'exterieur- du rôle de la Diaspora
dans la perspective de l'alternance politique au Cameroun en 2011.
Le le CODE
communiquera ulterieurement, les modalités pratiques d'une soirée
d'hommages publics à ce digne concitoyen qui fait tant la fierté du
Cameroun et de l'Afrique.
Honneurs et Gloire éternelle à Pius Njawé. La nation lui sera
éternellement reconnaissante pour son rôle d'éclaireur de consciences et
de sentinelle sans complaisance, qu'il n'a cessé de jouer dans notre
pays depuis 30 ans, à travers son Journal, notre Journal, Le Messager.
Cette mort précoce est si
injuste! Pourquoi Puis Njawé doit -il mourrir aussi jeune,
alors qu'il a encore tant à donner pour notre pays? Pourquoi?
En attendant de savoir les conditions exactes dans lesquelles est intervenu l'accident qui a été fatal à Pius Njawé, nous présentons nos condoléances les plus émues à sa famille et à ses collaborateurs .
Paix au combattant Pius Njawé.
Honneurs et Gloires aux c ombattants de la Liberté!
A Bas les assassins et les tortionnaires du peuple!
La lutte continue. Unis et Solidaires, nous vaincrons.
Ce 13 Juillet 2010
Le Comité Exécutif du CODE
lundi 28 juin 2010
Débâcle des Lions indomptables ou la «ruine presque cocasse d’un polichinelle»
L’équipe
nationale de du Cameroun, vient d’essuyer une humiliation cinglante à la coupe
du monde football qui se joue depuis le 11 juin en Afrique du Sud. Elle s’est
classée avant dernière des 32 équipes engagées dans la compétition et dernière
des six équipes africaines qualifiées pour ce tournoi: une vraie honte pour
notre peuple et notre pays, dont l’équipe nationale de football, après la
faillite totale du régime Biya, reste le seul élément unificateur et le seul
symbole qui donne encore à toutes les camerounaises et à tous les camerounais
la fierté et le sentiment d’appartenance à un même pays.
L’entraineur
français, Monsieur Paul Marie Le Guen, est le principal accusé dans cette
humiliation Sud-africaine. Ce dernier le reconnaît «porter la responsabilité de
l’échec», mais pointe à son tour le « manque d’unité au sein de l’équipe ».
Tout ceci n’est, bien évidemment que la face visible de l’iceberg. Le mal
se situe en amont de la coupe du monde et il y a bien longtemps que le vers est
dans le fruit !La ruine presque cocasse d’un polichinelle, pour reprendre le
tire d’un roman de Mongo Béti.
Il n’y a
aucun doute que la responsabilité première de cette humiliation incombe au gouvernement
camerounais et au régime antidémocratique de Paul Biya. Eux qui malgré tous les
lauriers glanés par les lions indomptables du Cameroun, n’ont jamais mis sur
pied une politique cohérente du football dans notre pays, se contentant de
petites opérations de saupoudrage, des effets d’annonces, de chirurgie
plastique et de changement ministériels, là où il eût fallu des actions plus
courageuses et concrètes allant dans le sens de la reforme du cadre structurel
et institutionnel du football au Cameroun et surtout la construction
d’infrastructures minimales pour développement des talents existants.
Ayant
pris la mesure de l’attachement des camerounais au football en général et à
leur équipe nationale en particulier, le régime impopulaire de Paul Biya a fait
de la Fédération Camerounaise de Football et des « Lions indomptables », son
«domaine réservé». L’objectif est bien sûr de s’en servir comme opium pour le
peuple, comme facteur de diversion afin de consolider un pouvoir décadent ,
sans assise populaire et politique et qui n’a de cesse de vaciller depuis vingt
ans. Personne ne peut être président de la Fédération de Football s’il n’est
une ponte du régime au pouvoir. Paul Biya se vante d’avoir «
personnellement sélectionné Roger Milla » pour le Mondial 1990 en Italie. Tout
comme, il s’est félicité, dans certains cercles parisiens, après la
qualification laborieuse du Cameroun pour le mondial sud-africain, d’avoir « vu
juste » en faisant nommer Paul Le Guen, comme sélectionneur du Cameroun».
Vu juste ? Minnalmi !
L’échec
de l’entraîneur est, bien évidement, aussi un cinglant revers pour ceux qui
l’ont nommé et ils devraient tous en tirer toutes les conséquences, si nous
étions dans un pays où les gens prennent leurs responsabilités. Mais nous
sommes presque certain que rien ne se passera. On cherchera des bouc-émissaires
sur qui on collera la responsabilité de l’échec, et la vie continuera. Comme
d’habitude. Certaines émissions sportives qui pullulent ces jours-ci sur la
CRTV ont déjà donné le ton. La politique de l’autruche qui nous condamne à un
éternel recommencement plutôt que de tirer courageusement les leçons de l’échec
pour avancer ! Ah j’oubliais que le « Cameroun, c’est le
Cameroun» !
Le
sélectionneur Paul Marie Le Guen, craignant pour sa sécurité, s’est contenté
d’un point de presse dans un salon de l’aéroport international de Yaoundé, au
cours duquel il a pris sur lui, l’humiliation sud-africaine, avant de reprendre
rapidement son avion pour la France où, selon des sources concordantes, il
négocierait déjà son nouveau contrat à coûts de milliards. Quel mépris pour les
autorités de ce pays ! Comme le dit si pertinemment l’ancien international
Ekéké Eugène, «quand Le Guen dit qu’il assume, il assume quoi ? Il assume
seulement les résultats. Mais la HONTE c’EST POUR NOUS les camerounais ».
Bien dit Eugène Ekéké!
Les camerounais, surtout ceux de la diaspora,
grands « gueulards devant l’éternel » et dont le national-chauvinisme
footbalistique est extrême, en sont réduits à raser les murs devant la déconvenue
de leur équipe nationale et n’ont plus que leurs larmes pour pleurer! Le Guen ,
lui est déjà passé à autre chose. Il assume, mais que pouvons nous contre
lui ? L’attitude de ce Monsieur Le Guen s’apparente à un comportement de
mercenaire sans foi ni loi, uniquement attiré par l’appât du gain, et qui n’a
que du mépris et un manque de considération révoltant pour ces millions de
camerounais qui l’ont massivement soutenu, dès la prise de ses fonctions. On est fatigués de ces mercenaires qui nous
jettent la honte !
L’heure
de Bell Joseph Antoine a sonné
En cette
année de célébration du cinquantenaire des prétendues indépendances, il est
plus que jamais urgent de confier la direction de l’équipe nationale de
football du Cameroun aux camerounais et africains qui ne demandent qu’à ce
qu’on leur fasse confiance.
Il y a
quelques années, notre compatriote Bell Joseph Antoine, ancien
international camerounais, avait proposé ses services pour entraîner les «Lions
indomptables», après le limogeage en 2004 à Leipzig, de l’Allemand Winfried
Schaeffer. Par les magouilles de Iya Mohamed et de sa clique de prébendiers qui
pillent la Fecafoot et le football au Cameroun, la candidature de Bell Joseph
Antoine fût rejetée au motif qu’il aurait dû «déposer sa candidature par Internet»
! Triste.
Ils nommèrent Arthur Jorge, qui rendu son tablier 2 ans après, sans
aucun résultat. Puis vînt un certain Arie Haan, n’ayant sur son CV qu’une
modeste équipe en Chine et en Iran! Six mois après, le quidam d’Arie Haan prît
la fuite, avec …6 mois d’avance de salaires en poche Pauvre Cameroun! Une
vraie humiliation! Et cela ne servit de leçon à personne. Et personne ne prît
ses responsabilités. Iya Mohammed et le gouvernement continuèrent dans leur
navigation à vue.
Le poste
de sélectionneur national des «Lions Indomptables» étant aujourd’hui vacant, la
Fécafoot devrait enfin entendre ces millions de voix qui s’élèvent du Cameroun
profond pour réclamer un fils de ce pays à la tête de son équipe nationale.
Donnons à l’un des nôtres les mêmes privilèges que ceux donnés aux mercenaires
étrangers et jugeons-le au pied du mur.
Nous comprenons et partageons ces
revendications légitimes et nous pensons que le citoyen Bell Joseph Antoine
Bell, qui a montré en plusieurs circonstances sa parfaite connaissance du
football africain et mondial, est aujourd’hui l’Homme de la situation. Il est
surtout un homme neuf qui peut apporteur du sang neuf et insuffler une nouvelle
dynamique à l’équipe nationale et au football Cameroun.
En tous
les cas, après une telle humiliation, les Etats Généraux du football
camerounais sont plus qu’obligatoires, afin de réfléchir sur les maux qui
minent le sport roi au Cameroun et pour accélérer le processus de
professionnalisation du Football, gage d’un développement de talents endogènes,
dont est tributaire une équipe nationale forte et durable.
En
attendant donc la nomination de Bell Joseph Antoine (Jojo), il ne reste plus
aux camerounaises et aux camerounais que de taire leur orgueil maladif, pour
soutenir le Ghana qui porte haut le flambeau de l’Afrique à cette Coupe du
Monde, et qui est en voie de laver la honte que le Cameroun à jeté sur
l’Afrique, en sortant de la compétition avec zéro point, comme « zéro mort
» !
Post-scriptum
: Les
défaites de l’équipe nationale en Afrique du Sud ont permis à la Fécafoot et au
gouvernement d’économiser plus de 2 milliards qui auraient du être distribués
aux membres de la délégation camerounaise en Afrique du Sud si les Lions
avaient gagné leurs trois matches. A quelque chose, malheur est bon dit
l’adage. Ce pactole pourrait servir à construire un stade de 30 mille places à
Bamenda, N’Gaoundéré ou Ebolowa. Pourvu que ces milliards ne finissent pas dans
les poches de Iya Mohammed et des kleptocrates au pouvoir á Yaoundé !
G.
Tene Sop
Supporter
de l’Union Sportive de Douala
mardi 22 juin 2010
LE CODE invite la diaspora camerounaise à la manifestation unitaire du 13 Juillet à Paris, contre la Francafrique!
Appel
à la manifestation du 13 Juillet 2010
18h
Place de la République (angle bd Magenta)
50 ans de Françafrique,
ça suffit !
Arrêtons le soutien aux dictateurs !
Soutenons les peuples africains !
Le 14 juillet à Paris, des unités
militaires de 14 pays africains défileront sur les Champs - Elysées, au côté
des troupes françaises. Convoqués par Nicolas Sarkozy, les chefs d'État, amis
de toujours de la France et des réseaux de la Françafrique : les Gnassingbé
(Togo), Bongo (Gabon), Compaoré (Burkina Faso), Déby (Tchad), Sassou Nguesso
(Congo Brazzaville), Biya (Cameroun) seront présents dans la tribune
présidentielle.
Ceux-là, ainsi que d'autres dictateurs et putschistes, responsables pour
certains du massacre d’une partie de leur population et du maintien de celle-ci
dans la pauvreté, viendront s'assurer du soutien politique, économique et
militaire et de leur enrichissement personnel auprès de leur ancienne puissance
coloniale.
La France
qui, durant la colonisation, avait abondamment pillé les ressources et utilisé
les peuples comme réservoir de main d’œuvre, poursuit depuis 50 ans sa
politique par tous les moyens, au détriment du développement des pays
concernés, ce qui amène de nombreux africains à migrer pour nourrir leurs
familles.
Dans la
plupart des pays concernés, les gouvernements de la France ont éliminé ou se
sont rendus complices des assassinats de leaders qui ont combattu pour
l’indépendance de leur pays comme Patrice Lumumba, Medhi Ben Barka, Félix
Moumié, Ruben
Um Nyobé, Ernest Ouandié,
Thomas Sankara, Sylvanus Olympio, Farhat
Hached…
Les
autorités françaises ont mis en place des dictateurs, intégrés dans les réseaux
de la Françafrique où ils côtoient l’Etat major de l’Armée, l’Elysée et des
grandes entreprises comme Total, Bouygues, Bolloré, ou Areva. De l’Afrique de
l’Ouest au Maghreb où Ben Ali et Mohamed VI prospèrent sur le dos de leurs
peuples, l’héritage du colonialisme est toujours présent.
Aujourd’hui
encore, la plupart des élections dans ces pays sont truquées, les opposants
souvent emprisonnés, parfois torturés ou assassinés, par ceux là même qui
défileront le 14 juillet , avec la complicité des autorités françaises.
A cette
politique françafricaine s’ajoute une agriculture exportatrice européenne et la
recolonisation des terres qui détruisent les productions locales, accélèrent le
réchauffement climatique et contraignent les paysans africains à fuir les
campagnes ou à migrer vers l’Europe. Cette « Europe Forteresse » qui
fabrique des sans papiers, les exploite et les expulse sous couvert d'accords
de réadmission codifiés dans la Directive Européenne de la Honte, au mépris de
la Convention Européenne des Droits de l’Homme.
CONTRE :
· Le soutien de la France aux dictateurs qui vivent impunément des rapports néocoloniaux au détriment du développement
de leurs pays et du bien-être des populations ;
· La torture, les massacres, les assassinats
politiques, les trafics d'armes, et l'impunité de leurs auteurs et de leurs
complices ;
· La vie chère et la hausse des produits de première
nécessité en Afrique ;
· Le pillage du continent par les pays riches par le
biais de leurs multinationales, de la
Banque Mondiale et du FMI ;
· L'impunité, la criminalité financière et les paradis fiscaux et judiciaires ;
· La politique africaine de la France menée par Nicolas
Sarkozy et ses prédécesseurs.
POUR :
· La démocratie et des élections libres et
transparentes ;
· Le respect des droits humains ;
· L'annulation de la dette illégitime payée par les
peuples africains ;
· L'accès de tous à l'alimentation, à l’eau, à la
santé, à l'éducation, à l'emploi, à l'habitat, et à la justice ;
· Une vraie mobilisation contre le Sida et le
paludisme ;
· La régularisation de tous les Sans Papiers : Grévistes en
lutte depuis 8 mois et Marcheurs partis de Paris le 1er Mai pour aller
interpeller les dictateurs africains réunis à Nice le 31 mai, tous
ensemble unis et déterminés dans un combat commun ;
· La fermeture des bases militaires françaises en
Afrique et l’arrêt de l’aide militaire et policière française aux dictateurs
sous couvert d’Aide Publique au développement.
Nous,
organisations françaises et africaines, exigeons un partenariat entre l’Europe
et l’Afrique pour le développement et l'émancipation de l'Afrique hors de la
tutelle du gouvernement français.
Manifestons
contre la Françafrique ! Place de la République, Paris, le 13 juillet, à 18 h.
Bal anticolonial,
20h30, au Ministère de la régularisation
de Tous les Sans papiers, 14 rue Baudelique, 18ème, Métro Simplon,
(ligne 4).
Premiers
signataires :
Sortir du Colonialisme, Survie, Union des Populations du Cameroun, CODE (Collectif des Organisations Démocratiques et Patriotiques de la Diaspora Camerounaise), CNR-MUN (Conseil National pour la Résistance - Mouvement Umnyobiste Cameroun/Allemagne), Mouvement panafricaniste de Munich (AK Panafrikanismus München), Fédération des Congolais de la Diaspora (Congo-Brazzaville), ACTUS / prpe ( Tchad), CAAC Comores, Attac Gabon, PCOT, FTCR (Tunisie), La Voie Démocratique (Maroc), Comité pour le Respect des Libertés et des Droits Humains au Sahara Occidental (CORELSO), Collectif Gazy Tia Tanindrazana (GTT, Madagascar), ARD (Alliance Républicaine pour le Développement, Djibouti), Uguta-Toosa (Djibouti), AFASPA, MRAP, Droits Devant, CEDETIM, IPAM, ACCA - Agir aujourd'hui contre le Colonialisme, Afriques en lutte, Respaix Conscience Musulmane (RCM), Réveil des Consciences, « 93 au cœur de la République », L'Association Culturelle des Travailleurs Immigrés de Turquie (ACTIT), Anges Gardiens du Gabon, Plate Forme de Veille et d’Actions pour le Gabon, Ministère de la Régularisation de Tous les Sans papiers, CNT, Union Syndicale Solidaires, les Alternatifs, NPA, Parti des Indigènes de la République (PIR), FASE, Parti de Gauche, PCF, Les Verts
lundi 31 mai 2010
Sommet France-Afrique de Nice: N. Sarkozy annonce la fin de la Françafrique.
Communiqué, le 31 mai 2010
A
l’occasion du 25ème Sommet des chefs d’Etat de France et d’Afrique, le
président français Nicolas Sarkozy a créé la surprise en annonçant
vouloir « en finir avec 50 ans la Françafrique » et de faire de l’année
2010 « la véritable année de la décolonisation ». Une annonce qui
correspond aux promesses déjà émises par le président français en 2007.
C’est dans le numéro spécial du quotidien gratuit 50 ans Cétro (http://www.afrique2010.fr/agir/article/numero-special-du-journal-cetro) que cette réforme en profondeur de la politique de la France en Afrique est présentée en détail.
En voici les principaux volets :
-
un business mieux encadré, avec l’obligation pour les entreprises
françaises de respecter les principes de responsabilité sociale,
environnementale et fiscale,
- une refonte de l’aide au développement, plus transparente et axée sur la promotion des biens publics,
-
la suspension des relations diplomatiques avec les régimes ne procédant
pas d’élections démocratiques et auteurs de violations des droits
humains,
- la fermeture des bases militaires françaises et
l’instauration d’une véritable contrôle parlementaire sur les
opérations extérieures de la France.
L’information est diffusée
aujourd’hui dans les rues de Nice par les distributeurs du journal
gratuit aux cris de « Cétro édition spéciale. Nicolas Sarkozy met fin
la Françafrique : 50 ans que les Africains attendent ça ». Les crieurs
nous apprennent aussi que « Furieux, les dictateurs Sassou Nguesso,
Bongo et Déby quittent le Sommet de Nice », que « l’action de Total et
celle d’Areva perdent 10 points à la bourse de Paris » ou encore que «
L’armée française quitte l’Afrique. 10 000 soldats réclament leur prime
». Les crieurs annoncent également « en Afrique, la rue fête cette
nouvelle décolonisation ».
L’association Survie, qui milite
depuis des années pour une telle réforme, pourrait se satisfaire de ces
nouvelles annonces. Mais il n’en est rien puisque cette réforme
n’existe pas.
En effet, notre association diffuse à l’occasion du
Sommet de Nice, l’édition spéciale d’un faux journal gratuit titré « 50
ans. Françafrique. Cétro ».
Par cette opération, notre association
entend interpeller l’opinion, les médias et les décideurs français sur
le fait qu’une autre relation France-Afrique est possible, à savoir une
relation fondée sur la promotion de la démocratie et de l’état de
droit, sur la défense des droits humains et la lutte contre la
corruption au profit du développement du continent.
Or ces sujets,
pourtant cruciaux pour les populations africaines, ne sont pas à
l’ordre du jour du Sommet de Nice. Celui-ci est en grande partie
consacré aux questions économiques, reflétant la conception toute
élyséenne des relations franco-africaines que l’association Survie
qualifie de « coopération business ». Survie dénonce particulièrement
le dévoiement de l’aide publique au développement (APD) au profit du
secteur privé et notamment des entreprises françaises.
Ces
revendications rejoignent celles émises aujourd’hui par une quarantaine
de personnalités françaises et africaines (historiens, parlementaires,
juristes, journalistes, militants associatifs, écrivains, artistes,
etc.) dans un appel intitulé « Libérons nous de 50 ans de Françafrique
» et publié dans le quotidien L’ Humanité et sur la page: http://www.afrique2010.fr/agir/article/appel-2010-liberons-nous-de-50-ans.
Le
faux journal gratuit sera notamment distribué ce lundi soir 31 mai vers
la place de la Libération à Nice à l’occasion d’un « Carnaval de la
Françafrique » organisé par l’association Survie et de la manifestation
qui réunira à 18h30 une quarantaine d’organisations locales et
nationales au sein du collectif « ChasséEs ici. PilléEs là-bas ».
Odile
Biyidi, présidente de Survie, Brice Mackosso, coordinateur de la
coalition « Publiez ce que vous payez » - Congo Brazzaville et André
Afanou du CACIT-Togo (Collectif des Associations contre l’impunité au
Togo) ainsi que d’autres intervenants participeront à un grand débat en
plein air à partir de 20h30 place de la Libération.
Contact presse:
Stéphanie Dubois de Prisque, chargée de communication de Survie
06 89 31 17 18 / 06 31 18 27 65
Gilchrist Olympio, chassé de l'UFC pour avoir pactisé avec le diable!
(AfriSCOOP Lomé) — Le président national de l’Union des forces de
changement (Ufc, opposition), Gilchrist Olympio est « temporairement
exclu » de cette formation politique, a appris vendredi soir, AfriSCOOP
de sources concordantes à Lomé.
« Le bureau national décide d’exclure de l’UFC avec effet immédiat, M.
Gilchrist Olympio et tous ceux qui prennent part à l’aventure du RPT
contre les intérêts du parti et les aspirations de la population
togolaise. Par conséquent, [ils] ne sont plus habilités à parler et à
agir au nom de l’UFC », annonce un communiqué signé de Jean-Pierre
Fabre, le secrétaire général dont AfriSCOOP a copie.
Gilchrist Olympio a conclu mercredi, un « accord historique » avec le
Rassemblement du peuple togolais (Rpt, au pouvoir) en vue de l’entrée
de son parti dans le gouvernement. Une démarche que certains cadres du
parti ont jugé « solitaire » et n’ont cessé de critiquer.
« Cet accord qui est loin de répondre aux attentes des populations
(...), n’a reçu aucune caution du bureau national et n’engage nullement
» l’Ufc, indique le communiqué.
Sept ministres issus de ce parti ont été nommés vendredi, par décret
présidentiel, pour composer la nouvelle équipe du Premier ministre
Gilbert Fossoun Houngbo.
« Ces malheureuses initiatives sont des entorses graves aux règles et
orientations du parti et constituent des fautes lourdes qui exposent
leurs auteurs aux sanctions », explique le document.
A noter que l’Ufc et le Front républicain pour l’alternance et le
changement (Frac) continuent de contester la réélection de Faure
Gnassingbé crédité de plus de 60% des suffrages lors de la
présidentielle du 4 mars.
samedi 29 mai 2010 par La Rédaction © AfriSCOOP

























