mardi 9 février 2010
Togo - Election présidentielle du 28 février 2010: Une nouvelle mascarade en perspective!
Communiqué, le 9 février 2010.
Dans la perspective de l’élection présidentielle, les organisations signataires appellent l’Unioneuropéenne et la France à ne pas cautionner une élection qui ne serait pas démocratique et
transparente et à prendre des mesures afin de prévenir toute dérive violente du régime en cas de
contestations.
Depuis la mort, en 2005, du général Eyadéma resté 42 ans au pouvoir, les Togolais sont appelés aux urnes
pour la deuxième fois. La précédente élection, en avril 2005, avait intronisé Faure Gnassingbé (fils du
précédent), à l’issue d’un coup d’Etat électoral et d’une répression féroce, faisant selon l’ONU entre 400
et 500 morts et environ 40 000 réfugiés.
La signature, en août 2006, sous la pression de la communauté internationale, d’un Accord politique
global (APG) avec les principales formations politiques, avait permis la reprise de la coopération de
l’Union européenne, suspendue depuis 1992 pour “ déficit démocratique ”. Jusqu’ici, aucune des réformes préconisées par l’APG n’a vu le jour. En outre quasiment aucune mesure n’a été prise par le régime pour poursuivre les auteurs des crimes commis en 2005, à part la création en février 2009 d’une Commission vérité, justice et réconciliation qui pour le moment n’a pu travailler ni mener à bien sa mission.
C’est ce même régime qui organise aujourd’hui l’élection présidentielle. Or celui-ci met tout en oeuvre afin que Faure Gnassingbé se maintienne au pouvoir. En effet, les conditions d’organisation du scrutin n’offrent manifestement pas toutes les garanties d’une élection démocratique et transparents avec :
- une Commission électorale (CENI) et une Cour constitutionnelle acquises au régime qui, pour
des motifs fallacieux et sur ordre du régime, a écarté un des principaux concurrents à la
magistrature suprême ;
- un scrutin uninominal majoritaire à un tour, à l'avantage de Faure Gnassingbé qui peut ainsi être
élu sans bénéficier de la majorité des suffrages exprimés1 ;
- une révision des listes électorales bâclée et un fichier électoral fortement contesté ;
- des achats de voix observés.
A cela s’ajoute une dérive autoritaire et sécuritaire du régime à l’approche du scrutin avec :
- une recrudescence des intimidations afin de créer un climat de peur au sein de la population ;
- la nomination du major Kouloum Bilizim à la tête de la milice des Groupes de réflexion et
d’appui au parti RPT (GRAP) alors qu’il est cité dans plusieurs rapports comme instigateur et
présumé auteur de nombreux actes de violences en 20052 ;
- la nomination du Lieutenant-colonel de gendarmerie Yark Damehane à la tête de la Force
Sécurité Election présidentielle 2010 (FOSEP) alors que, selon un témoignage, cet officier “ a
dirigé les séances de torture au cours des interrogatoires [pendant la répression de 2005]3.
L’UE, principal financeur de l’élection dans le cadre d’un “ Projet d’Appui aux Processus Electoraux ”
(PAPE), porte une grande responsabilité dans l’organisation et la supervision de celle-ci mais aussi dans les risques de dérive sécuritaire. En effet c’est également elle qui finance le volet « sécurisation de l’élection », mis en oeuvre par l’Agence Française de Développement (AFD). En formant et en organisant l’équipement de la FOSEP, la France, indéfectible soutien politique et policier de la dictature Eyadéma depuis plus de 40 ans, conforte quant à elle une position pour le moins trouble.
Les organisations signataires appellent donc l’UE :
- à prendre les mesures nécessaires auprès des autorités togolaises afin de garantir une élection
libre, démocratique et transparente, et en cas contraire de suspendre sa coopération ;
- à renforcer les moyens du contingent des 130 observateurs afin d’assurer une observation
crédible des 6 000 bureaux de vote ;
- à exiger la révocation du major Kouloum Bilizim et du Lieutenant-colonel Yark Damehane.
En outre, les organisations signataires exigent des autorités françaises :
- qu’elles s’impliquent véritablement dans l’organisation d’une présidentielle démocratique et
transparente, et non pas seulement dans sa supervision et sa “ sécurisation ” ;
- qu’elles suspendent toute coopération, bilatérale et multilatérale dans le cadre du PAPE, avec
les organes de police et de gendarmerie (notamment la FOSEP) dès lors qu’ils seraient
manifestement impliqués dans des violations des droits de l’Homme ;
- qu’elles dénoncent et condamnent toute dérive violente du régime, si tel était le cas.
L’élection présidentielle togolaise constitue une occasion pour les autorités françaises de rompre avec une politique de validation d’élections frauduleuses ou de prise de pouvoir anti-démocratique comme elles l’ont fait durant l’année 2009 avec le coup d’Etat à Madagascar, l’élection d’un putschiste en Mauritanie, l’élection présidentielle truquée au Congo Brazzaville, le coup d’Etat électoral au Gabon ou encore le coup d’Etat constitutionnel au Niger.
Cette année 2010, durant laquelle les autorités françaises entendent achever la rénovation des relations entre la France et l’Afrique, ne peut s’ouvrir sur une nouvelle validation d’un coup d’Etat électoral au Togo.
1 Bien qu’accepté par les forces politiques d’opposition, ce mode de scrutin est contraire aux dispositions de l’accord politique global du 20 août 2006.
2 Rapports de l’ONU, de la FIDH, de la Ligue togolais des droits de l’Homme (LTDH).
3 Rapport de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) présenté au Comité contre la torture des Nations
unies en mai 2005.
Contact presse :
Survie: Stéphanie Dubois de Prisque. Tél : 01 44 61 03 25. stephanieduboisdeprisque@survie.org
Signataires:
Cédétim, Mouvement de la paix, Peuples solidaires, Survie, le Collectif de solidarité avec les luttes
sociales et politiques en Afrique (Assez de coup d'Etat, Afrique en luttes (NPA), Cédétim, Fédération
des Congolais de la Diaspora (FCD), Les Verts, Survie, Union des Populations du Cameroun (UPC)).
jeudi 7 janvier 2010
Togo: Faure veut profaner la mémoire de Sylvanus Olympio!Refusons le blasphème!
La
dernière chose qu’un peuple puisse accepter de perdre est l’honneur.
Dans la longue liste que l’on peut consacrer à ce mot, il existe la
fierté de compter des hommes de qualité ou d’en avoir eu au sein de
l’histoire de son peuple. Dans le parcours de l’appendice colonial que
demeure le Togo, Sylvanus Olympio figure en bonne position. Patriote et
humaniste, ce grand homme a fortement contribué à l’érection d’un
esprit indépendantiste et panafricaniste au Togo. Froidement assassiné
le 13 janvier 1963 par la France et son allié américain à travers les
seconds couteaux, dont Eyadema Gnassingbe, la dépouille de Sylvanus
Olympio repose aujourd’hui à Agoué, en territoire béninois.
Malgré
que le repos du corps du combattant de la liberté n’ait pas été
autorisé à reposer sur la terre pour laquelle il a été tué, malgré la
profanation systématique de sa mémoire de la part de ses bourreaux,
ainsi que la suppression de son nom des manuels d’histoire du Togo
depuis une cinquantaine d’années, son âme et ses idées restent encore
présentes dans tous les esprits. Depuis quelques années, plusieurs voix
se sont élevées pour demander le rapatriement de la dépouille de
l’homme, ainsi que l’organisation de funérailles dignes de son rang.
Aujourd’hui, Faure Gnassingbe – en quête d’un sujet véritablement
populaire - semble avoir perçu cet écho et tente de s’accaparer la
mémoire du martyr à des fins plus politico-médiatiques et
électoralistes que sincères. Dans ce qu’il a appelé les « vœux à la
Nation », il annonçait que son régime allait «se mettre en
relation avec la famille, et prendre les dispositions nécessaires pour
le retour au Togo des restes du président Sylvanus Olympio, premier
président du Togo, afin que la Nation lui rende les honneurs dus à son
rang »
Pourquoi subitement une telle bonté de la
part d’un fils-à-papa imposé à la tête du Togo ? Conscient de n’avoir
jamais reçu l’onction populaire et de n’avoir pas non plus réussi à
gagner la sympathie des Togolais sinistrés, Faure Gnassingbe cherche
l’action grandiose. Un acte qui puisse, espère-t-il, lui servir de
caution dans un futur proche.
En vérité, cette opération est
une récupération démagogique et malsaine qui s’inscrit dans un vaste
plan de communication pour justifier la fraude électorale en
préparation. A la veille de ce nouveau hold-up, orchestré par les
cellules françafricaines et avec le soutien de la Chine, la stratégie
consiste à justifier une bénédiction populaire par tous les moyens.
Conscient du souhait émis de façon unanime par le peuple togolais, de
voir les restes de leur digne fils revenir au pays, les services de
communication ont recommandé à leur pupille d’abonder dans ce sens.
Ainsi, lorsqu’il aura annoncé ce projet, il aura le profil d’un
rassembleur, d’un homme au diapason du peuple et d’un dirigeant
réconciliateur. Il vendra donc cette image aussi bien à l’intérieur
qu’à l’international.
Mais ce coup-là ne doit pas passer. Et
cela doit être clair, ferme et définitif. Parce qu’il est inacceptable
qu’un homme de la trempe de Sylvanus Olympio puisse être récupéré par
Faure Gnassingbe, anti-modèle par excellence et incarnation de tout ce
contre quoi Olympio s’est battu jusqu’à la mort. Cette opposition, nous
devons la construire de façon systématique car, le but de la manœuvre
n’est pas de réhabiliter le panafricaniste, mais bien de le souiller et
de lui faire jouer un rôle qui n’est pas le sien : la couverture d’une
victoire volée et une fois encore le viol d’un peuple.
Faure
Gnassingbe, qui tente visiblement de capter l’aura du personnage pour
savourer une victoire qu’il n’aura jamais remporté en réalité, n’est
pas digne de s’approcher de Sylvanus Olympio. Lui qui n’est pas
l’émanation du peuple, a massacré des centaines de personnes à son
accession au pouvoir en 2005, et en a envoyé des dizaines de milliers
d’autres en exil. Il est la continuation du colonialisme qui a liquidé
Sylvanus Olympio et son projet d’émancipation du Togo. Ce
pseudo-hommage, du vice à la vertu, n’est ni plus ni moins qu’une
provocation supplémentaire. Les restes de Sylvanus Olympio sont l’une
des rares richesses qui n’aient pas encore été extorquées à ce peuple.
Il faut donc les préserver.
S’il est exact de dire que Faure
Gnassingbe n’est que le fils d’un des exécuteurs d’Olympio, et que par
conséquent nul ne peut lui imputer la responsabilité des actes de son
feu-père, il n’en demeure pas moins juste d’affirmer que le fils avance
jusqu’ici dans les traces de son géniteur, à qui il doit d’ailleurs ce
qu’il est aujourd’hui. De surcroît, Faure Gnassingbe et sa bande de
ménestrels continuent en toute tranquillité de célébrer avec faste le
13 janvier, date anniversaire de l’assassinat de Olympio, qui fut
instaurée et imposée par Eyadema Gnassingbe comme une « libération
nationale ». Cette même logique d’intervertir les bornes de l’Histoire,
et de brouiller volontairement les évènements, se retrouve aujourd’hui
chez le successeur de « papa Eyadema », qui avait décidé cyniquement de
faire resurgir la date du 27 avril longtemps bannie, comme « jour de
l’Indépendance ». En donnant le sentiment de s’inscrire dans la «
convention collective » du 27 avril, Faure Gnassingbe fait d’une pierre
deux coups. Il célèbre par la même occasion et discrètement sa propre
arrivée au pouvoir par le biais d’un sanglant braquage électoral.
Alors
que sa présence au pouvoir est justement le symbole-même de la
non-indépendance du territoire togolais, et de son ancrage dans les
méandres de l’a-souveraineté la plus humiliante, Faure Gnassingbe
pousse le mépris à son paroxysme pour actuellement travailler à la
célébration de ce qu’il nomme « le jubilé d’or » en avril prochain, se
persuadant qu’il aura été le vainqueur du sinistre attrape-nigauds de
février 2010.
Les Togolais n’ont plus rien. Tout leur a été
volé et confisqué. Tout a été souillé. La seule chose qui leur reste de
la période de la lutte pour l’indépendance, c’est la dépouille de
Sylvanus Olympio. Et elle doit rester intouchable. Surtout, elle ne
doit pas être instrumentalisée par un régime sans scrupules qui incarne
le prolongement de tout ce qu’a combattu ce vaillant homme, dont la
valeur inspire aujourd’hui beaucoup de jeunes, à qui pourtant il a été
dissimulé depuis bientôt 50 ans. D’ailleurs, Sylvanus Olympio,
n’appartient plus uniquement ni à la famille Olympio, ni aux Togolais.
Il fait bel et bien partie du patrimoine collectif africain, que les
héritiers consciencieux des grands hommes africains assassinés
cherchent aujourd’hui à reconstituer, alors qu’il a subi d’énormes
dégâts depuis des siècles de domination, y compris de la part de la
nouvelle génération de régisseurs coloniaux dont fait partie Faure
Gnassingbe. Tous les africains éveillés doivent en toute logique se
sentir concernés par cette récupération malsaine en annoncée au Togo.
Sinon, il s’agirait d’une incapacité collective à identifier ce qui est
de notre patrimoine commun, qu’un tyran assassin à l’instar de Mobutu
ait pu anéantir Lumumba avant de se permettre de l’humilier davantage
en l’élevant au rang de Héros National. La même incapacité n’a-t-elle
pas joué à propos de Félix Moumié dont dépouille été volée en 2004 en
Guinée sous les ordres de Mvondo Paul Biya et de Pierre Mesmer dans une
indifférence absolue ?
Encore une fois, Faure Gnassingbe en
compagnie de ce qu’il appelle son « gouvernement », n’est pas du tout
qualifié en ce qui concerne la réhabilitation de l’ancien président. Il
est même disqualifié d’office quant à l’organisation de cette œuvre
d’une très haute portée historique. En outre, à travers l’idéal
panafricain qui était le sien, la terre béninoise est aussi la terre de
Sylvanus Olympio. Il peut dormir là en attendant que triomphe la lutte
pour laquelle il est tombé. Et une fois la véritable indépendance du
Togo concrétisée par un minimum de réalisations - un gouvernement issu
du choix populaire, l’éjection du franc CFA, l’endiguement du pouvoir
de nuisance français au Togo et un début de satisfaction des besoins
primaires du peuple togolais à travers d’une agriculture modernisée
comme moteur de base - eh bien, à ce moment-là seulement, on pourra
rapatrier la dépouille de Sylvanus Olympio et lui offrir les honneurs
dus à son statut avec le soutien de tous ceux qui travaillent pour
l’avènement d’une Afrique unie, affranchie et répondant aux vrais
besoins de ses enfants. A ce moment-là aussi, il sera enseigné dans les
écoles, son nom sera gravé sur le fronton de certaines infrastructures
(écoles, universités, aéroports, rues, stades, etc.), des monuments
seront érigés en sa mémoire, ces discours seront vulgarisés au travers
des médias publics, et les témoins de son époque pourront enfin avoir
la parole et raconter ce qu’a été le mouvement vers l’indépendance
interrompu dans la violence le 13 janvier 1963.
Cette époque
fera ressortir des noms que le colonialisme et ses adeptes locaux ont
enfouis. Ces héros de la nuit vont ressurgir, et leurs noms seront
apposés aux rues et autres avenues et boulevards, qui jusqu’ici ne font
que l’apologie de ceux qui en réalité ont tué la volonté d’éclosion de
notre peuple. Un peuple qui a été réduit en hommes et femmes éclopés,
privé depuis lors de son histoire, la dénaturant tout en lui cachant la
vraie version.
Laisser Olympio aux bons soins des bras locaux
du néocolonialisme, c’est accepter d’être complice de son second
assassinat. En participant ainsi à son injure, nous verrions la perte
définitive du peu de l’honneur qui nous reste.
.
Par Rodrigue KPOGLI
J.U.D.A
Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique
Website: http://lajuda.blogspot.com
E-mail: lajuda2000@hotmail.com
...Une autre Jeunesse au service d'une Afrique Nouvelle...
mardi 29 décembre 2009
Appel à la Solidarité pour la Libération du Journaliste Jean Bosco Talla
Appel à la Solidarité pour la Libération du Journaliste Jean Bosco Talla
Jean Bosco Talla, Directeur de Publication de l'hebdomadaire camerounais Germinal qui avait été enlevé le 10 décembre à Yaoundé, par les forces répressives du régime Biya, a été condamné le 28 décembre à Yaoundé à un an de prison avec sursis pendant 3 ans, assorti d'une amende de 3,154 millions FCFA (soit environ 5000€) pour « outrage au président de la République ».
Jean Bosco Talla n'ayant pas pu s'acquitter de cette somme sur place, juste après sa condamnation, a été ramené à la prison de Kodengui, où il est détenu dans des conditions très exécrables et dangereuses pour sa sécurité.
Le Comité International pour la Libération des Prisonniers Politiques au Cameroun (le Comité) et le Collectif des Organisations Démocratiques et Patriotiques de la Diaspora Camerounaise (le CODE) lancent un vibrant appel à la diaspora camerounaise et à tous les amis du Cameroun, pour qu’ils aident à sortir Jean Bosco Talla des prisons infectes de Paul Biya.
Le Comité et le CODE lancent l’opération « Freedom for JB Talla » qui consiste à mobiliser les 5000€ d’amende nécessaires pour la libération de ce valeureux journaliste, injustement condamné et emprisonné pour avoir correctement fait son travail.
Un Comité National pour la Libération de Jean Bosco Talla est en action au Cameroun et est composé de La fille du journaliste incarcéré, de Madame Maximilienne Ngo Mbè, Secrétaire Générale de PRODHOP et du Journaliste A. Gustave Azébazé de l'Union des Journalistes du Cameroun (UJC).
Nous suggérons que toute assistance soit directement envoyée à ce Comité qui peut être contacté à ces adresses:
Maximilienne Ngo MBE:<mbe_max@yahoo.fr>; Tel: 00237 98 58 229
A. Gustave Azebazé Ndjouaka: <agamedias.inc@gmail.com>; Tel +237 99 83 34 57
Pour le Comité International pour la Libération des Prisonniers Politiques au Cameroun (le Comité), Hugo Moudiki
Pour le Collectif des Organisations Démocratiques et Patriotiques de la Diaspora Camerounaise (le CODE),
Moise Essoh, Secrétaire Exécutif.
Tene Sop, Secrétaire à la communication
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http://journalducameroun.com//article.php?aid=3619
Cameroun: Un an d’emprisonnement pour le journaliste Jean Bosco Talla
Par Idriss Linge - 29/12/2009
Le directeur de publication du journal Germinal a été condamné par le tribunal de 1ère instance de Yaoundé
Le verdict a été rendu
L’affaire avait été placée en délibérée pour le lundi 28 décembre 09 dernier. Le tribunal de première instance de Yaoundé déclare Jean Bosco Talla coupable d'outrage au président de la République et le condamne à un an d'emprisonnement avec sursis avec trois ans de probation, selon une décision lue à l'issue de l'audience, et qui vient conclure du moins en première instance, un feuilleton judiciaire qui a débuté le 16 décembre dernier. L’avocat du directeur de Germinal, Me Jean-Marie Nouga, a indiqué que son client allait faire appel, soulignant que le tribunal "n'a pas pu établir" qu'il avait commis "une faute professionnelle". L’avocat estime par ailleurs que le sursis accordé à son client équivaut plus à une condamnation. Si en droit l’accord du sursis permet une liberté sous condition d’aller et venir du justiciable, les juges se montrent parfois vicieux et la transforme en privation de liberté. La justice l’a contraint à payer trois millions de FCFA d'amende à l'Etat du Cameroun et 154.000 FCFA de frais de justice. Reconduit en prison, il y restera s'il ne paie pas l'amende pendant la période de la contrainte par corps fixée à deux ans. Cela signifie pour lui qu’il court le risque de passer "deux années d'emprisonnement au moins". Son avocat a déclaré qu’il était dans l'incapacité de payer une telle somme. Les observateurs pensent que face à la pression des organisations de défense de la presse nationale et internationale, le gouvernement a voulu juste écarter « un gêneur » du débat d’opinions, en raison de ses positions parfois qualifiées de dures par les pro-gouvernementaux.

© Journalducameroun.com
Jean Bosco Talla
Il a repris pour critiquer des passages d’un livre controversé
Le directeur de publication de l'hebdomadaire camerounais Germinal, arrêté le 10 décembre, et inculpé pour outrage au président de la République" avant de comparaître devant un tribunal de Yaoundé.il était reproché à Jean Bosco Talla la publication dans son journal de l'extrait d'un livre évoquant "un pacte secret" entre l'actuel président camerounais Paul Biya et son prédécesseur Ahmadou Ahidjo. Dans l’édition datée du 03 décembre 2009, l'hebdomadaire Germinal a consacré un dossier contenant des articles où il était fait mention d’une affaire obscure d'homosexualité au sommet de l'Etat. Le journal de Jean Bosco Talla, avec des détails précis, rapporte une version particulière des évènements ayant marqué la transition entre Ahmadou Ahidjo et son successeur constitutionnel, Paul Biya. Une version décrite par Eballe Amougou dans une publication parue à l’étranger et dont plusieurs copies sont sur le net.
Un procès vendetta?
Jean Bosco Talla s’est défendu de l’accusation d’outrage. Mais son récent passé ne l’a pas aidé dans cette affaire.. Bien que son avocat aie tenté de démontrer qu’il a repris pour les réfuter les passages contestées, les autorités n’ont pas oublié et certainement ne lui ont pas excusé la dynamique qui avait été la sienne lors de la publication du rapport sur les biens mal acquis impliquant le chef de l’Etat. Pour certains experts du droit toutes les données de l’affaire n’ont pas été examinées, involontairement ou par ignorance. A l’article 306 alinéa 9 du code pénal dont l’application est faite pour toute infraction d’outrage, il est précisé que ne constitue aucune infraction : La critique d’une œuvre d’un spectacle, d’une opinion quelconque manifestée publiquement, à condition que la dite critique ne traduisent pas une animosité personnelle.Je dirais brièvement trois choses : d’abord, l’ouvrage de Eballe Angounou est en circulation sur le net, cela n’est pas de notre fait. De plus, au moment de prendre votre décision, M. le président, vous devrez vous poser la question suivante : votre décision encouragera-t-elle ou non le journalisme d’investigation ? Enfin, M. le président, au moment de prendre cette décision, ne perdez pas de vue ces propos de Paul Biya : désormais, au Cameroun, nul n’aura plus besoin de prendre le maquis pour exposer ses opinions. Traduction, nul ne doit plus être envoyé en prison pour ses opinions a-t-il déclaré lorsque le juge lui a demandé un mot pour sa défense. Mi-décembre, l'organisation Reporters sans frontières (RSF) a demandé aux autorités de remettre en liberté M. Talla, estimant que rien dans une affaire de diffamation ne saurait justifier la détention d'un journaliste.
samedi 26 décembre 2009
Faut-il tuer Bolloré? (1)
Les révélations qui fâchent Bolloré
| Benoit Collombat
|
|
Mardi 16 décembre, deux journalistes de France Inter, poursuivis en diffamation par Vincent Bolloré, ont comparu devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir diffusé, le 29 mars 2009, un reportage : "Cameroun, l'empire noir de Vincent Bolloré". Suite du procès en mars 2010. Benoît Collombat avait interviewé de nombreux témoins qui dénoncent les pratiques de Bolloré au Cameroun. Mais le milliardaire ne s'arrête pas là pour lutter
contre les journalistes qui s'approchent trop près de ces terres. La
photographe Isabelle Alexandra Ricq est, elle
aussi, accusée de diffamation aux côtés de Rebecca Manzoni, pour les propos
tenus dans l'émission Eclectik du 12 septembre sur
France Inter. Ici, vous retrouverez une partie des témoignages recueillis par Benoît Collombat diffusés dans l’émission. En 1999 lorsque Bolloré obtient l’exploitation pour trente
ans des chemins de fer camerounais, 603 employés auraient normalement dû être
indemnisés, une ardoise de 40 millions d’Euros, estime alors un cabinet
d’études. Un dossier que suit de très près Hilaire Kamga,
le président de l’association Nouveaux droits de l’homme au Cameroun,
également porte parole d’un regroupement de 167 organisations camerounaises
qui prônent l’alternance par les urnes. Non seulement, affirme Hilaire Kamga, cet argent n’aurait jamais été réglé par Bolloré,
mais en plus, l’Etat camerounais aurait versé 115 millions d’Euros au
groupe Bolloré. Emmanuel Etoundi Oyono
: Tout à fait. J’ai dénoncé les contrats passés avec le port en ce qui
concerne la société de dragage de la côte Afrique. Il s’agit d’un contrat de
la Sdca
qui drague elle, n’est-ce pas, les pieds de quai. Donc, je me suis retrouvé
avec un type de contrat très particulier, où le port a donné sa drague à
la Sdca ,
son port a donné son personnel, a affecté son personnel à
la Sdca
et le port se retrouvait facturé des prestations de dragage. Emmanuel Etoundi Oyono : Curieusement, on a dû donc par je ne sais
quel artifice, privatiser ce pan d’activité qui enlève au port toute sa
substance parce que vous savez, le port a donc été dépossédé de toutes ses
activités premières pour ne rester qu’une plateforme qui perçoit une taxe sur
le navire. A partir du moment où quelqu’un qui a des navires doit payer cette
taxe d’accostage au port et qui le drague en même temps pour facturer au
port, le jeu est subtil. Ca veut dire tout simplement que tout ce qu’on lui
facture au titre du navire, lui il nous le facture au titre de la prestation
de dragage. Et comme ça, il annule le paiement de la taxe sur le navire pour
que le port fonctionne. Je crois que le groupe Bolloré est extrêmement important.
Emmanuel Etoundi Oyono :
Je ne vous le fais pas dire. C’est comme ça. C’est une seule tête, mais avec
beaucoup de membres et chaque membre que vous voulez toucher se retrouve avec
tout un corps qui est le même. Il est d’une importance qui peut m’inquiéter
moi. Economiquement, il peut paralyser le pays le moment venu. C’est ça le
risque. Chez les porteurs, un régime qui pèse peut-être 30 à 25
kilos, ils poussent ça dans la brouette, dans les marécages, il y a les
souches et tout ça pèse. Et sur ce régime, on lui paie 17 Fcfa
(0,03 Euros) Et la Socapalm n’a pas envisagé de mettre des installations, des sanitaires, des douches ? (© crédit photo: Isabelle Alexandra Ricq (2)) Bébé: Je crois qu’ils ne pensent pas, ils ne
pensent pas, vu que j’avais déjà écrit. Ca fait déjà un an. J’ai demandé et
pas de suite. La société prend le palmier plus important que l’homme qui
travaille pour le palmier. On doit faire comment ? On doit supporter. Nous
subissons un esclavage modernisé ici à
la Socapalm.
Pius Njawé: Je dirais tout simplement que
c’est une sorte d’Etat dans l’Etat. Mais vous savez comment ça fonctionne,
Bolloré prend à droite, redonne un peu à gauche, à travers
la Fondation Chantal
Biya, la Fondation de l’épouse du Président camerounais Paul Biya. Pius Njawé : Absolument.
Bien sûr, on a le cas de Roussin, Michel Roussin qui est vice président du
groupe Bolloré qui est président du Medef international, ancien directeur de
cabinet de Jacques Chirac à la mairie de Paris, ancien ministre de
la Coopération.Donc ,
vous avez des personnages comme ça qui jouent des rôles troubles. Donc, je
pense qu’il est tout puissant Bolloré et je pense que cela ne peut être
possible que dans des Républiques bananières comme les nôtres où on permet à
chacun de venir faire ce qu’il veut parce qu’il a une couverture en haut
lieu. Justin Mbetebe: Même au sein de l’église, nous avons un prêtre qui a sa radio, qui a été financé par Bolloré et que cette personne est proche des instances, des hautes instances républicaines de la hiérarchie. Donc, on comprend un réseau complexe par rapport à Bolloré.
Source: lemessager.net Introduction: Cédric Rutter pour Investig'Action (1) « Port, rail, plantations : le triste bilan de Bolloré au Cameroun » (2) Voir aussi le reportage photo d'Isabelle Alexandra Ricq : Les ravages de la palme |
Note du Blog: (1) Le titre "faut-il tuer Bolloré" est de notre cellule de presse et non des auteurs de l'article original!
dimanche 20 septembre 2009
TOGO: Le RPT dribble l'opposition et fait hold-up sur la CENI
Togo: Déclaration de la conférence UCF-CAR du 17 septembre 2009
Déclaration conjointe UFC-CAR relative à la forfaiture commise par le régime RPT à la CENI
La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) s’est réunie le lundi 14 Septembre 2009 pour l’élection de son bureau, sous la direction du Président du bureau d’âge.
Les deux sensibilités composant la CENI, à savoir la majorité parlementaire et l‘opposition parlementaire ont postulé chacune pour la présidence de celle-ci.
Les discussions n’ayant pas permis de dégager un consensus sur un candidat, le Président du bureau d’âge a suspendu les travaux et levé la séance en renvoyant sa reprise au lendemain à 9h00.
L’Union des Forces de Changement (UFC) et le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) sont surpris d’apprendre par les médias, le mardi 15 septembre 2009, qu’après la levée régulière de la séance, les membres appartenant à la sensibilité majorité parlementaire sont restés dans la salle et ont présenté monsieur KOLANI Lardja comme le nouveau Président de la CENI, en violation manifeste du Règlement Intérieur en son l’article 2 qui stipule :
« Au début de chaque mandat, il est mis en place un bureau d’âge comprenant le plus âgé et le plus jeune des membres. La mission du bureau d’âge consiste à l’adoption du Règlement Intérieur et à l’élection du bureau. Le membre le plus âgé préside les travaux et le membre le plus jeune remplit les fonctions de rapporteur. »
Il convient de rappeler que conformément aux dispositions de l’Accord Politique Global (APG), c’est le consensus qui doit être privilégié pour toute décision au sein de la CENI. Et c’est d’ailleurs par consensus que le Règlement Intérieur a été adopté.
Il est donc inacceptable qu’une seule sensibilité, en l’absence de l’autre, s’arroge le droit de désigner le Président de la CENI.
L’UFC et le CAR rappellent que c’est dans un esprit d’apaisement et en raison de la prescription du consensus par l’APG confirmée par les dernières discussions de Ouaga qu’ils ont accepté la composition déséquilibrée de la CENI en faveur de la sensibilité majorité parlementaire.
Ils condamnent vigoureusement ce nouveau coup de force du régime RPT qui présage de l’envergure des fraudes en préparation avec leurs conséquences dramatiques de violences, de tueries et de massacres.
L’UFC et le CAR en appellent à la vigilance de la communauté internationale, pour qu’elle accompagne notre pays dans la préparation et l’organisation de l’élection présidentielle de 2010, et use de son influence pour amener le gouvernement et le pouvoir RPT à renouer avec l’esprit de consensus.
L’UFC et le CAR lancent un appel pressant aux populations togolaises et à la classe politique afin qu’elles restent mobilisées pour empêcher un nième hold-up électoral.
Fait à Lomé, le 17 Septembre 2009
Pour le Bureau National UFC,
Le Secrétaire Général
Jean-Pierre FABRE
Pour le CAR,
Le Président National
Me Paul Dodji APEVON
samedi 12 septembre 2009
51 ième anniversaire de l’assassinat de Ruben Um Nyobè: Le CNR appelle à un Front Uni des progressistes camerounais
«le Mouvement Umnyobiste appelle tous les progressistes camerounais à créer un Front Uni pour proposer une alternative solide à la politique antinationale et anti-populaire du dictateur Paul Biya»
Le 13 septembre 2009 marque le 51ième anniversaire de l’assassinat crapuleux de Um Nyobè par la France.
Le Conseil National pour la Résistance/Mouvement Umnyobiste (CNR-MUN), fondé autour de la défense et de la préservation de l’héritage politique, idéologique, spirituel et moral du Mpôdol et de ses compagnons, tient à rendre hommage à ce digne fils du Cameroun et de l’Afrique qui a sacrifié sa vie pour l’indépendance de son pays et la liberté de ses compatriotes.
51 ans après l’assassinat de Um, quoique ayant officiellement accédé à la «souveraineté internationale», le Cameroun n’est toujours pas un pays libre. Les pantins corrompus et les marionnettes néocoloniales au pouvoir à Yaoundé continuent d’être actionnées depuis Paris par des réseaux officiels et officieux que F. X. Verschave a appelés la « Francafrique » , pour mener une politique antinationale systématique, qui dessert scandaleusement les intérêts des camerounais – dont plus de 80% vivent dans une misère extrême - au profit de ceux de la France et de ses multinationales.
51 ans après la disparition du Mpodol, les Camerounais ne sont toujours pas libres de choisir leurs dirigeants, le processus électoral étant confisqué par la dictature néocoloniale et les élections ne sont alors qu’un grotesque plébiscite de légitimation de la dictature sanguinaire au pouvoir plutôt qu’un moyen d’expression populaire pour sanctionner les dirigeants incompétents.
C’est dire que 51 ans après, les idéaux portés par Um restent très actuels. Malgré la dégradation avancée de l’état social et économique du Cameroun et l’impopularité criante de Paul Biya et de sa clique, ces derniers restent au pouvoir, en usant certes de la violence et du terroriste d’Etat comme arme de gouvernement, mais la division et la fragmentation du camp des progressistes camerounais ne sont pas exempts de toute responsabilité dans le maintien du despote camerounais au pouvoir.
Le Conseil National pour la Résistance/Mouvement Umnyobiste, souhaite que ce 51ième anniversaire de l’assassinat de Um, permette aux progressistes camerounais, toutes tendances confondues de se ressaisir et de s’asseoir autour d’une table pour jeter les bases d‘un Front Uni afin de chasser Paul Biya et sa clique du pouvoir. Le leitmotiv de ce Front serait la mobilisation des camerounais autour de leurs nombreux problèmes quotidiens pour imposer à l’autocratie régnante une sorte « d’ équilibre de la terreur », et non autour de balivernes comme « le candidat unique de l’opposition en 2011 » qu’agitent déjà certains de nos compatriotes qui semblent n’avoir pas suffisamment tiré les leçons des expériences développées et des échecs accumulés depuis 1992. Le problème du Cameroun aujourd’hui n’est absolument pas celui de la candidature unique, car l’opposition a gagné les élections du 11 octobre 1992 sans «candidature unique», mais le despote Paul Biya a refusé de céder le pouvoir.
Un tel Front rassemblerait tous les courants qui traversent le mouvement progressiste camerounais à savoir, les Upécistes fidèles, les Manidemistes, les Umnyobistes, les Panafricanistes, les Nationalistes, les communistes et les Néo-communistes, les Internationalistes, les Sociaux-démocrates, etc…Le capital humain, politique, intellectuel et moral d’un tel Front serait de nature à restaurer la crédibilité et la confiance qui font actuellement défaut au leadership politique dans l’opposition camerounaise; toutes choses qui ont fini par détourner les masses populaires des luttes politiques initiées au Cameroun, depuis 1992. Hors de cette logique de réorganisation rigoureuse des forces progressistes autour d’une vision politique minimale et commune devant déboucher sur le renversement des imposteurs-Aujoulatistes que la France maintient au pouvoir contre le gré de notre peuple, le Cameroun court tout droit vers une Gabonisation certaine. En sommes nous si éloignés?
Honneurs et Gloire éternelle à Um Nyobè ! A bas les assassins du peuple !!
Le sang des martyrs sera vengé tôt ou tard !
Oser lutter, c’est oser vaincre Pour la patrie et l’Afrique nous vaincrons
Fait à Lagos, ce 12 septembre 2009
Tene Sop G.
Secrétaire Général du
Conseil National pour la Résistance / Mouvement Umnyobiste (CNR-MUN)
mercredi 2 septembre 2009
Pierre Mamboundou élu president du Gabon
FELICITATIONS DES PATRIOTES AFRICAINS A PIERRE MAMBOUDOU ELU DEMOCRATIQUEMENT A LA TETE DU GABON
Après 42 ans de dictature et d’obscurantisme d’Omar Bongo Odimba, Pierre MAMBOUDOU vient d’être démocratiquement élu à la tête du Gabon.
Cette élection de Pierre MAMBOUDOU est historique à plus d’un titre : Pierre MAMBOUDOU s’est toujours affirmé en patriote panafricaniste et a farouchement résisté à toutes les tentations de la françafrique dont Omar Bongo Odimba, le défunt dictateur, était la représentant attitré en Afrique. Pierre MABOUDOU est plébiscité par le digne peuple du Gabon en dépit de tous les moyens mis en place pour installer Bongo fils à la tête du pays : soutien affiché de la françafrique, confiscation outrancière des médias nationaux et internationaux, tripatouillages électoraux de tous ordres.
L’élection de Pierre MAMBOUDOU, opposant historique à la françafrique et à Bongo est un réel espoir pour les progressistes africains ; elle montre qu’en dépit des moyens importants déployés par le système néocolonial pour perpétuer l’asservissement du continent, il est possible à force de détermination d’en venir à bout.
Le Conseil National pour la résistance, Mouvement politique Camerounais de ligne panafricaniste, salue la brillante élection de Pierre MAMBOUDOU et l’assure de son total soutien tout au long de son mandat à la tête du Gabon. Le CNR lance un appel à tous les progressistes africains d’apporter leur soutien sans faille au Président MAMBOUDOU et les invite à être prêts à travailler bénévolement à la réussite du Gabon.
Le CNR fait confiance au peuple Gabonais pour défendre sa victoire par tous les moyens. Il lance un appel à la Commission électorale afin qu’elle respecte le choix du digne peuple gabonais et rende rapidement publique l’élection sans faille de Pierre MAMBOUDOU à la tête du Gabon. Le CNR interpelle les différents candidats à l’élection présidentielle afin qu’ils s’inclinent dignement devant l’élection de Pierre MAMBOUDOU.
Le CNR invite la communauté internationale, notamment l’Union Africaine, à saisir cette occasion pour démontrer son engagement pour la démocratie en Afrique et mettant en œuvre tous les moyens nécessaires pour permettre au Président MAMBOUDOU d’accomplir sereinement le mandat que vient de lui confier le peuple gabonais.
La lutte continue,
Pour la Patrie et l’Afrique, nous vaincrons.
Ce 02 septembre 2009
Pour Le CONSEIL NATIONAL POUR LA RESISTANCE
TENE SOP
Secrétaire Général
Cameroon.Resistance.Council@googlemail.com
www.cnrmun.afrikblog.com
mardi 11 août 2009
Il faut mettre le putschiste Tandja Mamadou hors d’état de nuire avant qu’il ne soit trop tard!!!
Tandja: un putschiste en boubou décidé à terroriser ses opposants
Le référendum frauduleux et
anticonstitutionnel convoqué par Tandja Mamadou pour entériner sa volonté de confisquer le pouvoir, vient à
peine de se terminer que le
pseudo-dictateur nigérien se livre déjà à un véritable terrorisme d’Etat et à
une chasse impitoyable contre toutes celles et tous ceux qui ont osé s’opposer
à la mascarade référendaire du 04 août.
C’est ainsi que le Camarade Marou Amadou, ancien Secrétaire Général de l’Union des Scolaires
Nigériens (USN), Rapporteur démissionnaire de la Commission Electorale et Président du Front Uni pour la Sauvegarde des
Acquis Démocratiques (FUSAD) a été sauvagement brutalisé et kidnappé le 10 août
2009, à 06 heures du matin, à la sortie
d’une mosquée de Niamey, par des éléments encagoulés de la police politique de
Tandja et a directement été écroué à la prison de Niamey «pour atteinte à la
sureté de l’Etat ». C’est la deuxième fois en un mois que Marou est arrêté
et ce harcèlement dont il est l’objet ne s’explique que par son opposition
radicale au tripatouillage constitutionnel opéré par Tandja.
Le Mouvement
Umnyobiste a d’ailleurs appris qu’une liste contenant les noms de dizaines d’autres
personnes et personnalités politiques devant être prochainement arrêtées, circule
en ce moment, dans les milieux des forces de sécurité à Niamey. Le crime de ces
personnes est d’avoir organisé et mené la fronde anti-référendaire contre le
« projet Tazarcé » de Tandja. Parmi ces nigériens, figurent de hauts leaders
et cadres politiques de l’opposition, des dirigeants syndicaux et des
responsables de diverses organisations de Droits de l’Homme et de la
Démocratie.
Ces méthodes dignes de la Gestapo, annoncent de graves
violations des droits l’Homme dans les jours et semaines à venir. Et voilà le
Niger revenu aux heures les plus sombres du «Kountchéisme» le plus abject, dont
le néo-dictateur Tandja s’est toujours
réclamé !
Seul le soutien de l’Afrique et de la communauté
internationale peut constituer un réel bouclier contre les menaces dont sont
victimes les démocrates Nigériens en lutte contre la dictature stupide de
Tandja Mamadou. La CEDEAO, l’Union Africaine, et les institutions internationales
doivent donc sortir de la logique de discours creux pour prendre des sanctions
visibles et coercitives contre le putschiste Tandja Niger. Des exemples
de sanctions seraient l’interdiction de voyager pour les membres de la junte en
boubou de Tandja, l’exclusion du gouvernent du Niger de la CEDEAO et de l’Union
Africaine, le renvoi des ambassadeurs nommés par TANDJA des différents pays,
etc… En un mot, il faut isoler le soldat Tandja qui, en tripatouillant la Constitution
du Niger contre et envers tous, a choisi de s’engager dans une
Le Conseil
National pour la Résistance /Mouvement Umnyobiste, refuse que l’Afrique et
le monde entier assistent aussi impuissant et comme hypnotisés, à la naissance
et au développement pernicieux d’un régime totalitaire au Niger, dont le chef
de bande, Tandja Mamadou, semble atteint par une dangereuse forme de schizophrénie
politique qui conduit lentement, mais fatalement, le Niger vers des jours les
plus obscurs. Jusqu’où devrait aller Tandja Mamadou afin que l’Union
Africaine et la communauté internationale comprennent qu’il faut définitivement
isoler ce régime illégal,illégitime et anti-populaire?
Le Conseil National pour la Résistance
Le Conseil National pour la Résistance / Mouvement
Umnyobiste (CNR/MUN) renouvelle son appel aux progressistes africains et
du monde entier pour qu’ils dénoncent fermement les dérives dangereuses de
Tandja Mamadou et soutiennent sans équivoque, la lutte légitime du peuple
nigérien contre le fascisme naissant au Niger. Pour terminer, le CNR, appelle l’armée et les forces de
sécurité nigériennes à ne pas cautionner l’illégalité et le terrorisme d’Etat
d’un putschiste en boubou dont la mégalomanie et les dérives obscurantistes
mettent gravement en danger l’avenir du Niger et de ses 14 millions d’habitants.
Honneurs et Gloire au peuple nigérien !
Mort aux ennemis du peuple Nigérien!
la PatrieLa lutte continue, Pour
et l’Afrique, nous vaincrons.
Ce 10 Août 2009
Pour Le CONSEIL NATIONAL POUR LA RESISTANCE
TENE SOP
Secrétaire Général
Cameroon.Resistance.Council@googlemail.com
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Niger: l'activiste Marou Amadou de nouveau poursuivi en justice
NIAMEY (AFP) -
mercredi 12 août 2009 - 17h29
- Le
militant des droits de l'Homme nigérien Marou Amadou, brièvement
interpellé avant d'être relâché par un juge de Niamey mardi, a été
placé en garde à vue en raison de "nouvelles poursuites", a indiqué
mercredi l'un de ses avocats.![]()
Un
camion transportant des prisonniers, dont le militant nigérien de la
cause démocratique, Marou Amadou, le 11 août 2009 à Niamey
© AFP/Archives Boureima Hama
"Marou Amadou est placé en garde à vue à la police à Niamey en raison de nouvelles poursuites contre lui", a indiqué à la presse Me Marc Lebihan qui a dénoncé "un harcèlement judiciaire".
L'avocat n'a pas donné de précision sur ces poursuites.
Mardi, un juge de Niamey avait libéré Amadou, interpellé la veille après avoir appelé à la mobilisation face à la rallonge très controversée du mandat du président Mamadou Tandja.
Marou Amadou, dirigeant du Front uni pour la sauvegarde des acquis démocratiques (Fusad), avait aussi appelé les forces de l'ordre à la désobéissance et était accusé d'"atteinte à la sûreté de l'Etat".
Alors qu'il s'apprêtait à quitter mardi la prison de Niamey, il a été enlevé par des hommes en armes à bord de plusieurs véhicules 4x4, selon Me Lebihan et Ali Idrissa, un membre du Fusad témoin de la scène.
Selon Idrissa, il s'agissait d'éléments de la garde républicaine.
Amadou a été incarcéré mardi à la prison de haute sécurité de Koutoukalé, (ouest de Niamey), mais a été relâché mardi soir au bout de quelques heures, a indiqué Idrissa.
"Mais aussitôt la police l'a interpellé et conduit dans ses locaux où il a passé la nuit", a-t-il poursuivi.
Marou Amadou est une figure influente de la société civile qui s'oppose au maintien au pouvoir de Mamdou Tandja grâce à l'adoption, le 4 août par voie de référendum, d'une nouvelle Constitution.
Ce nouveau texte, qui sera définitivement adopté une fois que la Cour constitutionnelle aura validé les résultats de la Commission électorale et que le chef de l'Etat l'aura promulgué, autorise Tandja à rester en fonction jusqu'en 2012 au lieu de se retirer en décembre comme initialement prévu.
Par l'AFP
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Afrique
Niger: l'activiste Marou Amadou incarcéré dans une prison de haute sécurité

Un camion transportant des prisonniers dont militant des droits de l'Homme nigérien Marou Amadou, le 11 août 2009 à Niamey.
© AFP/Archives Boureima Hama
NIAMEY (AFP) -
jeudi 13 août 2009 - 21h59
- Le
militant des droits de l'Homme nigérien Marou Amadou, interpellé deux
fois cette semaine, a été incarcéré dans une prison de haute sécurité à
l'ouest de Niamey, a indiqué jeudi un membre de l'organisation qu'il
dirige.
"Après avoir été entendu près de deux heures par le juge, Marou Amadou a été conduit à la prison de haute sécurité de Koutoukalé", à indiqué à l'AFP Ali Idrissa, membre du Front uni pour la sauvegarde des acquis démocratiques (Fusad).
Il est poursuivi pour "administration d'une organisation non déclarée", a-t-il ajouté, précisant que les autorités estiment n'avoir jamais délivré l'autorisation de l'exercice du Fusad.
Cette ONG, créée en décembre par les principales centrales syndicales et ONG du pays, avait pour objectif principal de s'opposer au maintien au pouvoir du président Mamadou Tandja au-delà de la fin prévue de son mandat.
Le chef de l'Etat a convoqué un référendum le 4 août qui a abouti à l'adoption d'une nouvelle Constitution lui accordant une rallonge de trois ans au lieu de se retirer en décembre à la fin de son deuxième quinquennat, comme initialement prévu.
Après l'annonce le 7 août du résultat de cette consultation très contestée, Marou Amadou avait appelé à la mobilisation des Nigériens. Il avait aussi appelé les forces de l'ordre à la désobéissance.
Accusé d'"atteinte à la sûreté de l'Etat", il avait été interpellé lundi mais un juge l'avait remis en liberté dès mardi.
Le soir même, après avoir été enlevé par des éléments de la garde républicaine selon Ali Idrissa, il avait été incarcéré à Koutoukalé puis emmené à la police, où il avait passé la nuit.
Son avocat, Me Marc Lebihan, avait annoncé mercredi que de nouvelles poursuites avaient été engagées contre M. Amadou. L'avocat a dénoncé "un harcèlement judiciaire".
Le résultat du référendum doit encore être validé par la Cour constitutionnelle. Mamadou Tandja devra ensuite promulguer la nouvelle Constitution qui renforce ses pouvoirs.
mercredi 5 août 2009
Une charte pour la réélection de Laurent Koudou Gbagbo

Nous, Ivoiriens de toutes origines, de toutes confessions religieuses, de tous partis politiques, de la société civile, réunis en colloque les 29,30 et 31 juillet 2009 à la Fondation Félix Houphouet Boigny à Yamoussoukro, à l’initiative du CAP-Unir pour la Réélection de Laurent Gbagbo en abrégé CAP-UR-LG pour réfléchir sur les fondements du soutien républicain au candidat Laurent Gbagbo aux prochaines élections présidentielles, Résolus ; à sortir définitivement la Côte d’Ivoire de la crise politico-militaire qui dure depuis 7 ans ; à préserver les générations futures des affres de la guerre ; à faire de la Côte d’Ivoire une nation véritablement souveraine ; à hisser la Côte d’Ivoire au rang des pays développés ; à créer les conditions favorables à la justice et à la paix sociale ; à participer à la création et à la consolidation d’un Etat de droit en Côte d’Ivoire ; à faire du dialogue direct un nouveau mode de règlement des différends politiques ; à vivre en paix les uns avec les autres dans un esprit de tolérance et de fraternité ;
Ayant constaté que :
1- Sur le plan politique :
L’œuvre du Président Laurent Gbagbo, s’est particulièrement illustrée à travers son génie politique se traduisant par son sens élevé d’ouverture qui l’a conduit à intégrer au sein de ses gouvernements successifs des citoyens Ivoiriens issus de divers partis politiques, de l’ex rébellion et de la société civile ; son sens élevé de l’Etat et de la démocratie qui lui ont permis d’offrir un dialogue direct dans le cadre du règlement du conflit politico militaire ; ses qualités inégalées de rassembleur courageux, de leader intègre et patriote qui font de lui un combattant pour une Côte d’Ivoire véritablement libre, indépendante et souveraine
2- Sur le plan économique et financier :
Le Président Laurent Gbagbo a mené une politique de redynamisation
de l’économie dont les résultats prévisionnels indiquent un taux de
croissance de 3,8% à fin 2009, grâce notamment
- aux mesures d’allègement fiscal et d’assainissement des états
financiers des entreprises (réduction de la TVA de 10%, exonération du
BIC pendant trois ans pour les entreprises en difficultés etc.) ;
- à la politique de décentralisation, véritable outil de développement ;
- à la poursuite des reformes dans la filière agro-industrielle ;
- à la réforme du cadre institutionnel, législatif et réglementaire du secteur des hydro-carbures ;
- à l’électrification rurale ;
- à la reprise de relation avec les partenaires au développement ;
- à l’admission au point de décision de l’initiative PPTE ;
- au développement du secteur des Nouvelles Technologies de l’Informations et de la Communication (NTIC) ;
- au renforcement de la coopération économique sous-régionale se
traduisant notamment par : la Création d’un fonds de développement pour
les pays de la Communauté Economiques des Etats de l’Afrique de l’Ouest
(CEDEAO) ;
- l’interconnexion des réserves de gaz naturel des pays ouest-africains (adhésion future au projet de gazoduc ouest africain) ;
- à la mise en œuvre effective du transfert de la capitale à Yamoussoukro ;
- aux réformes institutionnelles du secteur bancaire et des assurances (Code CIMA) ;
- l’interconnexion des réseaux électriques des pays ouest-africains ;
- la relance de grands investissements d’infrastructures économiques
(prolongement de l’autoroute du Nord, construction du barrage
hydro-électrique de Soubré, Pont de Jacqueville, extension du Port
Autonome d’Abidjan, construction des pipeline multi-produits
Abidjan-Yamoussoukro-Bouaké, etc ;
- la mise en place des autorités pour le développement des zones Nord, Ouest et Nord-Ouest ;
- la renaissance du Conseil de l’Entente.
Par ailleurs, la cette dynamique politique et financière a permis à la Côte d’Ivoire de maintenir sa place de leader au sein de l’UEMOA malgré la crise.
3- Sur le plan diplomatique :
Le Président Laurent Gbagbo a donné un élan nouveau aux relations internationales, contribuant ainsi à asseoir un nouveau mode de règlement des conflits inter-Etats s’appuyant sur la primauté accordée aux organisations sous régionales et régionales, avec, si nécessaire, l’assistance d’autres organismes internationaux dont l’Organisation des Nations Unies (ONU) ; à rompre l’isolement de la Côte d’Ivoire, qui, malgré la crise, est demeurée dans le concert des Nations ; à renforcer ses liens avec les pays arabes grâce à l’ouverture d’un consulat général de Côte d’Ivoire à Djeddah, Arabie Saoudite, ce qui facilite aux pèlerins ivoiriens l’accomplissement du hadj ; à la prise en compte des ivoiriens de la diaspora concrétisée par la création d’un département des ivoiriens de l’étranger au sein du Ministère des Affaires Etrangères ; à la création d’une banque des pays du sud dont le siège est à Yamoussoukro ; à permettre à la Côte d’Ivoire de redevenir une destination privilégiée des rencontres et réunions internationales.
4- Sur le plan socio- culturel:
La politique du Président Laurent Gbagbo, inspirée du socialisme, s’est caractérisée par :
- la gratuité de l’école ;
- la revalorisation au bénéfice des couches socioprofessionnelles et le
rétablissement de l’équité salariale au profit des enseignants ;
- le recrutement de 1000 médecins au chômage et d’enseignants bénévoles dans les zones CNO ;
- la dotation des centres de santé de référence en plusieurs équipements de haute technologie ;
- la création d’un Ministère de la lutte contre le VIH-SIDA qui a permis la baisse du taux de prévalence nationale ;
- le développement de projets et programmes de promotion de la micro-finance et l’entreprenariat ;
- l’appui personnel au développement des sports en Côte d’Ivoire ;
- la valorisation des artistes ;
- l’intérêt marqué pour le rôle bénéfique des structures religieuses ;
- l’engagement pour la liberté de la presse ;
- la promotion de la bonne gouvernance à travers la moralisation de la vie publique ;
La politique du Président Laurent Gbagbo est caractérisée par :
- la solidarité et le sens du partage ;
- l’instauration de la prime de risque en faveur de tous les corps habillés ;
- la valorisation, la promotion et la sauvegarde du patrimoine moral, culturel, immatériel et oral de la Côte d’Ivoire ;
- l’implication personnelle du Président Laurent Gbagbo dans le développement du sport à travers la para-fiscalité ;
- la promotion du genre ;
- la création du Ministère de la Réconciliation Nationale pour la gestion des conflits ;
- l’expérimentation de l’Assurance Maladie Universelle dite AMU ;
- la suppression de la carte de séjour pour mieux contrôler le flux migratoire.
Avons décidé :
• de soutenir, lors de la présidentielle 2009, le candidat Laurent
GBAGBO, l’homme qu’il faut pour une Côte d’Ivoire libre, indépendante
et souveraine ;
• d’unir nos forces, nos intelligences et nos idées pour atteindre
notre objectif qui demeure la victoire de Laurent Gbagbo à l’élection
présidentielle de 2009.
Chapitre 1 : Des objectifs et des priorités
Article 1: Rassembler tous les ivoiriens soucieux de voir bâtir une nation souveraine, démocratique et indépendante à court, moyen et long terme. A court terme, obtenir l’élection au premier tour du scrutin du candidat Laurent Gbagbo. A moyen terme, construire une assemblée nationale républicaine. A long terme, promouvoir une conscience citoyenne, intègre, éprise de justice et de paix pour bâtir une Côte d’Ivoire prospère et solidaire.
Article 2: Les signataires de la présente charte, dans la
poursuite des buts énoncés l’article premier doivent agir conformément
aux principes suivants :
- Développer des relations harmonieuses entre les signataires de la
charte et tous les mouvements de soutien au candidat Laurent Gbagbo
ainsi que les partis politiques dont le Fpi, et les forces politiques;
- Respecter et faire respecter une certaine éthique telle que,
l’intégrité, le sens de l’effort et du travail en dénonçant l’injustice
et la corruption ;
- Contribuer à la campagne du candidat Laurent Gbagbo, soit
matériellement, financièrement, soit par la recherche de fonds
extérieurs ou tout simplement par une formation citoyenne ;
- Créer un observatoire pour faire le suivi-évaluation des actions des
signataires de la présente charte liés par une contrainte morale à agir
conformément aux principes tels qu’énoncés à l’article premier ;
- Manifester un soutien ferme et public au candidat Laurent Gbagbo;
- Faire de la charte un instrument fédérateur de la campagne du candidat Laurent Gbagbo ;
Chapitre 2 : Des membres
Article 3: Sont membres de la présente charte, toute personne morale ou physique, signataire sans distinction de son appartenance politique, religieuse, ethnique. Peuvent devenir membres tous autres signataires qui acceptent les obligations de la présente charte.
Article 4: tout signataire de la présente charte n’est pas membre du CAP-UR-LG, à contrario, tout membre du CAP-UR-LG est signataire de la présente charte.
Chapitre 3 : Des règlements pacifiques des différends
Article 5 : tout différend susceptible de menacer la cohésion entre signataires, de la présente charte doit faire l’objet d’un règlement pacifique. D’abord entre les membres signataires ; et si le différend persiste, il sera porté devant le candidat Laurent Gbagbo pour arbitrage ou une personnalité qu’il aura désigné à cette fin.
Chapitre 4 : Du pouvoir de la charte entre les parties.
Article 6: la présente charte s’impose et s’oppose à tout signataire.
Article 7: tout manquement à l’esprit et à la lettre de la présente charte expose son auteur à des sanctions.
Chapitre 5 : Dispositions diverses
Article 8: la présente charte doit être divulguée partout où besoin sera ; à travers la presse écrite ; à travers l’internet ; par voie audio visuelle ; par voie de conférences publiques (meeting, etc.) ; par tous autres moyens.
Article 9 : toute action pertinente sur le plan politique, sur le plan économique et financier, sur le plan diplomatique et sur le plan socio- culturel du candidat Laurent Gbagbo, peut faire l’objet d’un enrichissement de la présente charte.
Fait à Yamoussoukro, le 31/07/ 2009
Le Colloque
mardi 28 juillet 2009
l'Emminent Professeur OBENGA, disciple de Cheick Anta DIOP est passé à la Caisse de SASSOU NGUESSOU
Le professeur Théophile Obenga a-t-il pété les plombs ?
Dans sa livraison du 05 mai 2009, la Semaine Africaine, un des plus anciens hebdomadaires d’Afrique, étalait un portrait pour le moins étrange de l’homme fort du Congo signé, tenez vous bien, par un des disciples les plus en vue de Cheikh Anta Diop, le Professeur Théophile Obenga. Le Président Denis Sassou Nguesso : un nouvel épithalame pour le Congo. C’est le titre de ce billet qui se voulait un hommage à l’homme et à l’action du dictateur président. C’est peut être le plus pharaonique, dithyrambique des portraits jamais conçu dans les colonnes d’un journal du Continent en l’honneur d’un dictateur au pouvoir, par une des figures majeures de l’afro-conscience. Le conférencier de la « conscience noire » le plus écouté des salles parisiennes est-il devenu fou ? Comment expliquer un tel revirement de la part d’un homme qui jusqu’à présent n’a cessé de prêcher la Maât, un concept très prisé par les afrocentristes, qui n’est autre que le principe de l’équilibre du monde, de l’équité, de la paix, de la vérité et de la justice ? A mille lieux donc du modèle président de notre Professeur ?
Alors qu’une magistrate française, Françoise Desset, vient de juger recevable une plainte de l’Organisation non gouvernementale Transparency International France, en ordonnant une information judiciaire sur les propriétés, comptes bancaires et limousines détenus par Omar Bongo (Gabon), Denis Sassou Nguesso (Congo), Teodoro Obiang (Guinée équatoriale) et leurs proches, le plus respecté des pèlerins de la conscience noire vient subitement de se détourner du chemin qui l’a lui-même balisé en trente ans de carrière pour les jeunes générations. L’afrocentriste serait-il devenu un « affreux centriste » de la cause des présidents dictateurs ? L’éclaireur de conscience a-t-il définitivement éteint sa bougie de réhabilitation de l’homme noir ? En tout cas, l’hagiographie, qu’il vient de pondre pour Denis Nguesso dans la feuille de chou brazzavilloise, demeurera dans les annales du « reniement de soi », un modèle affligeant de conte-vérité. Son feu compagnon de route, l’éminent Cheikh Anta Diop doit aujourd’hui se retourner dans sa tombe. Au grand dam de tous ceux qui ont cru à la bonne parole du professeur, celui là même qui écrivait récemment dans une contre-offensive antisarkozienne dans l’Afrique répond à Sarkozy, ces mots d’un réalisme visionnaire : « Quand un peuple, une nation, un Etat perd partiellement ou totalement sa mémoire culturelle, son sens historique, la conscience de sa civilisation, alors il perd, non moins dramatiquement, le sens du devoir dans l’histoire de l’humanité ». (…) L’espoir africain ne peut provenir que des Africains eux-mêmes, de leur sueur, de leur travail. Cet espoir africain confère le sens du devoir, lequel augmente le sens de responsabilité au vu des intérêts africains majeurs, vitaux. Il n’y a pas de civilisation sans devoir ni responsabilité ». Comble de l’ironie, sa muse de président est celui là même qui a érigé au cœur de la capitale de la France libre pendant l’occupation un somptueux monument de 10 milliards de FCFA (15 millions d’euros) à la gloire du colon Savorgnan de Brazza. Avec ce dithyrambe, on saisit peut être mieux les explications du phénomène colonial du Professeur.
Quelle mouche tsé tsé a donc piqué le docteur en linguistique ? Est-ce un retour aux sources tribales, à cette cuvette congolaise d’où il vient, qui le conduit à se comporter de la sorte ? Les liens tribaux sont-ils plus forts que la Maât ? Il est vrai qu’Obenga est mbochi comme son président, tous les deux sont issus des régions du Nord du Congo-Brazzaville, cette proximité tribale peut-elle expliquer ce revirement qui s’apparente à un véritable coup de Jarnac ? En tout cas, sa plume n’y est pas allée de main morte comparant l’actuel dignitaire à un « twéré » comme il l’explique lui-même « un mot de l’idiome mbochi qui signifie tout à la fois sage, pondéré, attentif, méticuleux, réfléchi, serein et endurant ». Après avoir savamment annoncé la couleur de son épithalame à la gloire du dictateur, le professeur enfonce le clou dans ce panégyrique digne du temps de Mobotu : « sa personnalité (en parlant de Sassou) est aussi faite de méthode rigoureuse, de détermination sinon de volontarisme. Il apparaît froid sévère, imperturbable et même imperméable. Cependant l’homme est profondément sensible, plein de compassion, généreux, affable, tendre et affectueux. Il sait pardonner, récompenser ou sanctionner avec clairvoyance et justice. Il relativise le mal qu’on lui fait, car il s’estime responsable numéro un du pays, et il ne doit que faire prévaloir l’intérêt général. (…)Comprenons. Quand la dite « bêtise humaine » manifeste « becs et crocs » avec une aveugle intransigeance, Sassou Nguesso, lui montre au contraire, au grand jour, l’ « intelligence humaine. (…) La position du twéré est historiquement la meilleure et la seule avantageuse pour le Congo ». Mais ce numéro de courtisan de l’intellectuel afrocentriste à la cour du dictateur ne s’arrête pas là.
Après l’avoir érigé en modèle de la Maât, il le pare ensuite d’oripeaux de sauveur en pleine crise économique à l’approche du scrutin présidentiel de juillet dont on sait d’avance que les dés sont pipés : « Les êtres humains vivent leur vie. La paix, la confiance en soi- ce que les philosophes appellent la « certitude de soi » et l’espoir sont des valeurs qui ne passent pas. Elles amènent le changement, mais elles ne s’altèrent point. Pour juillet 2009, tous les candidats à ce qu’il me semble sont, expérimentés, valables, dévoués, compétents et patriotes. Mais il y a ersatz et ersatz. Ainsi toute élection surtout une élection présidentielle requiert pondération, jugement et choix motivé. La ré-élection du Président Denis sassou Nguesso surtout en ces temps durs dans le monde entier serait encore le meilleur choix. Un magnifique nouvel épithalame pour le Congo ». Le tout emballé dans un discours sophiste, ronflant de termes savants pour le commun des mortels. A l’en croire, Sassou c’est presque la manifestation du divin au Congo. Il y a de quoi suffoquer d’indignation au regard des trois millions et demi de congolais plongés dans le chaos indicible de la prédation des richesses nationales au profit d’un clan, d’une famille dont le train de vie dans les capitales occidentales laisse coi.
Il est vrai qu’en regardant le parcours, du modèle-président de notre Professeur, après 25 années passées à la tête du Congo (1979 à 2009, en excluant l’intermède de 5 ans de Lissouba de 1992 à 1997)), le sens du devoir et de responsabilité a été amplement au rendez-vous. Avec un taux de chômage des jeunes avoisinant les 80 %, presque tous les diplômés sortant du système scolaire congolais sont de chômeurs déguisés (occupant une activité informelle de survie, de débrouillardise) : ils sont chauffeurs de taxi, mécaniciens, dockers, crieurs de foula foula, vendeurs de babioles, parfois pasteurs dans les nouvelles églises. Alors que la capitale Brazzavilloise est l’une des mieux loties en Afrique en cours d’eau et sources, l’eau courante est quasiment un produit rare voire de luxe. Les congolais ne se lavent qu’à raison de deux jours par semaine dans un pays où les températures avoisinent les 40° C. Il serait trop long d’égrener cette liste de petites choses que recommande le bon sens avant d’évoquer celui du devoir ou de la responsabilité.
C.N. NGANGA Source http://identitenegre.blogspot.com
Eteki Otabela écrit au peuple de France
La raison
démocratique a besoin d’un coup de cœur.
Depuis l’arrivée du président Paul Biya en France cette semaine, des Camerounais lui ont réservé un accueil décrit comme d’habitude de façon dithyrambique. Mais d’autres Camerounais –même s’ils n’ont été eux que des dizaines comme disent vos médias, ont eu le courage de l’interpeller sur la situation de son pays et même, d’écrire à la Première Dame de France, comme l’on dit, pour qu’elle intervienne pour sortir un artiste Camerounais de prison. Et les autres, tous ceux qui croupissent dans les conditions épouvantables des « camps de concentration » qui nous tiennent lieu de prisons ? Pour avoir publié ma thèse sur ces camps de concentration en 2001, la bibliothèque du Collège interarmées de la défense du gouvernement français, a classé ce livre dans la rubrique Afrique Guerre ! Le seul livre à ma connaissance qui ait jamais été une déclaration de guerre c’est le tristement célèbre Mein Kampf… Alors je me pose souvent la question, dans la situation où se trouvent aujourd’hui la plupart des pays africains : qui fait la guerre à qui ?
Françaises, Français de bonne volonté,
Il semble que c’est Guillaume d’ Orange qui disait, « Rien ne sert d’espérer pour entreprendre… ». Si je vous écris cette lettre ce matin, c’est dans l’urgence. Urgence avant que le Président Paul Biya, en visite officiel chez vous depuis quelques jours, ne quitte votre pays pour retourner au Cameroun. Le Peuple camerounais, comme bien d’autres peuples du Continent africain, est désespéré. C’est vrai. Depuis près de 50 ans, ce peuple dont vous ne connaissez certainement pas l’histoire douloureuse pour sortir de la colonisation, ce peuple a tout essayé. Interventions à la tribune des Nations Unies dans les années cinquante, lutte armée malgré lui (jusque dans les années 60), guerre civile : une partie de ce peuple parle aujourd’hui d’un génocide qui serait classé secret d’Etat par la France. Mais comme toute réponse, il n’a eu droit qu’au totalitarisme (imposé à coup de parti unique, de polices politiques et de président – égocrate ; et enfin, une « démocratie apaisée (!) », avec son lot de mascarades électorales.
Une agence internationale nous a attribué la palme d’or de corruption pendant deux années successives ! Donc je ne vais pas m’étendre sur la situation économique et sociale du Cameroun que vos dirigeants connaissent mieux que nous. Disons pour aller vite : pays scandaleusement riche mais avec aujourd’hui une situation sociale explosive. Parce qu’une infime partie de notre peuple a confisqué- avec le soutien de vos dirigeants !- ces richesses en maintenant la grande majorité de notre population dans la misère totale. A l’heure où je vous écris cette lettre, j’ai devant ma porte, dans ce qui passait pour un quartier résidentiel avant, des compatriotes installés pour vendre des beignets et de la bouillie aux enfants qui ont encore la chance (!) d’aller à l’école. Ils sont des milliers de privilégiés à avoir fait des études dans vos écoles et prestigieuses universités et qui dorment à la maison toute la journée parce qu’il n’y a rien à faire ! Vous savez aussi qu’en février 2008, le Pouvoir de Paul Biya en a tué 139 selon les ONG, juste parce qu’ils sont descendus dans la rue –comme toute les jeunesses du monde –pour dire leur oppression. Depuis ces « émeutes de la faim », ce Pouvoir refuse toute idée de commission d’enquête sur ces crimes.
Française, Français, avez-vous du cœur ?
« Mais l’on sait bien qu’un tel état d’esprit n’est pas que de raison, et qu’il ne suffit pas d’informer sur le caractère inacceptable de la politique franco-africaine pour que tous ceux auxquels cette information advient se dressent et la fassent chuter. Chacun, y compris parmi les plus concernés, pressent que de savoir vraiment l’intolérable pourrait contraindre moralement à agir : pour éviter de subir pareille contrainte, beaucoup s’arrangent pour éviter de savoir, ou maintiennent le savoir dans le flou- ce qui leur ménagera des excuses (« Nous ne savions pas… »). Accepter de quitter ses œillères suppose de ne pas s’interdire d’avance les réactions que le savoir pourra susciter. L’information n’arrivera donc que si, la transmettant, l’on s’efforce de solliciter aussi le « cœur »- qui comprend aussi bien le besoin de dignité que de compassion, la générosité, la fraternité… » Ce sont des citoyens français qui nous ont suggéré ce propos. Pour ces citoyens français, cela implique de coaliser suffisamment de citoyens avertis, convaincus de la nécessité d’agir. Dans leur esprit, ces citoyens se rencontrent aussi bien en France qu’en Afrique : c’est leur intérêt commun de remplacer l’actuel françafrique par des relations contractuelles, au bénéfice du plus grand nombre. Si ces citoyens reçoivent un coup de main d’en haut (des occupants des palais officiels), tant mieux. Mais il est préférable de ne point trop l’escompter. Les Africains ont-ils les mêmes droits que les autres humains ? Quand est-ce que, la France, la communauté internationale nous reconnaîtront réellement ces droits ? Continuer à soutenir un régime totalitaire comme celui de Biya, c’est cultiver un sentiment anti-français qui laisse penser qu’il y a désamour entre nos deux peuples ce qui ne peut qu’aboutir aux dérapages incontrôlables comme cela s’est passé en Côte D’ Ivoire…
Françaises Français, gardez nous Paul Biya
C’est au nom de ces patriotes que je viens aujourd’hui demander au Peuple français de trouver un moyen de garder le président Paul Biya en France. De ne plus attendre qu’il soit évacué sanitaire comme ce fut le cas dernièrement pour le président du Gabon. Même quand, avec beaucoup de doigté, François Mitterrand a fait partir le premier président du Cameroun, cela nous a tout de même coûté des vies humaines. Nous ne voulons plus que nos présidents qui se sont installés au pouvoir à vie, ne reviennent dans leur pays que les pieds en avant. Vous savez bien que leurs peuples ne veulent plus d’eux : que faut-il que le peuple camerounais fasse aujourd’hui pour faire entendre cette vérité au peuple français ? Nous ne voulons plus de Paul Biya comme président ! Comment faut-il que notre peuple le dise ? Organisé un sondage, même en France : vous serez étonné du résultat ! Quand il a fallu libérer la France du nazisme est-ce que l’on a demandé leur avis à nos parents ? Le Président Sarkozy se souvient-il de la promesse faite pendant sa campagne électorale ? Nous demandons au peuple français d’exiger cette rupture d’avec la France-Afrique. Notre peuple martyrisé attend beaucoup de cette promesse.
Libérez-nous de Mr. Biya et vous verrez que non seulement vos intérêts seront mieux défendus, mais notre peuple aussi y trouvera son compte et vous en sera même reconnaissant. C’est trop facile de nous répondre que c’est une affaire qui concerne les Camerounais et les Camerounaises quand la France a permis, (et entretenu ce régime) de confisquer tout un pays depuis un demi-siècle: je sors d’un colloque à l’Université de Yaoundé I, organisé depuis deux ou trois mois par des professeurs dont certains venus de l’étranger ( !) pour célébrer probablement un des penseurs que notre pays ait jamais produit, Fabien Eboussi Boulaga. Eh bien savez-vous ce qui s’est passé ? L’Université du Cameroun s’est organisée pour empêcher ce qui devait être un événement en confisquant l’amphithéâtre qui devait héberger le Colloque (le premier jour seulement, nous a-t-on expliqués !), et les étudiants…
Nous, nous avons l’habitude de ces stratégies du
régime qui consistent à faire croire qu’il
n’y a rien en face du Pouvoir ! Alors je veux juste profiter de
l’opportunité que le ciel lui-même nous donne que le président Biya soit venu
tranquillement chez vous avec une partie de ses gens, a été reçu comme vous
avez pu… pour supplier le Peuple français au nom du Peuple camerounais de le
garder un peu chez vous , le temps que nous puissions nous organiser
tranquillement pour remettre notre pays sur la voie d’un processus de démocratisation
véritable. Les mauvaises langues disent ici, qu’il est venu de lui-même se
constituer prisonnier…en France.
Je fais confiance au génie de la patrie de la Révolution
et des droits humains que vous trouverez un moyen honorable de retarder son
retour parmi nous.
Marie Louise
Eteki-Otabela, Féministe et chercheure en sciences politique (PH.D. Uqam, 96)
A Douala, le 25 Juillet 2009
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Marie Louise Eteki-Otabela est :
- Membre fondateur du Front des Forces Alternatives, coalition de 11 partis politiques et leurs associations qui veulent changer le régime politique au Cameroun depuis 2003 ;
- Porte parole du Comité National d’ Action civique
depuis 1999, Cinquante responsables d’associations camerounaises qui veulent sauver le Cameroun
- Initiatrice du CRI des femmes Camerounaises en 2003, mouvement qui voulait 100 femmes au Parlement aux élections législatives et municipales de 2007 ; l’Assemblée nationale du Cameroun compte 180 députés dont 19 femmes !
- Présidente de la Coordination des Forces Alternatives, (la CFA) parti politique féministe légalisé depuis 1997 pour la libération du Peuple camerounais
- Epouse de René Eteki depuis 1968, mère de trois enfants et grand-mère de six petits enfants
Adresse : mle_otabela@hotmail.com ancien Blog : http://mle.blogspirit.com
lundi 27 juillet 2009
Samir Amin à propos de la crise finacière mondiale: "Marx n’a jamais été aussi utile"
La crise économique mondiale est une crise du capitalisme. Ce n’est pas la première, bien sûr, mais pour l’économiste Samir Amin, elle pourrait être l’occasion de remettre en cause les fondements-même du capitalisme. Pour sortir, non pas de la crise du capitalisme, mais du capitalisme en crise.
Samir Amin est un éminent professeur d’économie politique du développement. Il est le directeur du Forum du Tiers-Monde. Samir Amin enseigne l’économie à l’Université de Poitiers, Paris et Dakar.
Il a beaucoup publié sur le droit, la société civile, le socialisme, le colonialisme et le développement, particulièrement en Afrique et dans le monde arabe et islamique. Parmi ses nombreuses publications figurent Eurocentrisme (1988), L’empire du chaos (1991) et Au-delà du capitalisme (1998).
LE CAPITALISME , UNE PARENTHESE DANS L’HISTOIRE
Le principe de l’accumulation sans fin qui définit le capitalisme est synonyme de croissance exponentielle, et celle-ci, comme le cancer, conduit à la mort. Stuart Mill, qui l’avait compris, imaginait qu’un « état stationnaire » mettrait un terme à ce processus irrationnel. Keynes partageait cet optimisme de la Raison. Mais ni l’un ni l’autre n’était équipé pour comprendre comment le dépassement nécessaire du capitalisme pourrait s’imposer. Marx, en donnant toute sa place à la nouvelle lutte des classes, pouvait par contre imaginer le renversement du pouvoir de la classe capitaliste, concentré aujourd’hui dans les mains de l’oligarchie.
L’accumulation, synonyme également de paupérisation, dessine le cadre objectif des luttes contre le capitalisme. Mais celle-ci s’exprime principalement par le contraste grandissant entre l’opulence des sociétés du centre, bénéficiaires de la rente impérialiste et la misère de celles des périphéries dominées. Ce conflit devient de ce fait l’axe central de l’alternative « socialisme ou barbarie ».
Le capitalisme historique « réellement existant » est associé à des formes successives d’accumulation par dépossession, non pas seulement à l’origine (« l’accumulation primitive ») mais à toutes les étapes de son déploiement.
Une fois constitué, ce capitalisme « atlantique » est parti à la conquête du monde et l’a refaçonné sur la base de la permanence de la dépossession des régions conquises, devenant de ce fait les périphéries dominées du système.
Cette mondialisation « victorieuse » a prouvé être incapable de s’imposer d’une manière durable.
Un demi siècle à peine après son triomphe, qui pouvait déjà paraître inaugurer la « fin de l’histoire », elle était déjà remise en cause par la révolution de la semi périphérie russe et les luttes (victorieuses) de libération de l’Asie et de l’Afrique qui ont fait l’histoire du XXème siècle – la première vague de luttes pour l’émancipation des travailleurs et des peuples.
L’accumulation par dépossession se poursuit sous nos yeux dans le capitalisme tardif des oligopoles contemporains. Dans les centres la rente de monopole dont bénéficient les ploutocraties oligopolistiques est synonyme de dépossession de l’ensemble de la base productive de la société. Dans les périphéries cette dépossession paupérisante se manifeste par l’expropriation des paysanneries et par le pillage des ressources naturelles des régions concernées. L’une et l’autre de ces pratiques constituent les piliers essentiels des stratégies d’expansion du capitalisme tardif des oligopoles.
Dans cet esprit, je place la « nouvelle question agraire » au cœur du défi pour le XXIème siècle. La dépossession des paysanneries (d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine) constitue la forme majeure contemporaine de la tendance à la paupérisation (au sens que Marx donne à cette « loi ») associée à l’accumulation. Sa mise en œuvre est indissociable des stratégies de captation de la rente impérialiste par les oligopoles, avec ou sans agro-carburants.
J’en déduis que le développement des luttes sur ce terrain, les réponses qui seront données à travers elles à l’avenir des sociétés paysannes du Sud (presque la moitié de l’humanité) commanderont largement la capacité ou non des travailleurs et des peuples à produire des avancées sur la route de la construction d’une civilisation authentique, libérée de la domination du capital, pour laquelle je ne vois pas d’autre nom que celui du socialisme.
Le pillage des ressources naturelles du Sud qu’exige la poursuite du modèle de consommation gaspilleuse au bénéfice exclusif des sociétés opulentes du Nord annihile toute perspective de développement digne de ce nom pour les peuples concernés et constitue de ce fait l’autre face de la paupérisation à l’échelle mondiale.
Dans cet esprit la « crise de l’énergie » n’est pas le produit de la raréfaction de certaines des ressources nécessaires à sa production (le pétrole bien entendu), ni davantage le produit des effets destructeurs des formes énergétivores de production et de consommation en vigueur. Cette description – correcte – ne va pas au-delà des évidences banales et immédiates. Cette crise est le produit de la volonté des oligopoles de l’impérialisme collectif de s’assurer le monopole de l’accès aux ressources naturelles de la planète, que celles-ci soient rares ou pas, de manière à s’approprier la rente impérialiste, quand bien même l’utilisation de ces ressources demeurerait ce qu’elle est (gaspilleuse, énergétivore) ou serait soumise à des politiques « écologistes » correctives nouvelles.
J’en déduis également que la poursuite de la stratégie d’expansion du capitalisme tardif des oligopoles se heurtera nécessairement à la résistance grandissante des nations du Sud.
D’UNE LONGUE CRISE A L’AUTRE
La crise actuelle n’est donc ni une crise financière, ni la somme de crises systémiques multiples, mais la crise du capitalisme impérialiste des oligopoles, dont le pouvoir exclusif et suprême risque d’être remis en question, cette fois encore, à la fois par les luttes de l’ensemble des classes populaires et par celles des peuples et nations des périphéries dominées, fussent elles en apparence « émergentes ».
Elle est simultanément une crise de l’hégémonie des Etats-Unis. Capitalisme des oligopoles, pouvoir politique des oligarchies, mondialisation barbare, financiarisation, hégémonie des Etats-Unis, militarisation de la gestion de la mondialisation au service des oligopoles, déclin de la démocratie, pillage des ressources de la planète, abandon de la perspective du développement du Sud sont indissociables.
Le vrai défi est donc le suivant : ces luttes parviendront-elles à converger pour ouvrir la voie – ou des voies – sur la longue route à la transition au socialisme mondial ?
Ou demeureront-elles séparées les unes des autres, voire entreront-elles en conflit les unes contre les autres, et de ce fait, inefficaces, laissant l’initiative au capital des oligopoles ?
Il est bon de revenir sur la première longue crise du capitalisme, qui a façonné le XXème siècle, tant le parallèle entre les étapes du développement de ces deux crises est saisissant.
Le capitalisme industriel triomphant du XIXème siècle entre en crise à partir de 1873. Les taux de profits s’effondrent, pour les raisons mises en évidence par Marx. Le capital réagit par un double mouvement de concentration et d’expansion mondialisée. Les nouveaux monopoles confisquent à leur profit une rente prélevée sur la masse de la plus-value générée par l’exploitation du travail. Ils accélèrent la conquête coloniale de la planète. Ces transformations structurelles permettent un nouvel envol des profits. Elles ouvrent la « belle époque » - de 1890 à 1914 – qui est celle d’une domination mondialisée du capital des monopoles financiarisés. Les discours dominants de l’époque font l’éloge de la colonisation (la « mission civilisatrice »), qualifient la mondialisation de synonyme de paix, et la social-démocratie ouvrière européenne se rallie à ce discours.
Pourtant la « belle époque », annoncée comme la « fin de l’histoire » par les idéologues en vue de l’époque, se termine par la guerre mondiale, comme seul Lénine l’avait vu. Et la période qui suit pour se poursuivre jusqu’aux lendemains de la seconde guerre mondiale sera celle de « guerres et révolutions ». En 1920, la révolution russe (le « maillon faible » du système) ayant été isolée, après la défaite des espoirs de révolution en Europe centrale, le capital des monopoles financiarisés restaure contre vents et marées le système de la « belle époque ». Une restauration, dénoncée par Keynes à l’époque, qui est à l’origine de l’effondrement financier de 1929 et de la dépression qu’elle va entraîner jusqu’à la seconde guerre mondiale.
Le « long XXème siècle » - 1873/1990 – est donc à la fois celui du déploiement de la première crise systémique profonde du capitalisme vieillissant ( au point que Lénine pense que ce capitalisme des monopoles constitue la « phase suprême du capitalisme »), et celui d’une première vague triomphante de révolutions anti-capitalistes (Russie, Chine) et de mouvements anti-impérialistes des peuples d’Asie et d’Afrique.
La seconde crise systémique du capitalisme s’ouvre en 1971, avec l’abandon de la convertibilité or du dollar, presqu’exactement un siècle après le début de la première.
Les taux de profit, d’investissement, et de croissance s’effondrent (ils ne retrouveront jamais depuis les niveaux qui avaient été les leurs de 1945 à 1975). Le capital répond au défi comme dans la crise précédente par un double mouvement de concentration et de mondialisation. Il met ainsi en place des structures qui définiront la seconde « belle époque » (1990/2008) de mondialisation financiarisée permettant aux groupes oligopolistiques de prélever leur rente de monopole.
Mêmes discours d’accompagnement : le « marché » garantit la prospérité, la démocratie et la paix ; c’est la « fin de l’histoire ». Mêmes ralliements des socialistes européens au nouveau libéralisme.
Et pourtant cette nouvelle « belle époque » s’est accompagnée dès le début par la guerre, celle du Nord contre le Sud, amorcée dés 1990. Et tout comme la première mondialisation financiarisée avait donné 1929, la seconde a produit 2008. Nous sommes parvenus aujourd’hui à ce moment crucial qui annonce la probabilité d’une nouvelle vague de « guerres et révolutions ». D’autant que les pouvoirs en place n’envisagent rien d’autre que la restauration du système tel qu’il était avant son effondrement financier.
L’analogie entre les développements de ces deux crises systémiques longues du capitalisme vieillissant est frappante. Il y a néanmoins des différences dont la portée politique est importante.
SORTIR DE LA CRISE DU CAPITALISME OU SORTIR DU CAPITALISME EN CRISE ?
Derrière la crise financière, la crise systémique du capitalisme des oligopoles.
Le capitalisme contemporain est d’abord et avant tout un capitalisme d’oligopoles au sens plein du terme (ce qu’il n’était qu’en partie jusqu’ici). J’entends par là que les oligopoles commandent seuls la reproduction du système productif dans son ensemble. Ils sont « financiarisés » dans le sens qu’eux seuls ont accès au marché des capitaux. Cette financiarisation donne au marché monétaire et financier – leur marché, celui sur lequel ils se concurrencent entre eux – le statut de marché dominant, qui façonne et commande à son tour les marchés du travail et d’échange de produits.
Cette financiarisation mondialisée s’exprime par une transformation de la classe bourgeoise dirigeante, devenue ploutocratie rentière. Les oligarques ne sont pas russes seulement, comme on le dit trop souvent, mais bien davantage étatsuniens, européens et japonais. Le déclin de la démocratie est le produit inévitable de cette concentration du pouvoir au bénéfice exclusif des oligopoles.
La forme nouvelle de la mondialisation capitaliste, qui correspond à cette transformation, par opposition à celle qui caractérisait la première « belle époque », est elle également importante à préciser. Je l’ai exprimé dans une phrase : le passage de l’impérialisme conjugué au pluriel (celui des puissances impérialistes en conflit permanent entre elles) à l’impérialisme collectif de la triade (Etats-Unis, Europe, Japon).
Les monopoles qui émergent en réponse à la première crise du taux de profit se sont constitués sur des bases qui ont renforcé la violence de la concurrence entre les puissances impérialistes majeures de l’époque, et conduit au grand conflit armé amorcé en 1914 et poursuivi à travers la paix de Versailles puis la seconde guerre jusqu’en 1945. Ce que Arrighi, Frank, Wallerstein et moi même avons qualifié dés les années 1970 de « guerre de trente ans », terme repris depuis par d’autres.
Par contre la seconde vague de concentration oligopolistique, amorcée dans les années 1970, s’est constituée sur de toutes autres bases, dans le cadre d’un système que j’ai qualifié « d’impérialisme collectif » de la triade ( Etats-Unis, Europe et Japon). Dans cette nouvelle mondialisation impérialiste, la domination des centres ne s’exerce plus par le monopole de la production industrielle (comme c’était le cas jusqu’ici), mais par d’autres moyens (le contrôle des technologies, des marchés financiers, de l’accès aux ressources naturelles de la planète, de l’information et des communications, des armements de destruction massive). Ce système que j’ai qualifié « d’apartheid à l’échelle mondiale » implique la guerre permanente contre les Etats et les peuples des périphéries récalcitrantes, guerre amorcée dès 1990 par le déploiement du contrôle militaire de la planète par le Etats-Unis et leurs alliés subalternes de l’OTAN.
La financiarisation de ce système est indissociable, dans mon analyse, de son caractère oligopolistique affirmé. Il s’agit là d’une relation organique fondamentale. Ce point de vue n’est pas celui qui domine, non seulement dans la littérature volumineuse des économistes conventionnels, mais encore dans la plupart des écrits critiques concernant la crise en cours. C’est ce système dans son ensemble qui est désormais en difficulté.
Les faits sont déjà là : l’effondrement financier est déjà en passe de produire non pas une « récession » mais une véritable dépression profonde. Mais au-delà, d’autres dimensions de la crise du système ont émergé à la conscience publique avant même l’effondrement financier. On en connait les grands titres – crise énergétique, crise alimentaire, crise écologique, changements climatiques – et de nombreuses analyses de ces aspects des défis contemporains sont produites quotidiennement, dont quelques unes de la plus grande qualité..
Je reste néanmoins critique à l’endroit de ce mode de traitement de la crise systémique du capitalisme, qui isole trop les différentes dimensions du défi. Je redéfinis donc les « crises » diverses comme les facettes du même défi, celui du système de la mondialisation capitaliste contemporaine (libérale ou pas) fondé sur la ponction que la rente impérialiste opère à l’échelle mondiale, au profit de la ploutocratie des oligopoles de l’impérialisme collectif de la triade.
La vraie bataille se livre sur ce terrain décisif entre les oligopoles qui cherchent à produire et reproduire les conditions qui leur permettent de s’approprier la rente impérialiste et toutes leurs victimes – travailleurs de tous les pays du Nord et du Sud, peuples des périphéries dominées condamnées à renoncer à toute perspective de développement digne de ce nom.
Je proposais donc une conceptualisation des formes nouvelles de domination des centres impérialistes fondée sur l’affirmation de modes nouveaux de contrôle se substituant au monopole ancien de l’exclusive industrielle, ce que la montée des pays qualifiés depuis « d’émergents » a confirmé. Je qualifiais la nouvelle mondialisation en construction « d’aparheid à l’échelle mondiale », appelant la gestion militarisée de la planète, perpétuant dans des conditions nouvelles la polarisation indissociable de l’expansion du « capitalisme réellement existant ».
LA SECONDE VAGUE D’EMANCIPATION DES PEUPLES : UN "REMAKE" DU XXEME SIECLE OU MIEUX ?
Le monde contemporain est gouverné par des oligarchies. Oligarchies financières aux Etats-Unis, en Europe et au Japon, qui dominent non seulement la vie économique, mais tout autant la politique et la vie quotidienne. Oligarchies russes à leur image que l’Etat russe tente de contrôler. Statocratie en Chine. Autocraties (parfois cachées derrière quelques apparences d’une démocratie électorale « de basse intensité ») inscrites dans ce système mondial ailleurs dans le reste de la planète.
La gestion de la mondialisation contemporaine par ces oligarchies est en crise.
Les oligarchies du Nord comptent bien rester au pouvoir, le temps de la crise passé. Elles ne se sentent pas menacées. Par contre la fragilité des pouvoirs des autocraties du Sud est, elle, bien visible. La mondialisation en place est, de ce fait, fragile. Sera-t-elle remise en question par la révolte du Sud, comme ce fut le cas au siècle passé ? Probable. Mais triste. Car l’humanité ne s’engagera sur la voie du socialisme, seule alternative humaine au chaos, que lorsque les pouvoirs des oligarchies, de leurs alliés et de leurs serviteurs seront mis en déroute à la fois dans les pays du Nord et dans ceux du Sud.
Le capitalisme est « libéral » par nature, si l’on entend par « libéralisme » non pas ce joli qualificatif que le terme inspire, mais l’exercice plein et entier de la domination du capital non pas seulement sur le travail et l’économie, mais sur tous les aspects de la vie sociale. Il n’y a pas « d’économie de marché » (expression vulgaire pour dire capitalisme) sans « société de marché ». Le capital poursuit obstinément cet objectif unique. L’Argent. L’accumulation pour elle-même. Marx, mais après lui d’autres penseurs critiques comme Keynes, l’ont parfaitement compris. Pas nos économistes conventionnels, ceux de gauche inclus.
Ce modèle de domination exclusive et totale du capital avait été imposé avec obstination par les classes dirigeantes tout au long de la longue crise précédente jusqu’en 1945. Seule la triple victoire de la démocratie, du socialisme et de la libération nationale des peuples avait permis, de 1945 à 1980, la substitution à ce modèle permanent de l’idéal capitaliste, de la coexistence conflictuelle des trois modèles sociaux régulés qu’ont été le Welfare State de la social-démocratie à l’Ouest, les socialismes réellement existants à l’Est et les nationalismes populaires au Sud. L’essoufflement puis l’effondrement de ces trois modèles a par la suite rendu possible un retour à la domination exclusive du capital, qualifiée de néo-libérale.
Les désastres sociaux que le déploiement du libéralisme – « l’utopie permanente du capital » ai-je écrit – n’allait pas manquer de provoquer ont inspiré bien des nostalgies du passé récent ou lointain. Mais ces nostalgies ne permettent pas de répondre au défi. Car elles sont le produit d’un appauvrissement de la pensée critique théorique qui s’était progressivement interdit de comprendre les contradictions internes et les limites des systèmes de l’après seconde guerre mondiale, dont les érosions, les dérives et les effondrements sont apparus comme des cataclysmes imprévus.
Néanmoins, dans le vide créé par ces reculs de la pensée théorique critique, une prise de conscience de dimensions nouvelles de la crise systémique de civilisation a trouvé le moyen de se frayer la voie. Je fais référence ici aux écologistes. Mais les Verts, qui ont prétendu se distinguer radicalement et tout également des Bleus (les conservateurs et les libéraux) et des Rouges (les Socialistes) se sont enfermés dans l’impasse, faute d’intégrer la dimension écologique du défi dans une critique radicale du capitalisme.
Tout était en place donc pour assurer le triomphe – passager en fait, mais qui s’est vécu comme « définitif » - de l’alternative dite de la « démocratie libérale ». Une pensée misérable – une véritable non pensée – qui ignore ce que pourtant Marx avait dit de décisif concernant cette démocratie bourgeoise qui ignore que ceux qui décident ne sont pas ceux qui sont concernés par ces décisions. Ceux qui décident, jouissent de la liberté renforcée par le contrôle de la propriété, sont aujourd’hui les ploutocrates du capitalisme des oligopoles et les Etats qui sont leurs débiteurs. Par la force des choses les travailleurs et les peuples concernés ne sont guère que leurs victimes. Mais de telles billevesées pouvaient paraître crédibles, un court moment, du fait des dérives des systèmes de l’après-guerre, dont la misère des dogmatiques ne parvenait plus à comprendre les origines. La démocratie libérale pouvait alors paraître le « meilleur des systèmes possibles ».
Aujourd’hui les pouvoirs en place, qui eux n’avaient rien prévu, s’emploient à restaurer ce même système. Leur succès éventuel, comme celui des conservateurs des années 1920 – que Keynes dénonçait sans trouver d’écho à l’époque – ne pourra qu’aggraver l’ampleur des contradictions qui sont à l’origine de l’effondrement financier de 2008.
La récente réunion du G20 (Londres, avril 2009) n’amorce en rien une « reconstruction du monde ». Et ce n’est peut être pas un hasard si elle a été suivie dans la foulée par celle de l’OTAN, le bras armé de l’impérialisme contemporain, et par le renforcement de son engagement militaire en Afghanistan. La guerre permanente du « Nord » contre le « Sud » doit continuer.
On savait déjà que les gouvernements de la triade – Etats-Unis, Europe et Japon – poursuivent l’objectif exclusif d’une restauration du système tel qu’il était avant septembre 2008. Plus intéressant est le fait que les leaders des « pays émergents » invités ont gardé le silence. Une seule phrase intelligente a été prononcée au cours de cette journée de grand cirque, par le Président chinois Hu Jintao, qui a fait observer « en passant », sans insister et avec le sourire (narquois ?), qu’il faudra bien finir par envisager la mise en place d’un système financier mondial qui ne soit pas fondé sur le dollar. Quelques rares commentateurs ont immédiatement fait le rapprochement - correct – avec les propositions de Keynes en 1945.
Cette « remarque » nous rappelle à la réalité : que la crise du système du capitalisme des oligopoles est indissociable de celle de l’hégémonie des Etats-Unis, à bout de souffle. Mais qui prendra la relève ? Certainement pas « l’Europe » qui n’existe pas en dehors de l’atlantisme et ne nourrit aucune ambition d’indépendance, comme l’assemblée de l’OTAN l’a démontré une fois de plus. La Chine ? Cette « menace », que les médias invoquent à satiété (un nouveau « péril jaune ») sans doute pour légitimer l’alignement atlantiste, est sans fondement. Les dirigeants chinois savent que leur pays n’en a pas les moyens, et ils n’en ont pas la volonté. La stratégie de la Chine se contente d’oeuvrer pour la promotion d’une nouvelle mondialisation, sans hégémonie. Ce que ni les Etats-Unis, ni l’Europe ne pensent acceptable.
Les chances donc d’un développement possible allant dans ce sens reposent encore intégralement sur les pays du Sud. Et ce n’est pas un hasard si la Cnuced est la seule institution de la famille des Nations Unies qui ait pris des initiatives fort différentes de celles de la commission Stiglitz. Ce n’est pas un hasard si son directeur, le Thaïlandais Supachai Panitchpakdi, considéré jusqu’à ce jour comme un parfait libéral, ose proposer dans le rapport de l’organisation intitulé « The Global Economic Crisis », daté de mars 2009, des avancées réalistes s’inscrivant dans la perspective d’un second moment de « l’éveil du Sud ».
La Chine de son côté a amorcé la construction – progressive et maîtrisée - de systèmes financiers régionaux alternatifs débarrassés du dollar. Des initiatives qui complètent, au plan économique, la promotion des alliances politiques du « groupe de Shanghai », l’obstacle majeur au bellicisme de l’OTAN.
L’assemblée de l’OTAN, réunie dans la même foulée en avril 2009, a entériné la décision de Washington, non pas d’amorcer son désengagement militaire, mais au contraire d’en accentuer l’ampleur.
UN NOUVEL INTERNATIONALISME DES TRAVAILLEURS ET DES PEUPLES EST NECESSAIRE ET POSSIBLE
Le capitalisme historique est tout ce qu’on veut sauf durable. Il n’est qu’une parenthèse brève dans l’histoire.
Sa remise en cause fondamentale - que nos penseurs contemporains, dans leur grande majorité, n’imaginent ni « possible » ni même « souhaitable » – est pourtant la condition incontournable de l’émancipation des travailleurs et des peuples dominés (ceux des périphéries, 80 % de l’humanité). Et les deux dimensions du défi sont indissociables.
Il n’y aura pas de sortie du capitalisme par le moyen de la seule lutte des peuples du Nord, ou par la seule lutte des peuples dominés du Sud.
Il n’y aura de sortie du capitalisme que lorsque, et dans la mesure où, ces deux dimensions du même défi s’articuleront l’une avec l’autre.
Il n’est pas « certain » que cela arrive, auquel cas le capitalisme sera « dépassé » par la destruction de la civilisation (au-delà du malaise dans la civilisation pour employer les termes de Freud), et peut être de la vie sur la planète.
Le scénario d’un « remake » possible du XXème siècle restera donc en deçà des exigences d’un engagement de l’humanité sur la longue route de la transition au socialisme mondial.
Le désastre libéral impose un renouveau de la critique radicale du capitalisme. Le défi est celui auquel est confrontée la construction/reconstruction permanente de l’internationalisme des travailleurs et des peuples, face au cosmopolitisme du capital oligarchique.
La construction de cet internationalisme ne peut être envisagée que par le succès d’avancées révolutionnaires nouvelles (comme celles amorcées en Amérique latine et au Népal) ouvrant la perspective d’un dépassement du capitalisme.
Dans les pays du Sud le combat des Etats et des nations pour une mondialisation négociée sans hégémonies – forme contemporaine de la déconnexion – soutenu par l’organisation des revendications des classes populaires peut circonscrire et limiter les pouvoirs des oligopoles de la triade impérialiste.
Les forces démocratiques dans les pays du Nord doivent soutenir ce combat. Le discours « démocratique » proposé, et accepté par la majorité des gauches telles qu’elles sont, les interventions « humanitaires » conduites en son nom comme les pratiques misérables de « l’aide » écartent de leurs considérations la confrontation réelle avec ce défi.
Dans les pays du Nord les oligopoles sont déjà visiblement des « biens communs » dont la gestion ne peut être confiée aux seuls intérêts particuliers (dont la crise a démontré les résultats catastrophiques).
Une gauche authentique doit avoir l’audace d’en envisager la nationalisation, étape première incontournable dans la perspective de leur socialisation par l’approfondissement de la pratique démocratique.
La crise en cours permet de concevoir la cristallisation possible d’un front des forces sociales et politiques rassemblant toutes les victimes du pouvoir exclusif des oligarchies en place.
La première vague de luttes pour le socialisme, celle du XXème siècle, a démontré les limites des social-démocraties européennes, des communismes de la troisième internationale et des nationalismes populaires de l’ère de Bandoung, l’essoufflement puis l’effondrement de leurs ambitions socialistes. La seconde vague, celle du XXIème siècle, doit en tirer les leçons. En particulier associer la socialisation de la gestion économique et l’approfondissement de la démocratisation de la société. Il n’y aura pas de socialisme sans démocratie, mais également aucune avancée démocratique hors de la perspective socialiste.
Ces objectifs stratégiques invitent à penser la construction de « convergences dans la diversité » (pour reprendre l’expression retenue par le Forum Mondial des Alternatives) des formes d’organisation et de luttes des classes dominées et exploitées. Et il n’est pas dans mon intention de condamner par avance celles de ces formes qui, à leur manière, renoueraient avec les traditions des social-démocraties, des communismes et des nationalismes populaires, ou s’en écarteraient.
Dans cette perspective il me paraît nécessaire de penser le renouveau d’un marxisme créateur.
Marx n’a jamais été aussi utile, nécessaire, pour comprendre et transformer le monde, aujourd’hui autant et même plus encore qu’hier.
Etre marxiste dans cet esprit c’est partir de Marx et non s’arrêter à lui, ou à Lenine, ou à Mao, comme l’ont conçu et pratiqué les marxismes historiques du siècle dernier.
C’est rendre à Marx ce qui lui revient : l’intelligence d’avoir amorcé une pensée critique moderne, critique de la réalité capitaliste et critique de ses représentations politiques, idéologiques et culturelles.
Le marxisme créateur doit poursuivre l’objectif d’enrichir sans hésitation cette pensée critique par excellence.
Il ne doit pas craindre d’y intégrer tous les apports de la réflexion, dans tous les domaines, y compris ceux de ces apports qui ont été considérés, à tort, comme « étrangers » par les dogmatiques des marxismes historiques du passé.
Samir Amin
Note: Les thèses présentées dans cet article ont été développées par l’auteur dans son ouvrage sur la crise, Sortir de la crise du capitalisme ou sortir du capitalisme en crise (ed Le Temps des Cerises, Paris 2009). Samedi 25 Juillet 2009
Source : http://www.marianne2.fr,
Adressé par Michel Peyret
dimanche 26 juillet 2009
Le CODE appelle Sarkozy à être plus ferme contre le dictateur sanguinaire Paul Biya
« Le CODE appelle Sarkozy à faire un plus grand effort dans la dénonciation des graves violations des Droits Humains et des principes démocratiques par le dictateur camerounais».
Le CODE
prend acte de l’interpellation, quoique timorée, de Paul Biya par Nicolas
Sarkozy au sujet des violations droits de l’Homme au Cameroun et appelle le
président français à faire plus d’efforts dans la dénonciation des principes
démocratiques par la dictature sanguinaire de Paul Biya.
Le CODE regrette en effet que M Sarkozy n’ait pas été
plus loin en conditionnant la coopération française au respect des principes
démocratiques telles que des élections libres et transparentes, une véritable Commission
Electorale Indépendante, la lutte contre l’impunité, la liberté de presse,
etc., comme le lui a demandé le CODE, relayé par le Parti Socialiste français.
En tout Etat de cause, le CODE
attend toujours de M. Sarkozy des signes concrets de la «politique de rupture» d’avec
les régimes dictatoriaux, comme il l’avait promis.
Le CODE note toutefois que cette interpellation de
Paul Biya par Sarkozy constitue une première en 50 ans de relations
franco-camerounaises. Ce qui, à n’en point douter, constitue un camouflet
politique et diplomatique certain pour le dictateur camerounais. Ce dernier
espérait un soutien sans ambiguïté de Nicolas Sarkozy pour alimenter sa
propagande au plan interne, et tenter de se donner une nouvelle virginité après
le rapport du CCFD sur les Biens Mal Acquis,
dans lequel sa famille et lui sont largement éclaboussés.
Cette visite est également un cinglant échec médiatique,
malgré les grands frais engagés pour se payer des agents en communication
onéreux, pour s’acheter les you-yous hystériques d’éphémères «supporters»
clientélisés ou pour se payer d’onéreux encarts publicitaires dans des
journaux.
En effet, la présence de l’autocrate camerounais en
France a été superbement ignorée par les grands médias français et la presse
internationale, et lorsqu’elle a été abordée, elle donnait la part belle à la
dénonciation de la nature dictatoriale et sanguinaire du régime.
Le CODE remercie tous les Camerounais(e)s de la Diaspora et les ami(e)s
du Cameroun, notamment l’Association « Survie », ainsi que toutes les
forces politiques françaises, dont l’extraordinaire mobilisation a amené le
président Sarkozy à demander au despote camerounais, de « faire plus d’efforts pour la démocratie et les Droits de l’Homme
dans son pays».
Le CODE continuera avec détermination sa lutte pour
la démocratie au Cameroun, jusqu'à la chute effective du régime antidémocratique
et antipopulaire de Paul Biya.
Fait à Paris, le 24 juillet
2009.
Pour le Comité Exécutif du CODE,
Dr. Moïse ESSOH, Secrétaire Exécutif
G. TENE SOP, Secrétaire à la Communication
Frank Biya, fils du dictateur Camerounais, a acquis des propriétés en France, à Monaco et en Suisse en pillant les forêts cam...
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| Paris, France (PANA) La présidente de l'associati
on "Survie", Odile Tobner, a accusé vendredi à Paris, Franck Biya, fils
aîné du président Paul Biya, de détruire des milliers d'hectares de
forêts camerounaises dans le cadre de ses activités de chef
d'entreprise. "En tant qu'exploitant forestier, Franck Biya continue aujourd'hui encore de détruire les forêts du Cameroun, profitant de la position de son père. Cela nous paraît inadmissible", a-t-elle déclaré à la PANA. "Non content de provoquer la déforestation au Cameroun, Franck Biya voulait s'attaquer aux forêts de la Centrafrique en s'associant au fils du président Bozizé [chef de l'Etat centrafricain]. Mais, leur demande de permis d'exploitation a été rejetée pour défaut de conformité», a révélé la présidente de "Survie". Selon elle, Franck Biya doit des centaines de millions de F Cfa au fisc camerounais au titre de ses activités d'exploitant forestier. "Il doit des sommes considérables au fisc en tant qu'exploitant agricole. Il ne les a jamais versées. Nous avons la preuve qu'il a acquis des biens faramineux en France, en Suisse et à Monaco, en détruisant les forêts du Cameroun", a encore dit la présidente de "Survie" . |
| Paris - 24/07/2009 |
"Le soutien de la France à Paul Biya est une menace la sécurité des ressortissants francais au Cameroun"
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| Paris, France (PANA) Le soutien constant de la Fr
ance au président camerounais, Paul Biya, a fait naître au Cameroun un
sentiment anti-français qui expose les quelque 30.000 Français résidant
dans ce pays à des représailles, a mis en garde vendredi à Paris, un
responsable du Collectif des organisations démocratiques et
patriotiques de la diaspora camerounaise (CODE), Tene Sop. "Ce sentiment anti-français a largement dépassé les limites. Et il suffit d'une étincelle pour que les choses s'embrasent", a averti le secrétaire à la communication du CODE dans un entretien avec la PANA. Le CODE et les partis d'opposition camerounais reprochent à Paris de n'avoir pas condamné la répression des manifestations contre "la vie chère", organisées en février 2008 dans les principales villes du Cameroun, notamment à Douala et Yaoundé. Ces manifestations avaient fait près d'une cinquantaine de morts, selon un bilan officiel, rappelle-t-on. Il est également reproché à la France d'avoir déroulé "le tapis rouge" au président Biya pour la visite officielle qu'il a entamée mardi dans le pays. "L'intérêt de la France est de soutenir le mouvement démocratique et les forces progressistes", selon Tene Sop, qui craint pour les biens des Français du Cameroun en cas d'instabilité. Selon lui, le gouvernement français n'a pas tiré "suffisamment de leçons" des émeutes anti-françaises de novembre 2004 en Côte d'Ivoire. On rappelle à ce propos que des manifestants ivoiriens s'en étaient pris aux Français et à leurs biens, accusant la France de complicité avec la rébellion, obligeant ainsi les autorités françaises à procéder à l'évacuation massive de leurs ressortissants. "Rien n'exclut que la même chose se produise au Cameroun. Le sentiment le plus répandu aujourd'hui, c'est que la France soutient Paul Biya", souligne-t-il. Les partisans d'un changement de la politique française au Cameroun ont reçu mardi le soutien des députés socialistes français François Hollande et Pierre Moscovici, ainsi que celui de l'association "Survie", réputée pour son combat contre la Françafrique. |
| Paris - 25/07/2009 |
samedi 25 juillet 2009
Video de la Manifestation du CODE du 24 juillet contre la visite de Paul Biya en France
Manifestation contre la venue du président camerounais Paul Biya en France
httptempsreel.nouvelobs.comactualitespolitique20090725.OBS5410ma
NOUVELOBS.COM | 25.07.2009 |
Une quinzaine de personnes ont dénoncé "le soutien insolent et arrogant à une dictature qui s'enrichit sur le dos" de son peuple alors que Nicolas Sarkozy recevait le jour même le président camerounais.
Le Collectif des organisations démocratiques et patriotiques de la diaspora camerounaise (CODE) a organisé, vendredi 24 juillet, une manifestation contre la visite du président camerounais Paul Biya, reçu le même jour par Nicolas Sarkozy. N'ayant pas été autorisé à manifester devant Matignon, une quinzaine de personnes se sont rassemblées à l’angle de la rue de Varenne et de la rue du Bac, sous haute surveillance de la police.
"Une dictature qui s'enrichit sous le dos des Camerounais"
Soutenu par l'association Survie, les manifestants ont dénoncé "le soutien insolent et arrogant à une dictature qui s’enrichit sur le dos des Camerounais"
et demandent que Nicolas Sarkozy "exige du dictateur Paul Biya la mise
sur pied d'une commission d'enquête indépendante internationale au
sujet des massacres de février 2008 (139 morts selon l’Observatoire
nationale des droits de l’homme)". Pour Emeh Elong, représentant à
Paris du CODE : "cet accueil de Paul Biya par le président français,
est injuste et va dans le sens de soutenir, semble-t-il, les intérêts
des amis de Nicolas Sarkozy, notamment Monsieur Bolloré qui détient 80% de l’économie privée du Cameroun ».
(Malika-Elkord- nouvelobs.com)
vendredi 24 juillet 2009
Le SDF félicite le CODE et les manifestants anti-Biya de Paris
.Le SDF invite les autorités françaises
à engager avec M. BIYA au cours de cette visite un dialogue franc et
direct dépouillé de toute hypocrisie pour les intérêts des deux
peuples.
M. BIYA effectue depuis le 21 juillet 2009 une visite officielle en France.
Cette visite, qui intervient plus d'un an après la modification de la Constitution instituant une Présidence à vie et le massacre de plus de deux cents jeunes lors des manifestations contre la vie chère, arrive au lendemain de la publication du rapport du CCFDT sur les biens mal acquis de M. BIYA.
Les multiples rencontres qu'effectuera M BIYA au cours de cette visite officielle cachent mal la fébrilité dans laquelle il se trouve en même temps qu'elles trahissent le soutien désespéré qu'il voudrait obtenir de certaines des nébuleuses et des autorités françaises à la veille des échéances capitales de 2011.
Tout en condamnant cette visite pathétique sur fonds d'intérêts égoïste et pouvoiriste, le SDF soutient sans ambiguïté, sans réserve et sans équivoque nos compatriotes de la diaspora qui, à travers diverses manifestations pacifiques, voudraient attirer l'attention du peuple français et de son Gouvernement sur la dictature et la supercherie théâtrale constantes érigées en méthode de gestion durant les 27 ans de règne de M. BIYA.
Le SDF demande par conséquent à ses militants de France, de Grande Bretagne, d'Allemagne et de Belgique de se joindre massivement à ces manifestations.Le SDF invite les autorités françaises à engager avec M. BIYA au cours de cette visite un dialogue franc et direct dépouillé de toute hypocrisie pour les intérêts des deux peuples. Au risque d'entamer considérablement et durablement les relations qui la lient au Cameroun, la France ne saurait continuer à apporter sa caution à un régime exsangue rejeté par le quasi totalité du peuple camerounais.
Fait à Douala le 22 juillet 2009.
Le service des communications S.D.F
Les échos de la mobilisation de la Diaspora contren Paul Biya
Le CODE dénonce le harcèlement de la police française contre les anti-Biya à Paris
Devant le succès médiatique des actions du mardi 21 juillet, la préfecture de police de Paris nous informe que le CODE « ne peut être autorisé à manifester au même moment où le Chef de l’Etat camerounais sera reçu à l’Elysée par Nicolas Sarkozy », prétendant vouloir éviter « un incident diplomatique entre la France et le Cameroun ». Le CODE interprète cette attitude comme une volonté de casser la mobilisation des Camerounais de la Diaspora contre la visite du dictateur sanguinaire Paul Biya en France, et d’empêcher les Français d’être éclairés sur le soutien de la France à une telle dictature.
Ce harcèlement policier contre les manifestants anti-Biya à Paris s’est clairement traduit hier le 22 juillet 2009, par l’interpellation des camarades Emeh Elong et Tene Sop par une équipe de la police urbaine du 18e arrondissement : ces camarades qui informaient simplement les citoyens français à la Gare du Nord à Paris, ont été sommés de se dévêtir de leurs Tee-shirts sur lesquels est gravé le slogan « Paul Biya Assassin, Sarko Complice !». Les camarades n’ont été libérés qu’après avoir été fichés.
Le CODE, qui n’utilise pourtant que des formes tout à fait démocratiques de manifestation, est parfaitement conscient des intentions malveillantes qui se cachent derrière ces manœuvres de la police de Paris.
Malgré ce harcèlement policier, le CODE maintient son appel à Manifestation pour ce vendredi 24 juillet devant Matignon, de 15 h à 18 heures, pour dire « Non ! » au soutien de Sarkozy au régime dictatorial sanguinaire de Paul Biya et réclamer vérité et justice pour les victimes des massacres de Février 2008 au Cameroun.
Fait à Paris, ce 23 juillet 2009
Dr Moise Essoh Tene Sop
Secrétaire Exécutif du CODE Secrétaire à la communication du CODE
Contact presse en France
:
Emeh Elong : 06 16 17 93 83 ; Tene Sop : 06 11 15 90 25; Epanya Augusta : 06 77 04 47 90;
Blog : http://lecode.afrikblog.com
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| Jeudi 23 juillet 2009, par Christelle Mensah | <> |
« Biya assassin, Sarkozy complice » ou encore « Sarkozy, l’ami des dictateurs africains ». Voici quelques-uns des messages inscrits sur les pancartes des manifestants, mardi 21 juillet, près de l’Assemblée Nationale à Paris. Sur la petite place du président Edouard Herriot, une quarantaine de personnes – des Camerounais, mais pas seulement – s’étaient massés là pour protester contre l’accueil réservé par la France au président camerounais Paul Biya. « C’est la même politique dictatoriale critiquée dans plusieurs pays d’Afrique. J’ai trouvé important de venir ici pour les soutenir », explique Claudine, professeur à la retraite d’origine togolaise. Selon le collectif des organisations démocratiques et patriotiques de la diaspora camerounaise (Code) qui a lancé l’appel à ce rassemblement, les Français ignorent souvent la répression qui sévit dans ce pays d’Afrique centrale.
« Les Français sont très peu informés sur la répression qui existe dans ce pays, mais ce n’est pas mon cas », assure Martine, 61 ans, retraitée et membre de l’association Survie. C’est justement pour informer que Moïse Essoh, secrétaire exécutif du Collectif des organisations démocratiques et patriotiques de la diaspora camerounaise (Code) s’époumone au mégaphone devant ses pairs. « En temps que chef d’Etat, il est tout naturel que Biya soit reçu. Par contre, nous voulons informer les Français qu’ils reçoivent un dictateur », explique t-il, en aparté. « Nous voulons expliquer aujourd’hui à tous qui est vraiment ce président, car souvent mes compatriotes craignent de s’exprimer par peur des représailles », ajoute le responsable du Code.
Un appel entendu par des politiques français
Le rassemblement est finalement assez discret, mais très efficace par le choix du lieu. Près du café-salon de thé Le Bourbon, Paul Dhaille, ancien député et élu local de Seine-Maritime, passe sans s’attarder. Interrogé, il donne son sentiment sur la manifestation : « Je constate que quelque soit les gouvernements de notre pays, les relations franco-africaines n’ont jamais changé ! Et la rupture que prônait Sarkozy n’était qu’un propos de campagne vite oublié », confie t-il. François Hollande va même plus loin. Interpellé dans la rue, l’ancien premier secrétaire du Parti Socialiste (PS) se rapproche de la place. Après une petite discussion, il promet de faire remonter les doléances du groupe à Jean-Marc Ayrault, président du groupe à l’Assemblée. Quelques minutes plus tard, Pierre Moscovici, député PS, leur assure à son tour de son soutien et égratigne le chef de l’Etat au passage. « Il y a une mauvaise tradition en France, celle de la Françafrique. Sarkozy a dit que cela était fini mais en réalité ça continue », estime t-il. Interrogé sur la limitation du nombre de mandat : « Ce n’est pas tant le nombre de mandats qui importe, même si je suis pour, que le fait que les élections soient libres et transparentes. » Pas sûr que Paul Biya l’entende de cette oreille.
La gouvernance selon Biya
L’actuel doyen de la Françafrique, après la disparition du gabonais Omar Bongo, poursuit sa visite officielle en France débutée ce mardi. La deuxième depuis l’élection de Nicolas Sarkozy. L’homme fort de Yaoundé a 76 ans, dont 27 à la tête de l’Etat. Ancien premier ministre, Paul Biya a pris le pouvoir en 1982 suite à la démission du président Ahidjo. Il a mené dès lors le pays sans partage.
Fin 2007, il a modifié la constitution afin d’ôter le verrou qui limite le nombre de mandats présidentiels. En Février 2008 au Cameroun, les manifestations protestant contre cette modification et les émeutes de la faim sont réprimées avec violence. Les autorités du pays font état d’un bilan de 40 morts tandis que l’Observatoire national des droits de l’homme (ONDH) estime que le nombre de victimes s’élève à au moins 139 personnes.
Eric Golf Kouatchou, journaliste camerounais, a couvert ces marches. Lors des événements, l’enregistrement de ce caméraman de Canal 2 a été détruit par des forces de l’ordre, alors qu’il filmait la police anti-émeute réprimant un attroupement. « Au Cameroun, on ne peut pas s’exprimer librement mais pour venir ici, c’est un policier qui m’a indiqué le chemin. C’est un signe de liberté qui n’existe pas au pays », raconte le jeune homme de 25 ans. Pour l’heure, le collectif tente de faire entendre son message aux députés français.
Une petite délégation s’éloigne vers l’Assemblée. Rendez-vous raté – la faute à la loi Hadopi actuellement à l’étude à l’Assemblée, selon un membre de la sécurité. Le groupe ne sera finalement reçu que le lendemain matin par trois députés socialistes et un attaché parlementaire. Le Code, lui, ne compte pas s’arrêter là. D’autres actions sont prévues, dont une manifestation devant l’hôtel Matignon, ce vendredi. Au même moment, il est prévu que le président Nicolas Sarkozy reçoive Paul Biya à l’Elysée.
http://www.afrik.com/article17217.html
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Les Camerounais de France protestent contre la visite du "dictateur" Biya
21.07.09 | 17h14
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M. Biya entamait mardi une visite officielle en France et devait s'entretenir vendredi avec le président Nicolas Sarkozy. Le Premier ministre François Fillon s'est rendu en mai dans cette ancienne colonie, riche en pétrole, dont la France est l'un des principaux partenaires commerciaux. Le Code a indiqué attendre de M. Sarkozy qu'il "exige du dictateur Paul Biya la mise sur pied d'une commission d'enquête indépendante internationale au sujet des massacres de février 2008". Les autorités font état d'un bilan de 40 morts lors de ce mouvement social contre la vie chère et une révision constitutionnelle, mais l'Observatoire national des droits de l'Homme (ONDH) estime que ce chiffre s'élève à au moins 139 morts. La diaspora camerounaise veut aussi que M. Sarkozy "et son épouse, Carla Bruni, qui a chanté pour Mandela" demandent à M. Biya "que tous les prisonniers politiques soient immédiatement libérés", a déclaré M. Tene Sop. Le Code appelle également à ce que la France fasse pression sur M. Biya pour qu'il crée une commission électorale indépendante et "déclare ses biens et la provenance de ses biens". De son côté, Odile Tobner, présidente de l'association Survie qui milite pour l'assainissement des relations franco-africaines, a dénoncé le "pacte franco-camerounais" . "La France soutient Biya et les multinationales françaises ont les coudées franches pour s'adjuger toutes les richesses du pays", a-t-elle déclaré. Une quarantaine de Camerounais ont manifesté plus tard dans l'après-midi à proximité de l'Assemblée nationale, a constaté une journaliste de l'AFP. Ils brandissaient une banderole sur laquelle on pouvait lire: "arrêtons le soutien aux dictateurs, soutenons les peuples africains, ensemble contre la Françafrique" , ainsi que des pancartes proclamant: "Biya assassin, Sarko complice". L'ex patron du Parti socialiste, François Hollande, qui déjeunait à proximité, est venu à l'appel des manifestants pour leur apporter son soutien: "Nous devons faire pression pour que le président Sarkozy, en recevant Biya, dise que la démocratie n'est pas réservée à certains pays mais qu'elle est universelle" , a-t-il dit. --------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Visite : Le Code perturbe la visibilité de Paul Biya Le déplacement de Paul Biya a Bordeaux a donné plus d'espace au Code, reçu à l'Assemblée nationale par François Hollande. http://www.quotidienmutations.info/juillet/1248330809.php ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Le président Biya en visite officielle en FranceLe président camerounais Paul Biya a entamé mardi une visite officielle en France, moins d'une année après sa précédente visite en octobre 2007. C’est seulement vendredi que le président rencontrera à l’Elysée Nicolas Sarkozy. Jeudi, Paul Biya sera reçu au Quai d’Orsay pour un dîner en son honneur, l’occasion sans doute d’aborder le meurtre non résolue de Laurence Vergne, cette jeune biologiste française en poste à Yaoundé et abattue il y a deux ans et demi lors, apparemment d’un cambriolage. Sa famille a récemment demandé que l’enquête avance. Mais la venue de Paul Biya s’inscrit surtout dans le cadre des relations rénovées que cherchent à développer les deux pays. Fin mai, François Fillon s’était rendu à Yaoundé. Le premier ministre de Nicolas Sarkozy avait rappelé que la France n’avait plus à être le gendarme de l’Afrique, signant au passage un accord de défense nouvelle génération. Aux termes de cet accord, en cas d’agression contre le Cameroun, la France n’interviendra plus militairement, comme cela était prévu depuis l’indépendance. Mais si la visite de Paul Biya passe pour l’instant inaperçue dans les media de l’Hexagone, les opposants au régime se sont eux déjà manifestés. L’association contestataire Survie n’hésite pas à écrire dans un communiqué que Paris «déroule le tapis rouge au potentat responsable du malheur des Camerounais ». Des représentants de la diaspora ont également prévu de manifester devant l’Assemblée nationale et devant les bureaux du Premier ministre. Enfin, la venue de Paul Biya intervient moins d’un mois après la publication par le Comité catholique contre la faim d’un nouveau rapport sur les "biens mal acquis" attribués cette fois en France au chef d’Etat camerounais. http://www.bbc.co.uk/french/news/story/2009/07/printable/090721_paul_en_france.shtml |
mercredi 22 juillet 2009
JUSTICE ET VÉRITÉ POUR JACQUES TIWA
PAUL
BIYA ET SES MANDATAIRES DOIVENT ETRE JUGES POUR LE LACHE ASSASSINAT DE JACQUES
TIWA et des 150 autres victimes des massacres de février 2008 au Cameroun
Le 28 avril 2008
à Douala, Jacques TIWA, Secrétaire
National du Conseil National de la Résistance , mouvement politique Camerounais et
panafricain né en exil, est lâchement et sauvagement abattu par des militaires
aux ordres de Paul Biya, complétant ainsi la liste des 150 victimes des
massacres de février 2008 au Cameroun
A ce jour, aucune
enquête n’a été ouverte. Elle ne peut l’être au Cameroun, Paul Biya, autoproclamé
Chef de l’Etat étant le véritable commanditaire de cet assassinat !
Tôt ou tard,
justice sera rendue à Jacques TIWA ! Paul BIYA et ses comparses doivent
être jugés pour ce crime innommable !
Le Conseil National pour la Résistance, invite
les autorités publiques françaises à se prononcer ouvertement pour une
commission d’enquête internationale et indépendante sur l’assassinat de Jacques
TIWA et toutes les victimes de février 2008. Le CNR invite toute institution sérieuse traitant avec Monsieur Biya,
assassin de Jacques TIWA, à réclamer la vérité sur cet assassinat. La veuve
du disparu et ses deux enfants attendent de savoir exactement pourquoi Tiwa a
été tué par les forces répressives de Paul Biya
JUSTICE ET VÉRITÉ POUR TIWA ET TOUTES LES VICTIMES DE FEVRIER !!!
Paris, ce 22 juillet 2009
Le CONSEIL NATIONAL POUR LA RESISTANCE
Pour aider, veuillez contacter: Hugo Jombwe, <cameroon.resistance.council@googlemail.com>;
Abel Eyinga: Paul Biya possède des Biens Mal Acquis dont il n'a jamais nié l'existence
Le président de la Nationale revient sur le rapport du Ccfd et invite ceux qui soutiennent inconditionnellement le président de la République à retenir qu’ils ternissent l’image du pays. Quant au contenu du document, il se présente comme un rappel des faits déjà publiés dans d’autres médias depuis 1983 et qui n’ont jamais été contestés par personne, pas même par le principal concerné, M. Biya. Car il n’est pas exact de dire, ou de laisser entendre que le rapport du Ccfd est une entreprise de dénigrement et de déstabilisation montée contre M. Paul Biya. La situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui doit être clarifiée, et par personne d’autre que le président Biya.
Il faut savoir raison garder. Je le dis à propos de la folle agitation qui s’empare de certaines régions du pays au sujet de ce qu’il faut bien appeler maintenant l’affaire de la fortune personnelle du président Biya. De quoi s’agit-il ?
Le Comité catholique contre la faim et pour le développement (Ccfd), une Ong française, vient de publier son deuxième rapport sur les biens mal acquis des chefs d’Etat véreux, le premier rapport du genre ayant été diffusé en mars 2007 et c’est dans ce premier rapport qu’Omar Bongo, Obiang Nguema et Sassou Nguesso ont été mis sur la sellette. Le rapport sorti le 24 juin dernier s’intéresse à la situation dans une trentaine de pays sous-développés et au cas de certaines personnalités. Environ trois pages du rapport, sur un total de plusieurs dizaines de pages, sont consacrées au président Biya. Quant au contenu du document, il se présente comme un rappel des faits déjà publiés dans d’autres médias depuis 1983 et qui n’ont jamais été contestés par personne, pas même par le principal concerné, M. Biya.
Mais voici que tout à coup, ceux qui disent soutenir le président Biya se lèvent et déclarent que le rapport du Ccfd n’est qu’un ramassis d’allégations mensongères. Ont-ils mené une enquête qui les aurait conduits à cette conclusion ? Il ne le semble pas. En tout cas ils n’en font pas état. Pourtant, des biens signalés dans le rapport existent bel et bien et chacun peut aller les toucher sur place, comme la grande villa de Bastos dans le voisinage de l’Ambassade des Etats-Unis à Yaoundé. Comme les deux acquisitions immobilières de 1983 rapportées par le Canard Enchaîné. Comme les plantations de Mvomeka’a. On m’a montré à Sangmelima, il y a quelques années, un ingénieur agronome du village de Loum (entre Mengono et Sangmelima) qui avait travaillé dans les plantations en question avec les engins et le matériel d’une société d’Etat appelée Ceenema, ou quelque chose d’approchant. Cet ingénieur agronome est intarissable en anecdotes du temps où il travaillait à Mvomeka’a. Les plantations dont il s’agit existent donc bien. Elles existent d’autant plus que le président Biya lui-même s’y est fait photographier, un sombrero sur la tête, photo publiée dans la presse vers les années 92 ou 93, avec cette belle légende : « Le plus grand agriculteur du Cameroun »…
Devant cette situation scabreuse, je me permets d’inviter respectueusement tous ceux qui veulent s’impliquer dans cette affaire à savoir raison garder.
Il n’est pas exact de dire, ou de laisser entendre que le rapport du Ccfd est une entreprise de dénigrement et de déstabilisation montée contre M. Paul Biya. L’idée d’un complot ourdi contre lui est tout aussi invraisemblable, donc inacceptable. Non seulement l’Ong catholique attire l’attention de l’opinion, indistinctement sur tous les chefs d’Etat suspects de s’être enrichis grâce au pouvoir, mais elle dénonce aussi, avec violence, les pays du Nord qui pratiquent la corruption active sur nos mauvais chefs d’Etat. Il n’ y a, dans ce comportement, rien qui puisse créditer l’idée d’une intention délibérée du Ccfd de nuire au président Biya. Ajoutons que l’Ong catholique n’en veut pas à notre pays, et que le Cameroun n’en est pas en danger à cause de ce qui a été publié dans le rapport du 24 juin 2009. Une certaine façon de soutenir le chef de l’Etat peut, au contraire, non seulement causer du tort à ce dernier, mais représenter un vrai danger pour notre pays. Nous reviendrons plus loin sur ce sujet.
La situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui doit être clarifiée, et personne d’autre que le président Biya n’est mieux placé pour le faire.
Le président Biya doit s’expliquer devant les Camerounais.
En
démocratie, c’est le peuple qui crée le chef de l’Etat, ainsi que
l’Etat lui-même. Et il le crée pour en faire son premier serviteur. M.
Paul Biya est, de ce fait, le premier serviteur des Camerounais, et pas
l’inverse. Et qui dit serviteur dit obligation de rendre compte.
Nous en sommes aujourd’hui au point où les Camerounais doivent demander des comptes à leur serviteur Paul Biya dans l’affaire évoquée plus haut et lui, nous apporter tous les éclaircissements nécessaires à ce sujet. En ne le faisant pas, le président prendrait le risque de traîner ces casseroles toute sa vie comme il l’a fait jusqu’ici, car, le temps n’effaçant rien, n’importe quels médias pourront, demain, faire ce que le Ccfd a fait au moins de juin, alors qu’une franche et loyale explication peut mettre définitivement fin à l’affaire.
Une déclaration unilatérale à la télévision ne constitue pas une franche et loyale explication. Celle-ci, selon moi, doit prendre la forme d’un entretien radio- télévision avec cinq ou six interlocuteurs qui ne soient ni des comparses, ni des accusateurs débridés, mais des citoyens sérieux et responsables comme ne le sont pas ceux qui préconisent un soutien inconditionnel au chef de l’Etat.
Le soutien inconditionnel ou la fin de la République.
Le
secrétaire général du parti du pouvoir, M. René Emmanuel Sadi, invite
ses ouailles à soutenir inconditionnellement le président. Comment ne
pas se demander si ce Monsieur réalise la gravité de son propos et les
dégâts qu’il peut causer, combien il peut ternir l’image du Cameroun à
l’étranger ?
Un soutien inconditionnel exclut la raison et se fait les yeux fermés, les oreilles aussi, sans se préoccuper de savoir si le président a bien ou mal agi. Comme le griot ou l’esclave, on s’abstient de porter le moindre jugement sur le chef, qui ne peut mal faire. Comme Dieu.
Ainsi déifié, le chef de l’Etat devient le centre de tout. Il régente tout sans que personne ait la moindre prise sur lui, la souveraineté ayant changé de camp et de titulaire pendant que le régime se transformait en République de souveraineté présidentielle. N’est-ce pas ce à quoi ressemble le Cameroun d’aujourd’hui, où le débat démocratique a laissé la place aux motions de soutien inconditionnel provenant de gens qui ne sont plus des Citoyens, mais des griots à genoux ou à plat ventre devant «le dieu du Cameroun.»
Abel Eyinga, Président de la Nationale.






n collectif d'organisations de Camerounais vivant en France a dénoncé mardi l'accueil réservé par Paris au président Paul Biya, en visite officielle de quatre jours, estimant qu'il s'agit d'une "prime accordée à la dictature et l'impunité". 
Le drapeau du Cameroun flotte haut sur le ciel de l'hôtel Meurice, premier arrondissement de Paris. En ce 22 juillet, lendemain de l'arrivée du président camerounais dans les lieux, rien de spécial qui donne le sentiment de la présence dans les lieux d'un hôte de marque. On y entre donc de façon tout à fait naturelle, prend place dans les salons allongés de la grande salle d'accueil et prend plaisir à découvrir ce haut lieu de l'hôtellerie de luxe parisienne, qui enivre l'esprit avec la tonalité sombre de ses couleurs, ses lumières feutrées, et ces conversations silencieuses dont on n'entend que les sifflements lointains. Il faut alors se diriger à réception pour demander à voir quelques membres de la délégation officielle. M. Belinga Eboutou ? Le réceptionniste compose le numéro ; le téléphone somme : répondeur. Ensuite, René Sadi : lui non plus n'est pas en poste. C'est alors qu'il se souvient que tout ce monde est parti en déplacement "ce matin" pour ne devoir revenir que le lendemain. Je crois qu'ils sont à Bordeaux, dit-il. Combien de chambres ont-ils pris ? "Je ne sais pas, ils sont un certain nombre ; et même si je le savais, je ne vous le dirais pas, c'est quand même une information confidentielle". On sourit…






